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Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]

Электронная книга - «Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]». Краткое содержание книги:

Le Dôme : personne n’y entre, personne n’en sort. A la fin de l’automne, la petite ville de Chester Mill, dans le Maine, est inexplicablement et brutalement isolée du reste du monde par un champ de force invisible. Personne ne comprend ce qu’est ce dôme transparent, d’où il vient et quand — ou si — il partira. L’armée semble impuissante à ouvrir un passage tandis que les ressources à l’intérieur de Chester Mill se raréfient. Big Jim Rennie, un politicien pourri jusqu’à l’os, voit tout de suite le bénéfice qu’il peut tirer de la situation, lui qui a toujours rêvé de mettre la ville sous sa coupe. Un nouvel ordre social régi par la terreur s’installe et la résistance s’organise autour de Dale Barbara, vétéran de l’Irak et chef cuistot fraîchement débarqué en ville…
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Barbie se rendit compte que Grinnell comme Sanders étaient morts de frousse. Pas à cause du Dôme, du moins pas en ce moment ; mais à cause de Rennie. Et une fois de plus il pensa, Et on n’a pas encore vu le pire.

« Je crois qu’il faut que vous nous laissiez un peu de temps, James, dit Brenda d’un ton courtois. Vous comprendrez certainement que si ce n’était pas important — très important — je serais chez moi, à pleurer mon mari. »

Big Jim se trouva pour une (rare) fois à court de mots. Les gens restés dans la rue pour regarder le coucher de soleil observaient à présent la rencontre impromptue. Attribuant peut-être une importance qu’il n’avait pas à Barbie simplement parce qu’il était assis entre le troisième conseiller et la veuve du feu chef de la police. Les trois se passaient un document comme si c’était une bulle du pape lui-même. Qui avait eu l’idée de cette démonstration publique ? La petite mère Perkins, pardi ! Andrea n’était pas assez maligne pour ça. Ni assez courageuse pour le provoquer aussi publiquement.

« Bon, on peut peut-être vous laisser quelques minutes. Eh, Andy ?

— Bien sûr, dit Andy. Pour vous, on peut certainement attendre quelques minutes, Mrs Perkins. Je suis vraiment désolé pour Duke.

— Et je suis désolé pour votre femme », répondit Brenda d’un ton grave.

Leurs yeux se rencontrèrent. Ce fut un Instant de Tendresse Authentique, qui donna à Big Jim envie de lui arracher les cheveux. Il n’ignorait pas qu’il n’aurait pas dû se laisser envahir par de tels sentiments — c’était mauvais pour sa tension artérielle, et ce qui était mauvais pour sa tension artérielle était mauvais pour son cœur — mais c’était dur parfois. En particulier quand on venait de recevoir un mot d’un type qui en savait infiniment trop et qui s’imaginait que Dieu voulait qu’il parle à la ville. Si jamais Big Jim ne se trompait pas sur ce que Coggins s’était fourré dans la tête, le problème qu’il avait en ce moment n’était que roupie de sansonnet à côté.

Sauf que ce n’était peut-être pas de la roupie de sansonnet. Parce que Brenda Perkins ne l’avait jamais aimé et que Brenda Perkins était la veuve d’un homme considéré par tout Chester’s Mill comme un héros maintenant, sans la moindre raison valable. La première chose qu’il devait faire…

« Entrons, dit-il. Nous serons mieux pour parler dans la salle de conférences. » Son regard se posa un instant sur Barbie. « Vous avez quelque chose à voir dans cette histoire, Mr Barbara ? Parce que, ma vie dût-elle en dépendre, je ne comprends pas pourquoi.

— Ceci vous aidera peut-être », répondit Barbie en lui tendant les documents qu’il tenait. « J’étais dans l’armée, autrefois. Lieutenant. Il semble que l’on m’ait fait rempiler. Et qu’on m’ait donné une promotion. »

Rennie prit les feuilles de papier, les tenant par un coin comme s’il craignait de se brûler. La lettre était considérablement plus élégante que la note chiffonnée que Richie Killian lui avait donnée, et provenait d’un correspondant nettement plus connu. L’en-tête disait simplement : DE LA MAISON BLANCHE. Elle portait la date du jour.

Rennie tâta le papier. Un profond sillon vertical s’était creusé entre ses sourcils broussailleux. « Ce n’est pas le papier de la Maison Blanche. »

Bien sûr que si, débile, fut tenté de rétorquer Barbie. Il a été livré il y a une heure par la brigade des elfes de la FedEx. Ces braves petits branleurs l’ont téléporté à travers le Dôme, pas de problème.

