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Le lundi commence le samedi [Понедельник начинается в субботу - fr]

Электронная книга - «Le lundi commence le samedi [Понедельник начинается в субботу - fr]». Краткое содержание книги:

Vous êtes un programmeur scientifique et très réaliste.
Mais soudain vous voici propulsé dans un institut de chercheurs passionnés pour qui le lundi commence le samedi et qui ont pour collaborateurs : des Pythies, Merlin l’Enchanteur … et un ex-Grand Inquisiteur !
Alors vous commencez à vous poser quelques questions pratiques sur le bon usage de la science et de la technique. Et les réponses que vous trouvez sont tout à fait fantastiques !
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— Il faut commencer par rassembler des faits, dit Edik.

— Perroquets, perroquets, perroquets, continuait Vitia. Seraient-ce des doubles pourtant ?

— Non, dit Potchkine. J’ai fait mes calculs, ce n’est pas un double.

— Tous les soirs, à minuit, dit Roman, il entre dans son laboratoire et s’y enferme juste quelques minutes. Une fois, il était tellement pressé qu’il n’a pas eu le temps de fermer la porte …

— Et alors ? demanda Stella d’une voix mourante.

— Rien. Il est resté un instant dans son fauteuil, puis il est reparti. Et il m’a tout de suite demandé si nous avions eu une conversation importante.

— Je m’en vais, dit Kornéev en se levant.

— Moi aussi, dit Edik. J’ai un séminaire.

— Moi aussi, dit Volodia Potchkine.

— Non, décida Roman. Tape à la machine. Je te nomme directeur. Toi, Stella, prends Sacha et faites vos poèmes. Je m’en vais. Je repasserai ce soir, je veux que le journal soit prêt.

Ils s’en allèrent. Nous nous creusâmes la tête en vain pour trouver quelque chose ; de guerre lasse, nous composâmes une petite poésie sur la mort du perroquet.

Quand Roman revint, le journal était prêt. Drozd, couché sur la table, absorbait des sandwiches, Potchkine nous expliquait à Stella et à moi que l’histoire du perroquet était invraisemblable.

— Bravo ! s’exclama Roman. C’est parfait ! Et quel titre ! Quelle belle voûte étoilée ! Et comme il y a peu de fautes de frappe !.. Et où est le perroquet ?

Le perroquet était dans le plateau de la balance, à l’endroit même où nous l’avions vu, Roman et moi, la veille. J’en eus le souffle coupé.

— Qui l’a mis là ? demanda Roman.

— Moi, dit Drozd. Et alors ?

— Rien, rien, dit Roman. Laisse-le. C’est vrai, Sacha ?

Je fis oui de la tête.

— On verra ce qui se passera demain, ajouta Roman.

IV

Ce pauvre vieil oiseau innocent jure comme un charretier, mais il ne comprend pas ce qu’il dit.

R. Stevenson.

Le lendemain matin, je repris mes fonctions. Aldan, réparé, était à pied d’œuvre et quand j’arrivai dans la salle d’électronique, quelques doubles, tenant à la main des problèmes à résoudre, attendaient déjà leur tour. Je commençai par me venger en renvoyant le double de Cristobal Junta ( je notai sur sa feuille que je n’arrivais pas à déchiffrer l’énoncé. Cristobal Junta avait une écriture vraiment illisible, il écrivait le russe en lettres gothiques. ) Le double de Fédor Siméonovitch m’apporta un programme composé par le maître lui-même. C’était la première fois que celui-ci en faisait un sans mon aide. Je l’examinai en détail et constatai avec plaisir qu’il était bien fait, économe et assez spirituel. Je corrigeai quelques erreurs insignifiantes et confiai le programme aux filles du service. Puis j’aperçus, dans la file d’attente, le comptable de la conserverie de poisson, pâle, effrayé. Je le reçus tout de suite, tant il avait l’air malheureux.

— C’est gênant, murmura-t-il avec des regards apeurés du côté des doubles. Les camarades attendent, ils étaient là avant moi …

— Ça ne fait rien, le rassurai-je, ce ne sont pas des camarades.

— Ben, les citoyens …

— Non plus.

