Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Космическая фантастика » Les martiens [The Martians - fr]
Les martiens [The Martians - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Les martiens [The Martians - fr]

Электронная книга - «Les martiens [The Martians - fr]». Краткое содержание книги:

D’une mission d’entraînement en Antarctique aux terrifiantes tempêtes de sable qui balaient les canyons désolés de la planète rouge, Les Martiens met en scène toute une galerie de personnages ayant joué un rôle dans cette histoire de la colonisation de la planète soeur magistralement décrite par Kim Stanley Robinson dans sa trilogie martienne, d’ores et déjà saluée comme l’un des grands classiques de la science-fiction.
Depuis l’épopée des Cent — les premiers explorateurs —, ce sont des générations d’hommes et de femmes qui ont transformé en colonie durable ce qui n’était au départ qu’un avant-poste à l’existence bien ténue. Les expéditions internationales qui se sont succédé ont débouché sur la création d’un monde. Celui-ci a connu une évolution inéluctable, avec son cortège de luttes politiques, de révolutions et de conflits armés.
A une époque où la longévité est de l’ordre d’un siècle et demi, Les Martiens raconte l’épopée de générations d’humains vivant aux limites de la frontière ultime, où les paysages façonnés par les hommes sont sans cesse en butte aux monstrueux caprices de la nature.
Les Martiens, c’est la chronique épique d’une planète qui représente l’un des recours les plus plausibles de l’humanité. A l’horizon 2050, autrement dit demain…
1 ... 43 44 45 46 47 48 49 50 51 ... 110
Перейти на страницу:

C’est la plus forte des dualités : quand il grimpe, face à la paroi, inspectant chacune de ses failles, de ses aspérités, son attention est fortement concentrée sur la roche, dans un rayon d’un mètre ou deux. Ce n’est pas une roche particulièrement favorable à l’escalade, mais le Goulet forme une pente de près de soixante-dix degrés à cet endroit, et la difficulté technique n’est pas si grande. Ce qui est important, c’est de s’imprégner de la logique de la roche afin de ne trouver que les bonnes prises et les bonnes failles, de reconnaître les prises suspectes et de les éviter. Ces cordes fixes devront supporter un poids considérable, et même s’il est possible que les pitons soient refixés, ils resteront probablement à l’endroit où il les a mis. Il faut voir la roche et le monde sous la roche.

Alors, ayant trouvé une saillie pour s’asseoir et se reposer, il se retourne et contemple l’immense étendue de la Bosse de Tharsis. Tharsis est une masse continentale de la surface martienne ; au centre, elle culmine à onze kilomètres au-dessus du niveau moyen des océans martiens. Les trois princes des volcans sont alignés, du nord-est au sud-est, sur le plus haut plateau de la bosse. Olympus Mons est à la limite nord-ouest, presque sur l’immense plaine d’Amazonis Planitia. De là, alors qu’il n’est même pas à la moitié de l’escarpement, Roger voit tout juste les trois princes des volcans qui pointent à l’horizon, au sud-est, parfaite démonstration de la taille de Mars elle-même. Son champ de vision englobe un huitième de la planète.

Au milieu de l’après-midi, Roger et Stephan ont épuisé leurs trois cents mètres de corde et ils rentrent au camp trois très contents d’eux. Le lendemain matin, ils repartent à la lueur des miroirs de l’aube, remontent à toute vitesse le long des cordes fixes et recommencent. Roger ouvre la voie pour la troisième fois lorsqu’il tombe sur le site idéal pour dresser le campement : une sorte de pilier qui monte à droite du Grand Goulet et se termine abruptement par un plat qui paraît très prometteur. Après avoir négocié une traversée brève mais difficile pour arriver au sommet du pilier, ils attendent le point radio de la mi-journée. Eileen leur confirme que le pilier est à peu près à la bonne distance du camp numéro trois, et tout d’un coup, ça y est : ils sont au camp numéro quatre.

— Vous n’êtes pas loin du haut du Goulet, de toute façon, reprend Eileen.

Roger et Stephan ont donc quartier libre jusqu’à la fin de la journée pour dresser une paroi de tente et explorer les environs. L’escalade se passe bien, se dit Roger, pas de difficultés techniques majeures, un groupe qui s’entend bien… Peut-être South Buttress ne sera-t-il pas si difficile, après tout.

Stephan sort un petit carnet de croquis. Roger jette un coup d’œil aux pages déjà pleines alors que Stephan le feuillette.

— Qu’est-ce que c’est ?

— Un pin asiatique à longues aiguilles. J’en ai vu qui poussaient dans la roche, au-dessus du camp numéro un. C’est fou la vie qui grouille sur cette paroi de falaise.

— Oui, dit Roger.

