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Le lundi commence le samedi [Понедельник начинается в субботу - fr]

Электронная книга - «Le lundi commence le samedi [Понедельник начинается в субботу - fr]». Краткое содержание книги:

Vous êtes un programmeur scientifique et très réaliste.
Mais soudain vous voici propulsé dans un institut de chercheurs passionnés pour qui le lundi commence le samedi et qui ont pour collaborateurs : des Pythies, Merlin l’Enchanteur … et un ex-Grand Inquisiteur !
Alors vous commencez à vous poser quelques questions pratiques sur le bon usage de la science et de la technique. Et les réponses que vous trouvez sont tout à fait fantastiques !
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— Il avait bu trop de bière, il a forcé une porte, les genoux sens devant derrière, dit Stella.

— Magnifique ! Note. C’est vrai qu’il a forcé une porte ?

— Oui, oui !

— Parfait, encore une strophe.

De nouveau ce fut le silence, nous nous regardions bêtement en remuant les lèvres. Drozd nettoyait son pinceau. Nous entendîmes un léger bruit. La porte du laboratoire de Janus Polyeuctovitch s’ouvrit lentement.

— Regarde ! s’exclama Drozd.

Un petit perroquet vert à l’aigrette rouge vif se faufila dans l’ouverture.

— Un perroquet ! s’écria Drozd. Un perroquet ! Petit-petit-petit !

Il fit le geste d’émietter du pain par terre. L’oiseau nous regardait d’un œil rond. Puis il ouvrit son bec noir, crochu comme le nez de Roman et glapit d’une voix enrouée :

— R-réacteur ! R-réacteur ! Il faut tenir-r !

— Qu’il est mignon ! s’attendrit Stella. Attrape-le Alexandre !

Drozd s’avança puis s’arrêta.

— J’ai peur qu’il me pince le doigt. Regarde le bec qu’il a !

Le perroquet ouvrit ses ailes et voleta gauchement dans la pièce. Je l’observais, étonné. Il ressemblait comme un frère jumeau à celui d’hier. C’est plein de perroquets ici, pensai-je.

Drozd brandissait son pinceau :

— C’est qu’il pourrait me sauter dessus.

Le perroquet se percha sur le fléau d’une balance, et dit d’une voix très nette :

— Pr-roxima Centaur-ra ! R-rubidium, r-rubidium !

Ses plumes se hérissèrent, il rentra le cou et rabattit les paupières. Il tremblait. Stella fabriqua très vite une tartine de pain à la confiture, enleva la croûte et la lui mit sous le bec. L’oiseau ne réagit pas. Il devait avoir la fièvre, les plateaux de la balance tintaient.

— Je crois qu’il est malade, dit Drozd. Il prit distraitement des mains de Stella la tartine et la mangea.

— Mes enfants, demandai-je, quelqu’un a-t-il déjà vu des perroquets à l’institut ?

Stella secoua la tête. Drozd haussa les épaules.

— Je trouve qu’il y a un peu trop de perroquets depuis quelque temps. Et hier aussi …

— Janus doit faire des expériences avec des perroquets, suggéra Stella. Antigravitation ou quelque chose dans ce genre.

La porte du couloir s’ouvrit, livrant passage à Roman, Vitia, Edik et Volodia. Ils faisaient beaucoup de bruit. Kornéev, très en forme, se mit à lire les articles à haute voix et à se moquer du style. Volodia Potchkine, qui, en qualité de rédacteur-adjoint, exerçait des fonctions policières, attrapa Drozd par son gros cou et lui mit le nez dans les papiers en disant : « Où est le titre ? Où est le titre, Drozd ? » Roman nous réclama les légendes. Edik, étranger au journal, alla ranger des appareils dans un placard. « Over-rsan ! Over-rsan ! » lança soudain le perroquet.

Roman regardait l’oiseau. Il avait la même expression que la veille, comme si une idée insolite venait de le visiter. Volodia lâcha Drozd et dit : « Ça alors ! un perroquet ! ». Le brutal Kornéev étendit immédiatement le bras pour attraper l’oiseau mais ne saisit que le bout de la queue.

— Laisse-le ! cria Stella, indignée. Qu’est-ce que c’est que ces façons de faire du mal aux animaux !

Le perroquet poussait des cris discordants. Nous l’entourâmes. Kornéev le tenait comme un pigeon, Stella lui caressait la tête, Drozd lissait délicatement les plumes de sa queue. Roman me regarda :

— C’est curieux, dit-il. N’est-ce pas ?

— D’où vient-il ? demanda poliment Edik.

