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Basilica [The Memory of Earth - fr]

Электронная книга - «Basilica [The Memory of Earth - fr]». Краткое содержание книги:

Basilica est une ville dirigée par les femmes, dans laquelle culture et tradition sont les maîtres mots. Les hommes ne peuvent y résider que sur l’invitation expresse de leurs compagnes. C’est pourtant l’un deux, volemak, qui reçoit de surâme, l’ordinateur-dieu veillant au bien-être du monde, une vision d’apocalypse : Basilica, et, au-delà toute la planète Harmonie, sont sur le point de disparaître dans un déluge de feu. Mais à cause de quoi ? Ou de qui ? Alors que les tensions politiques grandissent entre les différentes factions de Basilica, Nafai, le benjamin de Volemak, s’efforce d’aider son père dans la quête de la vérité. Mais il semblerait que Surâme ait d’autres ambitions pour l’adolescent…
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— Ah ! fit Mebbekew.

— Alors, dit Nafai, si Père nous donne accès à son argent, qu’est-ce qui va se passer ? Qu’est-ce qui te fait croire que Gaballufix nous vendra l’Index ?

— Réfléchis, Nafai ! Même un gamin de quatorze ans doit être capable de comprendre vaguement les affaires des grands ! Gaballufix a des centaines et des centaines de soldats à payer ; il est riche, mais pas assez pour continuer comme ça éternellement sans mettre la main sur le revenu des impôts de Basilica. L’argent de Père pourrait faire une énorme différence. Pour l’instant, Gaballufix a sans doute plus besoin d’argent que du prestige de l’Index, dont presque plus personne ne connaît l’existence. »

Passant sur le ton condescendant d’Elemak, Nafai reconnut que l’analyse de son frère était juste. « L’Index est donc bien à vendre.

— Il est peut-être à vendre, nuance ! corrigea Elemak. Alors, on va retrouver Père, on voit si l’Index vaut qu’on dépense son argent, et combien il est prêt à y mettre. Ensuite, il nous donne accès à ses finances, on retourne à Basilica et on discute…

— Parle pour toi ! Va voir Père si tu veux, moi, je tente ma chance en ville ! protesta Mebbekew.

— Et moi, je veux sortir de ce fauteuil ce soir même ! renchérit Issib.

— Quand on reviendra, dit Elemak, tu pourras entrer dans la cité.

— Comme cette fois-ci ? Tu vas encore nous faire poireauter, et pour finir, on n’entrera jamais !

— Ah, c’est comme ça ? fit Elemak. D’accord : je retourne seul voir Père et je lui dis que vous l’avez laissé tomber, lui et sa mission, simplement parce que vous vouliez aller à Basilica pour faire de la voltige dans les rues et prendre une cuite, c’est bien ça ?

— Je n’y vais pas pour prendre une cuite ! protesta Issib.

— Et moi, je n’y vais pas pour faire de la voltige dans les rues, ajouta Mebbekew avec un large sourire.

— Attendez un peu, intervint Nafai. Si on va voir Père et qu’il nous donne sa permission, qu’est-ce qu’on en tirera ? Ça va prendre presque une semaine. Qui sait comment les choses auront évolué à ce moment-là ? Il y aura peut-être déjà une guerre civile à Basilica, ou bien Gaballufix aura trouvé un autre moyen de financement, et notre argent n’aura plus aucun intérêt pour lui. S’il faut lui faire une offre, c’est maintenant ou jamais ! »

Elemak le regarda d’un air étonné. « Eh bien… c’est vrai, évidemment. Mais on n’a pas accès à l’argent de Père. »

Sans répondre, Nafai se tourna vers Issib.

Issib roula des yeux. « Mais j’ai promis à Père… gémit-il.

— Quoi ? Tu connais le mot de passe de Père ? C’est ça ? demanda Mebbekew.

— Oui. Il a dit qu’il fallait que quelqu’un d’autre le sache, en cas d’accident. Mais comment es-tu au courant, Nafai ?

— Voyons, Issib ! je ne suis pas idiot ; dans tes recherches, tu avais accès à des fichiers de la bibliothèque municipale dans lesquels un gamin comme toi ne serait jamais entré sans l’autorisation d’un adulte. Mais je ne savais pas que Père t’avait donné le mot de passe.

— En fait, reprit Issib, il ne m’a donné que le code d’entrée. Le reste, je l’ai trouvé tout seul. »

Mebbekew était livide. « Tout ce temps où j’ai vécu comme un mendiant, tu avais accès à la fortune tout entière de Père, toi ?

