Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]
- Автор: Толкин Джон Рональд Руэл
- Серия: Le Seigneur des Anneaux #1
- Год: 2014
- Язык: французский
- Год: Christian Bourgois
- ISBN: 9782267027419
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «Le Seigneur des anneaux [1 La fraternité de l'anneau]». Краткое содержание книги:
Version 104826 - 2014-09-30 14:40:02 +0200
« Elles le sont – du moins, à première vue », dit Pippin avec un rire de soulagement ; la lettre de Gandalf l’avait soudain rasséréné. « Mais beau est qui bien fait, comme on dit dans le Comté ; et je suppose que nous aurions tous à peu près le même air après être restés des jours dans des haies et des fossés. »
« Il vous faudrait plus que quelques jours, quelques semaines, ou même quelques années d’errances dans la Sauvagerie pour vous faire ressembler à l’Arpenteur, répondit ce dernier. Et vous mourrez bien avant, à moins que vous ne soyez d’une plus forte trempe que vous ne le paraissez. »
Pippin n’insista pas ; mais Sam ne se laissa pas démonter, continuant de jeter des regards suspicieux à l’Arpenteur. « Comment on sait que vous êtes l’Arpenteur de Gandalf ? demanda-t-il. Vous avez jamais parlé de lui avant que sa lettre apparaisse. Autant que je sache, vous pourriez être un espion qui joue la comédie pour nous convaincre de partir avec vous. Vous pourriez avoir zigouillé le vrai Arpenteur et lui avoir pris ses vêtements. Qu’est-ce que vous dites de ça ? »
« Que vous êtes un solide gaillard, répondit l’Arpenteur ; mais je crains que la seule réponse que je puis vous faire, Sam Gamgie, soit la suivante. Si j’avais tué le véritable Arpenteur, je pourrais vous tuer aussi. Et je vous aurais déjà tué sans autant de palabres. Si j’étais en quête de l’Anneau, je pourrais vous le prendre… LÀ !
Il se leva, et sembla soudain grandir. Une lueur brillait dans ses yeux, vive et autoritaire. Rejetant sa cape derrière lui, il posa la main sur le pommeau de l’épée qu’il gardait dissimulée à sa hanche. Ils n’osèrent pas bouger. Sam resta bouche bée et le regarda d’un air stupéfait.
« Mais je suis le véritable Arpenteur, fort heureusement, dit-il en abaissant le regard sur eux, son visage soudain adouci d’un sourire. Je suis Aragorn fils d’Arathorn ; et s’il me faut vivre ou mourir pour vous sauver, je le ferai. »
Il y eut un long silence. Puis, Frodo parla avec hésitation. « J’ai su que vous étiez un ami avant de voir la lettre, dit-il, ou du moins, je le souhaitais. Vous m’avez effrayé plusieurs fois ce soir, mais jamais comme le feraient les serviteurs de l’Ennemi, il me semble. Je pense qu’un de ses espions aurait meilleur air tout en étant plus ignoble, si vous saisissez. »
« Je vois, dit l’Arpenteur en riant. Et j’ai l’air ignoble tout en étant meilleur. C’est cela ? Tout ce qui est or ne brille pas, ne sont pas perdus tous ceux qui vagabondent. »
« Ces vers s’appliquaient donc à vous ? demanda Frodo. Je n’arrivais pas à voir de quoi il était question. Mais comment saviez-vous qu’ils se trouvaient dans la lettre de Gandalf, si vous ne l’avez jamais vue ? »
« Je n’en savais rien, répondit-il. Mais je suis Aragorn, et ces vers vont avec ce nom. » L’Arpenteur tira son épée, et ils virent que la lame était en effet brisée à un pied de la garde. « Pas très utile, hein, Sam ? dit l’Arpenteur. Mais l’heure approche où cette lame sera forgée à nouveau. »
Sam resta coi.
