Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Исторические любовные романы » Marianne, une étoile pour Napoléon
Marianne, une étoile pour Napoléon - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Marianne, une étoile pour Napoléon

Электронная книга - «Marianne, une étoile pour Napoléon». Краткое содержание книги:

La vie prodigieuse de Marianne d'Asselnat de Villeneuve commence en Angleterre, dans le paisible domaine de sa tante Ellis Selton qui l'a recueillie après la mort de ses parents, guillotinés sous la Terreur. Son adolescence prend fin brutalement le jour même où elle épouse le beau Francis Cranmere dont elle est secrètement éprise depuis longtemps. Au cours d'une nuit de noces effroyable elle perd à la fois son amour, sa fortune et sa sécurité. Marianne doit fuir, abandonner tout ce qu'elle aime, revenir en France où règne l'homme qu'on lui a appris à haïr jour après jour : Napoléon.
1 ... 60 61 62 63 64 65 66 67 68 ... 140
Перейти на страницу:

— Mme de Sainte-Croix m'a recommandée, mais elle ne me connaît pas vraiment. Elle ne sait même pas qui je suis.

— Qui êtes-vous donc ?

— Une émigrée... qui se cache et essaie de vivre.

— S'il en est ainsi, pourquoi me le dire, à moi ? Je pourrais appeler, vous dénoncer, vous faire chasser, jeter en prison.

Marianne sourit à nouveau et hocha la tête.

— Dénoncer est un mot qui vous va mal, madame. Pour gagner la confiance de quelqu'un, il faut d'abord lui donner la sienne. Je suis entre vos mains, soit ! Dénoncez-moi.

Il y eut un silence. Dorothée de Périgord examinait, avec attention maintenant, cette jeune fille, à peine plus âgée qu'elle-même. Elle éprouvait, à parler sa langue natale, une joie enfantine dont Marianne se rendait parfaitement compte comme de l'adoucissement de son regard. Beaucoup plus doucement, elle demanda, baissant instinctivement la voix :

— Comment vous appelez-vous... vraiment ?

Décidée à gagner à tout prix l'amitié de cette enfant bizarre, Marianne allait le lui dire quand la porte du cabinet s'ouvrit de nouveau. Le superbe et banal officier de hussards, qui était l'époux de la jeune comtesse, rutila sui le seuil.

— Eh bien ! Dorothée, que faites-vous donc ? Votre mère vous cherche partout. Elle est fatiguée et désire se retirer.

— J'étais souffrante. La chaleur sans doute. Mlle Mallerousse m'a porté secours aimablement.

Marianne tressaillit en remarquant qu'elle avait si bien noté son nom d'emprunt. Les yeux de Dorothée souriaient maintenant, amusés, en se tournant vers elle :

— Merci, dit-elle en lui tendant la main et en revenant à l'allemand. Vous m'avez fait plus de bien que vous ne supposez. Venez me voir chez moi. J'habite au numéro 2, rue de la Grange-Batelière, et je suis toujours chez moi le matin. Viendrez-vous ?

— Je viendrai, promit la jeune fille en s'inclinant respectueusement, comme le voulait son rôle, sur la main offerte.

Edmond de Périgord ne devait pas comprendre l'allemand. Cela se sentit à son impatience ennuyée.

— Allons, venez donc.

Marianne quitta le cabinet de travail derrière eux. Elle ne se souciait pas d'y être surprise par le prince. Remontant quatre à quatre l'escalier, elle ôta sa robe, remit sa chemise et son bonnet de nuit, puis, se couchant, éteignit sa chandelle. A la lumière mourante du feu, elle vit, sur sa table, le rapport qu'elle avait écrit et sourit. Cette amitié précieuse qu'elle était en train d'acquérir, le trop curieux ministre de la Police n'en saurait rien. Pas plus qu'il n'apprendrait la douleur de la petite comtesse. Pour elle, Marianne sentait s'éveiller une affection fraternelle, parce qu'elle découvrait que, malgré sa naissance princière, malgré son brillant mariage, malgré sa fortune, malgré les honneurs qui l'entouraient, malgré tout ce qu'elle possédait et que Marianne n'avait plus, elle était, elle aussi, malheureuse et blessée par l'impitoyable univers des hommes. On avait arraché cette petite princesse courlandaise à son pays, à sa vie, à ses rêves d'amour pour en faire un pion sur l'échiquier de la politique. On l'avait enlevée à l'homme qu'elle aimait pour lui en imposer un autre, un ennemi par surcroît, qu'elle ne pouvait que détester. Pour comble, on en faisait le témoin muet d'une aventure de sa propre mère avec un autre de ses ennemis ! Avec quel cynisme, Talleyrand ne lui avait-il pas fait comprendre qu'elle n'était qu'une enfant sans importance, incapable de se plier aux exigences des conventions mondaines !

