Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Ужасы » Magie et Cristal
Magie et Cristal - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Magie et Cristal

Электронная книга - «Magie et Cristal». Краткое содержание книги:

Prisonniers de Blaine, le monorail fou lancé à pleine vitesse, Roland et ses compagnons filent vers leur destin et, espèrent-ils, la Tour Sombre, leur but ultime. Les épreuves ne font pourtant que commencer pour eux, puisqu’ils devront déjouer les pièges du train infernal pour affronter le Mal aux multiples visages — jusque dans leurs souvenirs et dans leurs rêves, peuplés de signes et de messages qu’ils sont bien en peine de déchiffrer. Ils savent qu’ils doivent protéger la Rose, réceptacle de tout ce que le monde compte encore de magique et de pur, et combattre l’odieux Roi Cramoisi. Les pistoleros ne sont pas au bout de leur quête…
1 ... 68 69 70 71 72 73 74 75 76 ... 233
Перейти на страницу:

— J’vous demande bien l’pardon m’dame, fit Renfrew, se penchant brièvement par-delà Roland vers Coraline Thorin.

Cette dernière lui sourit du bout des dents (sourire qui rappela à Roland celui de Jonas), plongea laborieusement sa cuillère dans le potage et ne répondit rien. Renfrew vida sa coupe d’ale, en claquant des lèvres sans retenue et la tendit derechef. Pendant qu’on la lui remplissait, il se retourna vers Roland.

La situation n’était point bonne, comme elle l’avait été autrefois, mais elle pourrait être pire. Serait pire, si jamais cet enculé de Farson parvenait à ses fins. (Cette fois-là, il ne prit pas la peine de s’excuser auprès de sai Thorin.) Il fallait qu’ils se serrent tous les coudes, c’était peu de le dire — riches et pauvres, grands et petits — tant qu’il pouvait en survenir quelque bien. Et puis, il renchérit sur les propositions de Lengyll, disant à Roland que lui et ses compagnons n’avaient qu’à nommer tout ce dont ils auraient besoin ou qu’ils désireraient.

— Nous fournir des renseignements devrait suffire, dit Roland. Sur nombre de choses.

— Si fait, on a jamais vu d’« compteur » sortir sans ses nombres, tomba d’accord Renfrew en un rire postillonnant de bière.

À gauche de Roland, Coraline Thorin grignota une bribe de verdure (elle avait à peine touché au bœuf en lamelles) et, avec un mince sourire, continua à jouer au petit bateau avec sa cuillère. Roland devinait cependant que ses oreilles n’en perdaient pas une et que son frère aurait un rapport détaillé de la conversation. À moins que ce rapport ne soit destiné à Rimer. Car, même s’il était encore trop tôt pour le dire, Roland soupçonnait que Rimer pourrait bien être celui qui détenait vraiment le pouvoir ici. Le partageant peut-être avec sai Jonas.

— Par exemple, dit Roland, combien de chevaux de selle pensez-vous que nous pouvons notifier à l’Affiliation ?

— La dîme ou le total ?

— Le total.

Renfrew reposa sa coupe et parut se livrer à un petit calcul. Roland surprit de l’autre côté de la table un bref échange de regards entre Lengyll et Henry Wertner, le Maquignon de la Baronnie. Ils avaient tout entendu. Et il remarqua aussi autre chose quand il reporta son attention vers son voisin et commensal : Hash Renfrew était ivre, mais pas autant qu’il désirait que le jeune Will Dearborn le crût.

— Le chiffre total, m’avez-vous dit — pas simplement celui qu’on doit à l’Affiliation ou qu’on pourrait lui expédier à la rigueur.

— Oui.

— Eh bien, voyons voir, jeune sai. Fran a dans les cent quarante bêtes. John Croydon doit avoisiner les cent. Hank Wertner en possède quarante en propre et s’occupe de soixante autres, le long de l’Aplomb, pour la Baronnie. D’la viande ch’valine pour l’Gouvern’ment, Messire Dearborn.

Roland sourit.

— Je sais tout ça. Sabots fendus, bas d’encolure, lents, ventres sans fond.

Renfrew acquiesça en riant aux éclats… mais Roland n’en mit pas moins en doute la jovialité du bonhomme. À Hambry, les eaux de surface et les souterraines semblaient couler dans des directions opposées.

— Quant à moi, j’ai connu dix, douze mauvaises années — fièvre cérébrale, seimes, malandres, escarres. À une époque, y a eu jusqu’à deux cents chevaux en liberté sur l’Aplomb, portant la marque de Lazy Susan ; doit pas y en avoir plus de quatre-vingts, ces jours.

Roland approuva du chef.

— Donc, nous parlons de quatre cent vingt têtes.

— Oh d’bien plus qu’ça, dit Renfrew, toujours joyeux.

