Dominium Mundi. Livre I
- Автор: Baranger François
- Серия: Dominium Mundi #1
- Год: 2013
- Язык: французский
- Год: Critic
- ISBN: 979-10-90648-12-8
- Жанр: Космическая фантастика
Электронная книга - «Dominium Mundi. Livre I». Краткое содержание книги:
— Un accident ? s’étonna Tancrède. Comment est-ce possible ?
— La source de l’électrocution a été découverte ce matin. C’est un câble haute-tension circulant sous le plancher qui a fondu brutalement suite à un défaut de fabrication. Le cuivre mis à nu s’est retrouvé en contact avec une poutre métallique dans le sol, libérant aussitôt une tension considérable. L’infortunée Mlle Mennecy est probablement morte sur le coup. Ce sont les pupitreurs du Nod2 qui ont remarqué l’anomalie, puis nous l’ont signalée. Mlle Mennecy a eu la malchance incroyable de se trouver là au moment du court-circuit. Encore une fois, je suis désolé. »
Liétaud était abasourdi.
« Votre expert disait hier soir que cette tension n’existait pas sur le Saint-Michel !
— En effet. Toutefois, il ne savait pas qu’il s’agissait d’un court-circuit. Je ne suis pas technicien, mais on m’a expliqué qu’en cas de court-circuit, la ligne libérait toute sa puissance d’un coup. Ceci expliquerait la tension qu’il a fallu pour carbo… pour tuer Mlle Mennecy. »
Liétaud dodelinait de la tête, le menton agité de soubresauts. Il donnait l’impression de ne pouvoir accepter ce qu’il entendait. Soudain, il explosa.
« Je n’ai jamais entendu un tel tissu de conneries ! »
De surprise, l’enquêteur Danon battit des paupières.
« Je vous demande pardon ?
— Cette hypothèse est ridicule ! Vous avez bâclé votre enquête !
— Monsieur, répondit Danon, offusqué, je comprends que le choc vous fasse perdre votre sang-froid, mais je vous conseille de ne pas me manquer de respect.
— Votre foutue histoire ne tient pas debout une seule seconde ! La probabilité que Viviane se soit trouvée au-dessus de cette poutrelle précisément au moment du court-circuit doit être infinitésimale !
— Et alors ? Même si c’est très improbable, cela peut se produire. C’est tout ce qui compte !
— Je suis sûr que le courant aurait dû se dissiper dans la structure du navire ou quelque chose comme ça !
— Pas au point d’être inoffensif si l’on se trouve exactement sur la source.
— Quel ramassis de conneries !
— Attention, jeune homme ! gronda Danon. Vous pourriez bien finir au cachot, tout choqué que vous êtes ! Autant que je sache, vous n’êtes pas technicien. Des experts dûment accrédités par la justice papale ont rendu ces conclusions ! »
Depuis le début de l’entretien, Tancrède observait l’enquêteur sans dire un mot. Son comportement lui paraissait crispé, moins naturel que la veille. Il remarqua que Danon jetait fréquemment de petits coups d’œil nerveux derrière eux sur la droite. Alors, profitant de la focalisation de l’attention sur les deux hommes qui laissaient libre cours à leur colère, Tancrède se retourna et promena discrètement son regard sur les bureaux environnants. Au bout de quelques secondes, il aperçut un individu assis dans l’ombre au fond de la salle, immobile. Tancrède ne pouvait distinguer son visage, mais il était certain qu’il les surveillait. Il se détourna lentement et fit un léger signe de tête à Engilbert pour lui montrer l’étrange personnage.
Pendant ce temps, l’altercation entre Liétaud et l’enquêteur continuait à enfler et menaçait de prendre des proportions embarrassantes. Le Flamand était à deux doigts de se lever. Tancrède le retint par le bras et lui coupa la parole avec autorité :
« Enquêteur Danon, je vous prie de bien vouloir excuser le soldat Tournai. Comme vous l’avez vous-même souligné, il a subi un choc important et s’en trouve encore perturbé. Je sais que ses mots ont dépassé sa pensée. »
Liétaud le fixa avec des yeux ronds. Tout aussi surpris, Danon avait l’air de ne plus savoir à quel saint se vouer. Tancrède se leva et força Liétaud à en faire autant.
