Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне

Электронная книга - «La valse lente des tortues». Краткое содержание книги:

Qu'un crocodile aux yeux jaunes ait ou non dévoré son mari Antoine, disparu au Kenya, Joséphine s'en moque désormais. Elle a quitté Courbevoie pour un immeuble huppé de Passy, grâce à l'argent de son best seller, celui que sa sœur Iris avait tenté de s'attribuer, payant cruellement son imposture dans une clinique pour dépressifs. Libre, toujours timide et insatisfaite, attentive cependant à la comédie cocasse, étrange et parfois hostile que lui offrent ses nouveaux voisins, Joséphine semble à la recherche de ce grand amour qui ne vient pas. Elle veille sur sa fille Zoé, adolescente attachante et tourmentée et observe les succès de son ambitieuse aînée Hortense, qui se lance à Londres dans une carrière de styliste à la mode. Joséphine ignore tout de la violence du monde, jusqu'au jour où une série de meurtres vient détruire la sérénité bourgeoise de son quartier. Elle-même, prise pour une autre sans doute, échappe de peu à une agression. La présence de Philippe, son beau-frère, qui l'aime et la désire, peut lui faire oublier ces horreurs. Impossible d'oublier ce baiser, le soir du réveillon de Noël, qui l'a chavirée. Le bonheur est en vue, à condition d'éliminer l'inquiétant Lefloc-Pinel, son voisin d'immeuble, un élégant banquier dont le charme cache bien trop de turpitudes.
1 ... 58 59 60 61 62 63 64 65 66 ... 165
Перейти на страницу:

— Vous me croyez peut-être pas ? Mais si j’étais pas si sûre de moi, je me serais déjà traînée à vos pieds…

Elle voyait sa bedaine monter et descendre à chaque respiration. Il avait mis un pied en avant comme s’il voulait reprendre l’équilibre. Reprendre des forces. Il n’est pas en bonne santé, eut-elle le temps de penser avant qu’il se rétablisse. Ça la fit rire, elle l’imagina s’écroulant, victime d’un infarctus parce qu’il avait frappé trop fort.

— Vous êtes pitoyable, mon pauvre vieux ! Vous devriez faire un peu de sport, vous êtes en mauvais état.

Elle lui cracha au visage.

Le coup lui arriva dessus, lui déchirant la lèvre supérieure. Elle eut un hoquet de surprise et les larmes jaillirent sans qu’elle pût les ravaler. Le cuir s’abattit une deuxième fois. Il devenait fou.

— Il s’appelle Weston. Paul Weston. Vous pouvez vérifier. Et sa mère, c’est Harriet Weston, garde du corps de la reine. Son dernier amant a été expédié en Australie parce que sinon il disparaissait les pieds plombés…

Elle avait la voix remplie de sang et de larmes, mais elle ne lâchait pas.

— Et le patron… Son patron, c’est Zachary Gorjiack… Il a une fille, Nicole, qui est handicapée et ça le rend très énervé contre les mecs de votre espèce. Parce que si elle est dans cet état-là, Nicole, c’est à cause d’un mec comme vous. Alors il peut pas les blairer les mecs comme vous. Il les écrase avec son pouce. Et il écoute le bruit que ça fait. Il paraît que ça fait un bruit de bouillie craquante. Vous connaissez ce bruit ? Faudrait vous y intéresser, vous risquez de l’entendre bientôt…

C’était la vérité. Shirley leur avait raconté comment ce Zachary était une fine lame, comment il trucidait ceux qui tentaient de l’intimider ou de le truander. Il zigouillait sans état d’âme. Et les hommes tombaient, transpercés. Elle leur avait raconté aussi, à Gary et à elle, comment un de ces hommes s’était vengé en écrasant sa fille en lui roulant dessus. La fille était clouée dans un fauteuil. Zachary était devenu encore plus fou, encore plus violent, encore plus acharné dans sa traque des hommes à découper.

Le cube flageolait. Ses coups étaient moins précis. Elle pouvait les supporter à présent.

— Et Diana, ça vous dit quelque chose, Diana ? Le tunnel du pont de l’Alma ? Vous finirez comme ça. Parce que, moi, je les connais vos noms. Je les ai donnés à mon pote au cas où… Ça fait un moment que je peux pas vous sacquer. Suis une fille d’accord, mais pas conne. Parce qu’il y en a, vous savez. Des coriaces et des pas connes ! Vous êtes tombés sur le mauvais numéro. Mauvaise pioche ! Et par Agathe, on pourra toujours vous retrouver… Vous avez été filmés dans des boîtes avec elle. Il me l’a dit, mon pote. Il m’avait dit aussi de me méfier de vous. Il avait raison. Drôlement raison ! Et ce soir, plus le temps passe, plus il se demande où je suis, pourquoi j’appelle pas. J’aimerais pas être à votre place…

Elle ne pouvait plus s’arrêter de parler. Ça la maintenait debout. Elle fixait la serviette jaune, elle s’y accrochait pour gommer le blanc. Elle n’avait plus peur. Ce qu’il y a de bien avec la douleur, c’est qu’au bout d’un moment, on ne la sent plus. Ça fait un écho de plus, un petit écho, puis ça se dissout dans la masse. Une grosse masse qui se soulève à chaque coup, mais qu’on ne sent plus.

