Basilica [The Memory of Earth - fr]
- Автор: Кард Орсон Скотт
- Серия: Terre des Origines #1
- Год: 1995
- Язык: французский
- Год: L'Atalante
- ISBN: 2-84172-002-0
- Переводчик: Arnaud Mousnier-Lompré
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Basilica [The Memory of Earth - fr]». Краткое содержание книги:
— Alors, peut-être cela se produira-t-il, dit-elle. Oui, c’est possible. Qui sait si Surâme n’aura pas encore assez d’influence sur Gaballufix pour… eh bien, pour le rendre temporairement stupide.
— Assez pour qu’il me donne l’Index ?
— Et pour l’empêcher de te retrouver et de t’abattre aussitôt après. »
Elemak sentait la main d’Eiadh dans la sienne, son corps pressé contre le sien. Je suis venu ici pour trouver un refuge, songea-t-il, et par désir de toi, Eiadh ; mais en vérité, c’est de Rasa que j’avais besoin. Quel désastre, si j’étais allé chez Gabya sans me douter de la véritable importance de cet Index ! Et à haute voix : « Dame Rasa, dit-il, je ne sais comment vous remercier de ce que vous avez fait pour moi.
— Et moi, je crains bien de t’avoir encouragé à risquer ta vie dans une entreprise impossible, répondit Rasa. La pensée que Gaballufix puisse te faire du mal me fait horreur, mais les enchères sont très élevées. Et l’enjeu, c’est l’avenir de Basilica ; pourtant j’ai bien peur que la réussite de notre mission ne nuise tellement à la cité que le jeu n’en vaille pas la chandelle.
— Quoi qu’il arrive, dit Elemak, soyez assurée que je reviendrai pour Eiadh, si je le peux et si elle veut bien de moi.
— Même si tu reviens en paria et en malfaiteur ? demanda Rasa. Crois-tu qu’elle te suivra malgré tout ?
— Je ne l’en suivrai que plus volontiers ! s’écria Eiadh. Ce n’est pas pour son argent ni pour sa position dans la cité que j’aime Elya, mais pour lui-même !
— Ma chérie, répondit Rasa, tu ne l’as jamais connu sans argent ni position. Comment sais-tu ce qu’il sera sans eux ? »
Elemak n’en croyait pas ses oreilles : c’était cruel de la part de Rasa ! Comment une telle pensée avait-elle pu lui venir à l’esprit, et surtout aux lèvres ? « Si Eiadh était femme à laisser son cœur s’abandonner à la cupidité, Dame Rasa, je ne pourrais pas lui donner mon amour, ni même me fier à elle. Mais je l’aime, et aucune femme n’est plus digne de ma confiance. »
Rasa lui sourit. « Ah, Eiadh, que ton prétendant nourrit une belle image de toi ! Je t’en prie, tâche de t’en montrer digne !
— Elemak, à la façon dont parle ma tante Rasa, on pourrait croire qu’elle cherche à te convaincre de ne plus m’aimer, dit Eiadh. Peut-être est-elle un peu jalouse de voir un si bel homme me faire la cour !
— Tu oublies, Eiadh, répondit Rasa, que j’ai déjà le père. Pourquoi voudrais-je le fils ? »
L’ambiance s’était tendue ; ce n’étaient pas là des paroles de bonne compagnie, sauf en manière de plaisanterie.
Enfin, Rasa éclata de rire. Enfin. Les jeunes gens s’empressèrent de se joindre à elle, soulagés.
« Que Surâme t’accompagne, dit Rasa.
— Reviens vite me chercher », ajouta Eiadh. Elle se pressa contre lui, si fort qu’il put sentir chaque courbe de son corps contre le sien, comme si elle s’imprimait sur sa chair, à moins qu’elle ne prît elle-même l’empreinte du corps d’Elemak. Il lui rendit son étreinte ; il ne fallait pas qu’elle doute de son désir ni de son amour.
En milieu d’après-midi, Elemak arriva devant le domicile de Gaballufix. Mû par l’habitude, il faillit se faufiler jusqu’à l’entrée dérobée, sur le côté. Mais il se rappela que ses relations avec Gaballufix avaient complètement changé ; si son demi-frère le considérait comme un traître, une arrivée en catimini donnerait à Gabya l’occasion rêvée de se débarrasser discrètement de lui. Par ailleurs, l’usage de la porte de service impliquait qu’Elemak était d’un rang inférieur à celui de Gaballufix, et il en avait assez. Il entrerait ouvertement, à la vue de tous, par la porte de devant comme un citoyen important, comme un hôte honoré, et surtout avec beaucoup de témoins.
