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Le soleil des rebelles

Электронная книга - «Le soleil des rebelles». Краткое содержание книги:

Le nouveau Luca di Fulvio !
Le jeune prince Marcus est encore un enfant lorsqu'il assiste impuissant au massacre de toute sa famille.
Seul rescapé de cette boucherie ennemi héréditaire de la famille de Marcus qui va s'asseoir sur le trône, Marcus ne doit son salut qu'à la jeune Héloïse, fille d'Agnès, la lavandière du village qui l'accueillera sous son toit pour l'élever comme s'il était son fils.
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Ils furent rangés en une longue file devant l’écritoire. La peur se lisait sur leur visage, et tous courbaient le dos, même ceux qui avaient osé lever les yeux vers Ojsternig.

Mikael, Agnete et Eloisa étaient dans le milieu de la file.

Eloisa vit dans les yeux de Mikael un regard adulte qu’elle ne lui connaissait pas. Elle ressentit de l’admiration.

Ojsternig examina les paysans. « Aujourd’hui, je récupère les loyers en retard de mes champs, que vous vous êtes appropriés. Le comptable fera le calcul. Et s’il le faut, mes soldats iront chez vous les récupérer eux-mêmes. » Il désigna le premier de la file : « Avance ».

L’homme s’avança, et Harro grogna.

« Ton nom, fit Arialdo de Tarvis sans lever les yeux.

— Fabian Preschern », répondit l’homme d’une petite voix, faisant tourner dans ses mains son chapeau en queue d’écureuil.

Arialdo fit courir son doigt le long des pages. « Ah ! Te voilà ! s’exclama-t-il en tapant de l’ongle sur une ligne. Fabian Preschern. Une femme et deux enfants.

— Oui, messire…

— Donc… tu dois à Son Excellence… exactement… huit gros d’argent. »

Preschern écarta les bras. « Huit gros ? Où je vais les trouver, messire ?

— Je te conseille de les trouver, manant », dit Ojsternig d’une voix glaciale.

L’homme tendit un sac de toile au comptable. « C’est tout ce que j’ai… »

Arialdo l’ouvrit et le vida sur l’écritoire. Il compta les pièces, faisant des piles de la valeur d’un gros. « Quatre gros et trois sols, dit-il enfin.

— C’est tout ce que j’ai… », répéta Preschern.

Ojsternig se tourna vers Agomar. « Envoie tes hommes fouiller chez ce menteur. »

Agomar attrapa Preschern par la peau du cou et lui fit indiquer sa baraque. Les soldats fouillèrent partout, cassèrent et renversèrent ses pauvres affaires. Ils trouvèrent un sac de toile dans une niche et le montrèrent à Agomar, qui le remit au comptable.

Arialdo de Tarvis compta les pièces et dit à Ojsternig : « Il manque cinq sols, Votre Seigneurie. »

Ojsternig marcha sur Preschern. Il enfila un gant de maille de fer aux jointures renforcées et lui donna cinq claques, l’une après l’autre. « Comme ça tu n’oublieras pas ta dette envers moi. Et considère-toi comme chanceux », dit-il en fixant le visage griffé et sanglant de l’homme.

Preschern recula, tête basse.

Ojsternig promena son regard dur sur les paysans. Il rencontra les yeux de Mikael, comme toujours le seul à le fixer. Il eut une moue d’agacement. « La sage-femme, dit-il avec colère, vas à la fin de la file. J’ai un double compte à régler avec toi. »

Agnete prit Mikael et Eloisa par la main, et alla se mettre à la dernière place.

Ojsternig remonta la file. Harro, près de lui, grognait d’une façon menaçante. « Qu’est-ce que vous préférez ? Cesser de faire perdre du temps à mes hommes en allant chercher vous-mêmes l’argent que vous avez si bêtement caché ? Ou que je mette le feu à vos bicoques ? » Il fit une pause. « À vous de choisir. » Et il revint s’asseoir.

Les villageois, hésitants, ne bougeaient pas.

Agnete fut la première à quitter le groupe. Elle revint quelques instants après, avec un morceau de toile de jute nouée.

Alors, un à un, les autres partirent en courant chez eux et rapportèrent l’argent qu’ils avaient caché.

« Bien, dit Ojsternig quand tout l’argent eut été rassemblé. Voilà une bonne chose de faite. » Il tendit le doigt vers Agnete. « À toi, la sage-femme. Avance. »

Agnete s’approcha, suivie de Mikael et Eloisa.

