Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
Le Dico des dictionnaires - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Le Dico des dictionnaires

Электронная книга - «Le Dico des dictionnaires». Краткое содержание книги:

C’est en dirigeant un laboratoire du CNRS consacré aux mots et aux dictionnaires que Jean Pruvost a contracté une dicopathie incurable. Chaque foyer possède au moins un exemplaire de ce condensé d’érudition, inlassablement mis à jour par l’usage et codifié par l’Académie. Ivre des mots, ce dicolâtre vit, lui, entouré de 10 000 dictionnaires.
Créateur d’une Journée annuelle des dictionnaires qui réunit depuis vingt ans des linguistes du monde entier, il se livre à un passionnant effeuillage de l’objet de toutes ses convoitises dont il goûte jusqu’à l’odeur… On découvre l’histoire passionnante de ce best-seller méconnu et mille anecdotes. Comment, au XIXe siècle, la « fesse » a-t-elle été jugée si indigne qu’elle a disparu de certaines éditions ? Pourquoi trouvait-on la définition d’« un » automobile ou d’« une » cyclone avant que Littré ne change d’avis pour ce dernier mot ? Le « sexe féminin », « sexe imbécile » selon Furetière, n’y était guère mieux traité que l’« étudiante », cette « jeune fille de condition modeste et de mœurs légères ». Et que dire de ce collégien qui a rageusement biffé la mention des 30 000 mots annoncée sur la page de garde de son dictionnaire pour les remplacer par 28 943, selon son décompte ?
De Furetière et Vaugelas au Robert en passant par le Littré, la saga des Larousse ou le Dictionnaire de l’Académie, Jean Pruvost nous fait partager son addiction pour les mots de la langue française, leur histoire et leurs secrets.
1 ... 62 63 64 65 66 67 68 69 70 ... 126
Перейти на страницу:
Et mon grand-père, alors !

J’aurais honte de ne pas citer aussi le dictionnaire de mon grand-père, qu’il portait dans la poche, même lorsqu’il partait se promener sur son Solex : le Larousse de poche. C’était sa bible et de fait c’est ainsi qu’en est donnée la description dans les publicités d’alors : « Un volume sur papier bible (10,5 x 16,5), épaisseur 2 cm, poids 300 gr. » Il ne pesait donc pas bien lourd sur le Solex !

À partir des millésimes 1970, les jaquettes ne sont plus interchangeables, elles portent sur le dos le millésime concerné. Mauvaise surprise quand l’achat du dictionnaire se fait avec une jaquette qui ne lui correspond pas. La jaquette d’un dictionnaire a pour ainsi dire des rabats, comme un vêtement, entendons par là que la partie qui se rabat pour enserrer la couverture de carton porte souvent des informations. Des annonces. Par exemple, sur un revers de la jaquette de 1976, on nous pousse à ne pas oublier cette « Nouveauté Larousse, 365 jours de la vie du monde. Journal de l’année. Un volume tous les ans ». Ne résistons pas, avant l’ère Internet, à évoquer le rôle choisi alors par ce journal : « Dans le flot des informations que déversent chaque jour la Radio, la Télévision, les journaux, dans le monceau de nouvelles en vrac qui finit par submerger nos contemporains, Le Journal de l’année a retenu ce qui était fondamental, délaissé ce qui n’était qu’anecdotique. » Voilà qui est dit.

Mon grand-père maternel, muni de son seul certificat d’études, incollable en orthographe, était capable de donner une chronologie historique précise. « Charges de Reichoffen, du 6 août 1870 », me dit-il un jour que nous pique-niquions. À dix ans, quand vous jouez avec votre grand-père, voilà qui vous impressionne.

Achat difficile…

Pourtant, on se trouve parfois en position difficile pour une affaire de jaquette, à ne pas prendre en mauvaise part. Posséder deux collections complètes du Grand Larousse encyclopédique, 10 volumes, une merveille éditée entre 1960 et 1964, achetée d’occasion sans l’ombre d’une jaquette, c’est très bien mais insatisfaisant. Pour tout dire, dans la mesure où la jaquette est rarement valorisante sitôt que quelques années se sont écoulées, elle vieillit en effet très vite, se démode, et par ailleurs se déchire facilement, ajoutons qu’elle complique la consultation, en glissant, débordant par en dessus, se déboîtant de la couverture du dictionnaire, en bref, 80 % des heureux possesseurs de dictionnaires s’en débarrassent.

