Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
L'homme au ventre de plomb - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

L'homme au ventre de plomb

Электронная книга - «L'homme au ventre de plomb». Краткое содержание книги:

Fin de l’année 1761 : la guerre de Sept Ans prend une tournure de plus en plus désastreuse, l’expulsion des jésuites est en discussion et la marquise de Pompadour vit ses derniers temps de faveur. Nous retrouvons Nicolas Le Floch à la première des Paladins de Rameau à l’Opéra, à laquelle assiste Madame Adélaïde, une des filles de Louis XV. Durant la représentation, le comte et la comtesse de Ruissec, qui accompagnaient la princesse, sont informés du suicide de leur fils, et Nicolas suit son maître Sartine jusqu’à l’hôtel des malheureux parents, où il va faire de bien curieuses constatations. Nicolas découvre bientôt que ces meurtres paraissent liés à un complot jésuite. Mais ne s’agit-il pas là de fausses apparences, d’une manipulation compliquée des divers partis qui s’affrontent secrètement à la Cour ?
« Les aventures de ce nouveau limier se distinguent par leurs qualités littéraires et la singularité du personnage et de son siècle. »
Télé Journal
1 ... 57 58 59 60 61 62 63 64 65 ... 76
Перейти на страницу:

— Quelque difficulté que vous trouviez, je ne doute pas du succès. Vous mettez en usage l’esprit de suite dont vous avez déjà fait preuve dans d’autres circonstances et, ce faisant, vous contribuez pour beaucoup à ma tranquillité.

C’étaient là propos sans conséquence. Nicolas sortit de sa poche la bague de Madame Adélaïde et la tendit à la marquise. Elle la considéra sans la prendre.

— Bel objet.

Comme Nicolas ne disait rien, elle reprit d’un ton plus rapide.

— De quoi s’agit-il ? D’une offre d’achat ? Je ne porte pas de bague.

— Non, madame. Il s’agit d’une question.

Elle rabattit sa mousseline et fit quelques pas de côté, l’air excédé.

— Madame, j’insiste. Pardonnez mon audace. Avez-vous déjà vu cette bague ?

Elle paraissait réfléchir puis, insensiblement, se détendit et se mit à rire.

— Vous êtes un rude bretteur, monsieur Le Floch. Lorsqu’on vous jette sur une trace, on ne peut guère espérer qu’un détail vous échappe.

— À votre service, madame, et à celui de Sa Majesté.

— Eh bien, puisqu’il faut tout avouer, je puis bien vous dire que je connais ce bijou. Il sort de la cassette du roi. Il me l’avait montré, il y a quelques années, quand il en fit présent à sa fille aînée.

— C’est tout, madame ?

Elle écrasait le gravier avec un de ses pieds sous son falbala.

— Qu’y aurait-il de plus, monsieur ?

— Que sais-je, madame ? Auriez-vous revu ce bijou depuis que Sa Majesté vous l’a montré ?

Elle ne maîtrisa pas un geste d’impatience.

— Vous m’excédez, monsieur Le Floch. Vous souhaitez lire dans mes pensées ?

— Non, madame, je m’évertue pour éviter qu’un malhonnête homme ne vous compromette, comme il a d’ailleurs déjà commencé à le faire. Pour le moment, moi seul l’ai percé à jour et nul n’en sait rien.

— Me compromettre ? Moi ! Monsieur, vous vous oubliez. De qui voulez-vous parler ?

— D’un homme que j’ai croisé à l’entrée de votre château de Choisy. D’un homme qui, de toute apparence, a volé cette bague chez Madame Adélaïde. D’un homme qui paraît avoir partie liée avec des ennemis du roi et les vôtres, madame. D’un homme, enfin, qui pousse l’audace jusqu’à mettre en avant votre nom afin de se constituer un alibi dans une affaire criminelle ! Voilà, madame, ce qui m’autorise à ne rien oublier de vos bienfaits et à tout faire pour m’en rendre digne.

Il avait l’impression d’avoir peu à peu haussé le ton, mais dans le même élan, son propos s’était enveloppé d’une chaleur persuasive à laquelle elle ne pouvait rester insensible. En tout cas, après cette sortie, il n’y avait plus d’échappatoire possible. Elle fit aussitôt contre mauvaise fortune bon cœur ; elle eut un geste charmant et lui prit la main.

— Soit, vous avez raison. Faisons la paix, je n’ai que ce que je mérite. Cela m’apprendra à avoir recours à un limier de votre acabit. Vous ne pouviez d’évidence passer à côté de cela.

— Madame, ce que je fais, tout ce que je fais, répond à ce que vous m’avez demandé d’accomplir : tout savoir, pour vous mieux servir et protéger.

