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Электронная книга - «La victoire d'Angélique». Краткое содержание книги:

La victoire d'Angélique
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Le désespoir et la terreur envahirent le cœur de la petite nonne.

Elle craignait moins pour sa vie, bien qu'elle sût qu'un jour « l'autre » reviendrait pour l'achever, que pour ce qui allait se déchaîner sur ce pays, à peine arraché au paganisme et auquel elle avait consacré sa vocation.

Cela lui était égal de mourir.

Comment n'avait-elle pas compris depuis longtemps que rien n'était encore arrivé. C'était cela qu'elle aurait dû dire aux juges, aux confesseurs lorsqu'ils l'interrogeaient et l'avaient confrontée avec Mme de Peyrac. RIEN n'est encore arrivé ! Ne soyez donc pas si impatients ni d'être rassurés, ni de conclure. Ils avaient décidé que l'affaire de la vision était terminée. Or, c'était maintenant qu'allait se dérouler le drame de l'Acadie assaillie par le démon succube sorti des eaux. Et plus personne ne l'attendait.

Elle tomba à genoux dans l'atelier désert.

« Dieu ! Pitié ! »

Dans ce halo lumineux en forme d'amande comme la mandorle du Christ, elle voyait se préciser l'éternelle image, hantise de ces années de débats et de confrontations qu'elle avait subis, la femme nue d'une beauté surprenante, aux yeux traversés de sentiments immondes, et elle tremblait de tous ses membres.

« Dieu, ne feras-tu rien pour nous sauver ? »

Derrière elle, il y eut un léger bruit.

En se retournant, elle aperçut l'Archange.

Chapitre 40

Dieu l'avait prise en pitié. L'archange de la vision se tenait là, le même qui lui était apparu, armé d'un glaive, faisant reculer les esprits malins, tandis qu'un monstre aux dents aiguës qu'il semblait commander, se jetait sur la Démone et la mettait en pièces.

Et, comme elle l'avait remarqué dès la première fois où elle avait vu Mme de Peyrac, l'autre femme qui s'opposait à l'apparition diabolique, l'archange vainqueur lui ressemblait.

Un flot de joie l'inonda, comme un fleuve qui régénère une terre aride.

Pourquoi avait-elle douté ? Ne savait-elle pas que le Bien triompherait !

Il vint à elle, un doigt sur les lèvres.

– Ma sœur, je me nomme Cantor de Peyrac. Vous connaissez ma mère.

Maintenant, elle comprenait.

« Dieu bon ! Tu sais Te servir des hommes pour Ta justice et le secours des innocents. »

Son émotion était telle qu'elle dut enlever ses lunettes pour les essuyer, brouillées par les larmes.

Puis l'angoisse la poigna de nouveau. Si Mme de Peyrac se trouvait à Québec, elle était en danger.

Il secoua la tête.

– Non, ne craignez rien. Elle est dans ses domaines et mes parents ignorent même que je suis revenu sur la terre d'Amérique. Mais j'accourus vers vous, ma sœur, lorsque je sus que Mme de Gorrestat se dirigeait vers le Canada.

– Alors... Vous savez donc qui elle est ?

– Je le sais.

Les lèvres de sœur Madeleine tremblaient. Elle joignit les mains et dit précipitamment.

– Empêchez-la de nuire, Monsieur. C'est affreux. Personne ne me croit.

– Personne. Et ceux qui savent se taisent ou tremblent. Silence. Je suis seul. Il faut le silence. Ne plus rien dire. Je suis venu jusqu'à vous pour vous recommander cela, et pour que vous sachiez que je suis en chemin.

– Mais... comment êtes-vous entré ?

– Silence, répéta-t-il doucement. Il faut faire comme si de rien n'était. N'attirez plus sa vindicte... Humiliez-vous... Faites porter vos excuses... Humiliez-vous... Où est-elle ?

– Pour l'instant, l'on dit qu'elle est à Montréal.

– Cela ne l'empêche pas de laisser derrière elle un sillage de mort... Ma sœur, évitez de vous trouver en présence de quiconque demanderait à vous voir du dehors... Désobéissez à la Sainte Règle, s'il le faut... Sinon elle parviendra à vous tuer, vous aussi.

– Je ne crains pas la mort.

– Il est interdit de donner la victoire au Destructeur, chuchota-t-il, quand on le sait... Soyez plus forte que ses ruses... Moi, je vais la rejoindre.

Ses yeux brillaient d'un éclat si doux et si éblouissant qu'elle se perdait en leur rayonnement. Lorsqu'elle s'aperçut qu'il avait disparu, elle éprouva à la fois la faiblesse et l'ivresse qui vous viennent dans la convalescence, après une longue et pernicieuse maladie. Elle tremblait encore, mais désormais elle serait forte.

Chapitre 41

Cantor ouvrit la porte du jardin des Ursulines. Il traversa l'enclos, franchit le mur.

On ne le cherchait pas par là et le brouillard de l'aube était épais. Il descendit jusqu'à la rivière Saint-Charles. Par là, il devinait que patrouillaient les chasseurs à la poursuite de son glouton. Par instants, à travers les marécages, des pas lourds s'entendaient et des silhouettes floues passaient non loin, se hélant entre elles. Il répondait comme s'il était du groupe, car on ne pouvait le distinguer avec les brumes.

– L'a-t-on trouvé, le carcajou ?

– Pas encore ! Sacrée bête !...

Le soleil commença de percer et de dissiper les brumes qui se diluèrent en une pluie fugitive. Quelqu'un cria au loin :

– On l'a trouvé !

Cantor se hâta le cœur battant, les mains sur ses armes.

De loin le corps échoué, avec la longue courbe de poils dorés qui ensoleillait sa fourrure, lui apparut amenuisé, plus chétif qu'il n'en avait gardé le souvenir.

« Aurait-il pâti de la vie des bois ?... Peu habitué à la nature sauvage, il n'a su s'en défendre ?... Wolverine... »

Mais quand il fut tout près et qu'il vit l'animal à demi retourné, il comprit.

« C'est une femelle. Ce n'est pas Wolverine. »

Agenouillé près de la bête inerte, il l'examina.

Malgré le noir masque de bandit qui, autour des yeux, avait le pouvoir d'effrayer les Indiens, la petite « carcajou » aux paupières closes avait l'air si douce. Son gros corps velu à la longue queue superbe que convoitaient les assistants, contrastait avec la tête petite, au mufle court. Les lèvres retroussées dans une moue chagrine, laissaient luire à peine les redoutables crocs des deux côtés de la mâchoire qui n'avaient même pas eu le temps de se découvrir pour exhiber leur menace de défense, car elle avait été prise au piège. Les pattes courtes de devant aux griffes serrées se dressaient rigides et impuissantes comme des bras de poupée.

Il caressa le front du pelage soyeux entre les oreilles petites et rondes.

Il devina.

« Sa femelle !... C'était sa femelle. »

Cantor se releva, regardant autour de lui les hommes silencieux, et plus loin, au-delà, les bois aux cimes frangées de pluie perlée où les chasseurs allaient repartir à la poursuite de Wolverine.

« Ils ont tué sa femelle... Un crime de plus parmi la série de crimes qui va se répandre dans le sillage de la Démone... Mais je suis là, Wolverine. »

Il était là-bas. Ou bien tout près. Il avait tout vu. La capture et la curée. Il n'oublierait jamais.

Même le reconnaissant, lui, Cantor, se laisserait-il approcher désormais par l'un de ces humains qui avaient tué sa compagne, après les avoir guettés et pourchassés tous deux, pendant de longs jours et de cruelles nuits ?

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