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Basilica [The Memory of Earth - fr]

Электронная книга - «Basilica [The Memory of Earth - fr]». Краткое содержание книги:

Basilica est une ville dirigée par les femmes, dans laquelle culture et tradition sont les maîtres mots. Les hommes ne peuvent y résider que sur l’invitation expresse de leurs compagnes. C’est pourtant l’un deux, volemak, qui reçoit de surâme, l’ordinateur-dieu veillant au bien-être du monde, une vision d’apocalypse : Basilica, et, au-delà toute la planète Harmonie, sont sur le point de disparaître dans un déluge de feu. Mais à cause de quoi ? Ou de qui ? Alors que les tensions politiques grandissent entre les différentes factions de Basilica, Nafai, le benjamin de Volemak, s’efforce d’aider son père dans la quête de la vérité. Mais il semblerait que Surâme ait d’autres ambitions pour l’adolescent…
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— On ne s’en servait peut-être que pour les rôles muets ; ainsi, les mêmes acteurs pouvaient jouer des dizaines de personnages grâce à des changements instantanés de costume. »

Eiadh écarquilla les yeux. « J’ignorais que vous en saviez tant sur le théâtre !

— J’ai courtisé une comédienne, autrefois », répondit Elemak. Ce n’était pas une maladresse de sa part ; il savait combien les femmes détestent entendre parler d’anciennes amours. « À l’époque, continua-t-il, je la trouvais merveilleusement belle. Mais c’était avant de vous connaître : aujourd’hui, je me demande si ce n’était pas un hologramme. »

Elle l’embrassa pour le remercier de son joli compliment.

Puis la porte s’ouvrit et Rasa entra. Elle avait accordé aux jeunes gens le quart d’heure d’intimité socialement acceptable, peut-être même un peu plus. « C’est gentil à toi de venir nous voir, Elemak. Merci, Eiadh, d’avoir entretenu notre hôte en mon absence. » Délicate affectation de la cour, la coutume voulait qu’on agît comme si le prétendant était venu voir la dame de la maison, tandis que la jeune courtisée n’était censée se trouver là que pour aider à le recevoir.

« Pour toute votre hospitalité, je vous suis plus reconnaissant que je ne saurais l’exprimer, répondit Elemak. Vous avez secouru un voyageur fatigué, ma dame Rasa ; j’ignorais combien la mort était proche avant que votre bonté ne me rende à la vie. »

Rasa se tourna vers Eiadh. « Il est vraiment très doué, n’est-ce pas ? »

Eiadh eut un sourire émerveillé.

« Dame Rasa, reprit Elemak, je ne sais ce que l’avenir nous réserve. Je dois voir Gaballufix aujourd’hui, et j’ignore comment cela tournera.

— Dans ce cas, ne va pas le voir, répliqua Rasa en recouvrant une expression sérieuse. Je crois qu’il est devenu très dangereux. Roptat est convaincu qu’un complot visait à le tuer lors du rendez-vous à la serre froide, le jour où Wetchik est parti. Si Wetchik avait été présent, comme il était convenu, Roptat serait tombé dans un piège. Je le crois ; je crois que Gaballufix a le meurtre au fond du cœur. »

Elemak, lui, en était sûr ; mais il ignorait ce qui se passerait s’il confirmait les soupçons de Rasa. Son ancien professeur et Eiadh risquaient de s’étonner qu’il fût au courant du complot et qu’il n’en eût pas averti Roptat. Des femmes ne comprendraient pas qu’il est parfois plus miséricordieux et plus pacifique d’éviter les milliers de victimes d’une guerre sanglante au moyen d’une seule mort, arrivant au bon moment. Les naïfs confondent si facilement une bonne stratégie avec le crime !

« C’est possible, dit enfin Elemak. Mais peut-on vraiment connaître le cœur de quelqu’un ?

— J’en connais un, moi, intervint Eiadh. Et le mien ne garde aucun secret pour lui.

— Si ce n’est pas d’Elemak que tu parles, dit Rasa, ce pauvre Elya risque d’envisager de commettre lui-même quelque crime passionnel !

— Bien sûr que c’est d’Elya que je parle ! » s’écria Eiadh. Elle lui prit la main et la posa sur son cœur.

« Dame Rasa, dit Elemak, ce n’est pas sans raison que je vais chez Gaballufix. C’est Père qui m’y envoie. Il a besoin de quelque chose que seul Gaballufix peut lui donner.

— Nous avons tous besoin de quelque chose que seul Gaballufix peut nous donner, répliqua Rasa, et c’est la paix. Tu pourras peut-être glisser ça dans la conversation quand tu le verras.

