Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]
- Автор: Толкин Джон Рональд Руэл
- Серия: Le Seigneur des Anneaux #1
- Год: 2014
- Язык: французский
- Год: Christian Bourgois
- ISBN: 9782267027419
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]». Краткое содержание книги:
Version 104826 - 2014-09-30 14:40:02 +0200
Il y eut un silence pesant. Frodo ne répondit pas ; pris de crainte et de doute, il nageait dans la confusion. Sam fronça les sourcils, regardant son maître ; puis il éclata :
« Si vous permettez, monsieur Frodo, je dirais non ! Cet Arpenteur-là, il met en garde et il dit faites attention ; et à ça, je dis oui, à commencer par lui. Il sort tout droit de la Sauvagerie, et j’ai jamais entendu rien de bon au sujet de ces gens-là. Il sait quelque chose, c’est évident, trop de choses à mon goût ; mais c’est pas une raison pour qu’on le laisse nous conduire dans un endroit sombre loin des secours, comme il dit. »
Pippin remua, l’air mal à l’aise. L’Arpenteur ne répondit pas à Sam, mais tourna ses yeux pénétrants vers Frodo. Frodo croisa son regard mais l’évita. « Non, dit-il lentement. Je ne suis pas d’accord. Je pense… je pense que vous n’êtes pas vraiment tel que vous choisissez de le montrer. Au début, vous me parliez comme les Gens de Brie, mais votre voix a changé. Tout de même, Sam semble avoir raison en ceci : je ne vois pas pourquoi vous nous diriez de faire attention, tout en nous demandant de vous croire sur parole et de vous emmener. Pourquoi ce déguisement ? Qui êtes-vous ? Que savez-vous au juste au sujet de… de mes affaires, et comment le savez-vous ? »
« La leçon de prudence a été bien apprise, dit l’Arpenteur avec un dur sourire. Mais la prudence est une chose et l’indécision en est une autre. Vous ne pourrez jamais vous rendre à Fendeval sans aide, à présent ; votre seule chance est de me faire confiance. Vous devez prendre une décision. Je vais répondre à certaines de vos questions, si cela peut vous aider. Mais pourquoi croiriez-vous mon histoire, si vous doutez déjà de moi ? Quoi qu’il en soit, la voici… »
À ce moment, on frappa à la porte. M. Fleurdebeurre arrivait avec des bougies, et Nob venait derrière lui, apportant des bidons d’eau chaude. L’Arpenteur se retira dans un coin sombre.
« Je suis venu vous dire bonne nuit, dit l’aubergiste, posant les bougies sur la table. Nob ! Va porter l’eau aux chambres ! » Il entra et referma la porte.
« Eh bien, voici, commença-t-il d’un ton hésitant, l’air troublé. Si j’ai causé du tort, j’en suis vraiment navré. Mais un clou chasse l’autre, vous en conviendrez ; et je suis un homme occupé. Mais d’abord une chose, puis une autre cette semaine m’ont remis les idées en place, comme on dit – pas trop tard, j’espère. Voyez-vous, on m’a demandé de guetter l’arrivée de hobbits du Comté, en particulier d’un hobbit du nom de Bessac. »
« Et en quoi cela me concerne-t-il ? » demanda Frodo.
« Ah ! ça, vous le savez mieux que moi, dit l’aubergiste d’un air entendu. Je ne vous trahirai pas ; mais on m’a dit que ce Bessac prendrait le nom de Souscolline, et on m’a donné une description qui vous ressemble assez, si je puis dire. »
« Ah bon ? Dites toujours ! » le coupa Frodo, qui eut sans doute mieux fait de se taire.
« Un petit rondouillard aux joues rouges », dit M. Fleurdebeurre d’un ton solennel. Pippin ricana, mais Sam eut l’air indigné. « Ça ne t’aidera pas beaucoup : ça vaut pour la plupart des hobbits, Bébert, qu’il me dit, poursuivit M. Fleurdebeurre en lançant un regard à Pippin. Mais celui-là est plus grand que certains et plus pâle que la plupart, et il a une fente au menton : un type guilleret, à l’œil vif. Vous m’excuserez, mais c’est lui qui l’a dit, pas moi. »
« Lui ? Et c’était qui, lui ? » demanda Frodo avec une vive curiosité.