Voulant saisir sa coupe d’ale, il la frappa du revers d’une main rougie par les intempéries et les travaux, et la renversa. Il la redressa en maudissant le serveur qui tardait à la lui remplir.

— Plus que ça ? l’aiguillonna Roland, quand Renfrew fut enfin prêt et paré à relever le coude.

— Faut point oublier, Messire Dearborn, qu’on est ici dans un pays de ch’vaux plus que d’poiscaille. On s’taille des croupières, les pêcheurs et nous, mais y a plus d’un racleur d’écaillés qu’a un bourrin attaché derrière sa baraque, ou dans les écuries d’la Baronnie s’il a point d’toit pour protéger son ch’val d’la pluie. C’est son pauv’ pa qui s’occupait des écuries d’la Baronnie.

Renfrew désigna de la tête Susan, assise en face de Roland, à trois sièges d’écart — juste à l’angle du Maire qui présidait, comme de bien entendu. Roland jugea sa présence à cette place des plus singulières, étant donné que la Dame du Maire avait été reléguée à l’autre bout de la table, entre Cuthbert et un ranchero quelconque qu’on ne leur avait pas encore présenté.

Roland supposa qu’un vieux bonhomme comme Thorin préférait avoir à sa main une jeune et jolie parente pour attirer l’attention générale vers lui ou encore pour lui réjouir l’œil, mais ça ne laissait pas de l’intriguer. C’était presque une insulte à sa propre moitié. S’il était fatigué de sa conversation, pourquoi ne pas lui faire présider une autre tablée ?

Ils ont leurs propres coutumes, voilà tout, et ces coutumes-là ne te concernent en rien. En revanche, le décompte des chevaux farfelu de ton voisin, ça te concerne.

— D’après vous, combien y aurait-il d’autres chevaux en liberté au total ? demanda-t-il à Renfrew.

Ce dernier le fixa d’un air finaud.

— Une réponse honnête reviendra point me hanter, pas vrai, fiston ? J’appartiens à l’Affiliation — jusqu’à la moelle qu’j’lui appartiens, et on gravera Excalibur sur ma tombe, probabl’ — mais j’verrai point Hambry ni Mejis dépouillées d’tous leurs trésors.

— Cela n’arrivera pas, sai. Comment pourrions-nous vous forcer à nous livrer ce à quoi vous ne consentiriez jamais ? Toutes nos forces sont engagées au nord et à l’ouest contre l’Homme de Bien.

Renfrew réfléchit à cette observation, puis opina du chef.

— Ne m’appellerez-vous jamais Will ?

Le visage de Renfrew s’éclaira ; avec un signe d’assentiment, il lui tendit la main une seconde fois. Avec un large sourire, il vit Roland la serrer entre les deux siennes, cette fois : poignée de main dessus-dessous, fort prisée des meneurs de chevaux et des cow-boys.

— Nous vivons des temps mauvais, Will, qu’ont engendré de mauvaises manières. J’dirais qu’à mon avis, y a probabl’ encore cent cinquante ch’vaux dans Mejis et alentour. Des bons, j’entends.

— De première bourre.

Renfrew approuva, tapant dans le dos de Roland avant d’ingérer une imposante lampée d’ale.

— De première bourre, si fait.

Au haut bout de la table où ils étaient assis éclatèrent des rires. Jonas avait apparemment dit quelque chose de drôle. Susan riait sans retenue, la tête renversée en arrière, les mains serrées sur le pendentif de saphir. Cordélia, assise entre la jeune fille à sa gauche et Jonas à sa droite, riait elle aussi. Thorin, absolument tordu de rire, se balançait d’avant en arrière sur sa chaise, se frottant les yeux d’une serviette.

— La jolie fille que v’là, fit Renfrew, avec une quasi-vénération.

Roland aurait juré qu’un léger bruit — un pfff féminin ? — avait été émis par sa voisine. Lui jetant un coup d’œil, il aperçut sai Thorin se débattant toujours avec son potage. Il reporta son regard vers le haut bout de la table.

— Le Maire est son oncle, son cousin, peut-être ? demanda Roland.

Ce qui arriva ensuite se grava avec une très grande netteté dans sa mémoire, comme si quelqu’un avait soudain rehaussé les couleurs et amplifié les sons ambiants. Les guirlandes de velours derrière la tête de Susan parurent soudain d’un rouge plus violent ; le rire croassant de Coraline Thorin s’apparenta au craquement d’une branche de bois mort sous le pied. Il était suffisamment fort pour faire cesser les conversations alentour et attirer tous les regards, songea Roland… mais seuls Renfrew et les deux rancheros assis de l’autre côté de la table parurent s’en apercevoir.

1 ... 68 69 70 71 72 73 74 75 76 ... 233
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)