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READ-E-BOOK » Космическая фантастика » L'homme des jeux [The Player of Games - fr]
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L'homme des jeux [The Player of Games - fr]

Электронная книга - «L'homme des jeux [The Player of Games - fr]». Краткое содержание книги:

Gurgeh est l’un des plus célèbres joueurs de jeux que la Culture ait jamais connu. Il joue, gagne, enseigne, théorise. La Culture est une immense société galactique, pacifiste, multiforme, anarchiste, tolérante, éthique et cynique. Elle est composée d’humains, d’Intelligences Artificielles et d’espèces étrangères qui ont accepté ses valeurs. Elle cultive les loisirs et les jeux qui ont le statut d’un art majeur.
Le Contact, service de la Culture spécialisé dans l’évaluation et l’infiltration de civilisations étrangères nouvellement découvertes, considère l’Empire d’Azad, terrifiant de puissance et de cruauté, comme un danger potentiel. L’Empire repose, historiquement, sur un jeu infiniment complexe dont le gagnant devient Empereur.
Si bien que Gurgeh, contre son gré, manipulé mais fasciné par le défi, se retrouve à cent mille années-lumière de sa confortable demeure, devenu un pion des IA qui régissent la Culture et lancé dans le formidable jeu d’Azad.
Avec la série de la Culture, Iain Banks renouvelle avec panache et humour l’aventure spatiale. Comme dans L’usage des armes, il construit une société d’envergure galactique, bigarrée, baroque et attachante qui deviendra une référence dans l’histoire des futurs.
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Ces trois-là se virent rejoints par d’autres, et demeurèrent cinq jours à bord du Facteur limite, le temps que ce dernier atteigne Eä. Ils correspondaient tout à fait à l’image que Gurgeh s’était faite d’eux, avec leurs visages larges et plats et leur peau rasée presque blanche. Ils avaient beau être plus petits que lui, vit-il une fois qu’ils furent en face de lui, leur uniforme les faisait paraître beaucoup plus massifs. C’étaient les premiers vrais uniformes qu’il lui était donné de voir, et il en éprouva une étrange sensation accompagnée d’un léger vertige, une impression de dépaysement total où perçait un curieux mélange d’horreur, de crainte et de respect.

Avec ce qu’il savait d’eux, il ne fut pas surpris par leur comportement à son égard. On aurait dit qu’ils s’efforçaient de ne pas le voir, de lui parler le moins possible et, quand ils ne pouvaient faire autrement, de ne jamais le regarder dans les yeux ; jamais il ne s’était senti aussi indésirable.

Les officiers firent preuve d’un réel intérêt pour le vaisseau, mais méprisèrent complètement Flère-Imsaho – qui, de toute manière, se gardait bien de se trouver sur leur chemin –, et le télédrone du vaisseau. Après avoir manifesté une réticence extrême et volubile, Flère-Imsaho avait fini par s’enfermer, quelques minutes seulement avant l’arrivée des officiers, dans sa fausse carapace de vieux drone. Il y avait fulminé quelques instants en silence pendant que Gurgeh lui disait que cette coquille sans champs était très esthétique et que, en tant qu’antiquité, elle avait certainement beaucoup de valeur. La machine s’était empressée de s’envoler quand les officiers avaient mis pied à bord.

C’est bien la peine de m’avoir prodigué autant de discours sur les subtilités linguistiques et protocolaires de l’Empire, songea Gurgeh.

Le télédrone du vaisseau ne valait guère mieux. Il suivait Gurgeh partout mais en faisant semblant de n’être pas très futé : de temps à autre, il se cognait aux obstacles avec ostentation. Par deux fois, en se retournant, Gurgeh faillit trébucher sur le cube lent et maladroit qui abritait le télédrone. Il avait été fortement tenté de lui expédier un coup de pied.

Ce fut à Gurgeh d’expliquer qu’à sa connaissance le navire ne comportait ni pont, ni poste de pilotage, ni salle de contrôle ; il eut la nette impression que les officiers azadiens ne le croyaient pas.

Lorsqu’ils arrivèrent au-dessus d’Eä, ces derniers contactèrent leur croiseur ; ils parlaient trop vite pour que Gurgeh puisse les comprendre, mais le Facteur limite intervint dans la conversation, qui s’envenima rapidement. Gurgeh chercha des yeux son interprète, c’est-à-dire Flère-Imsaho, mais celui-ci avait de nouveau disparu. Il les écouta baragouiner un moment, de plus en plus exaspéré ; puis il décida de les laisser vider la querelle tout seuls et pivota sur lui-même dans l’intention d’aller s’asseoir. Ce faisant, il se prit les pieds dans le télédrone, qui flottait au-dessus du sol juste derrière lui. Il s’effondra sur le canapé plus qu’il ne s’y assit. Les officiers posèrent brièvement les yeux sur lui, et il se sentit rougir. L’air hésitant, le télédrone s’éloigna avant que l’homme ne lui décoche une ruade.