Elle éclata de rire et lui cracha à nouveau dessus.

Il posa la ceinture et sortit.

Elle regarda autour d’elle. Elle avait un œil si enflé qu’elle ne voyait rien, ne pouvait pas cligner sans grimacer, mais l’autre était en état de marche. Elle eut l’impression d’être enfermée dans une boîte. Une boîte blanche et humide. Elle resta debout. Si jamais il revenait. Toucha son visage gluant de sang, de larmes, de sueur. Se lécha avec sa langue, c’était épais et visqueux. Ravala l’eau salée dans sa gorge. Ils devaient délibérer dans la pièce d’à côté. Le cube répétait tout ce qu’elle avait lâché. Les services secrets de Sa Majesté ? Zachary Gorjiack, ils devaient connaître son nom.

Elle s’en moquait d’être abîmée. Pouvaient même lui couper le doigt de pied s’ils voulaient. Ça repousse pas ce truc-là ? Elle avait lu que le foie repoussait, alors le doigt de pied, ça devait bien repousser aussi.

Elle se déplaça jusqu’au lavabo. Ouvrit les robinets. Se ravisa. Ils pourraient rentrer, ça leur donnerait des idées. Du genre la tête sous l’eau et je t’étouffe. Là, elle était moins sûre de résister. Elle regarda autour d’elle. Aperçut un verrou sur la porte. Le poussa. Se pencha sur le lavabo, se rinça le visage. L’eau était glacée. Ça lui fit si mal qu’elle faillit hurler.

Et puis, elle aperçut la fenêtre au-dessus de la baignoire. Une petite lucarne blanche. Elle l’ouvrit doucement. Elle donnait sur une terrasse. Ces cochons habitaient les beaux quartiers, avec des terrasses fleuries.

Elle se hissa jusqu’à la fenêtre, passa une jambe, une autre, se faufila, atterrit en douceur, glissa dans la nuit jusqu’à la terrasse voisine, puis jusqu’à une autre et une autre, et se retrouva dans la rue.

Elle se retourna, nota l’adresse.

Elle héla un taxi. Se couvrit le visage pour que le chauffeur n’ait pas peur en la voyant. Devait être un vrai Picasso période déglingue.

Le taxi s’arrêta. Elle lui lança l’adresse de Gary en grimaçant de douleur : elle avait la lèvre supérieure sérieusement entaillée. Pouvait presque passer un doigt entre les deux bouts de lèvre éclatée.

Mince ! gémit-elle, et si je me retrouvais avec un bec-de-lièvre ?

Elle s’effondra sur la banquette du taxi et éclata en sanglots.

Troisième partie

Paul Merson ne faisait pas que de la batterie. Paul Merson avait un groupe et Paul Merson animait des soirées dansantes, le samedi soir.

Paul Merson avait une mère à la silhouette ondulante qui en bouleversait plus d’un. Elle travaillait aux relations publiques d’une société de spiritueux. Monsieur Merson n’étant pas un farouche défenseur de la fidélité conjugale, madame Merson avait toute liberté pour onduler et faisait profiter ses clients de ses ondulations d’abord verticales, puis horizontales. Elle en retirait des avantages, certains sonnants et trébuchants, d’autres plus subtils qui lui permettaient de se maintenir à un poste convoité par nombre de ses collègues.

Paul Merson avait vite compris le profit qu’il pourrait tirer des ondulations de sa mère. Quand un quidam venait la chercher, le soir, qu’il la cernait d’un peu trop près, Paul Merson s’intercalait et demandait innocemment à l’homme s’il n’avait pas en tête une petite fête, où lui et son orchestre pourraient mettre de l’ambiance moyennant finance. On est bons, on est même très bons, on peut jouer à la commande, du ringard ou du branché, on ne demande pas grand-chose, pas de grands galas, mais des réunions dansantes, des animations à la noix, ça nous va très bien. Têtes de gondoles, queues de soirées, on prend tout. La vie de collégien est dure, soupirait-il, on n’a pas l’âge pour décrocher de vrais emplois, mais l’envie furieuse de changer de matériel ou d’aller boire une bière. Avec toutes vos relations, vous devez bien avoir quelques ouvertures… Le client, dont les yeux humides suivaient les ondulations de madame Merson, disait « oui, oui, pourquoi pas ? » et se retrouvait lié par son acquiescement distrait.

Sinon les ondulations cessaient.

C’est ainsi que Paul Merson et « Les Vagabonds » se mirent à animer des fêtes promotionnelles pour les tracteurs VDirix, les chips Clin d’œil, les saucissons Roches Claires. Fort de ses premiers contrats, Paul Merson était devenu un gamin hardi, insolent, pressé qui découvrait le monde et entendait bien en profiter. Un soir où Joséphine avait un groupe de travail et rentrait tard, Paul vint frapper à la porte de Zoé.

1 ... 58 59 60 61 62 63 64 65 66 ... 165
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)