Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Фэнтези » Les petits dieux [Small Gods - fr]
Les petits dieux [Small Gods - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Les petits dieux [Small Gods - fr]

Электронная книга - «Les petits dieux [Small Gods - fr]». Краткое содержание книги:

Or il advint qu’en ce temps-là le grand dieu Om s’adressa à Frangin, l’Elu :
“Psst !”
Frangin s’arrêta au milieu d’un coup de binette et fit du regard le tour du jardin du temple. “Pardon ?” lança-t-il.
C’était une belle journée de printemps prime. Les moulins à prière tournaient joyeusement dans le vent qui tombait des montagnes. En altitude, un aigle solitaire décrivait des cercles.
Frangin haussa les épaules et retourna à ses melons.
Le grand dieu Om s’adressa derechef à Frangin l’Elu :
“T’es sourd, mon gars ?”
Une lourde responsabilité attend le jeune novice : prévenir une guerre sainte. Car il est des hérétiques, voyez-vous, pour prétendre, contrairement au dogme de l’Eglise, que le monde est plat et qu’il traverse l’univers sur le dos d’une immense tortue…
1 ... 41 42 43 44 45 46 47 48 49 ... 83
Перейти на страницу:

« Hmm, lâcha-t-il.

— Tu es le… coupable ? demanda Vorbis.

— C’est ça. Mon nom, c’est Honorbrachios.

— Tu es aveugle ?

— Bé, seulement pour ce qui est de la vue, monseigneur.

— Et pourtant tu portes une lanterne. Question d’image, certainement. Tu vas sans doute me dire que tu cherches un honnête homme ?

— Bé, je sais pas, monseigneur. Vous pouvez peut-être me dire à quoi il ressemble ?

— Je devrais t’abattre tout de suite, fit Vorbis.

— Oh, sûrement. »

Vorbis indiqua le livre.

« Ces mensonges. Ces ragots. Ces… ce leurre pour entraîner les âmes hors du chemin de la vraie connaissance. Tu oses te présenter devant moi et affirmer… (il poussa le livre du bout de l’orteil) que le monde est plat et se déplace dans le vide sur le dos d’une tortue géante ? »

Frangin retint son souffle.

L’Histoire aussi.

Affirmez vos convictions, songea le novice. Rien qu’une fois, je vous en prie, que quelqu’un tienne tête à Vorbis. Moi, je ne peux pas. Mais un autre…

Il s’aperçut que ses yeux se dirigeaient vers Simonie, debout de l’autre côté du fauteuil de Vorbis. Le sergent avait l’air cloué sur place, fasciné.

Honorbrachios se redressa de toute sa taille. Il se tourna à demi, et son regard vide traversa Frangin un bref instant. La lanterne était tendue à bout de bras.

« Non, dit-il.

— Quand tous les hommes honnêtes sauront que le monde est une sphère, une forme parfaite, qui gravite autour de la sphère du soleil comme l’homme gravite autour de la vérité centrale d’Om, fit Vorbis, et que les étoiles… »

Frangin se pencha, le cœur battant la chamade.

« Monseigneur ? chuchota-t-il.

— Quoi ? répliqua sèchement Vorbis.

— Il a dit “non”.

— Tout juste », reconnut Honorbrachios.

Vorbis resta un moment complètement immobile. Puis sa mâchoire bougea imperceptiblement, comme s’il répétait des mots tout bas.

« Tu renies tes écrits ? dit-il.

— Disons que c’est une sphère, fit Honorbrachios. Moi, j’ai rien contre une sphère. On prend sûrement des dispositions spéciales pour que tout reste collé dessus. Et le soleil, il peut bien être une autre sphère plus grosse, très loin. Vous préférez quoi ? Que la lune gravite autour du monde ou du soleil ? Moi, je vous conseille le monde. Ça respecte davantage l’ordre hiérarchique, et c’est un exemple formidable pour nous tous. »

Frangin assistait à un spectacle qu’il voyait pour la première fois : Vorbis avait l’air désorienté.

« Mais tu as écrit… Tu as dit que le monde se tenait sur le dos d’une tortue géante ! Tu lui as même donné un nom, à la tortue ! »

Honorbrachios haussa les épaules. « À présent je me rends compte de mon erreur, fit-il. Qui a jamais entendu parler d’une tortue de quinze mille kilomètres de long ? Qui nage dans le vide de l’espace ? Hah. Quelle cagade ! J’en ai honte, maintenant que j’y pense. »

Vorbis ferma la bouche. Puis il la rouvrit.

« C’est ainsi que réagit un philosophe éphébien ? » lança-t-il.

