Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
Le Dico des dictionnaires - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Le Dico des dictionnaires

Электронная книга - «Le Dico des dictionnaires». Краткое содержание книги:

C’est en dirigeant un laboratoire du CNRS consacré aux mots et aux dictionnaires que Jean Pruvost a contracté une dicopathie incurable. Chaque foyer possède au moins un exemplaire de ce condensé d’érudition, inlassablement mis à jour par l’usage et codifié par l’Académie. Ivre des mots, ce dicolâtre vit, lui, entouré de 10 000 dictionnaires.
Créateur d’une Journée annuelle des dictionnaires qui réunit depuis vingt ans des linguistes du monde entier, il se livre à un passionnant effeuillage de l’objet de toutes ses convoitises dont il goûte jusqu’à l’odeur… On découvre l’histoire passionnante de ce best-seller méconnu et mille anecdotes. Comment, au XIXe siècle, la « fesse » a-t-elle été jugée si indigne qu’elle a disparu de certaines éditions ? Pourquoi trouvait-on la définition d’« un » automobile ou d’« une » cyclone avant que Littré ne change d’avis pour ce dernier mot ? Le « sexe féminin », « sexe imbécile » selon Furetière, n’y était guère mieux traité que l’« étudiante », cette « jeune fille de condition modeste et de mœurs légères ». Et que dire de ce collégien qui a rageusement biffé la mention des 30 000 mots annoncée sur la page de garde de son dictionnaire pour les remplacer par 28 943, selon son décompte ?
De Furetière et Vaugelas au Robert en passant par le Littré, la saga des Larousse ou le Dictionnaire de l’Académie, Jean Pruvost nous fait partager son addiction pour les mots de la langue française, leur histoire et leurs secrets.
1 ... 65 66 67 68 69 70 71 72 73 ... 126
Перейти на страницу:

La lettre K est éminemment internationale. Le kaiser est allemand, tout comme le képi issu de l’allemand kappe, un type de bonnet, le kiosque est turc, en rappelant que le pavillon sous lequel on joue de la musique est de goût oriental, le kouba, une sorte de mausolée, est arabe, le kilt est écossais. Attention au kléban, le long poignard de la Sonde, et au kandjar, le poignard arabe, long et étroit, à grand pommeau.

Environ 320 mots pour la seconde décennie du XXIe siècle. Un nom déposé : le K-way, le coupe-vent qui, replié dans une poche « prévue à cet effet » peut se porter à la ceinture. Le kamikaze, le kapo et la kalachnikov pour faire bon poids dans un monde plus kafkaïen que kantien. Mais aussi le keuf, qui entre dans le millésime 1997, et verlan aidant, l’ordre alphabétique faisant bien les choses, le keum suivit immédiatement dans le millésime 1998 du Petit Larousse illustré. Les keums n’ont qu’à bien se tenir, menottés alphabétiquement qu’ils sont par les keufs.

On est sauvé dès 1905 par le système métrique qui installe des mots bien ancrés dans le quotidien, du kilogramme au kilomètre en passant par le kilolitre. Il est bon alors de rappeler tout de même en 1905 que « la lieue française vaut quatre kilomètres ».

Affirmons-le haut et fort, on aime la lettre k dans son graphisme, ne rejoignant en rien Michel Leiris qui, dans ses Biffures en 1948, prend plaisir à la défigurer : « G, grand seigneur florentin […] ; K, en lequel une sorte de coin s’est logé, ou qu’un coup de pioche a ravagé, lui enfonçant tout le milieu du visage, qui apparaît maintenant cassé comme celui d’une fée Carabosse à la bouche profondément déprimée, aux narines ravalées, entre le front et le menton monstrueusement proéminents… » Ne pas faire K de ce point de vue.

L

Combien cette lettre l embellit la parole ! Lente, elle coule ici ; là, légère, elle vole ; Le liquide des flots par elle est exprimé ; Elle polit le style, après qu’on l’a limé ; La voyelle se teint de sa couleur liante ; Se mêle-telle aux mots, c’est une huile luisante Qui mouille chaque phrase, et, par son lénitif, Des consonnes détruit le frottement rétif.
Le Chevalier de Piis, cité à l’article L du Grand Dictionnaire universel du XIXe s. de Pierre Larousse.