— J’essayerai », dit Elemak. Mais tous deux savaient qu’il n’en ferait rien.

« Et que veut donc Wetchik ? T’a-t-il confié un message pour moi ?

— Il ne s’attendait pas que je vous voie, je pense. C’est à cause d’une vision de Surâme que je suis venu. À vrai dire, nous sommes venus tous les quatre…

— Même Issib ? Ici ? s’écria Rasa.

— Non. Je les ai laissés hors de la cité, en lieu sûr. À part vous deux, nul ne saura qu’ils sont là si je peux l’éviter. Avec un peu de chance, j’aurai récupéré l’Index et je serai sorti de la ville avant la nuit ; ensuite, impossible de savoir quand nous reviendrons.

— L’Index, murmura Rasa. Alors, il ne pourra jamais revenir. »

Ces paroles troublèrent Elemak. « Pourquoi ? Pourquoi donc ?

— Non, rien, dit-elle. Enfin, je ne sais pas. Seulement… Disons que si les Palwashantu se rendent compte de la disparition de l’Index…

— Pourquoi est-il si important ? Je n’en avais jamais entendu parler avant que Père ne nous envoie le chercher.

— C’est vrai, on en parle peu, répondit Rasa. C’est qu’on n’a pas dû en avoir souvent besoin, je suppose. À moins que Surâme n’ait pas voulu qu’on connaisse son existence.

— Mais pourquoi ? Il y a quantité d’Index ! Il y en a des dizaines dans chaque bibliothèque du monde, et des centaines rien qu’à Basilica. Qu’est-ce qui fait de celui-ci l’index avec un grand I ?

— Je ne sais pas exactement, dit Rasa. Vraiment, je ne sais pas. Tout ce que je peux te dire, c’est qu’il s’agit du seul objet du culte masculin qui soit aussi mentionné dans la tradition féminine.

— Un objet du culte ? Et à quoi sert-il ?

— Je l’ignore. À ma connaissance, on ne s’en est jamais servi. En tout cas, je ne l’ai jamais vu ; je ne sais même pas à quoi il ressemble.

— Ah, parfait ! s’exclama Elemak. Je croyais avoir affaire à un Index comme les autres, et voilà que vous me dites que Gaballufix pourrait me remettre n’importe quoi sans que je puisse savoir s’il s’agit ou non du fameux Index ! »

Rasa sourit. « Elya, comprends bien cela : à moins de vouloir perdre la direction du clan Palwashantu, il ne te remettra jamais l’Index ! Jamais ! »

Ces paroles n’inquiétèrent pas Elemak outre mesure. Rasa était manifestement persuadée de ce qu’elle disait, mais elle n’en avait pas raison pour autant. Gaballufix était imprévisible, et il négocierait n’importe quoi s’il pensait en tirer un quelconque avantage. Il vendrait jusqu’à sa mère, s’il estimait un jour que la vieille Hosni avait quelque valeur. Non, non, Elemak pouvait obtenir l’Index s’il y mettait le prix.

Et plus il prenait conscience de l’importance de ce mystérieux Index, plus il voulait s’en emparer, pas seulement pour faire plaisir à son père, pas seulement comme un pion du jeu auquel il jouait pour maîtriser l’avenir, mais pour la possession de l’Index lui-même. Si tant de pouvoir advenait à son détenteur, pourquoi ne lui appartiendrait-il pas, à lui ?

« Elemak, dit Rasa, si tu réussis, j’ignore comment, à mettre la main sur l’Index, dis-toi bien que Gaballufix ne te laissera pas le garder ; il fera tout pour le récupérer. Alors, un danger terrible te guettera. Suis mon conseil : si l’un de vous quatre doit se protéger de Gabya, qu’il ne se fie plus à aucun homme. Tu m’as bien comprise ? Qu’il ne se fie plus à aucun homme ! »

Elemak ne sut que répondre. Il était homme lui-même ; comment voulait-elle qu’il prenne un tel conseil ?

« Rares sont les femmes de notre cité, continua Rasa, qui ne se réjouiraient pas de voir Gabya privé de la plus grande part de son pouvoir et de son prestige. Elles aideraient avec joie celui qui s’emparerait de l’Index à échapper à Gaballufix, même si l’Index avait été obtenu par des moyens ordinairement considérés comme…

— Illégaux, termina Elemak.

— Oui ; cette idée me fait horreur, mais votre père a certainement raison : la disparition de l’Index serait un coup très dur porté à Gaballufix. »

Elemak la reprit :

« Ce n’est pas l’idée de Père, en réalité. Il dit qu’elle lui est venue dans un rêve envoyé par Surâme.

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