Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Научная фантастика » Le grand livre [Doomsday Book - fr]
Le grand livre [Doomsday Book - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Le grand livre [Doomsday Book - fr]

Электронная книга - «Le grand livre [Doomsday Book - fr]». Краткое содержание книги:

Quoi de plus naturel, au XXIe siècle, que d’utiliser des transmetteurs temporels pour envoyer des historiens vérifier sur place l’idée qu’ils se font du passé ?
Kivrin Engle, elle, a choisi l’an 1320, afin d’étudier les us et coutumes de cette époque fascinante qu’aucun de ses contemporains n’a encore visitée : le Moyen Age.
Le grand jour est arrivé, tous sont venus assister au départ : Gilchrist, le directeur d’études de Kivrin ; l’archéologue Lupe Montoya, le docteur Ahrens ; sans oublier ce bon professeur Dunworthy, qui la trouve trop jeune et inexpérimentée pour se lancer dans pareille aventure et qui s’inquiète tant pour elle.
Ses craintes sont ridicules, le professeur Gilchrist a tout prévu ! Tout, mais pas le pire…
1 ... 68 69 70 71 72 73 74 75 76 ... 142
Перейти на страницу:

Agnès était si surexcitée qu’elle n’avala pas une seule bouchée. Ensuite, elle refusa de s’asseoir près du feu et courut autour de la salle pour faire tinter sa clochette et importuner les chiens.

Les serviteurs de Messire Bloet et l’intendant entrèrent avec la bûche de Noël. Ils la lâchèrent dans l’âtre. Des étincelles volèrent de toutes parts et les femmes reculèrent en riant, pendant que les enfants hurlaient leur joie. En tant que fille aînée du maître des lieux, Rosemonde l’alluma avec un fagot composé de brindilles prises sur la bûche de l’année précédente. Elle mit le feu à l’extrémité d’une racine aux formes tourmentées et la première flamme fut saluée par des rires et des applaudissements. Agnès contribua au vacarme en agitant follement son bras pour faire tinter sa clochette.

Rosemonde avait précisé que même les enfants assistaient à la messe de minuit, mais Kivrin avait espéré inciter Agnès à s’allonger près d’elle. Cependant, la fillette criait et secouait tant son jouet qu’elle dut le lui confisquer.

Assises près du feu, les femmes bavardaient à voix basse. Les hommes formaient de petits groupes et, l’aumônier excepté, ils sortaient régulièrement pour revenir un peu plus tard en riant et en tapant des pieds pour faire tomber la neige de leurs bottes. Leur mine rougeaude et les regards réprobateurs d’Imeyne indiquaient qu’ils étaient allés boire de la bière, malgré le jeûne.

La troisième fois, Bloet s’installa de l’autre côté de l’âtre et allongea ses jambes vers le feu, pour observer les filles. Les trois glousseuses jouaient à colin-maillard avec Rosemonde, et quand cette dernière approcha des bancs avec un bandeau sur les yeux, il tendit la main pour la prendre par la taille et l’attirer sur ses genoux. Tous rirent.

Imeyne passa la soirée auprès de l’aumônier. Elle lui dressait la liste des fautes du père Roche. Il était ignorant et maladroit, il avait récité le Confiteor avant l’Adjutorum… et il était en cet instant même agenouillé dans son église glaciale, pensa Kivrin, alors que l’autre prêtre se réchauffait les mains au-dessus du feu et secouait la tête avec une expression désapprobatrice.

Les flammes moururent en braises rougeoyantes. Rosemonde échappa à Bloet et retourna jouer. Gawyn raconta qu’il avait tué six loups, sans quitter Eliwys des yeux. L’aumônier narra l’histoire d’une mourante qui avait menti lors de sa confession. Lorsqu’il avait oint son front avec l’huile des malades, la peau avait noirci en dégageant une épaisse fumée.

Il n’avait pas terminé son récit macabre que Gawyn se leva, se frotta les mains au-dessus de l’âtre et alla s’asseoir sur le banc des mendiants pour retirer une de ses bottes.

Eliwys alla le rejoindre et il se releva.

Kivrin l’entendit dire :

— Le procès a été une fois de plus reporté. Le juge est malade.

Le commentaire d’Eliwys fut inaudible, mais il hocha la tête et déclara :

— Nous pouvons nous en féliciter. Le nouveau magistrat vient de Swindone et n’est pas un chaud partisan du roi.

Mais Eliwys était aussi livide qu’au moment où Imeyne lui avait annoncé qu’elle venait d’envoyer Gawyn à Courcy.

Il se rassit, fit tomber les brins de jonc qui adhéraient à son haut-de-chausses puis renfila sa botte. Il redressa la tête et dit quelques mots. Les ombres dissimulaient le visage d’Eliwys mais Kivrin voyait l’expression de Gawyn.

