Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Путеводители » Dictionnaire amoureux de San-Antonio
Dictionnaire amoureux de San-Antonio - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Dictionnaire amoureux de San-Antonio

Электронная книга - «Dictionnaire amoureux de San-Antonio». Краткое содержание книги:

Assimilée à une « littérature de gare », l'œuvre de Frédéric Dard, dit San-Antonio a tardé à être reconnue comme majeure. Mais l'engouement du public pour ces aventures était tel qu'elles suscitèrent bientôt la curiosité des critiques et des intellectuels, comprenant enfin que ces romans cachaient aussi une vision réjouissante et féroce de la société.
Ce dictionnaire tente d'éveiller la curiosité sur l'homme et les aspects riches de sa création littéraire unique. Comment évoquer avec amour le si prolifique Frédéric Dard ? Devant l'ampleur de la tâche, le plus simple était de faire comme l'auteur : tous les matins, afficher une page blanche, surmonter l'angoisse et laisser place à l'imagination désordonnée. Avec une idée forte que San-Antonio semblait me souffler à l'oreille : « Faut qu'on le capte bien, le grand, qu'on s'imprègne à fond de lui, qu'on pige son beau talent, […] et puis, tu comprends : qu'on ait envie de le choper par le cou pour l'accolade de la tendresse, histoire de bien se sentir un homme auprès de cet homme-là. »
Biographie de l'auteur
Médecin, publicitaire, muséographe, enseignant et écrivain depuis dix ans, Éric Bouhier a une véritable passion pour l'œuvre de San-Antonio. L'écriture de ce dictionnaire amoureux est l'aboutissement d'une lecture assidue depuis l'adolescence et d'un travail de recherche mené ces vingt dernières années avec des proches de Frédéric Dard et des membres d'une association dédiée à entretenir la mémoire de l'écrivain.
1 ... 47 48 49 50 51 52 53 54 55 ... 130
Перейти на страницу:

Je me souviens de son récit d’une descente en luge derrière la sœur de Pierre Grataloup. C’était à Saint-Chef, ils avaient tous les deux treize ans. Je posais ma tête dans son cou et je savais ce que liberté signifiait.

Je me souviens des noms de deux avocats dans Les cochons sont lâchés : Marco Bonnanta et Dominico Verluza. J’ai vérifié ; après l’enlèvement de Joséphine, la famille Dard a pris un avocat du nom de Marc Bonnant, le kidnappeur un avocat s’appelant Dominique Warluzel !

Je me souviens : les Dard avaient failli perdre leur fille Élisabeth, très malade, le médecin la pensant même mourante. Frédéric disait que cette nuit-là était vraiment née sa paternité. Un autre jour, il avait giflé son fils Patrice, au point de le faire saigner du nez. Des années plus tard, il disait qu’il avait encore son sang sur la main.

Je me souviens qu’il arrivait à sa fille Joséphine de parler argot à l’école et que, à huit ans, ma fille Valentine avait récité « Le corbeau et le renard » en argot, au grand dam de quelques parents d’élèves scandalisés que leur enfant ait entendu des horreurs pareilles !

Maître Corbac sur un feuillu planqué Se ripait par la gueule un coulant baraqué. Maître Goupil qui passait, Qu’avait qu’des clous pour bectance, […]

Et par-dessus tout je me souviens du jour où Béru a été obligé de bouffer ses deux chaussettes. Jeune agent de la circulation, il avait invité à dîner son supérieur de l’époque, le commissaire Favier, et sa bourgeoise. Berthe avait mitonné sa spécialité de tripes à la mode de Caen. Les chaussettes qui séchaient au-dessus du faitout étaient tombées dedans malencontreusement ! Par chance, Béru avait été le premier à s’en apercevoir, croyant croquer dans un beau morceau de gras-double. Sans sourciller, il avait bouffé l’article et s’était dépêché de trouver la seconde chaussette à laquelle il avait également fait honneur.

Il sut en tirer la leçon.

— C’est depuis cette aventure que je m’ai mis à porter des socquettes !

* * *

À l’intention de ceux qui trouveraient que je fais le con avec un chapitre trop long, je me souviens d’avoir vu dans le Vaucluse, à Vence, sur un bâtiment de la place du Peyra, un cadran solaire sur lequel est écrit en occitan : Lou couioun noun perde jamai soun tems, lou fa perdre a lis autrei, signé F. Dard (« Le con ne perd jamais son temps, il perd celui des autres »).

Jeux de mots

Y a tellement de rebondissements dans ce livre qu’on le dirait en caoutchouc.

San-Antonio.

L’homme qui connut les maux du « JE » ne pouvait être qu’un artiste du jeu de mots.