Làlà. Sorte d’adverbe qui sert à exhorter et qu’on marque d’un accent grave. Làlà, continuez. Làlà ne faites pas tant de bruit. Là, là, m’amie ne faites point tant la farouche, vous n’en mourrez pas.

Pierre Richelet, Dictionnaire françois, 1680.

Les deux L du dictionnaire : Larousse et Littré

C’est dans le même chapitre alphabétique de tout dictionnaire encyclopédique, à la lettre L, que se retrouvent non loin l’un de l’autre Larousse et Littré, les deux lexicographes — encore un mot qui commence par un l — qui au XIXe siècle ont profondément marqué l’histoire du genre.

C’est presque en même temps qu’ils rédigèrent leur grand dictionnaire au cours de la seconde moitié du siècle. Et leur nom évoque infailliblement un dictionnaire au point qu’ils sont entrés pour ainsi dire dans la langue usuelle de tous ceux qui lisent et écrivent. Regarde dans le Larousse…, dit l’un. J’ai vérifié dans le Littré, dit l’autre.

« Dans des Larousse, monsieur, faut-il mettre un s comme à des dictionnaires ? » m’a demandé significativement un étudiant. Et, tout aussi symptomatique, j’ai encore en mémoire, chez Gibert, le spectacle émouvant d’un jeune homme expliquant gravement à une jeune fille qui manifestement lui plaisait, que le « Littré, tu sais, c’est le dictionnaire qu’il faut avoir ».

Littré ou Larousse échappe à l’analyse : on s’installe immédiatement dans le mythe dès que leur nom est prononcé. Ce qui nécessite d’autant plus un retour à leur réel parcours.

De la ville ou de la campagne…

Ils ont seize ans de différence, Émile Littré est né quand le siècle — le XIXe — avait un an. Et Larousse juste après l’épopée napoléonienne, en 1817.

« Votre fils paraît avoir de l’intelligence »

Émile s’appelait Maximilien, son père était robespierriste convaincu et, en choisissant pour premier prénom de son fils celui de Robespierre, il lui rendait hommage. Entre une mère protestante et un père robespierriste, l’enfant ne fut pas baptisé. Plus tard, Littré, d’un naturel prudent, jugea plus judicieux de choisir son second prénom, Émile. La Terreur n’était pas si loin et Littré en rien révolutionnaire jugea inopportun ce Maximilien qui sentait encore par trop la guillotine. L’enfance s’écoule à Angoulême, marquée par la perte de sa sœur aimée qui déclencha le retour sur Paris, et Littré de se retrouver au lycée Louis-le-Grand. Qui sont ses camarades de classe ? Burnouf, qui deviendra professeur de sanscrit au Collège de France, Quicherat, grand latiniste et auteur d’un dictionnaire de latin, et surtout Louis Hachette, son futur éditeur. L’époque n’est pas au compliment facile de la part de leurs professeurs. Que lit-on par exemple sur l’un des carnets de Littré : « Cet élève paraît avoir de l’intelligence ; mais il ne connaît pas assez bien sa langue pour rendre son idée d’une manière satisfaisante. » Quelques décennies plus tard, à la fin de son dictionnaire en quatre volumes, la situation aura sans doute évolué…

Le baccalauréat en poche, Littré est engagé comme secrétaire chez un Académicien, Pierre Daru, qui constate immédiatement combien le jeune homme mérite de poursuivre ses études. Il « convoque » alors les parents : « Votre fils doit reprendre ses études », leur déclare-t-il en substance. Mais Littré n’a pas d’idée bien précise : il fera médecine et c’est au cours de sa formation que l’érudit va naître.

On y mangeait bien, il lisait beaucoup

1 ... 65 66 67 68 69 70 71 72 73 ... 126
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)