Le lundi commence le samedi [Понедельник начинается в субботу - fr]
- Автор: Стругацкий Аркадий Натанович, Стругацкий Борис Натанович
- Год: 1974
- Язык: французский
- Год: Éditions Denoël
- Переводчик: Bernadette du Crest
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Le lundi commence le samedi [Понедельник начинается в субботу - fr]». Краткое содержание книги:
Mais soudain vous voici propulsé dans un institut de chercheurs passionnés pour qui le lundi commence le samedi et qui ont pour collaborateurs : des Pythies, Merlin l’Enchanteur … et un ex-Grand Inquisiteur !
Alors vous commencez à vous poser quelques questions pratiques sur le bon usage de la science et de la technique. Et les réponses que vous trouvez sont tout à fait fantastiques !
J’allai chez Roman, car j’avais très envie de lui raconter mes aventures. Roman, le menton dans la main, debout devant la table de laboratoire, regardait un petit perroquet vert. Le perroquet était mort, ses yeux étaient voilés d’une pellicule blanchâtre.
— Que lui est-il arrivé ? demandai-je.
— Je ne sais pas. Il est mort comme tu vois.
— Où l’as-tu trouvé ?
— Je suis étonné moi-même, dit Roman.
— Il est peut-être faux ? suggérai-je.
— Mais non, c’est bel et bien un perroquet.
— Vitia a dû s’asseoir une fois de plus sur l’oumklaïdet.
Nous nous penchâmes sur le perroquet pour l’examiner. Une de ses pattes était baguée.
— Photon, lut Roman. — Et des chiffres … Dix-neuf zéro cinq soixante-treize.
— Bien, fit une voix familière.
Nous nous retournâmes.
— Bonjour, dit U-Janus en s’approchant de la table. Il sortait de son laboratoire situé au fond de la pièce. L’expression de son visage était triste et fatiguée.
— Bonjour, Janus Polyeuctovitch, répondîmes-nous d’une seule voix avec toute la déférence possible.
Janus regarda le perroquet et dit : « Bien. » Il prit l’oiseau, très délicatement, très tendrement, caressa son aigrette rouge vif et murmura :
— Hé bien, que t’est-il arrivé, petit Photon ?
Il voulut ajouter quelque chose, mais il se tut après un bref regard dans notre direction. D’un pas lent de vieillard, il alla à un four électrique, ouvrit la porte et jeta le petit corps vert.
— Roman Pétrovitch. Ayez la bonté de l’allumer, s’il vous plaît.
Roman s’exécuta. Il avait l’air de quelqu’un qu’une idée insolite vient de frapper. U-Janus, la tête penchée, attendit quelques instants, puis il ramassa soigneusement la cendre chaude et, ouvrant la fenêtre, dispersa au vent les restes de l’oiseau. Avant de partir, il dit à Roman qu’il désirait le voir dans son bureau d’ici une demi-heure.
— C’est bizarre, murmura Roman en le suivant des yeux.
— Qu’est-ce qui est bizarre ?
— Tout est bizarre.
Moi aussi, je trouvais étrange la présence de ce perroquet vert que Janus Polyeuctovitch avait l’air de si bien connaître, cette crémation, ces cendres jetées au vent, mais je brûlais de l’envie de raconter mon voyage dans le futur décrit. Roman écoutait, distrait, le regard ailleurs, hochant la tête à contretemps. Soudain, il me dit : « Continue, continue, j’écoute … », se pencha pour prendre la corbeille à papier qui était sous la table et se mit à fouiller dans les paperasses et les morceaux de bande magnétique. Quand j’eus terminé mon récit, il me demanda :
— Ce Sedlovoï, il n’a pas essayé de voyager dans le présent décrit ? A mon avis, ce serait beaucoup plus amusant.
Pendant que je méditais cette suggestion et appréciais l’humour de Roman, celui-ci renversa le contenu de la corbeille par terre.
— Qu’y a-t-il ? Tu as perdu le brouillon de ta thèse ?
— Tu comprends, Sacha, dit-il en me regardant d’un air absent, c’est vraiment étonnant. Hier, j’ai nettoyé le four et j’y ai trouvé une plume verte à demi calcinée. Je l’ai jetée dans la corbeille et elle n’est plus là.
— Quelle plume ?
— Tu comprends, les oiseaux verts sont très rares sous nos latitudes. Le perroquet qu’on vient de brûler était vert.
— Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? La plume, tu l’as trouvée hier.
— C’est bien ça le hic, dit Roman en remettant les saletés dans la corbeille.
III
Les vers ne sont pas naturels, personne ne parle en vers … Ne vous abaissez jamais jusqu’à la poésie, mon garçon.