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Le lundi commence le samedi [Понедельник начинается в субботу - fr]

Электронная книга - «Le lundi commence le samedi [Понедельник начинается в субботу - fr]». Краткое содержание книги:

Vous êtes un programmeur scientifique et très réaliste.
Mais soudain vous voici propulsé dans un institut de chercheurs passionnés pour qui le lundi commence le samedi et qui ont pour collaborateurs : des Pythies, Merlin l’Enchanteur … et un ex-Grand Inquisiteur !
Alors vous commencez à vous poser quelques questions pratiques sur le bon usage de la science et de la technique. Et les réponses que vous trouvez sont tout à fait fantastiques !
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— Allez, racontez-nous ce que vous savez.

— On leur raconte ? demanda Roman.

— C’est une histoire à dormir debout, dis-je. Il y a certainement un truc. Il doit s’agir de doubles.

Roman examina attentivement le petit corps.

— Mais non, fit-il. C’est bien ça qui est mystérieux. Ce n’est pas un double. C’est un original à cent pour cent.

— Laisse-moi voir, dit Kornéev.

Kornéev, Volodia et Edik, après avoir examiné le perroquet sur toutes les coutures, déclarèrent que ce n’était pas un double, mais qu’ils ne comprenaient pas pourquoi cela nous troublait tellement. « Prenez-moi, par exemple, dit Kornéev. Je ne suis pas un double. Pourquoi n’êtes-vous pas étonnés ? »

Roman regarda Stella, dévorée de curiosité, la bouche ouverte de Volodia Potchkine, le sourire moqueur de Vitia et leur expliqua qu’il avait trouvé l’avant-veille, dans le four électrique, une plume verte qu’il avait jetée dans la corbeille à papier ; que la plume avait disparu de la corbeille, mais que sur la table ( sur cette même table ) il avait vu un perroquet mort, copie fidèle de celui-ci, et qui n’était pas un double, non plus, que Janus avait reconnu le perroquet, l’avait plaint, l’avait brûlé dans le four et avait jeté les cendres par la fenêtre.

Personne ne parla. Drozd que le récit de Roman avait peu intéressé haussait les épaules, l’air de dire : « Je ne vois pas pourquoi vous êtes tellement intrigués, il se passe des choses bien plus raides dans cet établissement. » Stella paraissait déçue elle aussi. Mais les trois grands maîtres avaient parfaitement compris, leurs mines étaient sceptiques. Kornéev déclara tout à trac :

— Vous mentez. Et mal avec ça.

— Ce n’est pas le même perroquet, dit poliment Edik. Vous avez dû vous tromper.

— Mais c’est le même, affirmai-je. Vert, avec une bague.

— Photon ? demanda Volodia d’une voix de procureur.

— Photon. Janus l’a appelé mon petit Photon.

— Et les chiffres sont les mêmes ? demanda Kornéev, menaçant.

— A mon avis, oui, répondis-je en regardant Roman.

— Et plus précisément ? dit Kornéev. Il recouvrit le perroquet de sa grosse main rouge. Répète, quels chiffres étaient-ce ?

— Douze …. Heu … zéro deux, il me semble. Soixante-treize. Kornéev souleva la main.

— Tu mens, dit-il. Et toi ? demanda-t-il en se tournant vers Roman.

— Je ne me rappelle pas, répondit tranquillement celui-ci. Pas zéro trois, je crois, mais zéro cinq.

— Non, repris-je. Zéro six. Je me rappelle qu’il y avait une petite boucle.

— Une petite boucle ! ironisa Potchkine, méprisant. S. Holmes ! N. Pinkerton ! La loi de causalité ne leur convient plus !..

Kornéev mit ses mains dans les poches.

— Je n’affirme pas que vous mentez. Vous vous êtes simplement trompés. Les perroquets sont tous verts, beaucoup d’entre eux sont bagués, ces deux-là étaient de la série « Photon ». Et votre mémoire, elle a des trous. Comme celle de tous les rimailleurs et des rédacteurs de mauvais journaux.

— Des trous ? répéta Roman.

— Comme une passoire.

— Comme une passoire ? Roman avait un sourire bizarre.

— Comme une vieille passoire, répéta Kornéev. Une passoire rouillée. Comme un filet à grosses mailles.

Roman, toujours souriant, sortit de la poche intérieure de sa veste un carnet qu’il feuilleta.

— Ainsi, à grosses mailles et rouillée. On va voir ça … Douze zéro cinq soixante-treize, lut-il à voix haute.

