Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Путеводители » Dictionnaire amoureux de San-Antonio
Dictionnaire amoureux de San-Antonio - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Dictionnaire amoureux de San-Antonio

Электронная книга - «Dictionnaire amoureux de San-Antonio». Краткое содержание книги:

Assimilée à une « littérature de gare », l'œuvre de Frédéric Dard, dit San-Antonio a tardé à être reconnue comme majeure. Mais l'engouement du public pour ces aventures était tel qu'elles suscitèrent bientôt la curiosité des critiques et des intellectuels, comprenant enfin que ces romans cachaient aussi une vision réjouissante et féroce de la société.
Ce dictionnaire tente d'éveiller la curiosité sur l'homme et les aspects riches de sa création littéraire unique. Comment évoquer avec amour le si prolifique Frédéric Dard ? Devant l'ampleur de la tâche, le plus simple était de faire comme l'auteur : tous les matins, afficher une page blanche, surmonter l'angoisse et laisser place à l'imagination désordonnée. Avec une idée forte que San-Antonio semblait me souffler à l'oreille : « Faut qu'on le capte bien, le grand, qu'on s'imprègne à fond de lui, qu'on pige son beau talent, […] et puis, tu comprends : qu'on ait envie de le choper par le cou pour l'accolade de la tendresse, histoire de bien se sentir un homme auprès de cet homme-là. »
Biographie de l'auteur
Médecin, publicitaire, muséographe, enseignant et écrivain depuis dix ans, Éric Bouhier a une véritable passion pour l'œuvre de San-Antonio. L'écriture de ce dictionnaire amoureux est l'aboutissement d'une lecture assidue depuis l'adolescence et d'un travail de recherche mené ces vingt dernières années avec des proches de Frédéric Dard et des membres d'une association dédiée à entretenir la mémoire de l'écrivain.
1 ... 76 77 78 79 80 81 82 83 84 ... 130
Перейти на страницу:

LES OBJETS FÉTICHES

En priorité, un curieux objet en forme de bouteille : Cette tirelire en cuivre, c’est mon père qui l’a fabriquée pour moi avec un morceau de cuivre et un marteau. À la manière des dinandiers d’autrefois ! Cette tirelire ne m’a jamais quitté et je la remplis de pièces pour mieux la vider ou chaque soir pour tenir les feuillets de mon livre en cours. Elle trône toujours sur son bureau de Bonnefontaine. Mais il a chéri et précieusement conservé plusieurs autres objets lui venant de son père Francisque. En particulier sa trompette de musicien de bal musette, en métal noir. Elle est associée à une histoire touchante. Atteint d’un cancer en phase finale, Francisque, ramené de l’hôpital au domicile de son fils, pour y mourir, lui réclame sa trompette, restée à Lyon. Un coursier la lui apporte en urgence, et toute la famille laisse le vieil homme épuiser ses dernières forces sur son instrument. Tout à coup, voilà qu’on entend la musique… la musique du kiosque de Bourgoin… Tout doucement d’abord… comme si elle venait de très loin… et puis de plus en plus fort ! Frédéric entre dans la chambre et trouve son père assis au bord de son lit, gris de maladie, les jambes amaigries, jouant de la trompette, jouant sa propre mort. Et puis il est allé de mieux en mieux, le mois suivant il marchait… Francisque ne mourut que trois ans plus tard ! Dans ce musée privé, qui se confond avec le petit bazar de sa mémoire, comment ne pas ajouter :

— un lot de calepins à couverture de moleskine noire, papier jauni et rayures, racheté jadis par papa à un papetier en déconfiture (de coings),

— la croix de guerre (de 14–18), et trois citations du brancardier Francisque Dard qui avec un courage exemplaire s’est porté au secours d’un camarade blessé, sous le feu des mitraillettes ennemies,

— le miroir à trois faces réservé au rasage matinal de son père,

— le flacon d’élixir « Bonjean » et la boîte de talc des massages que lui prodiguait sa grand-mère,

— un étrange totem en bois qu’un jour, tout gamin, Frédéric sculpta dans un morceau de noisetier,

— un vieux fanion de Bourgoin-Jallieu,

— une très belle serviette en cuir souple offerte par sa mère Joséphine pour son entrée à l’école de La Martinière,

— et le souvenir vivace d’un poste à galène que son père avait fabriqué dans une boîte de cigares Voltigeurs ?