Je fis un signe de tête dans la direction du laboratoire de Janus.

— Pourquoi Janus a-t-il besoin d’un perroquet ? interrogea Edik.

— C’est à moi que tu le demandes ? dis-je.

— Non, c’est une question de pure forme, répondit sérieusement Edik.

— Pourquoi Janus a-t-il besoin de deux perroquets ? dis-je.

— Ou trois, ajouta Roman à voix basse.

Kornéev se tourna vers nous.

— Il y en a d’autres ? dit-il en regardant autour de lui.

Le perroquet s’agita et essaya de lui pincer le doigt.

— Laisse-le, dis-je, tu vois bien qu’il est malade.

Vitia poussa Drozd et remit le perroquet sur la balance. Le perroquet ébouriffa ses plumes et écarta les ailes.

— Tant pis, déclara Roman. On verra après. Où sont vos œuvres poétiques ?

Stella lui débita d’un trait tout ce que nous avions composé. Roman se gratta le menton, Volodia Potchkine partit d’un gros rire forcé, Kornéev ordonna :

— Qu’on les exécute ! A la mitrailleuse ! Quand apprendrez-vous à écrire des vers ?

— Fais-les toi même, rétorquai-je vexé.

— Je ne peux pas faire de vers, dit Kornéev. De tempérament, je ne suis pas un Pouchkine. J’ai le tempérament d’un Biélinski.[18]

— Tu as le tempérament d’un troup, dit Stella.

— Je veux qu’il y ait une rubrique de critique littéraire dans ce journal, exigea Kornéev. Je vous éreinterai tous ! Je n’ai pas oublié votre chef-d’œuvre sur les datchas !

— Et alors, dis-je. Chez Pouchkine aussi on trouve des choses ratées. Dans les chrestomathies scolaires on ne les publie pas.

— Moi, je les connais, dit Drozd.

Roman se tourna vers lui.

— Aurons-nous un titre, oui ou non ?

— Oui, j’ai déjà fait la lettre C.

— Quel C ? Pourquoi ?

— Il n’en faut pas ?

— Il me fera mourir ! s’indigna Roman. Le journal s’intitule : « Pour une magie d’avant-garde ». Montre-moi au moins un C !

Drozd, les yeux fixés sur le mur, remuait les lèvres.

— Mais comment … dit-il enfin. Mais où ai-je trouvé ce C ? Il y en avait un pourtant !

Roman, furieux, ordonna à Volodia de nous prendre en main. Stella et moi fûmes placés sous les ordres de Kornéev. Drozd décida de faire de son C un P stylisé. Edik Ampérian essaya de prendre le large, mais il fut rattrapé et contraint de réparer le pulvérisateur, indispensable à la réalisation d’un ciel étoilé. Puis vint le tour de Potchkine lui-même. Roman lui ordonna de retaper à la machine les articles en corrigeant le style et l’orthographe. Quant au grand chef il faisait les cent pas en regardant par-dessus nos épaules.

Le travail battit son plein pendant quelque temps. Nous composâmes plusieurs variantes sur le thème des douches. « Dans nos douches, pour l’éternité, coulera de l’eau glacée », « Qui a soif de propreté, ne souffre pas l’eau glacée », etc. Kornéev fulminait comme un véritable critique littéraire. « Prenez des leçons chez Pouchkine, nous disait-il, ou alors chez Potchkine. Vous avez un génie à côté de vous, et vous n’êtes même pas capables de l’imiter … » Une ZIL roule à vive allure ; elle va m’écraser cette voiture … « Que de force physique dans ces lignes ! Quelle clarté de sentiments ! » Nous lui renvoyions la balle de notre mieux. Drozd parvint jusqu’à la lettre I du mot « magie ». Edik répara le pulvérisateur et l’essaya sur les comptes rendus de Roman. Potchkine maudissait la machine à écrire et cherchait la lettre « ù ». Tout à coup Roman me dit :

— Sacha, regarde par ici.

Je regardai. Le perroquet, les pattes repliées, gisait sous la balance. Ses yeux étaient recouverts d’une pellicule blanchâtre.

— Il est mort, constata Drozd d’un ton désolé.

Nous fîmes cercle autour de l’oiseau. Sans penser à rien de particulier, je pris le perroquet et examinai ses pattes. Roman me demanda :

— Elle y est ?

— Oui.

Une bague métallique enserrait la patte. Le mot « Photon » y était gravé, ainsi que les chiffres : « 120573 ». Je regardai Roman. Nous devions avoir un drôle d’air, parce que Vitia nous dit :

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Célèbre critique littéraire

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