Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Альтернативная история » Le bouclier du temps [The Shield of Time - fr]
Le bouclier du temps [The Shield of Time - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Le bouclier du temps [The Shield of Time - fr]

Электронная книга - «Le bouclier du temps [The Shield of Time - fr]». Краткое содержание книги:

Voici venue l’heure des ultimes aventures de Manse Everard et ses collègues de la Patrouille du temps au service de l’Histoire… Des aventures qui conduiront nos héros depuis la préhistoire jusqu’à une étrange variante de notre XXe siècle, en passant par la Bactriane du IIIe siècle avant notre ère et le Moyen Âge italien. Car les Exhaltationnistes menacent toujours, sans parler d’un danger plus grand encore qui pourrait bien annihiler jusqu’à la Patrouille elle-même… et nous avec !
1 ... 61 62 63 64 65 66 67 68 69 ... 125
Перейти на страницу:

La neige continua de tomber. La matinée était grise et silencieuse, le ciel occulté par un voile de flocons blancs, la visibilité limitée à un jet de lance. Les deux hommes parvinrent à avancer quelque temps, époussetant la neige fraîche pour retrouver les traces sur la neige plus ancienne, mais ils durent bientôt renoncer. « Nous l’avons perdu, soupira Lame-Brisée. Maintenant, sa tribu doit payer.

— Pas forcément. » Loup-Rouge avait réfléchi. « Nous ne sommes plus très loin de lui. Peut-être se trouve-t-il derrière la prochaine colline. Attendons un peu. »

L’air s’était suffisamment réchauffé pour leur permettre de s’asseoir presque confortablement. Ils attendirent, patients comme des lynx.

Il cessa de neiger vers midi. Ils reprirent leur route. La neige leur arrivait aux chevilles, et parfois aux genoux, rendant leur progression difficile. Si seulement j’avais des bottes magiques pour marcher là-dessus, songea Loup-Rouge. Est-ce que Grand-Homme et Cheveux-de-Soleil en possèdent ? Ils ont tellement d’objets prodigieux… Enfin, la neige retarde aussi Aryuk, qui est plus mal en point que nous.

Arrivés sur une crête, ils découvrirent la vaste étendue de la steppe. Les nuages avaient fui et de longues ombres indigo sillonnaient ce paysage de pureté. Le moindre buisson, le moindre rocher se détachait du sol enneigé. Ils scrutèrent à droite, à gauche, en avant, puis Lame-Brisée tendit le bras et s’écria : « Là-bas ! »

Le cœur de Loup-Rouge fit un bond. « Peut-être. Viens. » Ils descendirent le coteau à grand-peine. Lorsqu’ils arrivèrent au point repéré par Lame-Brisée, le soleil avait sombré, mais il subsistait suffisamment de lumière pour qu’ils déchiffrent les traces dans la neige.

« Oui, c’est un homme, dit Loup-Rouge. Il n’est sûrement pas très loin. Regarde comme il titubait et… oui, il a trébuché ici, il est tombé et il s’est relevé non sans mal. » Sa main gantée se crispa sur la hampe de sa lance. « Il est à nous. »

Ils poursuivirent à une allure plus modérée afin de ménager leurs forces, pensant au voyage de retour plutôt qu’à la curée. La nuit enveloppait le monde. Dans un ciel en grande partie dégagé, la lune brillait par son absence ; bientôt les étoiles se multiplièrent, aussi éclatantes que le givre. La piste demeurait évidente à leurs yeux.

Soudain, Lame-Brisée se figea. Loup-Rouge l’entendit pousser un hoquet et leva les yeux. Au nord, les Chasseurs de l’Hiver allumaient leur feu.

Des voiles de lumière chatoyaient sur toute la largeur de l’horizon, de plus en plus vastes, de plus en plus brillants, jusqu’à laper le plafond du ciel. Le froid s’était accru à en geler même les sons. Seul le frémissement de la lumière sur la neige semblait doué de vie. Les chasseurs contemplaient le spectacle avec une terreur teintée d’émerveillement. Devant eux dansaient les plus puissants de leurs ancêtres, des fantômes trop majestueux pour que la terre les retienne.

« Mais vous êtes nôtres, souffla enfin Loup-Rouge. Vous vous souvenez, n’est-ce pas ? Veillez sur nous. Protégez-nous. Préservez vos fils des horreurs et des spectres vindicatifs. C’est pour vous, en votre nom, que nous allons tuer cette nuit.

— Je pense que c’est pour cela qu’ils sont venus ici, dit Lame-Brisée à voix basse.

— Alors, il ne faut pas les faire attendre. » Loup-Rouge alla de l’avant.