Comme tous les convives, pensa-t-elle. Imeyne était trop occupée à se plaindre mais Dame Yvolde observait le couple, les lèvres pincées, de même que Messire Bloet et les autres hommes.

Kivrin comprit qu’elle ne pourrait s’entretenir avec Gawyn devant tant de curieux. Une cloche tinta. Eliwys sursauta et se tourna vers la porte.

— C’est le glas du Démon, commenta posément l’aumônier.

Même les enfants interrompirent leurs jeux pour tendre l’oreille.

Dans certains villages un coup de cloche marquait chaque année écoulée depuis la naissance du Christ. Ailleurs, on se contentait de la sonner de onze heures à minuit. Kivrin doutait que le père Roche, ou même l’aumônier, sût compter jusqu’à mille. Elle décida de vérifier.

Trois serviteurs apportèrent du bois pour alimenter le feu. Les flammes bondirent et de grandes ombres distordues dansèrent sur les murs. Agnès se leva et tendit le doigt. Un des neveux de Messire Bloet fit un lapin avec ses mains.

Selon M. Latimer, les contemporains pensaient que l’avenir était révélé par les ombres dues à la bûche de Noël. Kivrin se demandait ce qu’il leur réservait. Messire Guillaume avait des ennuis avec la justice et tous les siens étaient en danger.

Le roi confisquait les terres et les biens des criminels. En cas de condamnation, sa famille devrait peut-être aller vivre en France, ou accepter la charité de Bloet et subir les sarcasmes de la femme de l’intendant.

À moins que Guillaume ne revînt ce soir même, avec de bonnes nouvelles et un faucon pour sa fille cadette. Tous seraient alors heureux, à l’exception d’Eliwys et de Rosemonde.

Mais tout cela appartient déjà à l’Histoire, se dit-elle. Le verdict a été rendu il y a longtemps. Messire Guillaume est rentré chez lui et a découvert les tendres sentiments qui unissent son épouse à Gawyn. Rosemonde a épousé cet homme immonde qu’est Bloet. Agnès a grandi, s’est mariée et est morte en couches, si ce n’est pas d’une septicémie, du choléra ou d’une pneumonie.

Ils sont tous morts, se dit-elle sans pouvoir le croire. Ils sont tous décédés depuis plus de sept siècles.

— Regardez ! cria Agnès. Rosemonde n’a plus de tête !

Elle désigna une ombre, une projection de la silhouette de sa sœur, étrangement étirée et tronquée au-dessus des épaules.

— Je n’ai pas de tête, moi non plus ! dit un des rouquins en sautillant pour modifier son image.

— Tu n’as pas de tête, Rosemonde, commenta gaiement Agnès. Tu mourras dans l’année.

— Tu ne dois pas dire des choses pareilles, ordonna Eliwys.

Elle alla vers sa fille.

— Kivrin a une tête, et moi aussi. Mais pas cette pauvre Rosemonde.

— Ce sont des jeux stupides, gronda Eliwys en la prenant par les bras. Tais-toi !

— Mais l’ombre… insista Agnès qui était sur le point d’éclater en sanglots.

— Assieds-toi à côté de Dame Katherine et ne dis plus un mot !

Elle ramena l’enfant vers Kivrin.

— Tu deviens insupportable.

Agnès se pelotonna contre Kivrin, qui avait dû interrompre son décompte des coups de cloche. Elle le reprit où elle s’était arrêtée. Quarante-six, quarante-sept.

— Je veux ma clochette, réclama Agnès en descendant du banc.

— Non, reste tranquille, refusa Kivrin en la hissant sur ses genoux.

— Alors, parlez-moi de Noël.

— Impossible, Agnès. Je ne m’en souviens plus.

— Vous n’avez aucun souvenir à me raconter ?

Ils sont pourtant nombreux, se dit Kivrin. Les magasins décorés de rubans, de satin et de velours rouge, or et bleu… un bleu encore plus vil que la couleur de ma cotte. Et partout des lumières et les chants de Noël.

Elle pensa au carillon de Carfax qui massacrait « Les bergers, à Bethléem, sont accourus » et à la musique aigrelette des boutiques de High Street. Des mélodies qui ne seraient composées que bien plus tard. Elle eut la nostalgie de ce lointain avenir.

— Je veux agiter ma clochette, insista Agnès en se débattant pour descendre de ses genoux. Rendez-la-moi !

Elle lui présenta son poignet.

— À condition que tu t’allonges près de moi.

— Et que je dorme ? demanda Agnès, boudeuse.

— Non. Je vais te raconter une histoire. Il était une fois…

1 ... 68 69 70 71 72 73 74 75 76 ... 142
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)