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Dictionnaire amoureux de San-Antonio

Электронная книга - «Dictionnaire amoureux de San-Antonio». Краткое содержание книги:

Assimilée à une « littérature de gare », l'œuvre de Frédéric Dard, dit San-Antonio a tardé à être reconnue comme majeure. Mais l'engouement du public pour ces aventures était tel qu'elles suscitèrent bientôt la curiosité des critiques et des intellectuels, comprenant enfin que ces romans cachaient aussi une vision réjouissante et féroce de la société.
Ce dictionnaire tente d'éveiller la curiosité sur l'homme et les aspects riches de sa création littéraire unique. Comment évoquer avec amour le si prolifique Frédéric Dard ? Devant l'ampleur de la tâche, le plus simple était de faire comme l'auteur : tous les matins, afficher une page blanche, surmonter l'angoisse et laisser place à l'imagination désordonnée. Avec une idée forte que San-Antonio semblait me souffler à l'oreille : « Faut qu'on le capte bien, le grand, qu'on s'imprègne à fond de lui, qu'on pige son beau talent, […] et puis, tu comprends : qu'on ait envie de le choper par le cou pour l'accolade de la tendresse, histoire de bien se sentir un homme auprès de cet homme-là. »
Biographie de l'auteur
Médecin, publicitaire, muséographe, enseignant et écrivain depuis dix ans, Éric Bouhier a une véritable passion pour l'œuvre de San-Antonio. L'écriture de ce dictionnaire amoureux est l'aboutissement d'une lecture assidue depuis l'adolescence et d'un travail de recherche mené ces vingt dernières années avec des proches de Frédéric Dard et des membres d'une association dédiée à entretenir la mémoire de l'écrivain.
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Commençons par Bérurier au sérail et une première escale au Moyen-Orient. Au sultanat du Kelsaltan. À la suite de l’éclatement de l’Arabie Karbonate de Séoud, il fut fondé sous le règne de Godmishé-le-Frénétique. Il est aujourd’hui dirigé par l’Iman Komirespyr et subdivisé en petits émirats, eux-mêmes sous la férule de riches émirs (l’émir Onton, l’émir Hakulé, l’émir Ab El, l’émir Ifik, l’émir Liton, on ne peut pas tous les nommer). La capitale, on l’aurait subodoré, est Kelsalmeque, et les habitants les Kelsaltipes, fiers de leur mosquée de Kelbodar et de leur monnaie, le Klitoris. Notre tribu à nous, embarquée dans un Rivoire et Carret 1925 à hélice convexe et moteur Bozon-Verduraz, se pose d’abord dans l’émirat d’Aigou, gouverné par l’émir Obolan. Capitale Toutal-Aigou (une ville beaucoup moins grande que New York et beaucoup plus petite que Mantes-la-Jolie). Habitants : les Aigoutiers. Ils y délivrent l’agent secret Alcide Sulfuric, nom de code S O4 H2. Puis, passant par la palmeraie d’Uku, nos héros rejoignent à dos de chameau Béotie, un port de commerce important situé sur les contreforts des monts Zémerveils, à l’angle du golfe Persique et de l’avenue Raymond-Poincaré. Ils arrivent enfin à Kelsalmeque, et sont émerveillés, dans les jardins exotiques, par les pétassiés géants, les bitambars à feuillage caduc, les Six-troêns-déesses, les sthances assofis doubles, les toubihornotes toubis à floraison musculaire, les bèssetonfrok-kejelvoy, les vermos à calembours approximassifs, les nimportekoas, les grands konars palmés, les Bornibus-Amora en fleurs extra-fortes et (même !) des Parabellum rarissima. Honneur suprême, ils participent à la réunion du conseil des sages, aux côtés du grand Jmèmeti, de Pomppi le Doux, de Ben Jiskar, le secrétaire d’État à l’Indigence, de Pie-Z’Allhé, le ministre des Sables et Cactus, et de l’amiral Mar-El-Delplata, commandant en chef de la mer de sable. Enfin, le jour même de la commémoration du Grand Kalbar dans les jardins de l’Avhanbrâ, ils assistent à la fiesta du Falzar avec Ben Lissak, dompteur de serpents à lunettes et un ballet de filles nues arrivées du sultanat de Kelkroupkellha. Grâce à la curiosité de Béru, qui ne sort jamais sans sa bite ni son bitos (ni son Opinel), nous avons le plaisir d’être initié aux dictons locaux (Vingt-quatre femmes de perdues, c’est cinquante de retrouvées, selon le proverbe de Mory-Hak), et à la langue kelsaltipe, dont on peut parfois saisir la signification :