— Je le comprends. J’ai eu tort de ne pas tout vous confier. Voilà ce qu’il en est. Truche de La Chaux, qui s’était fait connaître de moi durant son service, m’a un jour proposé de lui acheter un bijou — cette bague que vous m’avez présentée. J’ai reconnu immédiatement celle de Madame Adélaïde et j’ai tout de suite songé à ce que je pouvais tirer de cette découverte. Je savais par ailleurs qu’il avait ses entrées chez Madame. C’est un protestant d’origine, converti depuis. La princesse, toujours si sottement accrochée à ses dévotions excessives, adore les néophytes. Je lui ai mis le marché en main : soit il me servait, soit c’en était fait de lui.

— J’ai le regret de vous apprendre, madame, qu’il y a de grandes présomptions qu’il en use de même avec vos ennemis. Pour les mêmes raisons que vous avez barre sur lui, le comte de Ruissec le tenait en sa main. Il avait découvert qu’il était l’auteur de larcins dans la cassette de Madame. Je suppose que, connaissant les entrées du garde du corps dans votre demeure, il en est venu à agir comme vous l’avez fait vous-même. Il l’utilisait pour des menées obscures et condamnables. Je suis prêt à affirmer que le libelle que vous m’avez confié a été déposé dans vos appartements à Choisy par Truche de La Chaux. En un mot comme en cent, pris à la gorge, et aussi sans doute pour des raisons mercenaires, il assure le rôle d’agent double sans qu’il soit possible de déterminer où penche sa fidélité, et même s’il en a une !

— Monsieur, vous avez droit derechef à ma reconnaissance. Je vais tirer mes conclusions de ce que vous m’apprenez.

— Si j’osais, madame…

— Osez, monsieur, osez ! Je me fie à votre bon sens.

— Continuez à feindre avec M. de La Chaux. Ne changez rien à votre attitude avec lui. Si vous disposez d’un serviteur zélé, qu’il le surveille étroitement lorsqu’il est dans vos maisons. Ne lui donnez pas l’éveil tant que notre affaire n’est pas résolue. Je ne le crois qu’un comparse dans tout cela. Un escroc, un voleur, sans doute, mais un comparse.

— Vous me rassurez, monsieur. Je suivrai votre conseil. À nous revoir.

Elle lui sourit, arrangea sa gaze, ramassa son amas de tissus et disparut par le chemin qu’il avait lui-même pris pour arriver. Nicolas, ne voulant pas donner l’impression qu’il la suivait, repartit dans le sens opposé. Il se perdit dans les allées, tourna plusieurs fois sur lui-même, puis finit par tomber sur une placette surmontée de la figure d’un grand singe en plomb. Il trouva enfin une sortie. Il songea que son parcours était comme le chemin symbolique de son enquête. Il se retrouva dans une grande allée bordée de charmilles, au bout duquel il reconnut le bassin de Bacchus. De là, il gagna la perspective centrale et remonta vers le château.

Il demeurait sous le coup de son entretien avec Mme de Pompadour. Leurs relations, si tant est qu’il puisse utiliser ce terme, n’auraient plus, il le pressentait, la même franchise. Il l’avait forcée dans ses retranchements, avait percé un de ses secrets et, de surcroît, l’avait quasiment contrainte à dévoiler ses propres menées dans la maison de la fille aînée du roi. Elle avait accepté, un bref instant, de dépouiller son attitude de toute autorité. Si tout cela venait à se savoir, la situation de la favorite serait bien délicate et bien affaiblie.

Outre cela, le jugement de Nicolas sur Truche de La Chaux était encore hésitant. C’était du menu fretin, mais agitant des choses graves et, d’évidence, insouciant et inconscient du danger de ses actes et du peu de discrétion de ses propos.

Comme il débouchait sur la partie centrale des jardins, le souvenir du petit sourd et muet lui revint. Il se dit qu’il ne trouverait pas de meilleur moment pour vérifier si l’enfant qu’il avait sauvé était bien le même que celui qui portait les messages de M. de Ruissec.

Le temps était beau et clair et une bonne marche dans le parc serait un plaisir. Au loin, les hauteurs du plateau de Satory, surmontées d’un halo bleuâtre, se teintaient d’or et de pourpre. Il gagna d’un bon pas la grille des Matelots, aux abords du Grand Canal. Là, il interrogea le garde, qui n’était pas le même que la fois précédente, mais qui sut lui indiquer le chemin pour atteindre le hangar du fontenier Le Peautre. Ce ne fut pas une mince affaire que de traverser futaies, halliers et friches. L’atelier se trouvait dans la partie du grand parc la plus proche encore de son état sauvage d’origine. Le cœur battit à Nicolas quand une laie suivie de ses marcassins déboula d’un taillis juste devant lui. Plus loin, il aperçut un grand dix-cors solitaire qui bramait, une colonne de vapeur s’élevant au-dessus de lui dans la lumière diffuse du sous-bois.

1 ... 57 58 59 60 61 62 63 64 65 ... 76
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)