— Allons, réfléchis, Meb, dit Elemak. À qui d’autre Père pouvait-il confier son mot de passe ? Nafai est un gosse, toi, l’argent te brûle les doigts, et quant à moi, j’étais tout le temps en désaccord avec lui sur les investissements à choisir. Mais Issib ne risquait pas de faire quoi que ce soit avec cet argent.

— Alors, parce qu’il n’a pas besoin d’argent, il a tout ce qu’il veut ?

— Si jamais je m’étais servi de ce mot de passe, Père l’aurait modifié, de toute façon ; je ne m’en suis donc pas servi, dit Issib. Mais peut-être qu’il en existe un autre pour accéder à l’argent ; je n’ai jamais essayé. Et je n’ai pas l’intention d’essayer aujourd’hui, alors laissez tomber. Père ne nous a pas donné l’autorisation d’aller taper dans la fortune familiale.

— Mais il nous a dit que Surâme voulait qu’on rapporte l’Index, dit Nafai. Vous ne comprenez donc pas ? L’Index est si important que Père a dû nous envoyer affronter son adversaire, un homme qui avait l’intention de le tuer…

— Oh, arrête, Nyef ! C’est un rêve qu’il a fait ; ça n’a rien de réel ! s’écria Mebbekew. Gaballufix n’a jamais eu l’intention de tuer Père !

— Si, coupa Elemak. Il projetait de tuer Roptat et Père, rien que ça, et en plus de me faire porter le chapeau. »

Mebbekew ouvrit des yeux ébahis.

« Il se serait débrouillé pour qu’on trouve mon pulsant, continua Elemak – celui que je t’avais prêté, Mebbekew, celui-là même –, près du cadavre de Père. Pas très malin d’avoir perdu mon pulsant, Meb.

— Comment sais-tu tout ça ? demanda Issib.

— C’est Gaballufix lui-même qui me l’a raconté, pendant qu’il essayait de me convaincre qu’il me tenait à la gorge.

— Allons au conseil ! s’exclama Issib. Si Gaballufix a avoué…

— Il l’a avoué – ou plutôt, il s’en est vanté – devant moi seul, dans une pièce vide. C’est ma parole contre la sienne. Donc, inutile d’en parler ; ça ne servirait à rien.

— Si ! Il faut saisir l’occasion ! insista Nafai. Aujourd’hui, tout de suite ! On va à la maison, on entre dans les fichiers de Père par sa bibliothèque, et on convertit tous les fonds en liquide. Ensuite, on se rend au marché de l’Or, et on change tout en lingots, en titres négociables, en pierres précieuses, en ce que vous voulez, et puis on va chez Gaballufix et…

— Et il nous prend tout, il nous tue, il nous découpe en petits morceaux et nous jette aux chacals, dans un fossé en dehors de la cité, termina Elemak.

— Pas du tout, rétorqua Nafai : on prendra un témoin avec nous, quelqu’un qu’il n’osera pas toucher.

— Et qui donc ? demanda Issib.

— Rashgallivak, répondit Nafai. Ce n’est pas seulement l’intendant du domaine de Wetchik : il est Pahvashantu, et il jouit d’un grand prestige et de la confiance de tous. On l’emmène, il surveille tout, il est témoin de l’échange de la fortune de Père contre l’Index, et on ressort tous vivants. Peut-être que Gaballufix nous tuerait si on y allait seuls, mais il n’osera pas toucher à Rash.

— Tu veux dire que nous irions tous les quatre chez Gaballufix ? demanda Issib.

— Dans la cité ? renchérit Mebbekew.

— Ce n’est pas une mauvaise idée, dit Elemak. C’est risqué, mais tu as raison : c’est le moment d’agir.

— Alors, allons à la maison, reprit Nafai. On peut laisser les chameaux ici pour la nuit, non ? Issib et moi, nous nous occuperons du transfert des fonds à la bibliothèque, pendant que Meb et toi irez chercher Rash pour qu’on débarque tous ensemble chez Gaballufix.

— Est-ce que Rash marchera ? demanda Issib. Et si Gaballufix décidait de nous tuer quand même ?

— Rash marchera, répondit Elemak. Il est parfaitement loyal. Il ne faillira jamais à son devoir envers la maison de Wetchik. »

En une heure, tout fut réglé. L’après-midi tirait à sa fin quand ils entrèrent dans le marché de l’Or et entamèrent les dernières transactions. Tous les fonds qui n’étaient pas bloqués en immobilier se trouvaient sous forme accessible sur le fichier bancaire d’Issib, qui n’était en fait, comme ceux de ses frères, qu’un sous-fichier du compte général de Père. Si quelqu’un doutait qu’Issib eût le droit de dépenser une telle somme, Rashgallivak était là, témoin silencieux des opérations. Si Rash était présent, c’est que tout devait être légal.

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