Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне

Электронная книга - «La valse lente des tortues». Краткое содержание книги:

Qu'un crocodile aux yeux jaunes ait ou non dévoré son mari Antoine, disparu au Kenya, Joséphine s'en moque désormais. Elle a quitté Courbevoie pour un immeuble huppé de Passy, grâce à l'argent de son best seller, celui que sa sœur Iris avait tenté de s'attribuer, payant cruellement son imposture dans une clinique pour dépressifs. Libre, toujours timide et insatisfaite, attentive cependant à la comédie cocasse, étrange et parfois hostile que lui offrent ses nouveaux voisins, Joséphine semble à la recherche de ce grand amour qui ne vient pas. Elle veille sur sa fille Zoé, adolescente attachante et tourmentée et observe les succès de son ambitieuse aînée Hortense, qui se lance à Londres dans une carrière de styliste à la mode. Joséphine ignore tout de la violence du monde, jusqu'au jour où une série de meurtres vient détruire la sérénité bourgeoise de son quartier. Elle-même, prise pour une autre sans doute, échappe de peu à une agression. La présence de Philippe, son beau-frère, qui l'aime et la désire, peut lui faire oublier ces horreurs. Impossible d'oublier ce baiser, le soir du réveillon de Noël, qui l'a chavirée. Le bonheur est en vue, à condition d'éliminer l'inquiétant Lefloc-Pinel, son voisin d'immeuble, un élégant banquier dont le charme cache bien trop de turpitudes.
1 ... 59 60 61 62 63 64 65 66 67 ... 165
Перейти на страницу:

— Tu veux pas descendre à la cave ? Y aura Domitille et Gaétan. Leurs parents sont de sortie. À l’Opéra. Robe longue et tralala. Rentrent pas avant une plombe du mat… Fleur et Seb peuvent pas : leurs parents reçoivent de la famille.

— J’ai du boulot…

— Arrête de faire ta bonne élève ! Tu vas finir par avoir des problèmes !

Il n’avait pas tort : on commençait à la regarder de travers au collège. On lui avait déjà piqué deux fois sa trousse, on la bousculait dans les escaliers, et personne ne voulait rentrer avec elle le soir.

— Bon. D’accord.

— Génial. On t’attend.

Il avait tourné les talons en chaloupant, reproduisant les pas d’une démarche soigneusement étudiée devant la glace. S’était arrêté net, était revenu en arrière, les pouces dans les poches, les hanches en avant.

— T’as pas de la bière dans ton frigo ?

— Non. Pourquoi ?

— Pas grave… Apporte des glaçons.

Zoé n’était pas rassurée. Si elle aimait bien Gaétan, Paul Merson l’impressionnait et Domitille Lefloc-Pignel la mettait mal à l’aise. Elle ne pouvait pas vraiment dire pourquoi, mais cette fille coulissait. On ne savait jamais à qui on avait affaire. À la fille impeccable, tirée à quatre épingles, jupe plissée, petit col blanc, ou à celle qui, parfois, avait une lueur sale dans l’œil. Les garçons en parlaient en gloussant et quand Zoé demandait pourquoi, ils gloussaient de plus belle en mouillant leurs lèvres.

Elle descendit vers neuf heures et demie. S’assit dans le noir de la cave éclairée à la bougie et déclara tout de suite :

— Je pourrai pas rester longtemps…

— T’as les glaçons ? demanda Paul Merson.

— C’est tout ce que j’ai trouvé…, dit-elle en ouvrant un récipient en plastique. Et faut pas que j’oublie de remonter la boîte…

— Oh ! la bonne ménagère, ricana Domitille en suçant son index.

Paul Merson sortit une bouteille de whisky, quatre verres à moutarde, et les remplit à moitié.

— Désolé, j’ai pas de Perrier, dit-il en rebouchant la bouteille qu’il cacha derrière un gros tuyau recouvert de scotch noir épais.

Zoé prit son verre et contempla le liquide ambré avec appréhension. Un soir, pour fêter le succès du livre, sa mère avait ouvert une bouteille de champagne, elle avait goûté et couru à la salle de bains tout recracher.

— Me dis pas que t’as jamais bu ! s’esclaffa Paul Merson.

— Laisse-la, protesta Gaétan, c’est pas une tare de pas boire !

— C’est que c’est juste délicieux, dit Domitille en allongeant les jambes sur le sol en béton. Moi, je pourrais pas vivre sans alcool !

Oh ! la poseuse ! pensa Zoé. Elle se la joue fatale et voluptueuse alors qu’elle a un an de moins que moi.

— Hé ! vous savez à quoi sert une moitié de chien ? lança Gaétan.

Ils attendaient la réponse en suçotant leurs glaçons. Zoé avait le trac. Si elle ne buvait pas, elle passerait pour une gourde. Elle pensa à renverser discrètement le contenu du verre derrière son dos. Il faisait noir, ils ne verraient rien. Elle s’approcha du tuyau, s’y adossa, écarta son bras, le fit glisser sur le sol et versa lentement le verre.

