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READ-E-BOOK » Научная фантастика » À la fin de l'hiver [At Winter's End - fr]
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À la fin de l'hiver [At Winter's End - fr]

Электронная книга - «À la fin de l'hiver [At Winter's End - fr]». Краткое содержание книги:

La chute des comètes avait apporté le long hiver, comme, cent millions d’années plus tôt, lorsque les dinosaures avaient disparu. L’Hiver durait depuis soixante-dix mille ans.
Le Peuple survivait à l’abri de son cocon souterrain, génération après génération. Et voilà que le Printemps, annoncé par la Tradition, était revenu. Le Peuple devait sortir et aller recueillir son héritage dans la glorieuse cité de Vengiboneeza. Mais était-il encore humain ?
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Harruel se dit aussi que la raison pour laquelle Koshmar l’avait félicité d’organiser ces patrouilles quotidiennes était qu’ainsi elle était débarrassée de lui. Tant qu’il passait le plus clair de son temps dans la montagne, il ne pouvait représenter une menace contre son autorité et elle devait le trouver fort obligeant.

Harruel continua pourtant de partir en mission tous les jours, accompagné en général par Nittin ou Salaman, plus rarement par Sachkor dont il ne supportait plus les incessantes louanges de sa Kreun bien-aimée.

Le Peuple aux Casques demeurait invisible et Harruel commença à se demander à son corps défendant si l’ennemi était là. L’éclaireur était peut-être venu seul, peut-être s’agissait-il d’un solitaire vivant à l’écart de sa tribu. Ou peut-être les Hommes aux Casques, passant à proximité de Vengiboneeza et découvrant que la cité était occupée par la tribu de Koshmar, l’avaient envoyé pour savoir comment il serait accueilli. Ne le voyant pas revenir, ils avaient peut-être décidé de poursuivre leur route.

Mais, au fond de lui-même, Harruel espérait que le Peuple aux Casques se montrerait et qu’il serait animé d’intentions belliqueuses. Et si ce n’était pas le Peuple aux Casques, n’importe quel autre ennemi ferait l’affaire. La vie paisible de Vengiboneeza avait mis ses nerfs à rude épreuve. Il ressentait ce besoin d’action jusqu’à la moelle des os. Ce qu’il lui fallait, c’était une bonne bataille, ou, mieux encore, une guerre prolongée.

Pendant cette interminable période de paix ininterrompue, Minbain s’alita pour accoucher d’un vigoureux garçon. Cela fit plaisir à Harruel d’avoir engendré un fils. Hresh vint au chevet de sa mère pour accomplir le rite du baptême. Il donna à son demi-frère le nom de naissance de Samnibolon, ce qui n’eut pas l’heur de plaire à Harruel, car c’était le nom du premier compagnon de Minbain, le père de Hresh. Harruel éprouva ce que peut éprouver un homme trompé en voyant ce nom renaître dans la tribu en la personne de son fils.

Et c’est Hresh qui m’a fait cela, songea-t-il en réfrénant sa colère.

Mais l’ancien avait donné son nom de naissance au nouveau-né, en présence des parents et de la femme-offrande et la chose était irrévocable. L’enfant s’appellerait donc Samnibolon, fils d’Harruel. Grâce aux dieux, ce n’était que le nom de naissance. Quand, à l’âge de neuf ans, arriverait son jour de baptême, le garçon pourrait choisir son nom définitif et Harruel comptait bien faire en sorte que ce ne soit pas le même. Mais neuf ans, cela faisait long et Harruel jura de faire payer un jour à Hresh cette humiliation.

C’était une période vraiment très difficile pour le guerrier, avec cette paix qui s’éternisait et la venue de ce fils qui portait un nom exaspérant. La colère ne cessait de bouillonner en lui et la plus petite goutte d’eau ferait déborder le vase.

Hresh s’efforçait de comprendre la fonction des objets découverts dans les ruines de Vengiboneeza, mais il y avait plus de catastrophes que de réussites.

Les habitants de la Grande Planète — ou les mécaniques qui étaient leurs ouvriers — avaient apparemment souhaité que ces objets fussent éternels. Très simples pour la plupart, des bandes de métal de différentes couleurs astucieusement disposées, ils n’avaient que très peu souffert de la rouille et autres corrosions et étaient souvent incrustés de pierres précieuses qui, plutôt que de simples décorations, semblaient faire partie intégrante de leur mécanisme.