— Hé ! Houssékonsmé poûrsbékoté !

— Cisavapha fricsionla

— Fopapou cépapa danlézorti

* * *

Là, je marque une pause pour laisser passer une page de publicité :

Si vous trouvez la vie trop rose…

Lisez « Fleuve Noir »

* * *

Ce premier dépaysement vous ayant mis, nous l’espérons, en appétit, nous pouvons vous conseiller d’autres voyages du même intérêt culturel et ethnologique. Attention ! La Syldavie de Hergé et la Poldavie de Queneau vont vous paraître un peu pauvres après tout ça !

Ainsi, Appelez-moi chérie ! nous permet de découvrir la république africaine du Tathmaziz, capitale Kelbochibre, située près du grand port de pêche de Mékouyanbar, anciennement Fort-Dekaffé. Avec un niveau de pluie d’un millimètre tous les huit cent cinquante-trois ans, le pays est « kif-kif Sahara », nous prévient le ministre des Affaires étrangères, Césarin Tavékapalimé. Malgré tout, on découvre près du massif du Zobmastar la vaste zone marécageuse de Kelmerdouilh, et les deux îles d’Alig et d’Ator, où des bergers font l’élevage de crocodiles pour Hermès d’un côté, Uniprix de l’autre. On tremble à un moment pour Béru car le grand mage Polsis lui jette le sort du grand brakpaf : son sexe est censé rester inerte pendant trois générations ! Heureusement, Béru a absorbé des fruits aphrodisiaques de connassier, à l’effet inverse et permanent.

L’Archipel des Malotrus, 66e San-A., nous emmène dans le Pacifique, dans l’île de Merdabéru, capitale Obsénité-Atouva, habitants les Obso-Atouvabien ! On fait la connaissance de la reine Kelbobaba, de la dynastie des Gouniafiés, des dieux qu’elle invoque, Refémele, Cequélébate et Tanhalonkomsa), et de son Premier ministre Tabobo Hobibi. Et de fil en aiguille, comme dit son tailleur, on apprend qu’une île, celle de Tanfédonpa, située en bas à droite de l’archipel, à 45 degrés de l’Atoll à brûler et à deux jours de pirogue Eve and Rude de l’îlot Treize-Or, est convoitée par les Français et les Britanniques pour y effectuer des essais nucléaires. On se doute que « Sepafrancotousa », en langage malotrusien. Une langue dont nous étudions quelques rudiments, conséquence, comme toujours, de la conscience professionnelle de l’auteur. Exemple : Kékidi skonla envla humblabla ! signifie à peu près : « Le langage de cet homme est surprenant, où veut-il en venir ? » Le grand pouête malotrusien s’appelle Mâ-Lro, et la religion dominante est la religion pollueuse dont le guide est le devin Nikola. Un pur esprit en relation avec les dieux Atouberzingue, Kontpassurmoa, Taldargeopabo, Félakète et les déesses Mirosca, Dizenof et Oukonsemé, invoquant régulièrement les mânes d’O-Zié le grand sorcier, et n’hésitant jamais à consulter le recteur-sorcier de la faculté, Honorus Heskarpi (t’as le bonjour de Robert ! NDA).

