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Basilica [The Memory of Earth - fr]

Электронная книга - «Basilica [The Memory of Earth - fr]». Краткое содержание книги:

Basilica est une ville dirigée par les femmes, dans laquelle culture et tradition sont les maîtres mots. Les hommes ne peuvent y résider que sur l’invitation expresse de leurs compagnes. C’est pourtant l’un deux, volemak, qui reçoit de surâme, l’ordinateur-dieu veillant au bien-être du monde, une vision d’apocalypse : Basilica, et, au-delà toute la planète Harmonie, sont sur le point de disparaître dans un déluge de feu. Mais à cause de quoi ? Ou de qui ? Alors que les tensions politiques grandissent entre les différentes factions de Basilica, Nafai, le benjamin de Volemak, s’efforce d’aider son père dans la quête de la vérité. Mais il semblerait que Surâme ait d’autres ambitions pour l’adolescent…
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Gaballufix pencha la tête de côté.

Il va me le donner ! se dit Elemak, triomphant.

« Non, répondit finalement Gaballufix. Je voudrais bien te le remettre, mais je ne peux pas. L’Index envolé… ce serait difficile à expliquer au conseil clanique. Ça ne me rapporterait qu’un tas de problèmes, et pourquoi irais-je me fourrer dans les ennuis rien que pour me débarrasser de Wetchik ? J’en suis déjà débarrassé, après tout ! »

Enfin ! On en était arrivé à ce qu’attendait Elemak : au marchandage.

« Que te faudrait-il d’autre pour que ça en vaille la peine ? demanda-t-il.

— Fais-moi une offre. Une somme suffisante pour compenser les efforts que je devrai faire.

— Donne-moi l’Index, et Père débloquera des fonds pour toi. Tout ce que tu voudras.

— Ah, parce que je dois attendre l’argent ? Je dois attendre que Wetchik me paye à retardement pour un Index que je te donnerais maintenant ? Ah, je comprends ! Je vois la situation ! » Et Gaballufix éclata d’un rire moqueur. « Tu ne peux pas me donner d’argent maintenant parce que tu n’en as pas ! Il t’a envoyé en mission sans même te donner accès à sa fortune ! »

Elemak resta sans voix. Quelle humiliation ! Son père aurait dû savoir qu’en traitant avec Gaballufix, la question de l’argent finirait pas surgir ; il aurait dû lui confier le mot de passe qui donnait accès aux liquidités de la famille. Rashgallivak, l’intendant, avait plus de contrôle sur la fortune du Wetchik qu’Elemak lui-même ! La rage et la rancœur l’envahirent contre son père qui l’avait mis dans une telle position de faiblesse ; quel vieil imbécile myopard, qui se mélangeait toujours les pieds quand il s’agissait de commerce !

« Dis-moi, Elya, reprit Gaballufix en réprimant enfin son fou rire, si ton propre père ne te confie pas son argent, pourquoi te confierais-je l’Index ? »

Et là-dessus, Gaballufix passa la main sous la table ; il dut appuyer sur un interrupteur, car trois portes s’ouvrirent en même temps et des soldats, tous identiques, jaillirent dans la pièce. Ils s’emparèrent d’Elemak et le traînèrent sans ménagement jusqu’à la porte d’entrée.

Comme si cela ne suffisait pas, ils l’emmenèrent au pas de gymnastique jusqu’à la porte municipale la plus proche, la porte Arrière, à quelques pas de chez sa mère, et le jetèrent au sol devant les gardes.

« Ce rigolo quitte la cité ! cria un des soldats.

— Et sans espoir de retour ! » renchérit un autre.

Les gardes ne parurent pas impressionnés outre mesure.

« Vous êtes citoyen ? demanda l’un d’eux.

— Oui, répondit Elemak en s’époussetant.

— Votre pouce, s’il vous plaît. » Ils approchèrent l’écran et Elemak présenta son pouce au-dessus. « Citoyen Elemak, fils de Dame Rasa par le Wetchik. C’est un honneur de vous servir. » Et les sentinelles se mirent au garde-à-vous et le saluèrent.

Elemak fut abasourdi. Jamais, à aucun de ses passages aux portes de Basilica, jamais personne n’avait fait plus que lever les sourcils quand l’ordinateur municipal annonçait sa prestigieuse parenté. Et voilà qu’on le saluait officiellement !

