Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Биографии и мемуары » Sodoma: Enquête au cœur du Vatican
Sodoma: Enquête au cœur du Vatican - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Sodoma: Enquête au cœur du Vatican

Электронная книга - «Sodoma: Enquête au cœur du Vatican». Краткое содержание книги:

« L’homosexualité dans le clergé est une question très sérieuse qui me préoccupe. »
Pape François
1 ... 81 82 83 84 85 86 87 88 89 ... 181
Перейти на страницу:

CETTE AFFAIRE ne serait qu’un fait divers si elle n’était la véritable matrice de comportements récurrents à la curie romaine. Ici, il ne s’agit pas de dérives ; c’est un système. Ces prélats se sentent intouchables et jouent de leur immunité diplomatique. Si nous connaissons aujourd’hui leurs agissements et leur mauvaiseté, c’est que des témoins ont parlé. Même si on a tenté de les faire taire.

Il faut ici revenir un peu longuement sur une histoire rocambolesque qui est étroitement liée à celle des prostitués du Vatican. Et quelle histoire ! Une véritable « intrigue de génie », comme dirait le Poète ! L’affaire concerne un prélat discret, chef de bureau à la secrétairerie d’État, Mgr Cesare Burgazzi, dont le cas est devenu public. (Burgazzi n’ayant pas souhaité répondre à mes questions, je m’appuie pour faire le récit de cette affaire à la fois sur le témoignage détaillé de deux de ses collègues prêtres, les éléments fournis par la police et sur les jugements des procès auxquels elle a donné lieu.)

Une nuit de mai 2006, Mgr Burgazzi est surpris par la police, dans sa voiture, sur un lieu de drague homosexuelle et de prostitution, bien connu de Rome, Valle Giulia, près de la Villa Borghèse. Sa voiture, une Ford Focus, avait été vue à plusieurs reprises, tournant dans cette zone. Au moment de la tentative d’interpellation, les policiers auraient deviné des ombres dans la voiture, toutes lumières éteintes, qui s’agitaient, alors que les sièges paraissaient inclinés. Ils tentent alors d’appréhender, pour voyeurisme ou atteinte à la pudeur, le malheureux prélat qui prend peur et s’enfuit au volant de son véhicule. Une course-poursuite d’une vingtaine de minutes a lieu dans Rome, laquelle se termine, comme dans un véritable film hollywoodien, par un gros carambolage. Deux voitures de police sont accidentées, un policier blessé. « Vous n’avez pas idée de qui je suis ! Vous ne savez pas à qui vous avez affaire ! » hurle Burgazzi, l’œil poché, lors de son arrestation, après avoir un peu trop joué aux autotamponneuses. [https://www.bookys-gratuit.org/]

L’affaire est au fond si banale, et si fréquente au Vatican, qu’elle n’a en apparence pas grand intérêt. Il en existe tant enfouies dans les dossiers des polices du monde, mettant en scène des prêtres, des prélats et même des cardinaux. Mais les choses, ici, ne sont pas aussi simples. Selon la version des policiers, qui affirment avoir montré leur carte de service, des préservatifs auraient été trouvés dans la voiture de Mgr Burgazzi, ainsi que ses vêtements de clergyman, puisque le prêtre a été arrêté en civil. Enfin, la police aurait saisi le téléphone du prélat et identifié un appel passé « à un transsexuel brésilien surnommé Wellington ».

De son côté, Cesare Burgazzi a toujours affirmé que les policiers étaient en civil et leurs voitures banalisées. Il dit avoir, de bonne foi, cru qu’on voulait le dévaliser et il aurait même appelé plusieurs fois les numéros d’urgence. Le prélat nie également avoir contacté le transsexuel Wellington et conteste avoir eu des préservatifs dans sa voiture. Il affirme que plusieurs points de la déclaration des policiers sont faux et que leurs blessures étaient plus légères qu’ils ne l’ont dit (ce que la justice confirmera en appel). En fin de compte, Burgazzi jure que, croyant à une tentative d’escroquerie, il a seulement tenté de fuir.