Avec Béru-Béru, nous faisons escale au Kuwa, en Afrique noire, dans la région du Grosso-Modo, après le coup d’État du colonel Kelkonoyala qui a renversé le général-président Magloire Savakoussikoussa, fondateur du parti Podzob, et après avoir survolé en hélicoptère (modèle Howaryouverywellthankyou X14) les régions de Tadézidé, de Tétoudobé et son village de lépreux, ou encore le point d’eau de Tatitoubu, et atterri à la confluence des fleuves Grosso-Modo et Parsi-Parla, sur une piste de sable, riche en silisboutz de chpaf, rendu résistant après avoir été arrosé de sirop de défoutraillés géants. Nous visitons la capitale, Kikadissa, le village de Kolombé-les-Deux-Cases dans la forêt de Ham boû Yé, célèbre pour ses Koulomiers, une espèce de fromager de la région de Mô et de l’espèce Androuette. À la capitale, on s’émerveille des jardins du palais présidentiel, plantés de nazibules pétafinés, de clostrichpatzes bordurés, de carolus gaulmuches à pétales en croix de Lorraine, de desclitoritus tatillus et de chagates délicatium dans leur mousse. Le bas kuwien est une langue pauvre, faite d’exclamations comme « Padsali Zète », quant au kuwien haut, il ne se parle qu’au sommet des fromagers. Enfin, on ne quitte pas le pays sans faire la rencontre de sorcier-guérisseur Tabobo-Oradada. Il utilise une plante qui guérit tout, la pâ-nassé, sauf quand il y a un accident grave, du ressort de la case des urgences de l’Hôtel-Idole.

Si ces rendez-vous en terres, vraiment inconnues celles-là, ont éveillé votre curiosité, ruez-vous sur d’autres histoires de la série tout aussi dépaysantes. Le Cri du morpion vous emmènera en Indonésie, dans le sultanat du Kelbo Salo, rencontrer Bézaphon, le successeur du défunt sultan Tronch’ Delâr. Avec La Rate au court-bouillon, vous tremblerez sur Konkipok, une île des Galapagos (de riches), et vous rentrerez dans l’intimité de la famille Okapis, du prince Salim Tanksapeuh, du lord Loge-Parlente et de l’archiduc Kronenboug de Lux. Viens avec ton cierge sera votre seule occasion de connaître le San Bravo, son dictateur Tiego Chiraco, les provinces du Brazéro et du Tavumonku, la ville de Santanfer et le port de Ladanlbaba. Dans Ménage tes méninges, vous saurez tout sur le Cuho d’Infidel Castré, où vous croiserez les dangereuses Santa Nanatépénar et Conchita Danlavaz. Dans Fleur de nave vinaigrette, au Japon (à gauche de Madagascar, selon Béru), vous découvrirez de truculents personnages, le pilote d’avion Lahoyapadmoto, le capitaine Kishiduhoduma, le chambellan Vavidémonpô, le Thaï Tay-Donk-Pédhé, l’Américain le père Hiljohn et le général Di-Gol. Les Prédictions de Nostrabérus seront l’occasion de faire la connaissance de la sulfureuse Eggkarte Téquïst, d’Erika Taströf, de Katarina Dürkömzöb et de Sördmongardensi Nonchtembrök. Dans Vol au-dessus d’un lit de cocu, vous atterrirez sur l’île de Nfojurédriïen, dans la famille Kipeët Pluokksonku, puis vous dormirez à l’hôtel Kamë Opavoö, tenu par les Tanktuvoudra et leur ravissante fille Ianora. Et Ça ne s’invente pas, dans la province du Bandzob, au palais de Khunsanghimpur du maharajah Mâbitâhungoû, vous jettera dans l’intimité des délicieuses princesses Çavajéjoui et Vadérhétroçatanas. Quant à Poison d’avril, vous y frémirez à lire le destin amoureux de Li Pût, petite Chinoise fille de Dû Cû et de Tieng Bong, vivant à Leu Va Loi, dans la banlieue de Pékin, déflorée par Bi Tan Nôr et mise au tapin par le professeur Kû Ra Son.

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