— Oh, je sais, je sais. Ça ne te plaît pas. Je ne vois vraiment pas pourquoi, je t’assure, dit-il en s’arrêtant sur une page blanche de son carnet de croquis. Regarde dans les failles, de l’autre côté du Goulet. Il y a beaucoup de glace, à cet endroit, et des plaques de mousse. Tu vois les fleurs lavande sur les coussins de mousse ? C’est de la silène acaule.

Il se met à crayonner, et Roger le regarde, fasciné.

— C’est merveilleux d’avoir le don du dessin comme ça.

— C’est une technique. Regarde, il y a des edelweiss et des asters qui poussent presque les uns sur les autres. (Il sursaute, porte son doigt à ses lèvres.) Des pikas, murmure-t-il.

Roger regarde les fractures de la roche dans le Goulet, en face d’eux. Il y a un mouvement et, soudain, il les voit : deux petites boules de fourrure grise avec de petits yeux noirs, brillants – non, trois, le dernier bondit sans crainte dans les roches. Ils ont fait leur nid dans un trou, au fond d’une anfractuosité de la paroi. Stephan esquisse rapidement, met les trois créatures en place, ajoute les détails. Des yeux martiens, brillants.

Jadis, dans l’automne septentrional de Burroughs, quand le sol disparaissait sous les feuilles qui crayonnaient l’air d’arabesques couleur de sable et de craie, beige antilope, vert pomme ou jaune beurre – il traversait le parc. Une petite bise âpre soufflait du grand entonnoir formé par le delta, au sud-ouest, chassant les nuages qui filaient au-dessus de leurs têtes, boules de coton blanc éparses à l’ouest, masses menaçantes, bleu ardoise, à l’est. Les conifères agitaient leurs branches de tous les tons de vert foncé, tandis que devant flamboyaient les feuilles rousses des arbres feuillus. Au-dessus, à l’est, une lumière d’orage embrasait les murs blancs d’une église avec ses tuiles rougeâtres, son clocher blanc, sous les nuages sombres. Des enfants jouaient à la balançoire, de l’autre côté du parc, des peupliers jaune orangé oscillaient dans le vent au-dessus du bâtiment de briques de la mairie, plus loin, au nord, et Roger sentait – en se promenant entre les arbres au tronc blanc qui levaient vers le ciel leurs branches fantomatiques –, il sentait – en voyant le vent emporter les feuilles mortes –, il sentait ce que tous les autres avaient dû sentir quand ils se promenaient là, que Mars était devenue un endroit d’une beauté exquise. Dans l’air ténu, il voyait tout avec une extrême acuité, les branches, les feuilles et les aiguilles dansant dans la marée du vent, les corbeaux qui rentraient au nid, les nuages bas, gonflés de blancheur, sous le dais plus sombre, et ça l’avait soudain frappé : Quel monde ! Quel monde, avec ses couleurs fraîches, sa lumière éclatante, son espace, sa vie dans le vent – quel monde !

Seulement, une fois arrivé à son bureau, il avait été incapable d’en parler. Ce n’était pas son genre.

En pensant à cela, en repensant à sa récente conversation avec Eileen, Roger se sent mal à l’aise. Son passé envahissait la promenade de ce jour-là, à travers le parc : quel genre de postulat était-ce là ?

Roger passe l’après-midi à grimper librement autour du camp numéro quatre, à regarder un peu autour de lui, content de pouvoir exercer ses dons de grimpeur. Ils reviennent enfin. Mais il n’y a presque plus de fissures dans la roche depuis qu’ils sont sortis du Goulet, et il décide que ce n’est pas une bonne idée de faire de la varappe. Et puis il remarque une chose étrange : à une cinquantaine de mètres au-dessus du camp quatre, le Grand Goulet central a disparu. Il se perd dans un empilement de surplombs qui évoque ce que l’on appelle en architecture les échines d’un toit. Ce n’est sûrement pas la bonne voie pour monter. Cela dit, à droite des surplombs, la paroi n’est pas vraiment meilleure. Elle commence par faire des bosses et des creux, mais elle est bientôt à peu près lisse. Les rares lézardes visibles sur cette masse ne seront pas faciles à escalader. En fait, Roger commence à se demander si ce sera possible, et si les premiers de cordée seront à la hauteur. Et puis il se dit que oui, bien sûr. Ils escaladeraient n’importe quoi. N’empêche que ça a l’air terrible. Hans leur a parlé de « la période difficile » du volcan, une époque où la lave qui se déversait de la caldeira était plus dense, plus consistante qu’au cours des premières années de son existence. Les nombreuses strates horizontales de l’escarpement, qui est une sorte de géant issu de l’histoire volcanique de la planète, reflètent naturellement les changements de consistance de la lave. Jusque-là, ils ont grimpé sur de la roche relativement tendre, mais ils viennent d’arriver à la limite inférieure d’une bande plus dure. En regagnant le camp quatre, Roger regarde la partie visible de la falaise, en haut, et se demande par où ils vont passer.

1 ... 43 44 45 46 47 48 49 50 51 ... 110
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)