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READ-E-BOOK » Научная фантастика » Les enfants de l'esprit [Children of the Mind - fr]
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Les enfants de l'esprit [Children of the Mind - fr]

Электронная книга - «Les enfants de l'esprit [Children of the Mind - fr]». Краткое содержание книги:

Les paqueninos, la Reine et les humains de Lusitania sont menacés par l’arrivée de la Flotte Stellaire qui compte utiliser le « Petit Docteur », un désintégrateur moléculaire, pour préserver la race humaine du terrible virus de la descolada.
Seule Jane, l’intelligence artificielle alliée d’Ender, est capable de sauver Lusitania et les espèces qui y vivent. Mais son action est menacée par le Congrès Stellaire, qui s’efforce de déconnecter tous les réseaux informatiques qu’elle utilise.
Quant à Ender, il doit maintenir toute son attention, malgré ses forces déclinantes, pour que les enfants nés de son esprit — Peter et Val — puissent mener à bien leurs quêtes respectives : la recherche sur la planète Pacifica d’un puissant leader d’opinion susceptible d’influer sur la décision du Congrès et l’exploration de planètes colonisables pour préparer l’exode des habitants de Lusitania. Le compte à rebours va bientôt s’achever...
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— Tu le sais toi-même. Tu le savais en venant ici. Tu le savais lorsque Estevão a trouvé la mort dans l’étreinte mortelle d’un arbre-père isolé. Tes enfants menaient leurs propres vies désormais, tu ne pouvais plus les protéger et Ender non plus. Tu l’as quand même aimé, et lui aussi t’a aimée, mais la vie de famille avait disparu. Tu n’avais alors plus vraiment besoin de lui.

— Il n’a jamais eu besoin de moi.

— Il avait désespérément besoin de toi. Il avait tellement besoin de toi qu’il en a abandonné Jane.

— Non. Il avait besoin que j’aie besoin de lui. Il voulait avoir l’impression de s’occuper entièrement de moi, de me protéger.

— Mais tu n’as plus besoin qu’il s’occupe de toi, ni qu’il te protège. »

Novinha secoua la tête.

« Réveille-le, dit Valentine. Et laisse-le partir. »

Novinha se rappela toutes les fois où elle s’était retrouvée confrontée à la mort. Elle se rappela l’enterrement de ses parents, morts pour avoir voulu sauver Milagre de la descolada lors de la première épidémie. Elle se rappela Pipo, torturé à mort, écorché vif par les piggies qui pensaient ainsi faire pousser un arbre, mais n’engendrèrent que de la douleur, ainsi que de la souffrance dans le cœur de Novinha – c’était ce qu’elle avait découvert qui l’avait conduit chez les pequeninos cette nuit-là. Et puis il y avait eu Libo, torturé à mort comme son père, et une fois de plus à cause d’elle, mais cette fois parce qu’elle ne lui avait rien dit. Et ensuite Marcão, dont la vie n’avait été qu’une éternelle souffrance à cause d’elle avant qu’il ne meure enfin du mal qui le rongeait depuis son enfance. Et Estevão, qui avait laissé sa foi démesurée le conduire au martyre pour devenir un venerado et sans nul doute, plus tard, un saint comme ses parents.

« Je suis fatiguée de laisser les autres partir, dit Novinha avec amertume.

— Je ne vois pas comment tu pourrais l’être. Parmi tous ceux qui sont morts autour de toi, il n’y en a pas un seul dont tu puisses honnêtement dire que tu l’as « laissé partir ». Tu t’es accrochée à eux jusqu’au bout.

— Et alors ? Tous ceux que j’aime sont morts en me laissant seule !

— C’est une excuse pathétique. Tout le monde meurt. Tout le monde part. Ce qui compte, c’est ce que vous avez construit ensemble avant qu’ils partent. Ce qui compte, c’est la part d’eux-mêmes qui continue de vivre en toi. Tu as continué l’œuvre de tes parents, celle de Pipo, et celle de Libo – et tu as élevé ses enfants. Ils étaient aussi en quelque sorte les enfants de Marcão, non ? Une part de lui a continué de vivre avec eux, et non la pire. Quant à Estevão, sa mort a eu une conséquence heureuse, du moins je le pense, mais au lieu de le laisser partir, tu continues de lui en vouloir. Tu lui en veux d’avoir accompli quelque chose qu’il chérissait plus que sa propre vie. D’avoir aimé Dieu et les pequeninos plus que toi. Tu t’accroches toujours à eux. Tu ne laisses personne partir.

— Pourquoi me fais-tu un tel procès ? C’est peut-être vrai, mais ma vie n’a jamais consisté qu’à perdre, perdre, toujours perdre.

— Pourquoi n’essayerais-tu pas, pour une fois, de laisser l’oiseau s’envoler, au lieu de le garder dans sa cage jusqu’à ce qu’il meure ?