Dans certains cas, faire fonctionner ces appareils ne présentait aucune difficulté. Certains possédaient un ensemble complexe de leviers et de manettes, mais la plupart n’avaient qu’un tableau de commande des plus simples. Mais comment savoir quelle fonction ils étaient censés remplir ? Ou quelle catastrophe pouvait être déclenchée s’ils n’étaient pas correctement utilisés ?

Et les premières expériences de Hresh furent souvent catastrophiques. L’un de ces instruments, pas plus long que le bras, se mit à tisser une toile dès qu’il appuya sur un bouton de cuivre. A une vitesse folle, il projeta à trente pas autour de lui un faisceau de longs filaments gluants formant un câble presque incassable. Hresh lâcha le bouton de commande dès qu’il vit ce qui se passait, mais Sinistine, Praheurt et Haniman étaient déjà pris dans l’écheveau de la substance gluante. Il fallut plusieurs heures pour les dégager et plusieurs jours avant que leur fourrure soit parfaitement nettoyée.

Un autre de ces appareils qu’il eut la bonne idée d’essayer en plein air, à une certaine distance de la cour du temple, semblait destiné à transformer la terre en air. Hresh creusa instantanément un trou de cent pas de diamètre sur quinze pas de profondeur. Tout disparut d’un seul coup et il ne resta qu’une légère odeur de brûlé. L’appareil devait servir à dégager des décombres, ou peut-être était-ce une arme. Horrifié, Hresh alla le cacher dans un endroit où nul ne pourrait le trouver.

Il découvrit qu’une boîte allongée et étroite, munie d’ailettes, était un appareil à construire des ponts. Pendant les cinq minutes qu’il fallut à Hresh pour l’arrêter, l’appareil construisit un pont bizarrement creusé, qui s’achevait en l’air et traversait toute une avenue de la ville. Il utilisait une matière minérale ressemblant à de la pierre qu’il semblait créer à partir de rien. Un appareil d’aspect similaire servait à fabriquer des murs. Avec le même zèle démentiel que l’appareil à construire des ponts, il commença à élever de hauts murs un peu partout dans l’avenue. Hresh fut obligé d’aller chercher l’appareil à creuser des trous pour faire disparaître le pont et les murs, mais malgré toutes ses précautions, il fit disparaître en même temps trois bâtiments. Il ne lui restait plus qu’à espérer qu’ils n’abritaient rien d’important.

Si la plupart des appareils refusaient de fonctionner, certains avaient l’air si perfides et si déroutants qu’il semblait tout à fait téméraire de les essayer. Hresh décida donc de les laisser de côté jusqu’à ce qu’il ait une idée plus claire de ce que pouvait être leur utilité.

D’autres encore ne fonctionnaient qu’une seule fois et se détruisaient presque aussitôt après. Il n’y avait rien de plus exaspérant.

Un appareil de cette catégorie dessinait une carte des étoiles : une sphère obscure dont le diamètre était de trois fois la taille du corps d’un homme. Sur la surface de la sphère, toutes les étoiles du firmament étaient représentées avec splendeur. Les étoiles se déplaçaient et si l’on dirigeait sur l’une d’elles un rayon lumineux provenant de l’appareil, une voix solennelle émettait un son que Hresh interpréta comme étant le nom de cette étoile dans la langue de la Grande Planète. Il ne pouvait détacher son regard émerveillé de la sphère de ténèbres, mais, au bout de cinq minutes, de pâles volutes de fumée commencèrent à s’en échapper et l’éblouissante panoplie d’étoiles s’évanouit en un instant. Hresh eut le sentiment d’une perte irréparable et jamais plus il ne parvint à faire fonctionner cet appareil.

Un autre jouait de la musique, une musique tumultueuse, remplie de mélodies discordantes, qui fit accourir tout le Peuple, comme si les dieux étaient descendus sur Vengiboneeza pour y donner un concert. Mais lui aussi s’évanouit en fumée au bout de quelques minutes.

Un autre appareil encore écrivait dans le ciel un message incompréhensible en lettres dorées. En quelques instants, l’appareil expira avec un pauvre petit soupir et le vent dissipa les caractères anguleux et étrangement inquiétants.

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