— À guider un borgne !

Zoé rit de bon cœur et se sentit rassurée de s’entendre rire.

— Et tu sais qu’elle est la différence entre un Pastis 51 et un 69 ? demanda Paul Merson, irrité de voir que Gaétan lui volait la vedette.

À nouveau, ils plongèrent le nez dans leur verre, cherchant la réponse. Paul Merson jubilait.

— Ce doit être un truc bien dégueulasse, dit Gaétan.

— Tu vas pas être déçu ! Vous trouvez ou pas ?

Ils secouèrent la tête tous les trois.

— Y en a un qui sent l’anis et l’autre l’anus !

Ils hurlèrent de rire. Zoé enfouit son visage dans son coude et fit semblant de contenir un fou rire. Paul Merson reprit la bouteille de whisky et demanda à la ronde :

— Encore un p’tit coup ?

Domitille tendit son verre. Gaétan dit non, merci, pas pour le moment et Zoé répéta la même formule.

— Euh… Y a pas de Coca ? demanda-t-elle, prudente.

— Non…

— C’est dommage…

— La prochaine fois, t’en apporteras ! La prochaine fois, vous apportez tous quelque chose et on fait une vraie teuf. On peut même installer une chaîne en la branchant sur le compteur de la cave… Moi, je m’occupe de la sono, Zoé, de la bouffe, et Gaétan et Domitille, de l’alcool.

— On pourra jamais ! On n’a pas d’argent de poche ! s’exclama Gaétan.

— Bon alors, Zoé, tu t’occupes de la bouffe et des boissons et moi, je te donnerai un coup de main pour l’alcool…

— Mais moi, je…

— Vous, vous êtes pleines aux as ! C’est ma mère qui me l’a dit, le bouquin de ta mère il a cartonné !

— Mais, c’est pas juste.

— Faut savoir ce que tu veux. Tu veux faire partie de la bande ou pas ?

Zoé n’était pas sûre d’avoir envie de faire partie de la bande. Ça puait le moisi dans la cave. Il faisait froid. Des graviers lui piquaient les fesses. Elle trouvait ça nul d’être assise par terre à ricaner de blagues douteuses en buvant un liquide amer. Elle entendait de drôles de bruits, imaginait des rats, des chauves-souris, des pythons abandonnés. Elle avait sommeil, elle ne savait pas quoi dire. Elle n’avait jamais embrassé un garçon. Mais, si elle disait non, elle serait complètement isolée. Elle finit par faire une moue qui disait oui.

— Allez, tope là !

Paul Merson lui tendit la paume de la main et elle la frappa sans conviction. Et comment elle trouverait l’argent pour faire les courses ?

— Et eux, ils font quoi ? demanda Zoé en montrant Gaétan et Domitille.

— Nous, on peut rien faire, on n’a que dalle ! maugréa Gaétan. Avec notre père, on se marre pas. S’il savait qu’on était là, il nous tuerait !

— Y a quand même des soirs où ils sortent, soupira Domitille en suçant le bord de son verre. On peut se débrouiller pour le savoir à l’avance…

— Et votre frère, il va pas cafter ? interrogea Paul Merson.

— Charles-Henri ? Non. Il est solidaire.

— Et pourquoi il est pas descendu ?

— Il a du boulot, et il nous couvre s’ils rentrent plus tôt… Il dira qu’on est descendus dans la cour parce qu’on avait entendu du bruit et il viendra nous chercher. Il vaut mieux qu’il fasse le guet parce que si on se fait piquer, on est mal, mais mal !

— Moi, ma mère, elle est plus que cool, dit Paul Merson qui ne supportait pas de ne pas être le centre de la conversation. Elle me raconte tout, je suis son confident…

— Elle est drôlement bien foutue ta mère, dit Gaétan. Comment ça se fait qu’il y ait des gonzesses super-bien roulées et d’autres qui sont des tas ?

— C’est parce que quand on baise convenablement, bien allongé, bien concentré, on trace de belles lignes fluides qui font de beaux corps de femme. Quand on baise couilles par-dessus tête, en se tortillant de plaisir, on loupe des lignes et on fait de gros boudins mal foutus…

Ils éclatèrent de rire. Sauf Zoé qui pensa à son père et à sa mère. Ils avaient dû baiser bien droit pour Hortense et tout tortillé pour elle.

— Si tu baises en t’agitant sur un sac de noix, par exemple, t’es sûr de faire un petit boudin plein de cellulite ! continua Paul Merson, fier de sa démonstration et entendant exploiter son capital comique.

— Moi, je peux même pas imaginer les miens en train de baiser, grogna Gaétan, ou alors sous la menace ! Mon père, il doit lui braquer un pistolet sur la tempe… Mon père, je peux pas le sacquer. Il nous fout la terreur.

1 ... 59 60 61 62 63 64 65 66 67 ... 165
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)