Honorbrachios haussa encore les épaules. « Bé, c’est ainsi que réagit tout vrai philosophe, dit-il. Toujours prêt à épouser des idées neuves, à tenir compte de nouvelles preuves. Vous êtes pas d’accord ? Et vous nous avez apporté beaucoup de nouveaux éléments… (il eut un geste qui parut embrasser, comme par hasard, les archers autour de la salle) qui me donnent à réfléchir. Des arguments solides, ça finit toujours par m’influencer.

— Tes mensonges ont déjà contaminé le monde !

— Bé alors, je vais écrire un autre livre, répliqua tranquillement Honorbrachios. Pensez à l’impression qu’il fera : le fier Honorbrachios se rend aux arguments des Omniens. Un désaveu complet. Hmm ? En fait, avec votre permission, monseigneur… – je sais que vous avez beaucoup à faire, piller, incendier et patin-couffin – je vais me retirer de suite dans mon tonneau et me mettre au travail. Un univers de sphères. Des boules qui tournent dans l’espace. Hmm. Oui. Avec votre permission, monseigneur, je vais vous offrir plus de boules que vous pouvez imaginer… »

Le vieux philosophe se retourna et, tout doucement, se dirigea vers la sortie.

Vorbis le regarda partir.

Frangin le vit lever la main pour esquisser un signe aux gardes puis la rabaisser.

Le diacre se tourna vers le tyran.

« Voilà ce qui reste de vos… commença-t-il.

— You-hou ! »

La lanterne vola par la porte et se fracassa sur le crâne de Vorbis.

« Et pourtant… la Tortue se meut ! »

Vorbis bondit sur ses pieds.

« Je… » hurla-t-il, puis il se ressaisit. Il agita une main irritée à l’adresse de deux gardes. « Je veux qu’on s’empare de lui. Tout de suite. Et… Frangin ? »

Le novice l’entendait à peine à cause de l’afflux de sang dans ses oreilles. Honorbrachios avait été plus avisé qu’il n’aurait cru.

« Oui, monseigneur ?

— Tu prends un groupe d’hommes, tu les conduis à la bibliothèque… et ensuite, Frangin, tu y mets le feu. »

Honorbrachios était aveugle, mais il faisait noir. Les gardes lancés à sa poursuite voyaient, eux, mais pas sans lumière. Et ils n’avaient pas passé leur vie à parcourir les ruelles d’Éphèbe, sinueuses, inégales et surtout coupées de marches fréquentes.

« … huit, neuf, dix, onze », marmonna le philosophe en gravissant par bonds successifs une volée de marches plongée dans le noir total avant de disparaître à fond de train au détour d’un angle.

« Argh, ouille, c’était mon genou, ça », marmonnèrent de leur côté la plupart des gardes affalés en tas à mi-parcours.

Il s’en trouva pourtant un qui atteignit le sommet. À la clarté des étoiles, il parvint à distinguer la silhouette maigrelette qui filait en cabriolant follement dans la rue. Il épaula son arbalète. Le vieux fou ne courait même pas en zigzag…

Une cible idéale.

Il y eut un bruit de corde qui se détend.

Le garde prit un instant l’air étonné. L’arbalète lui échappa des mains, se déchargea toute seule en tombant sur les pavés et envoya son carreau ricocher sur une statue. L’homme baissa les yeux sur le trait emplumé qui lui sortait de la poitrine puis les releva sur la silhouette qui émergeait de l’ombre.

« Sergent Simonie ? souffla-t-il.

— J’regrette, dit Simonie. Vraiment. Mais la Vérité, c’est important. »

Le soldat ouvrit la bouche pour donner son avis sur la vérité puis s’écroula en avant.

Il ouvrit les yeux.

Simonie s’éloignait. Tout paraissait plus clair. Il faisait toujours nuit. Mais à présent il voyait dans l’obscurité. Tout lui apparaissait dans les tons gris. Et les pavés sous sa main s’étaient étrangement mués en un grossier sable noir.

Il redressa la tête.

« DEBOUT, SOLDAT ICHLOS. »

Il se releva d’un air penaud. Il était désormais davantage qu’un soldat, qu’une silhouette anonyme vouée à se faire pourchasser, à se faire tuer, à tenir le rôle de vague pion dans l’existence des autres. Il était désormais Dervi Ichlos, trente-huit ans, dans l’ensemble sans reproche, et mort.

Il porta une main hésitante à ses lèvres.

« Vous êtes le juge ? demanda-t-il.

— PAS MOI. »

Ichlos contempla le sable qui s’étendait à perte de vue. Il sut instinctivement ce qu’il devait faire. Il avait l’esprit beaucoup plus simple que le général Fri’it et tenait davantage compte des chansons apprises dans son enfance.

1 ... 41 42 43 44 45 46 47 48 49 ... 83
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)