Harro jappa doucement en voyant Mikael. Mais se tut aussitôt, de peur de prendre un coup.

« Tu n’as pas déclaré ce garçon, commença Ojsternig, qui s’était levé et désignait le grand registre. Tu voulais peut-être ne pas l’attacher, à ma terre, le rendre libre ?

— Non, Votre Seigneurie… je…

— Tais-toi ! » explosa Ojsternig, en fixant Mikael d’un regard empli d’une satisfaction méchante. Il pensait à ce moment depuis la veille. Il pointa le doigt sur elle et déclara d’une voix sourde : « Tu as trompé ton seigneur. Qu’on l’attache à cette clôture, et qu’on la fouette. »

Les paysans murmurèrent, effrayés.

« Votre Seigneurie, croyez-moi… », tenta de dire Agnete.

D’une gifle, Ojsternig la fit taire.

Agomar la saisit par le bras pour la traîner vers la barrière, derrière laquelle deux vaches squelettiques contemplaient la scène d’un œil stupide.

Eloisa et Mikael suivirent Agnete.

Avant qu’on ne l’attache, Agnete lança un regard dur à sa fille. « Pleure pas et te mêle pas de ça. C’est un ordre. » Puis elle lança à Mikael. « Ça vaut aussi pour toi. »

Agomar lia les poignets d’Agnete à la clôture. Il déchira ensuite sa robe et mit son dos à nu.

La foule, encore plus effrayée, murmura de nouveau.

Les yeux d’Eloisa se brouillaient. Elle se mordit les lèvres pour ne pas pleurer.

Mikael, instinctivement, mit sa main dans la sienne, mais elle se dégagea avec rudesse. Ce seul contact lui avait fait monter les larmes aux yeux.

Ojsternig fixait Mikael d’un regard satisfait. Mikael soutint son regard.

Les dents serrées, Ojsternig ordonna : « Vas-y ».

Agomar leva son fouet et l’abattit.

Agnete gémit quand le fouet lacéra sa peau.

Ojsternig continuait de fixer Mikael.

Et Mikael ne regardait que lui, comme s’ils étaient seuls à relever un défi auquel il ne pouvait se soustraire.

Les coups de fouet sifflaient dans l’air. Agnete gémissait chaque fois plus fort.

Les habitants du village se taisaient, horrifiés, pendant que le dos d’Agnete se couvrait de sang.

Agnete poussa un cri plus fort que les autres, et Mikael abandonna le défi et baissa les yeux, en signe d’humilité.

Ojsternig sourit mais ordonna : « Encore ».

Le fouet lacéra une nouvelle fois le dos d’Agnete. Alors Mikael s’agenouilla, tourné vers Ojsternig, la tête basse.

Ojsternig s’approcha de lui. « Baise mes bottes », lui dit-il.

Mikael baisa les bottes couvertes de boue.

« Assez ! », dit Ojsternig à Agomar. « J’ai trouvé ton point faible, murmura-t-il à l’oreille de Mikael. Cette femme t’a acheté au marché comme un chien, et pourtant elle t’importe. » Il sourit. « Te voilà dompté maintenant. » Il tournait en silence autour de lui.

Mikael ne bougea pas, ne leva pas les yeux, resta à genoux tête baissée.

« Détache-la », ordonna Ojsternig.

Mikael ne leva pas les yeux, même quand il entendit Agnete s’affaisser sur le sol et Eloisa, retenant un sanglot, l’aider à se relever.

Ojsternig eut un rire mauvais. « Maintenant tu es comme tous les autres. Tu es à moi, dit-il en posant sa main sur la tête de Mikael. Maintenant tu m’appartiens tout entier. »

Mikael resta immobile mais pensa une fois de plus, avec une froideur et une colère qui l’étonnèrent : “Je te tuerai”.

Ojsternig le poussa du pied et le fit tomber dans la boue. « Tu ne me sers plus à rien au palais, pour le moment, dit-il en le maintenant à terre, la botte sur sa poitrine. Tu aideras à déplacer les pierres. Mais tu ne les chargeras pas sur les charrettes. Tu les porteras l’une après l’autre, à pied. Tu feras ça du matin jusqu’au soir, sans aller aux champs. Et chaque fois que tu ne respecteras pas cet ordre, la sage-femme recevra dix coups de fouet. » Il se tourna vers Agomar. « Où est la mère du serf qui s’est pendu ? »

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