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Le fabuleux Maurice et ses rongeurs savants [The Amazing Maurice and His Educated Rodents - fr]

Электронная книга - «Le fabuleux Maurice et ses rongeurs savants [The Amazing Maurice and His Educated Rodents - fr]». Краткое содержание книги:

Vous connaissez l’histoire du joueur de flûte de Hamelin ? Les rats avaient envahi la ville, les habitants se désespéraient ; un joueur de flûte vint les sauver, qui ensorcela les rats au son de son instrument et les fit quitter la ville derrière lui pour les noyer dans la rivière.
Imaginez maintenant des rats intelligents qui soient de mèche avec le joueur de flûte… et pilotés par le roi de l’arnaque soi-même, le fabuleux Maurice, le chat de tous les chats. Ça, c’est une combine qui peut rapporter gros.
Jusqu’au jour où la fine équipe s’attaque au bourg de Bad Igoince où l’attendent le mystère, la terreur et le Mal.
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Et tandis que le chat roulait, se débattait et mordait, une toute petite voix au fin fond de son cerveau réduit, tapie le plus loin possible, l’ultime parcelle en lui qui était encore Maurice et non un dément assoiffé de sang, disait : « Maintenant ! Mords ici ! »

Des dents et des griffes se refermèrent sur un amas de huit queues nouées et les mirent en pièces.

La toute petite étincelle qui avait jadis été le moi de Maurice entendit une pensée passer en flèche :

Noooo…ooo…oo…on…

Puis elle se volatilisa, et la cave fut pleine de rats, uniquement de rats, rien que des rats qui se bagarraient pour s’écarter du chemin d’un chat furieux, crachant, grondant et sanguinaire qui se mettait à jour de sa condition de chat. Il griffait, mordait, éventrait, bondissait et se retournait pour voir un petit rat blanc qui n’avait pas bougé de tout le combat. Il abattit ses griffes…

Pistou hurla.

« Maurice ! »

La porte trembla et trembla encore lorsque la chaussure de Keith percuta la serrure pour la seconde fois. Au troisième coup, le bois se fendit puis éclata.

Un mur de feu se dressait à l’autre bout de la cave. Les flammes, sombres et malfaisantes, étaient autant de la fumée épaisse que du feu. Les rats du clan entraient par la grille et se répandaient de part et d’autre, les yeux fixés sur les flammes.

« Oh non ! Viens, il y a des seaux à côté ! dit Keith.

— Mais… fit Malicia.

— C’est à nous de le faire ! Vite ! C’est un travail d’humains ! »

Les flammes sifflaient et pétillaient. Partout, en feu ou gisant par terre au-delà des flammes, on apercevait des rats morts. Parfois même seulement des bouts de rats morts.

« Qu’est-ce qui s’est passé ici ? demanda Noir-mat.

— Ça m’a l’air d’une guerre, patron, répondit Sardines en flairant les cadavres.

— On peut contourner ?

— Trop chaud, patron. Pardon, mais on… C’est Pêches, non ? »

Affalée près des flammes, elle marmonnait toute seule, couverte de saleté. Noir-mat s’accroupit. Pêches ouvrit des yeux troubles.

« Tu vas bien, Pêches ? Qu’est-ce qui est arrivé à Pistou ? »

Sardines tapota sans rien dire l’épaule de Noir-mat et tendit la patte.

Traversant le feu, une ombre…

Elle avançait lentement à pas feutrés entre des rideaux de flammes. L’espace d’un instant, elle parut immense dans l’air vibrant, comme un monstre émergeant d’une caverne, puis elle devint… seulement un chat. De la fumée s’échappait de son pelage. Ce qui ne fumait pas était encroûté de boue. Un œil était fermé. Le chat laissait une traînée de sang et, à chaque pas, il s’affaissait légèrement.

Il serrait un petit tas de poils blancs dans sa gueule. Il grondait sans arrêt tout bas.

« C’est Maurice ? fit Sardines.

— C’est Pistou qu’il tient ! s’écria Noir-mat. Arrête ce chat ! » Mais Maurice s’était arrêté tout seul. Il se tourna, se coucha, les pattes étendues devant lui, et regarda les rats, l’œil vitreux.

Puis il déposa délicatement le paquet de poils par terre. Il le poussa une ou deux fois pour voir s’il allait bouger. Il battit lentement des paupières en constatant qu’il restait inerte. Il parut déconcerté, comme au ralenti. Il ouvrit la gueule pour bâiller, et de la fumée en sortit. Alors il posa la tête par terre et mourut.

