Le clan de l'ours des cavernes
- Автор: Ауэл Джин М.
- Серия: Les enfants de la Terre #1
- Год: 2002
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- ISBN: 2-258-05932-1
- Переводчик: Philippe Rouard
- Жанр: Исторические приключения
Электронная книга - «Le clan de l'ours des cavernes». Краткое содержание книги:
— N’y pense plus, Ayla est morte.
— Je le sais bien, Creb, répondit Iza avec des gestes accablés.
Le chagrin de sa sœur poussa Creb à lui offrir le réconfort qu’il pouvait.
— Je ne devrais pas dire cela, Iza, mais à présent que son esprit a quitté ce monde et, avec lui, les esprits maléfiques, il n’y a plus de danger. Son esprit m’a parlé avant de partir. Il m’a dit qu’il m’aimait, et ses gestes étaient si réels que j’ai failli m’y laisser prendre. Mais un esprit qui a été maudit est très dangereux. Il essaie toujours de te tromper, pour pouvoir t’emmener avec lui. Je regrette presque de ne pas avoir suivi l’esprit d’Ayla.
— Je sais, Creb. Quand son esprit m’a appelée maman, je.... Bouleversée, Iza ne put poursuivre.
— Son esprit m’a supplié de ne pas brûler le sac de guérisseuse, Iza. L’eau lui est venue aux yeux, comme quand elle était vivante. Et là, j’avoue que si je n’avais pas déjà jeté le sac dans le feu, je le lui aurais donné. Cela a été sa dernière tentative pour nous égarer. Et puis il est parti.
Creb se leva, s’enveloppa dans sa fourrure et prit son bâton. Étonnée qu’il désire sortir, Iza le regarda se diriger vers l’entrée de la caverne où il resta, les yeux rivés sur l’étendue de neige étincelante. Il ne revint qu’au moment où Iza envoya Uba lui dire de venir manger. Il regagna aussitôt après son poste d’observateur, et Iza le rejoignit bientôt.
— Il fait froid, Creb. Tu ne devrais pas rester ainsi exposé au vent, lui signifia-t-elle.
— Voilà des jours que le ciel n’a pas été aussi limpide. C’est un soulagement que de revoir le paysage après toutes ces journées de blizzard.
— Oui, mais viens quand même te réchauffer un moment auprès du feu.
Creb fit plusieurs allers et retours entre son foyer et l’entrée de la caverne. Vers le soir, après dîner, il s’adressa à Iza.
— Je vais voir Brun à son foyer pour lui annoncer que Goov sera désormais notre mog-ur, déclara-t-il.
— Oui, Creb, dit-elle, la tête baissée. Elle aussi n’avait plus aucun espoir.
Creb se levait de sa fourrure quand un cri perçant éclata au foyer de Brun. Iza leva la tête. Une étrange apparition se tenait dans l’entrée de la caverne, silhouette blanche de neige, qui battait la semelle pour se réchauffer.
— Creb, qu’est-ce que... ? demanda Iza, affolée.
Creb fixait d’un regard perçant l’apparition. Était-ce l’incarnation de quelque mauvais esprit ? Soudain il ouvrit de grands yeux où dansait une lueur de joie.
— C’est Ayla ! cria-t-il.
Et il se porta vers elle aussi vite que son handicap le lui permettait. Oubliant de prendre son bâton, oubliant sa dignité de mog-ur, oubliant la coutume réservant les manifestations affectives au foyer seul, il jeta son bras valide autour de la fillette et la serra contre sa poitrine.
17
— Ayla ? Es-tu bien sûr qu’il s’agisse d’Ayla et non pas de son esprit ? demanda Iza au vieil homme qui amenait Ayla à leur foyer.
Iza avait peur, peur que ce ne soit un mirage.
— C’est bien elle, répondit Creb. Elle a réussi à vaincre les esprits maléfiques et à revenir parmi nous.
— Ayla ! s’écria Iza en ouvrant les bras à sa fille qui pleurait de joie, tandis que la petite Uba, elle aussi, s’agrippait à elle.
— Ayla ! Ayla revenue ! Uba savoir Ayla pas morte ! déclara la petite avec l’autorité de quelqu’un convaincu d’avoir eu raison depuis toujours.
Ayla la prit dans ses bras et la serra à lui couper le souffle.
— Toi, mouillée ! lui signifia l’enfant en se dégageant de son étreinte.