DES OBJETS-JEUX

Peu ont survécu, si ce n’est dans la mémoire et aujourd’hui dans les écrits de San-Antonio. Rien de tel pour notre commissaire que d’évoquer l’enfance de son auteur quand il veut se détendre entre deux actions périlleuses. De savoureuses paroles nous le confirment : Les hommes, c’est comme les haricots secs : il faut les mettre à tremper dans leurs souvenirs pour les attendrir. Ou nous l’infirme, mais il nous a habitués à ce genre d’apparente contradiction : Je ne suis pas du tout le genre de mec qui se penche sur son passé, c’est un truc qui vous flanque moralement le torticolis. D’ailleurs les souvenirs n’intéressent personne. L’homme qui se souvient est un chiant personnage. Faits de guerre, polissonneries, accidents d’auto, enfance pittoresque… qu’est-ce que ça peut foutre aux autres, ce qui vous est arrivé à vous ? À nous ? Tout ! Ainsi, ce n’est pas sans nostalgie qu’on retrouve dans ses souvenirs les propres jeux de notre enfance. Le père La Colique, une petite figure de plâtre ocre. Un vieillard accroupi, le futiau baissé. Tu lui collais dans le trou du cul une minuscule cartouche grosse comme une pierre à briquet, t’y flanquais le feu, et la chose proliférait en se tortillant. Il en sortait des longueurs insoupçonnables. Les mômes, ils le trouvaient sublime, le gag. Quand le jeune Frédéric ne fabrique pas une jolie école en bois pour retenir près de lui sa petite sœur Jeannine, il joue au Meccano, avec lequel il ne construit que des grues ! Économe et ingénieux, il cultive tôt son amour des voitures en s’amusant du morceau de carton léger [qu’il] fixai[t], jadis, à la fourche de [son] vélo. Il frottait contre les rayons de la roue, ce qui donnait une petite pétarade. Chacun sait : Tout ce qui peut rappeler un moteur excite les garçons !

DES OBJETS AYANT CONSTITUÉ DES COLLECTIONS

D’où peut venir l’envie de bibeloter ? Parfois, le hasard d’un seul bel objet déniché peut inciter à acquérir ses presque semblables. En dehors de véritables collections d’objets religieux que nous évoquons à d’autres occasions, Frédéric commença cinq collections, assez vite interrompues, puis mises sous cadres, rangées dans des tiroirs conçus à dessein ou agrémentant aujourd’hui encore un dessus d’étagère. Des collections de coqs de clocher, de pièces de monnaie, de lettres autographes, de fort jolies cannes et de clefs anciennes, correspondant, n’en doutons pas, à sa façon de bâtir une histoire. En effet, la plus belle de toutes ses collections est virtuelle et tient un minimum de place : celle de mots réunis en listes interminables auxquelles pas un San-Antonio n’échappe !

Parenthèse philatélique concluant ce paragraphe, Frédéric Dard ou San-Antonio, on ne sait plus, mais ce sont si souvent les mêmes, se livre un jour à cette confidence : Collectionner est prétentieux, c’est se donner l’illuse de l’immortalité. Je me suis toujours apitoyé lorsqu’un pote prend son foot avec une collection de timbres. Cette aversion date-t-elle de son enfance et d’une passion tuée dans l’œuf ? Quand j’étais enfant, j’ai voulu commencer une collection de timbres. Ma mère m’a offert un album, Malheureusement tous les timbres que j’achetais ou qu’on me donnait, je les fixais avec de la colle forte ! Quoi qu’il en soit, devenu adulte, et écrivain par la même occasion, il abandonne les affranchissements d’enveloppes pour nous affranchir sur sa conception des belles lettres et des héroïnes de roman : Je préfère collectionner des poils de cul que des timbres-poste.

UN OBJET EXCLUSIVEMENT SAN-ANTONIEN

Annoncé plus haut, il s’agit de son sésame. À l’heure où ses concurrents d’outre-Manche ne peuvent sortir sans leur montre à laser, leur stylo rocket, leur voiture lance-torpille et leur sous-marin miniaturisé, San-Antonio, le Diabolic’man, le Fleming du faire-reluire, l’Impertinent, l’Indomptable, la Lumière de la Poule, a pour tout gadget son fameux sésame[53], l’ouvre-serrure universel offert, au début de sa carrière, par un truand reconnaissant. Et un calibre — un feu, le camarade Tu-Tues, quoi ! — distributeur de Dragées sans baptême, quand il ne l’oublie pas dans le tiroir de son bureau ! Qu’on se fasse passer le mot : chez San-A., pas besoin de Mister Q, Béru, M. Cul, fait l’affaire !

вернуться

53

Beaucoup de lecteurs me demandent en quoi consiste ce sésame. Les dures exigences du secret professionnel m’empêchent de leur répondre. Toutefois, qu’il me soit permis de leur révéler que l’outil en question est en vente libre au sous-sol du Bazar de l’Hôtel de Ville.

1 ... 76 77 78 79 80 81 82 83 84 ... 130
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)