— Tu fais de moi un monstre ! se récria Novinha. Comment oses-tu me juger ?

— Si tu étais un monstre, Ender ne t’aurait jamais aimée, répondit Valentine, opposant la douceur à la colère. Tu as été une grande femme, Novinha, une femme au destin tragique, mais qui a accompli de grandes choses. Tu as beaucoup souffert, et je suis sûre que l’on fera une émouvante saga de ton histoire lorsque tu mourras. Mais au bout du compte, ne préférerais-tu pas tirer quelque expérience de tout cela au lieu de rejouer toujours la même tragédie ?

— Je ne veux pas qu’une autre personne que j’aime meure devant moi ! hurla Novinha.

— Qui a parlé de mort ? »

La porte de la chambre s’ouvrit avec fracas. Plikt se trouvait dans l’encadrement. « Je peux ? dit-elle. Que se passe-t-il ?

— Elle veut que je le réveille, dit Novinha. Pour lui dire qu’il peut mourir.

— Je peux regarder ? » demanda Plikt.

Novinha s’empara du verre posé à côté de son fauteuil, et lui lança l’eau qu’il contenait au visage. « Je ne veux plus te voir ! Il est à moi maintenant, pas à toi ! » hurla-t-elle.

Plikt, dégoulinant d’eau, était tellement abasourdie qu’elle en resta muette.

« Plikt ne va pas te l’enlever, dit posément Valentine.

— Elle est comme les autres, elle cherche à s’emparer d’une part de lui, à l’arracher morceau par morceau pour le dévorer. Ce sont tous des cannibales.

— Quoi ? dit Plikt, furieuse. Quoi ? Vous vouliez le garder pour vous ? C’était vouloir trop embrasser. Qu’y a-t-il de pire, des cannibales rongeant quelques morceaux par-ci, par-là, ou une cannibale qui veut se garder l’homme tout entier quand elle en a plus qu’elle n’en peut absorber ?

— C’est certainement la discussion la plus répugnante que j’ai jamais entendue, dit Valentine.

— Cela fait des mois qu’elle tourne autour de lui, comme un vautour, dit Novinha. Collée à lui, fouinant dans sa vie, sans jamais prononcer plus de six mots à la fois. Et maintenant qu’elle se décide à parler, entends-la cracher son venin.

— Je n’ai fait que vous renvoyer votre propre bile, dit Plikt. Vous n’êtes qu’une femme perfide et avide, vous l’avez utilisé, encore et encore, sans jamais rien lui donner. S’il est en train de mourir, c’est seulement pour être débarrassé de vous. »

Novinha ne répondit pas. Les mots ne venaient pas, parce que dans son cœur, elle venait de comprendre que Plikt disait vrai.

Valentine, en revanche, contourna le lit et se dirigea vers la porte pour gifler violemment Plikt. Celle-ci vacilla sous le choc et se retrouva plaquée contre l’encadrement avant de glisser jusqu’au sol, une main sur sa joue endolorie, les joues ruisselantes de larmes. Valentine se tenait au-dessus d’elle. « Ne raconte jamais sa mort, tu entends ? Une femme capable de dire un pareil mensonge dans la seule intention de nuire, de blesser quelqu’un parce qu’elle l’envie… tu n’es pas digne d’être une porte-parole des morts. J’ai honte de t’avoir confié l’éducation de mes enfants. Et si tes mensonges avaient déteint sur eux ? Tu me donnes envie de vomir !

— Non, dit Novinha. Ne sois pas furieuse après elle. Elle dit vrai, elle dit vrai.

— Cela te paraît vrai, dit Valentine, parce que tu es toujours prête à croire en ce qu’il y a de pire en toi. Mais ce n’est pas vrai. Ender t’a aimée librement, tu ne lui as rien volé, et la seule raison pour laquelle il est encore en vie sur ce lit, c’est qu’il t’aime. C’est la seule raison pour laquelle il ne peut pas abandonner cette vie – et parce qu’il veut aider Jane à trouver un endroit où elle puisse continuer à vivre.

— Non, Plikt a raison, je consume les gens que j’aime.

— Non ! cria Plikt en s’effondrant en larmes sur le sol. Je vous ai menti ! Je ne l’aime tant et ne suis si jalouse de vous que parce qu’il vous appartenait sans que vous le désiriez.

— Je n’ai jamais cessé de l’aimer, dit Novinha.

— Vous l’avez quitté. Vous êtes venue ici sans lui.

— Je suis partie parce que je ne pouvais pas… »

Valentine compléta la phrase qu’elle était devenue incapable de continuer. « Parce que tu ne pouvais pas te résoudre à le laisser te quitter. Tu l’avais senti, n’est-ce pas ? Tu avais déjà commencé à sentir qu’il s’éloignait de toi. Tu savais qu’il devait partir, qu’il devait mettre un terme à sa vie, et tu ne pouvais supporter qu’un autre homme te quitte, tu as donc décidé de le quitter la première.

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