Le Dico des dictionnaires
- Автор: Pruvost Jean
- Год: 2014
- Язык: французский
- Год: Éditions JC Lattès
- ISBN: 978-2709635684
- Жанр: Другие документальные фильмы
Электронная книга - «Le Dico des dictionnaires». Краткое содержание книги:
Créateur d’une Journée annuelle des dictionnaires qui réunit depuis vingt ans des linguistes du monde entier, il se livre à un passionnant effeuillage de l’objet de toutes ses convoitises dont il goûte jusqu’à l’odeur… On découvre l’histoire passionnante de ce best-seller méconnu et mille anecdotes. Comment, au XIXe siècle, la « fesse » a-t-elle été jugée si indigne qu’elle a disparu de certaines éditions ? Pourquoi trouvait-on la définition d’« un » automobile ou d’« une » cyclone avant que Littré ne change d’avis pour ce dernier mot ? Le « sexe féminin », « sexe imbécile » selon Furetière, n’y était guère mieux traité que l’« étudiante », cette « jeune fille de condition modeste et de mœurs légères ». Et que dire de ce collégien qui a rageusement biffé la mention des 30 000 mots annoncée sur la page de garde de son dictionnaire pour les remplacer par 28 943, selon son décompte ?
De Furetière et Vaugelas au Robert en passant par le Littré, la saga des Larousse ou le Dictionnaire de l’Académie, Jean Pruvost nous fait partager son addiction pour les mots de la langue française, leur histoire et leurs secrets.
La lettre K est éminemment internationale. Le kaiser est allemand, tout comme le képi issu de l’allemand kappe, un type de bonnet, le kiosque est turc, en rappelant que le pavillon sous lequel on joue de la musique est de goût oriental, le kouba, une sorte de mausolée, est arabe, le kilt est écossais. Attention au kléban, le long poignard de la Sonde, et au kandjar, le poignard arabe, long et étroit, à grand pommeau.
Environ 320 mots pour la seconde décennie du XXIe siècle. Un nom déposé : le K-way, le coupe-vent qui, replié dans une poche « prévue à cet effet » peut se porter à la ceinture. Le kamikaze, le kapo et la kalachnikov pour faire bon poids dans un monde plus kafkaïen que kantien. Mais aussi le keuf, qui entre dans le millésime 1997, et verlan aidant, l’ordre alphabétique faisant bien les choses, le keum suivit immédiatement dans le millésime 1998 du Petit Larousse illustré. Les keums n’ont qu’à bien se tenir, menottés alphabétiquement qu’ils sont par les keufs.
On est sauvé dès 1905 par le système métrique qui installe des mots bien ancrés dans le quotidien, du kilogramme au kilomètre en passant par le kilolitre. Il est bon alors de rappeler tout de même en 1905 que « la lieue française vaut quatre kilomètres ».
Affirmons-le haut et fort, on aime la lettre k dans son graphisme, ne rejoignant en rien Michel Leiris qui, dans ses Biffures en 1948, prend plaisir à la défigurer : « G, grand seigneur florentin […] ; K, en lequel une sorte de coin s’est logé, ou qu’un coup de pioche a ravagé, lui enfonçant tout le milieu du visage, qui apparaît maintenant cassé comme celui d’une fée Carabosse à la bouche profondément déprimée, aux narines ravalées, entre le front et le menton monstrueusement proéminents… » Ne pas faire K de ce point de vue.
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