Pitoyable et violente Dorothée qui voulait lutter, avec ses petites mains, contre la coalition des hommes et leurs appétits. Pour abattre la pauvre volonté d'une enfant de quinze ans, l'Empereur des Français et Talleyrand s'étaient ligués avec le Tzar lui-même, sans honte et sans vergogne ! De quel bois étaient-ils donc faits et qu'est-ce que c'était que cette politique à laquelle on offrait encore des sacrifices humains ?

En pensant à sa nouvelle amie, Marianne se détachait peu à peu de ses propres problèmes et en éprouvait une sorte d'exaltation. Elle découvrait qu'elle n'était pas seule, loin de là, à souffrir. Et cela lui révélait ses propres forces combatives. Plus que jamais, elle entendait lutter contre l'oppressant pouvoir des hommes, contre leur amour trompeur et leurs désirs sordides. Mais aussi elle voulait aider celles de ses sœurs qui en auraient besoin. Et Dieu savait s'il y en avait ! Pour une Ivy St Albans alliée aux hommes et leur servante, elle avait vu une Dorothée de Courlande livrée comme une marchandise, une Adélaïde d'Asselnat jetée en prison et exilée pour avoir osé donner son opinion, une impératrice jetée à bas du trône pour n'avoir pas su donner d'héritier à un tyran, une princesse de Bénévent traitée en quantité négligeable dans sa propre maison, une comtesse de Metternich laissée en otage. Elle, Marianne, saurait bien, un jour ou l'autre, leur montrer qu'une femme pouvait être la plus forte !

Et, cette nuit-là, Marianne déclara la guerre aux hommes.

Quand le valet chargé des feux entra chez elle, le lendemain matin, Marianne, assise près de la fenêtre, lisait un livre. Elle ne leva pas les yeux de sur son livre.

L'homme nettoya la cheminée, rangea de nouvelles bûches, ranima les braises cachées sous les cendres à l'aide d'un grand soufflet puis, quand ce fut fini, il y eut un silence. Marianne l'entendit respirer avec effort et comprit que son attitude indifférente le gênait. Elle en jouit avec un peu de cruauté. Pour rien au monde, elle ne lui eût adressé la parole la première. Ou il parlerait, ou il sortirait. Finalement, elle l'entendit toussoter puis :

— Je crois que ce bois brûlera bien, dit-il.

Alors, tout de même, elle leva les yeux, vit un homme entre deux âges, d'un physique ordinaire, sans rien dans la physionomie qui pût accrocher le regard. En vérité, sans sa livrée chamarrée, cet homme devait passer absolument inaperçu, se confondre avec n'importe quel décor : l'espion idéal. D'un geste du menton, elle lui désigna le rapport posé sur le coin du bureau.

— Le pli... là, sur la table ! dit-elle seulement.

L'homme prit le papier, l'enfouit dans sa vaste poche puis glissa vers la jeune fille un regard en dessous.

— Je m'appelle Floquet ! dit-il. Célestin Floquet. Et vous ?

— Je suis Mlle Mallerousse, fit Marianne sèchement en reprenant son livre. Vous devriez le savoir.

— Bien sûr que je le sais ! Mais c'est pas ça que je vous demande : c'est votre petit nom ! Entre collègues.

Marianne s'était promis de garder tout son calme, mais l'impudence de cet homme éveilla instantanément sa colère. S'il lui fallait subir la familiarité de ce bas espion.

— Je n'ai pas de prénom ! Et je ne suis pas votre collègue !

Ses mains se serrèrent sur la reliure de cuir du livre tandis qu'elle s'efforçait de garder les yeux fixés sur le texte, pour ne pas voir le visage plat de Floquet. Mais il lui fallut bien entendre son rire moqueur :

— Ben vrai ! fit-il grossièrement, quelle crâneuse ! Vous vous prenez pour quoi, ma jolie ? Faut pas oublier une chose, c'est que j'suis vot'chef ! Qui c'est qui vous les apportera les picaillons du Papa Fouché, le jour de la Sainte-Touche, hein ?

C'en était trop ! Oubliant toute prudence, en même temps que toutes ses belles résolutions, Marianne se leva et désigna la porte au valet :

— Faites ce qu'on vous demande et rien de plus ! s'écria-t-elle. Nous n'avons et n'aurons jamais rien à nous dire. Maintenant, sortez !

1 ... 60 61 62 63 64 65 66 67 68 ... 140
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)