Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Космическая фантастика » Les martiens [The Martians - fr]
Les martiens [The Martians - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Les martiens [The Martians - fr]

Электронная книга - «Les martiens [The Martians - fr]». Краткое содержание книги:

D’une mission d’entraînement en Antarctique aux terrifiantes tempêtes de sable qui balaient les canyons désolés de la planète rouge, Les Martiens met en scène toute une galerie de personnages ayant joué un rôle dans cette histoire de la colonisation de la planète soeur magistralement décrite par Kim Stanley Robinson dans sa trilogie martienne, d’ores et déjà saluée comme l’un des grands classiques de la science-fiction.
Depuis l’épopée des Cent — les premiers explorateurs —, ce sont des générations d’hommes et de femmes qui ont transformé en colonie durable ce qui n’était au départ qu’un avant-poste à l’existence bien ténue. Les expéditions internationales qui se sont succédé ont débouché sur la création d’un monde. Celui-ci a connu une évolution inéluctable, avec son cortège de luttes politiques, de révolutions et de conflits armés.
A une époque où la longévité est de l’ordre d’un siècle et demi, Les Martiens raconte l’épopée de générations d’humains vivant aux limites de la frontière ultime, où les paysages façonnés par les hommes sont sans cesse en butte aux monstrueux caprices de la nature.
Les Martiens, c’est la chronique épique d’une planète qui représente l’un des recours les plus plausibles de l’humanité. A l’horizon 2050, autrement dit demain…
1 ... 75 76 77 78 79 80 81 82 83 ... 110
Перейти на страницу:

Comment ? s’écria le Grand Homme. Que veux-tu dire ?

Ce que je viens de dire : un sexe plus petit. Fais-t’en greffer un autre. Tu te fais couper celui-ci et on t’en recoud un plus petit à la place.

Un plus petit ? Couper ?

C’est la situation qui l’exige, Grand Homme. Il va falloir en passer par là si tu veux que ça marche entre nous.

Quoi ? Comment ?

Une greffe ! Une transplantation ! Tu trouveras ça partout où on transplante des organes. Dans un hôpital, quoi !

Pas question, répondit le Grand Homme. D’abord – et ce n’est pas ma seule objection – les organes transplantés sont prélevés sur des cadavres.

Tu pourrais faire cloner le tien, en plus petit. On sait faire ce genre de chose, à notre époque.

Oh, je t’en prie, dit le Grand Homme. Rien que d’en parler, je me sens tout patraque.

Ce n’est pas ma faute, rétorqua Zoya. Quand on veut, on peut. Et elle s’éloigna à tire-d’aile, toute seule.

Enfin, que voulez-vous ? La vie n’était plus drôle du tout. Le Grand Homme finit par sombrer dans la neurasthénie. Si bien qu’il commença à se renseigner discrètement sur la question. Il alla dans une clinique et raconta une histoire d’ami qui avait une très très petite fiancée. Et il découvrit que les derniers progrès de la biotechnologie des échinodermes permettaient bel et bien de faire ce qu’il voulait. On pouvait l’amputer de ses parties génitales et les remplacer par un greffon cultivé à partir de cellules de l’original. Des cellules de la partie la plus sensible, lui assura un docteur. Une réduction du quart de la moitié lui permettrait d’arriver à la taille voulue pour Zoya.

Le Grand Homme ne connut plus la tranquillité d’esprit. Il était en proie à un cruel dilemme, un gros problème ou un petit ? C’est horrible ! se disait-il. C’est ridicule. Je ne ferai jamais une chose pareille. Je préfère l’oublier. Il quitta la clinique de chirurgie esthétique uro-génitale, bien décidé à ne pas y remettre les pieds.

Mais le Grand Homme était amoureux, et l’amour du Grand Homme était un grand amour. Or l’amour est une grande chose ; une chose qui amène à se surpasser. C’est bien triste, une vie sans amour. Et la vie sans Zoya était d’un ennui inconcevable.

Alors, un jour, le Grand Homme dit : Ça va, ça va. D’accord. Et il retourna à la clinique pour qu’ils prélèvent des cellules de l’endroit le plus sensible de son individu. Ça lui fit un mal de chien.

Après cela, il se rendit sur le nuage d’Oort pour communier avec lui-même. Nous jetterons un voile pudique sur cette scène intime. Disons seulement que, lorsqu’il revint, las et plein d’appréhension, il se déclara prêt. Alors Zoya lui tint la main pendant qu’ils lui administraient des litres d’anesthésique et procédaient à l’opération. Et quand il reprit connaissance, ses parties génitales étaient le quart de la moitié plus petites qu’avant.

Ridicule, dit-il.

En hommage à son courage, Zoya avait fait chimiquement momifier son ancien organe et l’avait envoyé par la voie des airs vers Hellespontus Montes, où il avait été placé à côté du massif appelé les Plats dans l’Évier. Depuis, c’est un promontoire très populaire parmi les amateurs d’escalade, qui le gravissent sous toutes ses coutures.