Autant pour Flère-Imsaho, se dit-il ; autant pour la stupéfiante habileté des gens de Contact et leurs plans prétendument sans faille. Leur représentant juvénile ne prenait même pas la peine de rester dans les parages pour s’acquitter de sa mission ; il préférait se cacher et lécher les blessures dont souffrait son pathétique petit orgueil.

Gurgeh connaissait suffisamment bien le fonctionnement de l’Empire pour savoir que, là au moins, on ne tolérait pas ce genre de choses ; là, le peuple savait ce que voulaient dire les mots « ordre » et « devoir » et prenait ses responsabilités au sérieux ; sinon, il en supportait les conséquences.

Les gens faisaient ce qu’on leur disait de faire ; ils avaient de la discipline.

Pour finir, après avoir conversé entre eux un moment puis consulté leur vaisseau, les trois officiers s’en allèrent inspecter le hangar à module. Une fois qu’ils eurent disparu, Gurgeh demanda au vaisseau, par l’intermédiaire de son terminal, quel avait été le sujet de la dispute.

« Ils voulaient encore faire venir du monde et du matériel, répondit le Facteur limite. Je les en ai dissuadés. Vous n’avez pas à vous en faire. Vous devriez préparer vos affaires et rejoindre le hangar à module ; dans une heure, je dois être sorti de l’espace territorial de l’Empire. »

Gurgeh tourna la tête en direction de sa cabine.

« Ce serait affreux, n’est-ce pas, si vous oubliiez d’informer Flère-Imsaho de votre départ et si je me retrouvais contraint de descendre seul sur Eä ? »

Il ne plaisantait qu’à moitié.

« Ce serait impensable », répondit le vaisseau.

Dans la coursive, Gurgeh croisa le télédrone qui, suspendu dans les airs, montait et descendait sur place en vacillant et en tournant lentement sur lui-même.

« Est-ce vraiment nécessaire ? demanda-t-il à la machine.

« Je fais ce qu’on me dit, c’est tout, répondit le drone d’un ton plein de défi.

« Vous ne croyez pas que vous en faites un peu trop ? » marmonna Gurgeh.

Sur ce, il alla faire ses bagages.

Comme il emballait ses affaires, un petit paquet tomba de la poche d’un manteau qu’il n’avait pas mis depuis son départ d’Ikroh ; l’objet rebondit sur le sol moelleux de la cabine. Gurgeh le ramassa et en défit le ruban tout en se demandant qui pouvait bien le lui avoir donné ; une des dames à bord du Jeune voyou, sans doute.

C’était un fin bracelet à l’image d’une Orbitale, très large et très détaillée dont la surface interne était mi-éclairée, mi-plongée dans l’obscurité. Il l’éleva à hauteur de ses yeux et distingua de minuscules points lumineux à peine perceptibles sur la moitié nocturne de la représentation ; sur le côté éclairé, on voyait une mer bleu vif et des bandes de terre sous de minuscules amas nuageux. Sur la face interne, toute la scène émettait sa propre lumière : il y avait à l’intérieur de l’objet une quelconque source d’énergie.

Gurgeh enfila le bracelet, qui se mit à luire contre la peau de son poignet. Drôle de cadeau, de la part d’un résident de VSG, songea-t-il.

Alors il aperçut le petit mot glissé dans le paquet, le déplia et lut : « Pour te rafraîchir la mémoire quand tu seras sur cette planète. Chamlis. »

Il fronça les sourcils en déchiffrant la signature, puis se rappela (d’abord confusément, puis avec un sentiment croissant – et irritant – de honte) la veille de son départ de Gévant, deux ans auparavant.

Mais bien sûr !

Chamlis lui avait fait un cadeau.

Il l’avait complètement oublié.

Chapitre 11

« Qu’est-ce que c’est ? » demanda Gurgeh.

Il était assis à l’avant du module modifié dont le Facteur limite avait hérité à bord du VSG. Il avait embarqué dans le petit appareil en compagnie de Flère-Imsaho, et tous deux avaient fait leurs adieux au vieux vaisseau de guerre, qui avait ordre de se tenir à distance de l’Empire en attendant qu’on le rappelle. La bulle-hangar avait pivoté et le module, escorté par une paire de frégates, avait plongé vers la planète tandis que le Facteur limite s’éloignait du puits de gravité avec une lenteur et une maladresse exagérées, toujours accompagné de ses deux croiseurs offensifs.

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