« Ah ! C’était Gandalf, si vous voyez de qui je veux parler. Un magicien, qu’ils disent, mais c’est un bon ami à moi, vrai ou pas. Sauf que là, je sais pas trop ce qu’il aura à me dire si je le revois : il ferait surir toute ma bière ou me changerait en bloc de bois que ça ne m’étonnerait pas. Il s’emporte assez facilement. N’empêche que… ce qui est fait est fait. »
« Eh bien, qu’avez-vous donc fait ? » dit Frodo, que le lent déballage de Fleurdebeurre commençait à exaspérer.
« Où en étais-je ? dit l’aubergiste, s’arrêtant et claquant des doigts. Ah oui ! Le vieux Gandalf. Il y a trois mois de ça, il est entré dans ma chambre sans frapper. Bébert, qu’il me dit, je pars au matin. Veux-tu me rendre un service ? Vous avez qu’à le nommer, que j’ai répondu. Je suis pressé, qu’il m’a dit, et je ne peux pas m’en charger moi-même, mais j’ai un message à faire porter dans le Comté. Pourrais-tu envoyer un de tes gens, dont tu sais qu’il ira ? Je peux trouver quelqu’un, que j’ai dit, demain, peut-être, ou après-demain. Arrange-toi pour que ce soit demain, qu’il me dit, puis il m’a remis une lettre.
« Le destinataire ne fait pas de doute », dit M. Fleurdebeurre, sortant une lettre de sa poche et lisant l’adresse avec une orgueilleuse lenteur (il chérissait sa réputation de lettré) :
M. FRODO BESSAC, CUL-DE-SAC, HOBBITEVILLE
dans le COMTÉ.
« Une lettre pour moi de Gandalf ! » s’écria Frodo.
« Ah ! dit M. Fleurdebeurre. Votre vrai nom est donc Bessac ? »
« C’est exact, dit Frodo, et vous feriez mieux de me donner tout de suite cette lettre, et de m’expliquer pourquoi vous ne l’avez jamais envoyée. C’est ce que vous êtes venu me dire, je suppose, même si vous avez mis du temps à en venir au fait. »
Le pauvre M. Fleurdebeurre parut décontenancé. « Vous avez raison, maître, dit-il, et je vous prie de m’en excuser. Et j’ai diantrement peur de ce que Gandalf va dire, s’il en ressort quelque chose de mal. Mais j’ai pas fait exprès de la garder. Je l’ai rangée en lieu sûr. Puis j’ai trouvé personne pour aller dans le Comté le lendemain, ni le surlendemain, et aucun de mes gens n’était libre ; et puis une chose par-ci et une autre par-là m’ont fait oublier. Je suis un homme occupé. Je vais faire ce que je peux pour arranger les choses, et si je peux vous rendre un service, vous avez qu’à le nommer.
« Lettre ou pas, c’est ce que j’avais promis à Gandalf de toute façon. Bébert, qu’il me dit, cet ami à moi dans le Comté, il se peut qu’il vienne de ce côté avant peu, lui et un autre. Il se fera appeler Souscolline. Note-le bien ! Mais ne pose pas de questions. Et si je ne suis pas avec lui, il se peut qu’il ait des ennuis, et il peut avoir besoin d’aide. Fais tout ce que tu peux pour lui et je t’en serai reconnaissant. Et vous voici, et visiblement, les ennuis ne sont pas loin. »
« Que voulez-vous dire ? »
« Ces hommes en noir, dit l’aubergiste en baissant la voix. Ils cherchent Bessac, et s’ils sont bien intentionnés, moi, je suis un hobbit. C’était lundi, et tous les chiens piaulaient et les oies criaillaient. Bizarre, que je me suis dit. Alors Nob, il est venu me dire que deux hommes en noir étaient à la porte et demandaient à voir un hobbit appelé Bessac. Il avait les cheveux dressés sur la tête. J’ai dit à ces types-là de ficher le camp et je leur ai fermé la porte au nez ; mais à ce qu’on m’a dit, ils sont allés jusqu’à Archètes en posant la même question. Et ce Coureur, celui qu’on appelle l’Arpenteur, lui aussi, il pose des questions. Il a essayé d’entrer ici avant que vous ayez pris une seule bouchée ou gorgée, oui, parfaitement. »
« Parfaitement ! dit soudain l’Arpenteur, s’avançant dans la lumière. Et beaucoup d’ennuis auraient été évités si vous l’aviez laissé entrer, Filibert. »
L’aubergiste sursauta. « Vous ! s’écria-t-il. Vous surgissez toujours tout à coup. Qu’est-ce que vous voulez, cette fois ? »