Enfin, lorsque toutes les cicatrices furent résorbées et que le Grand Homme fut physiquement remis, au milieu de l’été, Zoya l’emmena vers le rivage du golfe de Chryse, sur l’une de ses plages favorites, une bande de sable déserte dans une baie isolée.

Veux-tu m’aimer, maintenant ? lui demanda le Grand Homme.

Je le veux, répondit Zoya.

Cette fois encore, jetons un voile pudique et laissons-leur un peu d’intimité. Sachez seulement que, lorsqu’ils redescendirent vers le sud, le Grand Homme se sentait incroyablement léger pour la première fois de sa vie ; il marchait dix mètres au-dessus du sol. Il ne savait pas que ça pouvait être si bon.

Plus tard, hélas, Zoya le quitta et lui brisa le cœur, mais il fut bien forcé de s’y faire, ainsi qu’à son organe, réduit à une douce petite chose entre ses jambes. Ça lui faisait un peu drôle, mais ce n’était pas mal, au fond. Comme ça, quand il rencontrait des femmes qui lui plaisaient, il pouvait avoir avec elles des relations assez satisfaisantes. Et quand il tombait sur Zoya, ils renouaient parfois leur ancienne liaison, avec la même passion. Alors, en fin de compte, l’un dans l’autre et tout bien considéré, il se disait que ça valait la peine. Et tous les amateurs d’escalade de Mars se félicitent, eux aussi, de cette décision.

Plaidoyer pour la mise en œuvre de techniques de terraforming sûres

L’Oxia River charrie beaucoup de boue après les orages sur Margaritifer Terra, et ses eaux limoneuses se déversent, à travers les bancs de sable de l’embouchure, dans le golfe de Chryse, qui se teinte de rouge sur trois ou quatre kilomètres. On croirait voir s’épanouir une fleur de sang vers l’archipel, à l’horizon. Quand la marée reflue et que les boues se déposent sur le fond, le lit de la rivière en est presque toujours changé. Parfois, l’embouchure remonte jusqu’à l’autre bout de la plage. Le vieux chenal se comble alors d’alluvions, mais les vagues viennent encore se cabrer sur les berges submergées, qui les domptent. Tout cela évolue, semaine après semaine, tempête après tempête – tout sauf les éléments en cause, évidemment : le soleil, la mer, le ciel –, les falaises qui s’avancent dans la mer, encadrant le canyon de la rivière ; le lagon bordé de plages, les dunes, l’eau du fleuve qui ondoie vers le large, par-dessus les barres formées par les hauts fonds, et va se glisser sous les brisants. Tout cela est toujours là.

Enfin, « toujours »… il faut relativiser, bien sûr. Disons que les choses se sont passées comme ça pendant des années. Mais sur Mars, le paysage est en perpétuel changement. Un équilibre ponctuel sans équilibre, comme a dit Sax, un jour. Et avec le refroidissement des années 2210, les années sans été, si on n’avait rien fait, le paysage du delta ne serait pas longtemps resté tel quel.

Mais les méthodes qui semblent receler un espoir de ralentir cette tendance semblent bien drastiques en vérité. Pour les amoureux de ce paysage, l’idée d’un million d’explosions thermonucléaires dans le régolite profond a quelque chose de choquant, de mal. Vous pouvez avancer tous les arguments que vous voudrez sur le confinement des radiations, l’importance vitale de la chaleur souterraine et même l’utilisation de vieilles armes terrestres, un environnementaliste ne peut pas approuver une chose pareille.

Et la stupidité du langage utilisé par certains pour préconiser l’utilisation de ces méthodes industrielles lourdes n’arrangea pas les choses. Ces gens-là n’avaient pas compris le pouvoir de la langue. Ils se gargarisaient de la « destinée manifeste » de Mars, oubliant que cette formule était attachée à un moment précis de l’histoire américaine, intimement lié à une guerre impérialiste de conquête, à un patriotisme aveugle, inepte, et à un génocide dont la plupart des Américains renâclent encore à admettre l’existence. Le fait d’associer cette horrible vieille formule au sauvetage de la biosphère martienne était débile ; mais il s’est trouvé des gens pour le faire quand même.

D’autres, comme Irishka, en furent profondément écœurés. Tout ça pour un problème de vocabulaire. J’assistai à toute la session de la cour environnementale globale, et j’écoutai les arguments pour et contre. Et bien que je travaille sur les mots, je me dis : C’est absurde ; c’est affreux. Le langage n’est qu’un monstrueux ensemble de fausses analogies. Il y a un meilleur moyen de faire valoir son point de vue.

1 ... 75 76 77 78 79 80 81 82 83 ... 110
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)