— Ayla, change de vêtements, tu vas prendre froid, recommanda Iza, profitant de ce prétexte pour cacher son émotion.
Elle s’affaira à lui chercher une fourrure sèche et à mettre du bois dans le feu.
— Tu as raison, maman, je risque d’attraper froid, dit Ayla.
Elle entreprit de se défaire du tas de peaux dont elle s’était couverte, et enfila avec plaisir la fourrure chaude que lui tendait Iza.
— Je meurs de faim, je n’ai rien mangé de la journée, dit Ayla. J’aurais dû arriver plus tôt mais j’ai été emportée par une avalanche. Heureusement, elle ne m’a pas ensevelie trop profond. N’empêche qu’il m’a fallu longtemps pour me dégager.
La stupéfaction d’Iza ne dura qu’un moment. Ayla aurait pu lui dire aussi bien qu’elle avait traversé une rivière de flammes, elle l’aurait crue. Son retour était une preuve amplement convaincante de son invincibilité. Comme elle ramassait les fourrures mouillées de la fillette, la guérisseuse remarqua la peau de daim.
— Comment t’es-tu procuré cette peau, Ayla ? s’enquit-elle.
— Mais c’est moi qui l’ai faite.
— Mais... mais elle vient de... ce monde, le nôtre ? demanda Iza avec inquiétude.
— Tout à fait de ce monde, répondit Ayla en souriant. As-tu oublié que je savais chasser ?
— Ne dis pas ça, Ayla. (Iza vint se placer devant Ayla de façon à ce qu’on ne puisse comprendre sa question.) Tu n’as pas ta fronde avec toi, hein, dis-moi ?
— Non, je l’ai laissée derrière moi. Mais ça ne change pas grand-chose. Tout le monde le sait, maintenant, Iza. Il fallait bien que je me fabrique certaines choses après que Creb eut brûlé tout mon bien. Et la seule façon d’avoir une peau, c’est de la prendre à une bête. Les fourrures ne poussent pas sur les arbres.
Creb, pour sa part, la regardait en silence, sans croire encore tout à fait à la réalité de ce qu’il voyait. Certes, il avait entendu raconter que les morts pouvaient revenir après leur malédiction, mais il ne l’avait jamais constaté par lui-même. Il la trouvait changée, plus mûre, plus confiante en elle. Comment en aurait-il été autrement après l’épreuve dont elle venait de triompher ? A quoi peut bien ressembler le monde des esprits ?
Les esprits, songea-t-il soudain. Je dois rompre le maléfice en changeant l’ordonnance des ossements dans la grotte sacrée.
Il se rua vers le sanctuaire pour apporter les modifications nécessaires et, brandissant la torche qui brûlait à l’entrée de l’étroit passage, il pénétra dans la grotte et s’arrêta net. Le crâne de l’ours avait été déplacé, et les os blanchis dérangés.
De petits rongeurs nichaient dans la caverne, attirés par les restes de repas et la chaleur. L’un d’eux était sans doute responsable du déplacement des os. Creb n’en frissonna pas moins. Il fit un signe de protection et, ramassant les os, il alla les remettre sur la pile d’ossements dans un coin de la grotte. Quand il ressortit, Brun l’attendait au-dehors.
— Brun ! s’exclama le sorcier. Tu sais que personne ne s’est introduit dans le sanctuaire depuis la malédiction d’Ayla ? Eh bien, les ossements ont été déplacés !
— Que s’est-il donc passé ? demanda Brun, inquiet.
— Je pense que c’est son totem. La lune est passée, et il voulait nous signifier qu’elle pouvait revenir parmi nous.
— Tu dois avoir raison, répondit Brun, l’air hésitant, comme s’il désirait poursuivre la conversation.
— Tu désires me parler, Brun ?
— Je voudrais te parler en privé. (Il hésita de nouveau.) Pardonne mon intrusion. J’ai regardé dans ton foyer. Le retour de la fille est une surprise.
Tous les membres du clan n’avaient pu s’empêcher malgré la coutume de regarder ce qui se passait dans le foyer de Creb. Personne n’avait encore jamais vu quelqu’un revenir d’entre les morts.
— C’est compréhensible, vu les circonstances, et il ne faut pas en tenir compte, répondit Mog-ur.
Il s’apprêtait à regagner son foyer quand Brun le retint de la main.