Un peu plus tard, il aperçut quelque chose, une tache sur la neige en contrebas des feux célestes. Il pressa le pas. L’autre avait dû repérer les deux chasseurs, car un chant suraigu parvint bientôt à leurs oreilles. Quoi ? Les Souris chantaient elles aussi un chant de mort ?

Comme il approchait, il distingua enfin Aryuk, assis en tailleur dans un trou qu’il s’était creusé. « Je vais accomplir seul cette tâche, Lame-Brisée, dit-il à son camarade. Renard-Véloce était proche de mon esprit. » Il avança comme si la neige avait cessé de ralentir ses pas.

Aryuk se leva. Visiblement à bout de forces, il se mouvait avec lenteur et maladresse. Mais il ne fléchit point. Une fois son chant achevé, il se tint devant lui, les épaules voûtées, le bras gauche attaché à son flanc, immobile sous sa cape. Sa barbe était blanchie par le givre. Lorsque Loup-Rouge arriva devant lui, il sourit.

Sourit.

Loup-Rouge fit halte. Qu’est-ce que cela signifiait ? Qu’est-ce que cela présageait ?

Les feux qui brûlaient en silence dans le ciel semblèrent lui lancer un ordre. Il fit un autre pas, puis un autre encore.

Ce n’est pas un animal aux abois, pensa-t-il. Aryuk est prêt à mourir. Eh bien, je vais lui offrir une mort rapide. Il a au moins mérité cela.

Empoignant sa lance des deux mains, il frappa. L’os et le silex percèrent la peau et cherchèrent le cœur. Son corps était si usé, si fatigué, que le coup sembla étonnamment doux. Aryuk s’effondra, tomba à la renverse. Une brève ruade, un râle plus bref encore. Puis il ne bougea plus.

« C’est fini, dit Lame-Brisée d’une voix atone.

— Pas tout à fait », rétorqua Loup-Rouge.

Il prit l’os gravé dans sa bourse et le coinça entre ses dents. Puis il s’agenouilla pour fouiller la bourse d’Aryuk. Il ne s’y trouvait rien excepté… oui… Il en retira les yeux de Renard-Véloce. « Vous retournerez à lui », promit-il. Les tendant à Lame-Brisée : « Enveloppe-les dans une peau et chante-leur le Chant des Esprits. J’ai d’autres tâches à accomplir. »

Il se savait certes condamné, et il était totalement épuisé, mais Aryuk a eu une mort bien calme. Presque heureuse, pour autant que je puisse en juger dans cette lumière magique. Que savait-il ? Qu’avait-il l’intention de faire… plus tard ?

Eh bien, il ne fera plus rien. Celui-qui-Répond m’a appris comment ligoter un fantôme.

Loup-Rouge infligea au cadavre le sort qu’avait subi Renard-Véloce. Puis il lui écrasa les yeux entre deux pierres arrachées à la neige. Il lui ouvrit le ventre et plaça des cailloux parmi les boyaux. Il lui lia poignets et chevilles avec des lanières en cuir de glouton. Il lui enfonça une lance dans le torse, la plantant dans le sol gelé une fois qu’elle fut ressortie par le dos. Il exécuta une danse autour du cadavre en invoquant le Père des Loups, qui lui avait donné son nom, le priant d’envoyer des loups, mais aussi des renards, des fouines, des hiboux et des corbeaux, bref, toutes sortes de charognards, afin qu’ils dévorent ses chairs.

« Maintenant, c’est fini, dit-il. Viens. »

Il se sentait lui-même à bout de forces, mais il marcherait jusqu’à ce que le sommeil le terrasse. Le matin venu, Lame-Brisée et lui apercevraient sûrement un repère connu dans le paysage – une montagne au loin, par exemple –, et ils rentreraient chez eux.

Ils s’avancèrent sur la steppe, sous les feux des esprits.

IX.

Au fil des mois, Wanda Tamberly avait fini par considérer le mammouth solitaire comme un vieil ami. C’était presque à regret qu’elle lui faisait ses adieux. Mais il lui avait fourni toutes les données qu’il détenait, parmi lesquelles figurait peut-être la clé de l’histoire de la Béringie. Si elle voulait en apprendre davantage sur d’autres aspects de la question, elle devait désormais se mettre au travail. Ses supérieurs souhaitaient « déjà » la dépêcher en un autre lieu, dans un autre temps. Elle avait dû leur envoyer quantité de messages à travers l’espace-temps pour les convaincre de lui laisser gaspiller un peu de sa ligne de vie ici et maintenant, le temps d’attendre la fin de la saison afin d’observer un autre printemps dans un contexte de réchauffement. Elle les soupçonnait de penser – à juste titre – qu’elle tenait surtout à veiller sur ses chers Tulat.

1 ... 61 62 63 64 65 66 67 68 69 ... 125
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)