Le monde paraissait à Maurice éclairé par la lumière fantomatique qui précède l’aube, quand il fait juste assez clair pour distinguer les formes mais pas assez pour reconnaître les couleurs.

Il s’assit et procéda à sa toilette. Des rats et des humains couraient de tous côtés très, très lentement. Ils ne l’inquiétaient pas beaucoup. Il ignorait ce qu’ils s’imaginaient faire, mais ils le faisaient. D’autres cavalaient çà et là sans un bruit, tels des fantômes, mais pas Maurice. Ce qui paraissait lui convenir parfaitement. Son œil ne lui faisait pas mal, sa peau n’était pas douloureuse ni ses pattes en lambeaux, ce qui marquait une nette amélioration par rapport à sa situation récente.

Maintenant qu’il y pensait, il n’était pas sûr des événements récents. Des événements très graves, manifestement. Une forme ressemblant à Maurice gisait près de lui, comme une ombre à trois dimensions. Il la regarda fixement puis se retourna en entendant un bruit dans ce monde fantomatique et silencieux.

Il vit bouger près du mur. Une petite silhouette marchait à grands pas vers le tas minuscule qui était Pistou. Elle avait la taille d’un rat, mais elle était beaucoup plus solide que les autres rongeurs et, à la différence de tous ceux qu’il avait connus jusque-là, elle portait une robe noire.

Un rat en habits, se dit-il. Mais celui-là ne sortait pas d’un volume de Monsieur Lapinou. Du capuchon de la robe pointait le museau osseux d’un crâne de rongeur. Et il portait une toute petite faux sur son épaule.

Les autres rats et les humains, qui allaient et venaient avec des seaux, ne lui prêtèrent aucune attention. Certains lui marchèrent carrément au travers. Le rat et Maurice avaient l’air dans un monde à part.

C’est le rat squelette, songea Maurice. C’est le Couineur. Il vient pour Pistou. Après tout ce que j’ai enduré ? Ça ne va pas se passer comme ça ! Il sauta en l’air et atterrit sur le rat squelette. La petite faux glissa par terre.

« D’accord, mon vieux, parle pour voir…» lui intima Maurice.

COUIII !

« Euh…» fit Maurice au moment où il prenait conscience avec horreur de ce qu’il venait de faire.

Une main le saisit par la peau du cou, le souleva de plus en plus haut puis le fit pivoter. Maurice cessa aussitôt de se débattre.

Une autre silhouette le tenait, beaucoup plus grande, de taille humaine, mais vêtue d’une robe noire dans le même style que le rat, armée d’une faux nettement plus impressionnante, et elle aussi complètement dépourvue de chair côté figure. On ne voyait que de l’os.

« CESSE DE T’EN PRENDRE A MON ASSOCIE, MAURICE, dit la Mort.

— Ouim’sieur[5], monsieur la Mort ! Toutdesuitem’sieur ! répliqua aussitôt Maurice. Pasdeproblèmem’sieur !

— JE NE T’AVAIS PAS VU DEPUIS UN MOMENT, MAURICE.

— Non, monsieur, dit Maurice qui se détendit légèrement. Fait très attention, monsieur. Regardé des deux côtés en traversant la rue et tout, monsieur.

— ET IL T’EN RESTE COMBIEN MAINTENANT ?

— Six, monsieur. Six. Absolument. Six vies, monsieur, absolument. »

La Mort parut surpris. « MAIS UNE CHARRETTE T’A ECRASE PAS PLUS TARD QUE LE MOIS DERNIER, NON ?

— Ça, monsieur ? M’a à peine effleuré. M’en suis sorti sans une égratignure, monsieur.

— EXACTEMENT !

— Oh.

— CE QUI FAIT CINQ VIES, MAURICE. JUSQU’A TON AVENTURE D’AUJOURD’HUI. TU AS DEMARRE AVEC NEUF.

— C’est juste, monsieur. C’est juste. » Maurice déglutit. Oh, bah, autant essayer. « Disons qu’il m’en reste trois, d’accord ?

— TROIS ? JE N’ALLAIS T’EN PRENDRE QU’UNE. TU NE PEUX PAS PERDRE PLUS D’UNE VIE A LA FOIS, MEME SI TU ES UN CHAT. ÇA T’EN LAISSE QUATRE, MAURICE.

— Et moi je vous demande d’en prendre deux, dit Maurice d’un ton pressant. Deux de mes vies et on est quittes ? »

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Pour les jeunes lecteurs qui découvriraient le Disque-monde, la Mort est de sexe masculin. (Note du traducteur.)

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