À son grand plaisir, les domestiques de Gaballufix se montrèrent déférents : ils le firent pénétrer sans attendre, et Elemak n’eut pas longtemps à patienter avant d’être introduit dans la bibliothèque où il rencontrait toujours Gaballufix. Rien ne semblait avoir changé ; Gabya se leva de son fauteuil et serra Elemak dans ses bras, puis ils bavardèrent comme deux frères et échangèrent pendant quelques minutes des nouvelles de leurs connaissances communes. Il n’y eut qu’une légère tension quand Gabya parla du « départ hâtif et nocturne » d’Elemak.
« Ce n’est pas moi qui en ai eu l’idée, répondit Elemak. Je ne sais lequel de tes gens a parlé, mais Père s’est levé longtemps avant l’aube, et nous nous sommes retrouvés dans le désert bien avant l’heure de votre rendez-vous.
— Je n’aime pas qu’on me fasse faux bond, dit Gaballufix. Mais je sais bien qu’on ne peut pas tout maîtriser. » Allons, Gabya se montrait compréhensif ; une vague de soulagement envahit Elemak, qui s’enfonça confortablement dans son fauteuil. « Tu imagines mon souci ! Je pouvais difficilement m’éclipser pour te prévenir de ce qui se passait : Père ne me lâchait pas, sans parler de mes frères.
— Mebbekew ?
— J’ai fait ce que j’ai pu pour l’empêcher de relâcher ses sphincters sur-le-champ. Tu n’aurais jamais dû le mêler au plan.
— Tiens donc !
— Mais oui ! Comment savoir si ce n’est pas lui qui a prévenu Père ?
— Ça, je l’ignore, dit Gaballufix. Tout ce que je sais, c’est que mon cher cousin Wetchik s’est enfui, et mon frère Elemak avec lui.
— Eh bien, comme ça, au moins, il n’est plus dans la cité. Il ne te gênera plus.
— Vraiment ?
— Bien sûr ! Que peut-il faire, depuis une vallée perdue dans le désert ?
— Tout de même, il t’a bien fait revenir ici ! objecta Gaballufix.
— Oui, mais dans un but bien précis qui n’a rien à voir avec les chariots de guerre, Potokgavan et les Têtes Mouillées.
— Le débat va désormais bien au-delà de ces problèmes, de toute façon. Ou plutôt, il est beaucoup plus proche de nous que de ces problèmes. Alors, dis-moi : quel est donc “le but bien précis” de ton père, et comment puis-je le contrecarrer ? »
Elemak éclata de rire, en espérant que Gabya plaisantait. « La meilleure façon de le contrecarrer, à mon avis, c’est de lui donner ce qu’il veut ; c’est quelque chose de très simple, un petit rien, en fait. Ensuite nous nous en irons, et tout se passera entre Roptat et toi, comme tu le voulais.
— Je n’ai jamais voulu que ça se passe entre moi et quelqu’un d’autre, rétorqua Gaballufix. Je suis un pacifiste ; je ne cherche pas la bagarre. Je croyais avoir un plan pour éviter tout conflit, mais au dernier moment, les gens sur qui je comptais m’ont fait faux bond. »
Il souriait toujours, mais Elemak comprit que sous ce masque, Gaballufix n’était pas aussi détendu qu’il l’avait espéré.
« Maintenant, Elya, dis-moi quelle est cette petite chose que je devrais, d’après toi, donner à ton père, simplement parce qu’il le demande ?
— Il s’agit d’un Index, dit Elemak. Un vieux truc qui traîne dans la famille depuis des générations.
— Un Index ? Pourquoi aurais-je un des Index de la famille de Wetchik en ma possession ?
— Je n’en sais rien. Il l’a appelé “l’Index”, simplement ; je pensais que tu saurais duquel il parlait.
— Mais j’ai des dizaines d’Index. Des dizaines ! » Soudain, Gaballufix fronça les sourcils, comme s’il venait de se rappeler quelque chose. Mais Elemak l’avait déjà vu agir de la sorte, et il sut qu’on lui jouait la comédie. « À moins que tu ne parles de… mais non, c’est absurde, cet objet n’a jamais appartenu à la maison Wetchik. »
Elemak joua le jeu. « À quoi penses-tu ?
— À l’Index Palwashantu, naturellement ! C’est uniquement grâce à lui que le clan a pu s’établir comme tel, à l’aube des temps. C’est l’objet le plus précieux de tout Basilica. »