Pourtant il répondit en essayant de garder un ton enjoué :

« Non, bien sûr que non. Elle est arrivée par Internet, en dossier PDF. C’est Ms Shumway qui l’a reçue et qui l’a imprimée. »

Julia Shumway. Encore une enquiquineuse.

« Lisez-la, James, dit Brenda d’un ton calme. C’est important. »

Big Jim la lut.

4

Benny Drake, Norrie Calvert et Joe McClatchey dit l’Épouvantail se tenaient devant les bureaux duDemocrat, le journal de Chester’s Mill. Ils avaient tous une lampe torche. Benny et Joe tenaient la leur à la main ; celle de Norrie était au fond d’une vaste poche sur le devant de son sweat-shirt à capuche. Ils étaient tournés vers le haut de la rue et l’hôtel de ville devant lequel plusieurs personnes — dont les trois conseillers et le cuistot du Sweetbriar Rose — paraissaient tenir une réunion.

« Je me demande ce qui se passe, dit Norrie.

— Les bouffonneries habituelles des adultes », répondit Benny avec un manque absolu d’intérêt, avant de frapper à la porte du journal. En l’absence de réaction, Joe passa devant lui et essaya la poignée. La porte s’ouvrit. Il comprirent sur-le-champ pourquoi Ms Shumway ne les avait pas entendus ; sa photocopieuse tournait à plein régime et elle-même s’entretenait avec son journaliste chargé des sports et le type qui, dans la journée, avait pris des photos de la ferme Dinsmore.

Julia vit les gamins et leur fit signe d’avancer. Les feuilles dégringolaient rapidement dans le bac de la photocopieuse. Pete Freeman et Tony Guay se chargeaient tour à tour de les prendre et de les empiler.

« Ah, vous voilà, dit-elle. J’avais peur que vous ne puissiez pas venir. Nous sommes presque prêts. Si la foutue machine ne chie pas dans les draps, bien sûr. »

Joe, Benny et Norrie approuvèrent silencieusement ce délicieux bon mot*, chacun bien résolu à l’employer à la première occasion.

« Avez-vous l’autorisation de vos parents ? reprit Julia. Je ne tiens pas à voir débouler une bande de papas furieux.

— Oui madame. Nous l’avons tous », répondit Norrie.

Freeman colisait un paquet de feuilles avec de la ficelle. S’y prenant plutôt mal, observa Norrie. Elle était capable de faire cinq nœuds différents. Et de fabriquer des mouches pour la pêche. Son père lui avait montré. En échange, elle lui avait appris deux ou trois figures de base de skate. Elle considérait qu’elle avait le papa le plus génial au monde.

« Vous voulez que je le fasse ? demanda-t-elle à Pete.

— Si tu peux t’en sortir mieux que moi, bien volontiers », répondit-il en lui laissant la place.

Elle s’avança, suivie de ses deux copains et vit alors l’énorme manchette noire qui barrait la page de l’édition spéciale à une seule feuille. « Bon Dieu de merde ! »

Les mots à peine sortis de sa bouche, elle porta vivement les mains dessus, mais Julia se contenta d’un hochement de tête. « Et même un bon Dieu de merde garanti d’origine, indiscutablement. J’espère que vous avez pris vos bicyclettes et qu’elles ont toutes des paniers. Ce serait difficile de transporter ces trucs sur des planches à roulettes.

— Vous nous l’avez demandé, et c’est ce que nous avons fait, répondit Joe McClatchey. La mienne n’a pas de panier, seulement un porte-bagages.

— Mais c’est moi qui attacherai son paquet dessus, dit Norrie.

— Je veux, que ce soit toi, dit Pete Freeman qui regardait, admiratif, la gamine ficeler les piles (employant un nœud papillon coulissant, lui semblait-il). Tu t’en sors plus que bien.

— Ouais, je me débrouille, répondit Norrie sur le ton du constat.

— Vous avez vos torches ? demanda Julia.

— Oui, répondirent-ils en chœur.

— Parfait. The Democrat n’a plus de petits distributeurs de journaux depuis trente ans, et je ne voudrais pas que, pour fêter la réintroduction de cette pratique l’un de vous se faisant écraser au coin de Main Street et de Prestile.

— Ce serait la grosse tuile, sûr, dit Joe.

— Un exemplaire pour chacune des maisons et chacun des commerces de ces deux rues, d’accord ? Plus Morin et Saint-Anne Avenue. Après ça, à vous de voir. Faites pour le mieux mais à neuf heures, rentrez chez vous. Laissez ce qui vous restera au coin d’une rue. Avec un caillou dessus pour les retenir. »

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