Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
Le clan de l'ours des cavernes - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Le clan de l'ours des cavernes

Электронная книга - «Le clan de l'ours des cavernes». Краткое содержание книги:

Il y a 35.000 ans, la terre se réchauffe lentement, alors que l’homme se dégage peu à peu de la bête, maîtrise l’outil et le feu. Une fillette de 5 ans, nommée Ayla, échappe à un tremblement de terre. Elle se réfugie auprès d’un clan étranger qui l’adopte.
1 ... 75 76 77 78 79 80 81 82 83 ... 140
Перейти на страницу:

Uba sentait sa mère trembler, et sa main serrait si fort la sienne que la petite en avait mal. Elle se doutait bien que ce n’était pas le vent froid qui faisait ainsi frissonner sa maman. Creb se tenait à l’entrée. Jamais le grand sorcier n’avait arboré un air aussi austère et menaçant. Son visage ravagé avait la dureté du granit, son œil unique était plus opaque qu’une pierre. Sur un signe de Brun il se dirigea d’un pas lent vers son foyer, accablé par le chagrin, et au prix d’un suprême effort il s’approcha d’Ayla, toujours assise sur sa peau de bête.

— Ayla, Ayla, lui dit-il avec douceur, tandis qu’elle levait les yeux vers lui. Il faut que tu viennes, Ayla. Brun est prêt.

Ayla hocha la tête puis se leva avec difficulté, les jambes ankylosées pour être restée si longtemps sans bouger. Hagarde, elle suivit le vieux sorcier, notant les multiples empreintes de pieds au sol de la caverne, les marques du bâton de Creb, la trace d’un talon, d’orteils, jusqu’à ce qu’elle voie devant elle les chausses poussiéreuses de Brun et s’effondre à ses pieds. La tape qu’il lui donna sur l’épaule sembla soudain la réveiller.

Elle leva les yeux vers lui et vit le visage familier, le front fuyant, les larges arcades, le nez busqué, la barbe grisonnante, mais le regard dur, fier et impitoyable du chef avait fait place à une sincère compassion et à une tristesse évidente.

— Ayla, commença-t-il à voix haute en employant les gestes appropriés à des circonstances aussi dramatiques, fille du Peuple du Clan, nous respectons nos traditions depuis des générations, depuis la naissance du clan. Sans être née parmi nous, tu es aujourd’hui des nôtres, soumise à la même loi que nous tous. Quand nous étions dans le nord, à chasser le mammouth, tu as été surprise une fronde à la main et tu as avoué chasser depuis longtemps déjà. Selon nos coutumes, les femmes du clan n’ont pas le droit de se servir d’une arme. Le châtiment qu’elles encourent est également prévu par nos traditions. Rien ne peut les modifier.

Brun se pencha et plongea son regard pénétrant dans les yeux bleus de la jeune fille.

— Je sais pourquoi tu as fait usage de ta fronde, poursuivit Brun. Mais je ne comprends toujours pas ce qui t’a poussée la première fois à t’en servir. Néanmoins, le chef de ce clan t’est reconnaissant d’avoir sauvé le fils de la compagne du fils de ma compagne.

Les membres du clan échangèrent des regards surpris. C’était là un aveu très rare chez un homme, et encore plus de la part d’un chef, que de témoigner sa reconnaissance envers quiconque, et encore moins envers une fille.

— Mais nos traditions sont impitoyables, poursuivit-il en faisant un signe à Creb, qui disparut aussitôt dans la caverne. Je n’ai pas le choix, Ayla. Quand Mog-ur aura fini d’invoquer les esprits occultes, tu mourras. Ayla, fille du Peuple du Clan, tu es maudite !

Ayla blêmit, tandis qu’Iza poussait un cri strident qui se prolongea en une longue plainte déchirante, brutalement interrompue par un geste de Brun.

— Je n’ai pas encore terminé, ajouta-t-il devant un auditoire suspendu à ses lèvres et à ses gestes. Les traditions du Clan sont parfaitement claires et, en tant que chef, je dois les respecter. Mais si une femme doit encourir la Malédiction Suprême pour avoir utilisé une arme, il n’est dit nulle part que son châtiment doive demeurer éternel. Ayla, tu es maudite pour la durée d’une lune entière. Si les esprits te font la grâce de te laisser revenir de l’au-delà quand la lune aura accompli un cycle complet, nous t’accepterons de nouveau parmi nous.

Une émotion intense envahit l’assemblée. Personne ne s’attendait à une telle éventualité.