Esthétiquement, ils n’ont à dire vrai pas tout à fait tort, le dos vénérable des dictionnaires, verts, ou rouges (le rouge est plus coté…) est infiniment plus seyant dans une bibliothèque, et ces dos cachés sous la jaquette, souvent agrémentés de lettres dorées ne se démodent guère. Leur panache a quelque chose d’académique. Mais pour le collectionneur, ne pas bénéficier de la jaquette, c’est une frustration : et voilà que chez un brocanteur de Boulogne-sur-Mer, plus redoutable que les autres puisqu’il ne connaissait rien aux livres et donc sans vergogne les surévaluait, la collection est là complète, avec ses jaquettes. Merveille des merveilles, non seulement, chaque jaquette porte la section alphabétique concernée par le volume, mais sur les rabats, pour chacune des dix jaquettes, vingt donc, des citations différentes, extraites de la presse, Combat, L’Arche, Le Bulletin des bibliothèques de France, Le Monde, et même La Vie du rail pour la lettre F, qui déclare par exemple que « C’est un véritable inventaire du savoir humain, complété par une illustration exceptionnelle… » Et suivent encore quelques lignes dithyrambiques. Pour la lettre H, avec un inquiétant hippotrague en couverture, on est dans le « must », on me pardonnera l’horrible anglicisme, parce que cette fois-ci, à part la Tribune de Genève, citée en français, ce sont les journaux étrangers qui sont valorisés sur le rabat avec de longues citations, le Lingue del Mondo italien (« Conciso nelle forma, apion elle idee… »), El Unversal vénézuélien (« Libro que es indispensable pour su alcurnia… », le Library Journal américain (« There is no other comparable French encyclopedia… »), le British book anglais (« The Grand Larousse Encyclopédique is a particularly attractive exemple of how a work… ») sans oublier le flamand, avec De periscoop, journal belge : « Dit perfecte taalwoordenboek is tevens — en vooral — een encyclopédisch… ». Qui dira que son succès n’est pas international ?

Comment consulter alors ces jaquettes en masquant le plus possible son enthousiasme ? Comment faire comprendre à son épouse, forcément aussi comptable de la bourse commune…, que je ne peux pas laisser passer ces « jaquettes » ? Prix astronomique des dictionnaires avec leur jaquette, dictionnaires que j’ai déjà chez moi, payés naguère presque rien. Longue négociation avec le brocanteur, en lui expliquant que seules les jaquettes m’intéressent, qu’il vendra les dictionnaires au même prix à un quidam, sans les jaquettes. Mais l’homme est retors, il a compris que les jaquettes avaient de la valeur pour moi. Il ne vendra pas les dictionnaires sans les jaquettes. Comment jouer sous le regard réprobateur de ses proches ? On ne va tout de même pas payer une fortune pour les jaquettes. On part. Non sans garantir le retour en faisant semblant de s’intéresser à un meuble. Mauvaise nuit du dicopathe. Il revient le lendemain, pour le meuble. Je prends des mesures du meuble, « j’ai un ami que ça intéresse », lui dis-je. C’est évidemment faux, grossier même comme tactique. Et en partant, au fait, les jaquettes…

Les jaquettes sont dans ma bibliothèque, l’ami inexistant n’a jamais acheté le meuble, et j’ai tout de même payé un peu trop cher les jaquettes.

Journée des dictionnaires

Journée : Unité de mesure désignant la surface de terre qui pouvait être travaillée en une journée. Sens attesté en 1160.

Trésor de la langue française (1971–1994).

C’était le 16 mars 1994. J’avais été reçu quelques mois auparavant au concours de maître de conférences en sciences du langage. Cela compte dans une vie. Et pour remercier et les collègues qui m’avaient fait confiance et mon maître ès dictionnaires, Bernard Quemada, j’avais lancé une Journée des dictionnaires, programmée pour mars. En faisant appel d’une part à Bernard Quemada, une autorité suprême incarnant par ailleurs le Trésor de la langue française s’achevant alors avec son seizième volume, en invitant d’autre part Claude Kannas qui dirigeait alors le département de langue française chez Larousse et Josette Rey-Debove, linguiste appréciée de tous, épouse d’Alain Rey et représentant les Dictionnaires Le Robert, en y adjoignant enfin quelques sommités universitaires du domaine, Michel Glatigny, Pierre Corbin, Danièle Candel, Alise Lehmann, la journée pouvait rayonner sous d’excellents auspices.

Sans doute y avait-il un public en attente, je fus surpris en effet de constater que plus de deux cents personnes s’étaient déplacées pour venir à l’université, alors que les trois-quarts d’heure de RER sont souvent dissuasifs, à tort. Au moment d’établir le programme, j’avais dû prendre en compte quelque dissension marquée entre deux conférenciers, j’avais donc organisé la Journée en jouant sur la frontière entre la matinée et l’après-midi, mais comme tout s’arrange en France autour d’un verre, à midi, les dissensions du passé s’évanouissaient… La Journée des dictionnaires jouait son rôle : rassembler. Et à la fin de la Journée, ce fut plus fort que moi, j’annonçai qu’il y aurait l’année suivante une nouvelle Journée des dictionnaires. La vingtième fut fêtée en 2013…

1 ... 62 63 64 65 66 67 68 69 70 ... 126
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)