« Eh bien, poursuivit l’Arpenteur, avec la permission de Sam, nous dirons que l’affaire est réglée. L’Arpenteur sera votre guide. Et maintenant, je crois qu’il est temps d’aller vous coucher et de vous reposer comme vous le pourrez. Une dure route nous attend demain. Même si nous parvenons à quitter Brie sans encombre, nous ne pouvons guère espérer partir sans être remarqués, à présent. Mais j’essaierai de m’esquiver aussi vite que possible. Je connais une ou deux façons de quitter le Pays-de-Brie autrement que par la grand-route. Si jamais nous parvenons à semer la poursuite, je me dirigerai vers Montauvent. »
« Montauvent ? dit Sam. Qu’est-ce que c’est que ça ? »
« Il s’agit d’une colline un peu au nord de la Route, environ à mi-chemin entre Brie et Fendeval. Elle domine toutes les terres environnantes et nous permettra de regarder alentour. Gandalf cherchera également à s’y rendre, s’il nous suit. Après Montauvent, notre voyage deviendra plus ardu, et nous aurons à choisir entre plusieurs dangers. »
« Quand avez-vous vu Gandalf pour la dernière fois ? demanda Frodo. Savez-vous où il est, ou ce qu’il fait ? »
L’Arpenteur eut un air grave. « Je ne le sais pas, dit-il. Je suis venu dans l’Ouest avec lui au printemps. J’ai souvent fait le guet aux frontières du Comté ces dernières années, alors qu’il était occupé ailleurs. Il laissait rarement votre pays sans protection. Nous nous sommes vus pour la dernière fois le premier mai : au Gué de Sarn, en aval, sur le Brandivin. Il m’a dit que ses discussions avec vous s’étaient bien passées, que vous vous mettriez en route pour Fendeval dans la dernière semaine de septembre. Comme je le savais auprès de vous, je suis parti en voyage de mon côté. Et cela s’est avéré néfaste ; car des nouvelles lui sont parvenues à l’évidence, et je n’étais pas là pour l’assister.
« Je suis inquiet, pour la première fois depuis que je le connais. Nous aurions dû recevoir des messages, quand bien même il eût été retenu. À mon retour, il y a de cela bien des jours, j’ai eu vent de mauvaises nouvelles. Le bruit courait partout comme quoi Gandalf manquait à l’appel et les cavaliers avaient été vus. Ce sont les gens de Gildor qui me l’ont appris, et plus tard, ces mêmes Elfes m’ont dit que vous étiez parti de chez vous ; mais on n’a entendu nulle part que vous aviez quitté le Pays-de-Bouc. Voilà un moment que je surveille la Route de l’Est avec appréhension. »
« Croyez-vous que les Cavaliers Noirs aient quelque chose à voir là-dedans – avec l’absence de Gandalf, je veux dire ? » demanda Frodo.
« Je ne vois pas quoi d’autre aurait pu lui faire obstacle, hormis l’Ennemi lui-même, dit l’Arpenteur. Mais ne perdez pas espoir ! Gandalf est plus grand que vous ne le croyez dans le Comté : d’ordinaire, vous ne voyez que ses jouets et ses plaisanteries. Mais cette affaire qui nous préoccupe sera sa plus grande tâche. »
Pippin bâilla. « Je suis désolé, dit-il, mais je suis mort de fatigue. Malgré tous les dangers et toutes les inquiétudes, je dois aller me coucher au risque de dormir sur ma chaise. Où est cet étourdi de Merry ? Ce serait bien le comble si nous devions aller dans le noir à sa recherche. »
Ils entendirent alors un claquement de porte ; puis des pas se hâtèrent dans le couloir. Merry entra en courant, suivi de Nob. Il se dépêcha de refermer la porte et s’adossa contre celle-ci, tout essoufflé. Ses compagnons le dévisagèrent un moment, effrayés, avant qu’il s’exclame d’une voix entrecoupée : « Je les ai vus, Frodo ! Je les ai vus ! Des Cavaliers Noirs ! »
« Des Cavaliers Noirs ! s’écria Frodo. Où ça ? »
« Dans le village. Je suis resté ici pendant une heure. Puis, comme vous ne reveniez pas, je suis sorti faire un tour. J’étais de retour à l’auberge et je me tenais en dehors de la clarté de la lampe pour admirer les étoiles. Soudain, j’ai eu un frisson et j’ai senti quelque chose d’horrible qui s’approchait à pas de loup ; on aurait dit une ombre plus foncée parmi les ombres de l’autre côté de la rue, juste en dehors de la lumière. Elle s’est tout de suite esquivée dans les ténèbres sans faire de bruit. Il n’y avait pas de cheval. »
« De quel côté est-elle allée ? » demanda soudain l’Arpenteur avec quelque brusquerie.