Voici une entrée où il est nécessaire de prendre son souffle, même si on ne veut s’offrir qu’un tout petit échantillon des jeux de/sur/avec les mots (est-ce la même chose ?) dont San-Antonio a truffé sa prose. Soyons franc, les truffes san-antoniennes — la comparaison est choisie à propos — font parfois place à quelques champignons plus communs, mais jamais aux espèces vénéneuses ! Cinquante ans de semences et de récoltes ont fait de San-A. le plus prolifique et avant-gardiste des argotiers, calembourdeurs, néologismates et jeux-de-motiers, toute littérature confondue[32]. À notre connaissance, il n’existe pas de dictionnaire sur le vocabulaire d’un auteur, à l’image de celui sur San-Antonio, comprenant plus de 15 000 entrées ! Même si un certain nombre de ces mots ou expressions correspondent à un argot déjà répertorié, les milliers d’autres font des 183 romans de la série une œuvre unique. Nous pourrions renvoyer le lecteur à ce dictionnaire, mais nous préférons alimenter celui-ci et donner quelques clefs pour comprendre un tel foisonnement. Les linguistes s’emparent depuis peu de ce tsunami littéraire, et de plus en plus de publications nous offrent un classement de ces divertissements langagiers, distinguant parmi les jeux sur les mots les calembours, les à-peu-près, les décalques, les contrepets, les pataquès, les déformations, les devinettes molles, les mots-valises, les hapax, les petits bonheurs, les contrepèteries, les bouturages de mots trafiqués, les tropes, les métaphores, les janotismes, les coq-à-l’âne, les langues étrangères appliquées et, bien sûr, les classiques néologismes ! Pertinent… mais très compliqué ! Une poule n’y retrouverait pas ses poussins, ni Frédéric son vermotisme, dont Cocteau disait qu’il était « une merveille de grâce ».

Que faire alors, ô lecteur attentif et impatient, pour te faire savourer cette invention permanente ? D’abord donner la parole au principal responsable qui n’a cessé de s’interroger sur cette étrange maladie dont il n’avait aucune envie de se débarrasser : C’est plus fort que moi : faut que je jeux-de-mote. J’ai consulté, notez bien. Les toubibs m’ont dit que j’avais une malformation du clapet supérieur gauche : paraît qu’avec une intervention consistant à pratiquer l’ablation du cervelet, ça s’arrange. J’hésite. Les blocs opératoires, on sait comme on y rentre, on ne sait pas comme on en sort ! Et puis, entre nous, j’adore calembourer. Ma matière grise me grise. Nous savons maintenant à quoi nous en tenir, et nous aurions tort de nous plaindre. Non, qu’est-ce que vous voulez, je suis doué, un point c’est tout ! semble clore la discussion. Au fil des San-Antonio, il nous livre quand même quelques compléments d’information : à l’occasion par exemple d’un jeu de mots un peu trop facile. Si, si, il y en a, mais leur justification vient à point : En être réduit à ça, c’est scandaleux. Mais j’suis forcé, c’est dans nos contrats avec le Fleuve. Je leur dois cent calembours classiques par ouvrage ! Ces à-peu-près sont destinés aux lecteurs de la catégorie « petit c. ». Car, comme disait Cinq-Mars, il faut de Thou pour fuir un monde. Je lui laisse volontiers son « petit c. », ne me sentant pas concerné, et il peut remballer son dernier jeu de mots pourri, m’ayant fait perdre du temps à découvrir qui sont Cinq-Mars et de Thou (deux gus exécutés en 1642 sur ordre de Richelieu !). Pour le reste, San-A. est fidèle à son souci d’enrichir notre belle langue, comme on le découvre à l’occasion de la naissance toujours émouvante d’un mot nouveau : confidentieller, par exemple. Un verbe du premier groupe à gauche en descendant le perron : Croyez-moi : la langue française manque de verbes. Alors, laissez-moi faire ! On doit verber à outrance !

On a compris : l’aurait-il voulu, San-Antonio était trop engagé sur la pente grisante de la création linguistique, syntaxique, sémantique, onomastique et toutes-ces-choses-en-tique, et de la fabrique de turlupinades, impropriétés et traficoteries pernicieuses pour ne pas aller jusqu’au bout de son délire. La preuve ? Son affirmation Moi, ce que je prédilectionne, c’est pas les cols Mao, c’est les cols buissonnières est assortie d’un : Je vous aurai rien épargné, hein ? Ou, encore pire, évoquant son vieux jardinier Dimitri : Si vous voulez mon avis : Dimitri date, il s’en excuse aussitôt : Faites pas attention, j’suis en crise aujourd’hui.

вернуться

32

L’avenir du langage, c’est moi, je suis le Jules Verne du vocabulaire. (San-A.)

1 ... 47 48 49 50 51 52 53 54 55 ... 130
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)