À cet instant, les soldats de Gaballufix reprirent leurs railleries en se vantant de ce qu’ils lui feraient si jamais il remettait les pieds en ville. Elemak comprit alors que les gardes municipaux officiels proclamaient, à lui et à tous ceux qui passaient près de la porte, qu’ils ne faisaient en aucun cas partie de la petite armée de Gaballufix ; et dans le fils de Wetchik, c’est l’adversaire de Gaballufix qu’ils saluaient. Si seulement Elemak pouvait tourner cette situation à son avantage ! Et si je rentrais dans la cité en libérateur, à la tête de la garde et de la milice, que j’écrasais Gabya et son abominable armée de clones ? La cité m’offrirait alors, et avec joie, tout ce dont il tente de s’emparer par la ruse, l’intimidation et le meurtre. J’aurais tout le pouvoir dont Gaballufix a toujours rêvé, et l’amour de la cité par surcroît.

12. La fortune

Au désert, ce fut une rude journée ; pourtant, sauf pendant l’heure et demie où le soleil était à son zénith, la ravine baignait dans une ombre profonde et une brise régulière y circulait. On n’est vraiment à l’aise nulle part, songeait Nafai, quand on est là, à attendre qu’un autre fasse votre travail, votre travail à vous. Car il y avait pire que la chaleur, pire que la sueur qui lui coulait dans les yeux, pire que la poussière irritante qui s’était infiltrée sous ses vêtements et qui crissait sous ses dents ; c’était la peur atroce que Nafai ressentait quand il se disait que c’était Elemak – Elemak ! – sur qui reposait la mission de Surâme.

Il avait évidemment truqué le tirage au sort. Nafai n’était pas si naïf : son frère n’aurait jamais laissé pareille décision au hasard. Mais tout en admirant l’habileté d’Elemak, Nafai lui en voulait. Essayait-il de récupérer l’Index, seulement ? Ou bien mettait-il au point avec Gaballufix un nouveau plan pour trahir Père et la cité, c’est-à-dire Surâme, le gardien de l’humanité ?

Et reviendrait-il ?

Enfin, vers le milieu de l’après-midi, on entendit des pierres qui dégringolaient, et Elemak descendit bruyamment jusqu’à leur cachette. Il avait les mains vides, mais les yeux brillants. On a été trahis, se dit Nafai.

« Il a refusé, évidemment, annonça Elemak. Cet Index est plus important que ce que nous avait dit Père. Gaballufix ne veut pas s’en défaire, pas pour rien, en tout cas.

— Que veut-il en échange, alors ? demanda Issib.

— Il ne me l’a pas dit, mais il a un prix en tête. Il a clairement laissé entendre qu’il est prêt à discuter. Le problème… c’est qu’il faut que Père nous donne accès à son argent. »

Nafai se méfia aussitôt : comment savoir ce qu’Elemak et Gaballufix s’étaient promis ?

« Alors, il faudrait se retaper tout le chemin les mains vides ? dit Mebbekew. Écoute, Elya : toi, tu vas voir Père, et nous, on reste ici en attendant que tu reviennes avec le code d’accès.

— Oui, renchérit Issib. Je n’ai pas envie de passer la nuit dans le désert alors que j’ai l’occasion de me servir de mes flotteurs en ville.

— Mais bon sang, vous êtes idiots ou vous le faites exprès ? s’exclama Elemak. Vous ne voyez pas que tout a changé, maintenant ? Ce n’est plus possible d’aller se promener dans la cité incognito ! Les troupes de Gabya sont partout. Et Gaballufix n’est pas l’ami de Père, c’est le moins qu’on puisse dire. Donc, ce n’est pas non plus notre ami !

— Oui, mais c’est ton frère, fit remarquer Mebbekew.

— Ce n’est le frère de personne ! rétorqua Elemak. Il est insaisissable et complètement amoral ! Je le connais mieux qu’aucun de vous, et je peux vous jurer qu’il nous tuera dès qu’il nous verra ! »

Venant d’Elemak, ce langage stupéfia Nafai. « Mais je croyais que tu voulais qu’il dirige Basilica !

— Je considérais son plan comme le meilleur espoir pour Basilica dans les guerres à venir, précisa Elemak. Mais je n’ai jamais cru que Gaballufix cherchait autre chose que son propre profit. Ses soldats occupent toute la cité, et ils portent une espèce de costume holographique qui les couvre tout entiers et qui les rend absolument identiques.

— Des masques intégraux ! s’écria Mebbekew. C’est génial !

— Ça veut surtout dire, reprit Elemak, que même si quelqu’un voit un soldat de Gaballufix commettre un méfait – enlever ou tuer un fils en goguette du vieux Wetchik, par exemple – il ne pourra jamais en identifier l’auteur.

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