Cette thèse des policiers déguisés en bandits de grand chemin, ou vice versa, apparaît pour le moins fantasmagorique. Pourtant, le prélat l’a réitérée si souvent, et la police fut à ce point incapable de prouver le contraire, que le procès a duré plus longtemps que prévu. En première instance, Burgazzi est relaxé compte tenu du flou qui entoure les déclarations de la police. Mais il fait appel, et l’accusation aussi : lui pour être totalement exonéré ; les policiers pour le faire condamner. Ce qui est le cas en appel où la justice reprenant la version des policiers le déclare coupable. Burgazzi se pourvoit alors en cassation où cette affaire se termine, huit années après les faits, par un acquittement définitif.

Si le verdict est clair, les circonstances de l’affaire restent pour le moins obscures. Entre autres hypothèses, il n’est pas exclu que Burgazzi soit tombé dans un guet-apens. À l’appui de cette idée, avancée par plusieurs bons connaisseurs du dossier, il faut préciser que Burgazzi est un homme prudent et bien informé. Dans le cadre de ses fonctions au Vatican, il aurait découvert les pratiques financières scandaleuses et la double vie homosexuelle de plusieurs cardinaux de l’entourage le plus immédiat du pape Jean-Paul II : mélange abracadabrantesque de détournements d’argent de la banque du Vatican, de comptes parallèles et de réseaux de prostitution. Précautionneux et, dit-on, incorruptible, le fougueux Burgazzi aurait fait des photocopies de tout le dossier et les aurait placées dans un coffre-fort dont le code n’était connu que de son avocat. Peu après, il aurait usé de tout son courage en une seule fois et aurait demandé un rendez-vous en personne au plus puissant de ces cardinaux, auquel il aurait fait part de ses découvertes, lui demandant de s’expliquer. Nous ne connaissons pas la teneur de leur entretien. Ce que l’on sait en revanche, c’est que Burgazzi n’a pas transmis le dossier à la presse◦– preuve de sa fidélité à l’Église et de son aversion pour le scandale.

La menace brandie par Burgazzi a-t-elle eu un lien avec l’affaire rocambolesque de la Villa Borghèse ? Est-il possible que le puissant cardinal impliqué dans le dossier ait pu prendre peur et chercher à neutraliser le prélat ? Aurait-on tendu un piège à Burgazzi pour le compromettre et le contraindre au silence avec le concours d’officines proches de la police italienne, et peut-être de véritables policiers (un chef de la police était connu pour être proche du cardinal en question) ? Voulait-on le compromettre au point que ses éventuelles révélations perdent toute crédibilité ? Toutes ces questions resteront sans doute en suspens pour longtemps.

On sait toutefois que le pape Benoît XVI, élu durant la longue procédure judiciaire qui s’ensuivit, a insisté pour que Burgazzi retrouve son poste à la secrétairerie d’État. Il l’aurait même rencontré durant une messe et lui aurait dit : « Je sais tout ; continuez » (selon un témoin de première main à qui Burgazzi l’a raconté).

Ce soutien inattendu du pape en personne indique le trouble que l’affaire a suscité au Vatican et donne un certain crédit à l’hypothèse d’une manipulation. Car on peut s’étonner des déclarations si bancales des policiers, de leurs preuves douteuses, que la justice a définitivement rejetées. Ont-elles été fabriquées ? Dans quel but ? Pour quel commanditaire éventuel ? Est-il possible que Cesare Burgazzi ait été victime d’une machination organisée par l’un de ses pairs pour le faire taire ou le faire chanter ? La chambre criminelle de la Cour de cassation italienne en l’innocentant définitivement, et en contestant la version des policiers, a rendu ces hypothèses crédibles.

LES AFFAIRES D’ARGENT ET DE MŒURS, souvent étroitement imbriquées au Vatican, sont bien l’une des clés de Sodoma. Le cardinal Raffaele Farina, l’un des meilleurs connaisseurs de ces scandales financiers (il a présidé, à la demande de François, la commission de réforme de la banque du Vatican), a été le premier à me mettre sur la piste de ces liaisons croisées. Lors de deux longs entretiens qu’il m’a accordés à son domicile du saint-siège, en présence de mon researcher italien Daniele, Farina a évoqué ces collusions improbables accouplées tels « deux démons attelés au même dessein » (Shakespeare). Le cardinal, bien sûr, n’a pas donné de noms mais nous savions, lui et moi, à qui il faisait allusion, avec l’assurance de celui qui en détient les preuves : l’adoration des garçons va de pair, au Vatican, avec l’adoration du veau d’or.

1 ... 81 82 83 84 85 86 87 88 89 ... 181
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)