— C’est juste, approuva Zoug. Rien n’indique que la malédiction doive être éternelle.

— Mais quelle différence cela fait-il ? demanda Droog. Comment peut-on être mort aussi longtemps pour revivre ensuite ? Quelques jours peut-être, mais certainement pas une lune entière.

— Si la malédiction ne durait que quelques jours, il n’est pas sûr qu’elle soit une punition suffisante, dit Goov. Certains mog-ur croient que l’esprit ne pénètre jamais dans le monde invisible si la malédiction est trop courte. L’esprit rôde alors entre les deux mondes, attendant que le temps passe avant de pouvoir revenir à la vie. La sentence de Brun est juste, car la malédiction est assez longue pour qu’elle puisse devenir éternelle. La loi est ainsi respectée.

— Alors pourquoi ne se contente-t-il pas de la maudire une bonne fois pour toutes ! s’exclama Broud, furieux. Les traditions n’ont jamais fait allusion à une malédiction temporaire. La mort doit être le seul châtiment.

— Parce que tu crois qu’elle ne mourra pas, Broud ? Tu t’imagines qu’elle reviendra parmi nous ? demanda Goov.

— Je ne crois rien du tout. Je me demande simplement pourquoi Brun ne l’a pas maudite éternellement. Est-il donc désormais incapable de prendre une simple décision ?

Broud disait tout haut ce que tout le monde pensait en son for intérieur. Brun aurait-il condamné Ayla à une malédiction temporaire s’il ne pensait pas qu’elle avait une chance, fût-elle infime, de revenir d’entre les morts ?

Brun avait débattu toute la nuit de la sentence qu’il devait prononcer. Ayla avait sauvé Brac, et il n’était pas juste qu’elle doive le payer de sa vie. Les traditions exigeaient la mort, mais il existait d’autres lois, des lois qui disaient « une vie contre une vie ». Ayla portait en elle une partie de l’esprit de Brac ; elle méritait, avait droit à une compensation de valeur égale... sa propre vie.

Ce ne fut qu’au point du jour qu’il trouva enfin un compromis. Quelques âmes intrépides étaient revenues après une malédiction temporaire. L’espoir était mince, mais il ne pouvait lui offrir plus.

Soudain, un silence de mort tomba sur le clan. Mog-ur apparut à l’entrée de la caverne, les traits tirés et le visage couleur de cendres. Le sorcier avait accompli son devoir. Ayla était morte.

Iza poussa une longue plainte perçante, tandis qu’Ebra et Oga, puis toutes les autres femmes se portaient auprès d’elle et joignaient leurs cris aux siens. Devant la peine de la femme qu’elle aimait par-dessus tout, Ayla courut vers elle pour la réconforter, mais au moment même où elle s’apprêtait à la prendre dans ses bras, Iza se détourna. Tout se passait comme si elle ne la voyait pas. Ayla ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Elle se tourna vers Ebra d’un air interrogatif, mais le regard de la compagne du chef ne la vit pas. Puis elle s’approcha d’Aga et ensuite d’Ovra. Personne ne la voyait plus. Tout le monde cherchait à l’éviter. Désespérée, elle courut alors auprès d’Oga.

— C’est moi, Ayla ! Tu ne me vois donc pas ? Je suis là, devant toi ! s’écria-t-elle.

Le regard d’Oga lui passait au travers et la jeune femme se détourna sans un geste, sans un signe de reconnaissance, comme si Ayla était invisible.

Elle aperçut alors Creb qui se dirigeait vers Iza.

— Creb ! C’est moi, Ayla ! Je suis là, cria-t-elle en faisant de grands gestes.

Le vieux sorcier passa son chemin, s’écartant juste ce qu’il fallait pour éviter la jeune fille prosternée à ses pieds, comme il l’eût fait pour éviter une pierre.

— Creb ! hurla-t-elle. Pourquoi ne me vois-tu pas ? (Ayla se releva pour s’élancer de nouveau vers Iza.) Iza ! Maman ! Mamaaaaan ! Regarde-moi ! Mais regarde-moi donc, hurla-t-elle avec de grands gestes.

Mais Iza émit de nouveau une longue plainte en se frappant la poitrine.

— Mon enfant, mon Ayla, ma fille est morte. Elle n’est plus. Ma pauvre Ayla. Elle est partie, elle nous a quittés...

1 ... 75 76 77 78 79 80 81 82 83 ... 140
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)