« Quoi qu’il en soit, enquêteur, nous vous remercions de nous avoir informés des conclusions de l’enquête et nous nous tenons à votre disposition si nécessaire.
— Je… euh… C’est normal, c’est mon rôle à bord, répondit Alcandre Danon, décontenancé par le brusque retournement de la situation. Je tâcherai d’oublier les insinuations calomnieuses de votre ami. »
Liétaud faillit répondre, mais Tancrède lui serra fortement le bras pour lui intimer le silence. Danon, visiblement soulagé de se débarrasser de ces fauteurs de trouble, ajouta : « Vous serez convoqués d’ici quelques jours pour remplir quelques papiers. Ensuite, nous pourrons considérer cette affaire comme terminée.
— Merci infiniment, Monsieur l’Enquêteur, répondit Tancrède. Passez une bonne journée. »
Danon marmonna une réponse, le nez déjà plongé dans un autre dossier. Sans autre cérémonie, Tancrède et Engilbert se hâtèrent vers la sortie en traînant un Liétaud trop surpris pour protester. Tancrède coula un regard discret par-dessus son épaule pour vérifier si l’homme dans l’ombre les avait toujours à l’œil. La chaise était vide.
Dès qu’ils furent dehors, Tancrède les attira vers l’Allée Centrale qui passait non loin de là. Dans l’artère principale du Saint-Michel, la foule était compacte et la circulation des véhicules, dense. Beaucoup de bruit et d’agitation, exactement ce qu’il lui fallait.
Liétaud ne tint pas plus longtemps.
« Maintenant, il va falloir m’expliquer ce qui vous a pris ! »
Son frère lui répondit.
« Il semble que Tancrède ait remarqué quelque chose…
— Quelque chose ? Quoi ?
— L’enquêteur Danon avait l’air pour le moins nerveux durant notre entretien, expliqua Tancrède. Il regardait sans cesse derrière nous.
— Et alors ? grogna Liétaud, pas d’humeur à accepter n’importe quelle explication.
— Alors, j’ai remarqué un homme au fond de la pièce qui semblait très intéressé par notre entrevue.
— Et qui était-ce ? »
Liétaud paraissait à bout de patience, aussi Tancrède en vint directement au fait : « Je ne sais pas, je ne l’avais jamais vu. Par contre, je sais reconnaître un membre de la Legio Sancta quand j’en vois un. »
Parmi les multiples bras armés dont disposait le Vatican, la Legio Sancta était celui qui officiait au sein des forces militaires placées sous l’autorité du pape. Cependant, ce groupe n’avait rien d’officiel. Certains considéraient ses membres comme de vulgaires exécuteurs de basses œuvres à la solde des principaux seigneurs catholiques. Le nom du duc de Normandie, Robert de Montgomery, avait plusieurs fois été cité dans des affaires douteuses où la légion avait dérapé. C’était pourquoi Tancrède la connaissait bien. À bord du Saint-Michel, ce lien entre le seigneur normand et ces pseudo-auxiliaires de police était si net que la Legio Sancta avait même été surnommée « la milice de Robert le Diable ».
Liétaud s’arrêta net au beau milieu de l’avenue, affichant ouvertement son scepticisme.
« La Legio Sancta ? Tu plaisantes, j’espère.
— Pas le moins du monde. Et ce “légionnaire”-là paralysait notre enquêteur.
— Et à quoi reconnais-tu un membre de la Legio Sancta quand tu en vois un ? »
Liétaud avait probablement mis plus de sarcasme dans sa voix qu’il ne le voulait et Tancrède décida de ne pas se vexer. Il regarda le bout de ses chaussures en soupirant avec l’air de celui qui sait qu’il va devoir expliquer quelque chose à quelqu’un qui de toute manière ne le comprendra pas, mais Engilbert intervint :
« Je n’ai certainement pas l’expérience de Tancrède dans ce genre de choses, mais il m’a bien semblé à moi aussi que cet homme ne se comportait pas d’une manière naturelle.