Le comptable devint blanc comme un linge et se penchant vers moi, balbutia d’une voix entrecoupée :

— Aussi je me disais … ils ont le regard fixe … Celui-là, là-bas, en bleu, je crois bien qu’il ne respire pas …

J’en avais terminé avec la moitié des visiteurs lorsque Roman téléphona.

— Sacha ?

— Oui.

— Le perroquet, il n’est pas là.

— Comment ça ?

— Comme ça.

— La femme de ménage ne l’aurait pas jeté ?

— Je lui ai demandé. Elle ne l’a pas jeté, elle ne l’a même pas vu.

— C’est peut-être un coup des domovoï ?

— Dans le laboratoire du directeur ? J’en doute.

— Ouais …. Janus lui-même ?

— Il n’est pas encore arrivé. D’ailleurs je crois qu’il est à Moscou.

— Que faut-il penser alors ?

— Je ne sais pas. On verra.

Nous restâmes muets.

— Tu me téléphones ? demandai-je. S’il se passe quelque chose d’intéressant …

— Bien sûr. Sans faute. Salut, mon vieux.

Je décidai de ne plus penser à ce perroquet. Je reçus tous les doubles, je vérifiai les programmes et m’attelai à un abominable problème que j’avais depuis longtemps en train. Ce problème m’avait été soumis par les absolutistes. Je leur avais d’abord dit qu’il n’avait ni signification ni solution comme la plupart de leurs problèmes, mais j’allai tout de même consulter Junta qui était très fort dans ce domaine et qui me donna de précieuses indications. Je m’étais souvent cassé la tête sur ce problème, mais cette fois-ci je réussis. Ma solution était vraiment élégante. Alors que, jubilant, renversé sur le dossier de ma chaise, je contemplais mes résultats, Junta, pâle de rage entra dans la pièce. Sans me regarder, il me demanda d’une voix sèche et désagréable, depuis quand j’avais cessé de comprendre son écriture et ajouta que cela ressemblait fort à du sabotage.

— Cristobal Josevitch, dis-je avec attendrissement, j’ai fini par le résoudre. Vous aviez absolument raison. On peut effectivement réduire l’espace incantatoire.

Il leva enfin les yeux et me regarda. Je devais avoir l’air très heureux car il se radoucit et marmonna :

— Laissez-moi voir ça …

Je lui tendis mes papiers ; il s’assit à mes côtés, nous examinâmes ma solution et savourâmes avec délices deux transformations d’une élégance suprême ; il m’avait suggéré l’une d’elles, j’avais trouvé l’autre moi-même.

— Alejandro, dit Junta, nous avons la tête bien faite, vous et moi. C’est du travail d’artiste. Qu’en dites-vous ?

— A mon avis, nous sommes très forts. J’étais sincère.

— Je pense comme vous. Nous publierons ces résultats. Personne ne pourrait en avoir honte. Ce ne sont pas des galoches-autostoppantes ou des pantalons magiques.

D’excellente humeur, nous nous attaquâmes au nouveau problème de Junta. Et très vite, il me dit qu’il lui arrivait de se trouver pobrecito, mais qu’il s’était persuadé de mon ignorance mathématique dès notre première rencontre. Je tombai d’accord et lui suggérai en réponse de prendre sa retraite. « Quant à moi, dis-je, je devrais être chassé de l’institut et employé à un travail de bûcheron, car je ne suis bon à rien d’autre. » A cela il objecta que lui, il était tout juste bon à faire de l’engrais et que moi, on ne devrait pas me laisser approcher d’une exploitation forestière, où un certain niveau intellectuel est tout de même indispensable, mais me placer comme apprenti chez un égoutier. Alors que, la tête dans les mains, nous nous livrions à la délectation morose, Fédor Siméonovitch ouvrit la porte. Il brûlait de savoir ce que je pensais de son programme.

— Un programme ! dit Junta avec un sourire fielleux. Je n’ai pas vu ton programme, Teodor, mais je suis sûr qu’il est génial en comparaison de ce … D’un geste dégoûté, il tendit du bout des doigts à Fédor Siméonovitch, l’énoncé du problème.

— Admire ce modèle d’indigence et de nullité.

— M-mes b-bons amis, dit Fédor Siméonovitch d’un air perplexe, mais c’est le p-problème de Ben Bethsalel. Cagliostro a démontré qu’il n’avait pas de solution.

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