Les grands maîtres se jetèrent sur le perroquet, leurs fronts se heurtèrent avec un bruit sec.

— Douze zéro cinq soixante-treize, lut Kornéev d’une voix éteinte. C’était très spectaculaire. Stella poussa un petit cri de plaisir.

— Tu parles, dit Drozd qui n’avait pas lâché ses lettres. Un jour j’ai acheté un billet de loterie gagnant, je me suis précipité à la caisse pour toucher le gros lot. Et puis on s’est aperçu que …

— Pourquoi as-tu inscrit le numéro ? demanda Vitia, les yeux à demi fermés. C’est ton habitude ?

Tu notes tous les numéros ? Tu as peut-être le numéro de ta montre ?

— Bravo ! dit Potchkine. Vitia, tu es un champion ! Tu as visé dans le mille ! Roman, quelle honte ! Pourquoi as-tu empoisonné le perroquet ? Quelle cruauté !

— Idiots ! Vous me prenez pour Vybegallo ?

Kornéev s’approcha et inspecta les oreilles de Roman.

— Fiche-moi le camp, dit celui-ci. Tu les as vus, Sacha !

— Voyons, déclarai-je d’un ton de reproche. Qui ferait des plaisanteries pareilles ? Pour qui nous prenez-vous ?

— Que nous reste-t-il d’autre ? fit Kornéev. Quelqu’un ment. Ou vous, ou les lois de la nature. Moi je crois aux lois de la nature. Tout le reste change.

Pourtant il était beaucoup moins sûr de lui et s’assit à l’écart, l’air pensif. Drozd traçait tranquillement ses lettres. Stella nous regardait avec des yeux effrayés. Potchkine gribouillait des formules. Edik fut le premier à parler.

— Si même aucune loi n’est transgressée, l’apparition inattendue d’une grande quantité de perroquets en un même lieu, cette mortalité suspecte, sont en elles-mêmes bizarres. Mais je ne suis pas très étonné, parce que je n’oublie pas que j’ai affaire à Janus Polyeuctovitch. Vous ne trouvez pas que c’est une personnalité fort curieuse ?

— Je trouve, dis-je.

— Moi aussi, ajouta Edik. Roman, à quoi travaille-t-il exactement ?

— Ça dépend quel Janus. U-Janus étudie les liaisons avec les espaces parallèles.

— Hum … dit Edik. Cela ne peut guère nous aider.

— Malheureusement. Moi aussi, je me demande comment relier ces perroquets à Janus, et je n’y arrive pas.

— Mais c’est vrai qu’il est étrange, insista Edik.

— Sans aucun doute. Ne serait-ce que le fait qu’il est un en deux personnes. Nous y sommes tellement habitués que nous n’y pensons plus.

— Oui, c’est ce que je voulais dire. Nous parlons rarement de lui, parce que nous le respectons trop pour cela. Et pourtant chacun de nous a bien dû remarquer au moins un détail bizarre.

— Bizarrerie numéro un, dis-je. L’amour des perroquets mourants.

— Oui, admettons, dit Edik. Quoi encore ?

— Espèces de commères, jeta Drozd très digne. Moi je lui ai demandé de me prêter de l’argent une fois …

— Oui ? dit Edik.

— Et il m’en a prêté. Mais j’ai oublié combien. Et maintenant, je ne sais pas quoi faire.

Il se tut. Edik attendit quelques instants qu’il continuât, puis enchaîna :

— Savez-vous, par exemple, que lorsque je travaille avec lui la nuit, il s’en va à minuit pile et revient au bout de cinq minutes, et à chaque fois j’ai l’impression qu’il essaie de savoir ce que nous avions fait ensemble avant qu’il parte.

— C’est vrai, confirma Roman. Je le sais très bien. Il y a longtemps que j’ai remarqué qu’à minuit juste la mémoire lui fait complètement défaut. Il est parfaitement conscient de cette particularité. Il s’est plusieurs fois excusé en me disant que c’était un réflexe, les séquelles d’un choc très grave …

Il a une très mauvaise mémoire, nota Potchkine. Il nous demande tout le temps s’il nous a vus la veille.

— Et de quoi on a parlé, ajoutai-je.

— La mémoire, la mémoire … grommela Kornéev avec impatience. Qu’est-ce que ça vient faire là-dedans ? Il y a beaucoup de gens qui ont une mauvaise mémoire … Ce n’est pas ça qui compte. Que fait-il avec ses espaces parallèles ?…

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