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Aventures périlleuses de trois Français au Pays des Diamants

Электронная книга - «Aventures périlleuses de trois Français au Pays des Diamants». Краткое содержание книги:

Le kopje (mine de diamants) de Nelson’s Fountain était, ce jour-là, plus que jamais, plein de bruit et d’animation. À l’incessante activité habituellement déployée par les diggers de toute race, de toute couleur, avait brusquement succédé une sorte de frénésie dont un observateur attentif et de sang-froid eût promptement deviné la cause.
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» Fouiller... Mais, avec quel outil. Eh ! parbleu, une branche quelconque me servira de bêche.

Le jeune homme ne se trompait pas dans ses prévisions. Après avoir cassé un solide gourdin au premier arbre venu, il pratiqua une large excavation, et réussit, après une demi-heure d’efforts, à extraire du sol une grosse racine tubéreuse, du volume de la tête, ayant un peu l’aspect et la saveur du navet, mais infiniment plus tendre et plus juteuse.[23] Il croqua à belles dents la bulbe dont il ne laissa pas perdre un atome, puis, restauré par ce festin d’anachorète, il revint vers le cheval qu’il trouva languissamment allongé dans les herbes.

– Bon, murmura-t-il, il ne manquerait plus à la série que ma bête fût fourbue.

» Allons, camarade, debout et au trot. Il faut retrouver cette belle allure de ce matin et marcher vers le Sud. Voyons, je ne me trompe pas. Ç’est bien au Nord qu’il m’a entraîné.

» Je n’ai plus de boussole... plus de montre... plus rien.

» Si, je possède vingt mille francs en or dans la sacoche de Joseph ; près de sept kilogrammes de poids mort à traîner... Pauvre Joseph !

Il caressa le cheval qui leva sa tête intelligente, fit un effort violent pour se lever, et retomba lourdement. L’impatience commençait à le gagner.

– Allons ! fit-il avec un clappement de langue.

» Il ne bouge pas plus qu’un terme. Si encore j’avais une bride et des éperons !

» Ma foi, tant pis, aux grands maux les grands remèdes.

Il leva son gourdin sur la croupe du pauvre animal et le cingla d’un coup vigoureux. Il se mit debout sur ses quatre pieds et tenta d’allonger ses jambes raidies.

Alexandre lui sauta d’un bond sur le dos, le talonna rudement, le piqua même de la pointe de son bistouri, mais sans pouvoir le faire avancer.

De guerre lasse, il se rappela un procédé barbare employé par les draymen du Cap pour faire marcher les mules rétives. Il s’élança sur le sol, ramassa du sable, en entonna une pleine poignée dans chaque oreille de la bête, remonta sur son échine, saisit les oreilles, les serra et secoua brutalement.

Ce moyen bizarre et cruel réussit à souhait, car le cheval fit quelques pas, puis s’échauffa peu à peu, et finit par prendre un petit trot allongé dont le cavalier dut se contenter, bien qu’il eût préféré le galop furieux du matin.

– Bah ! dit-il philosophiquement, je camperai cette nuit sous un arbre et j’arriverai demain au kraal.

» Si le cheval n’est pas en bon état, je ne vaux guère mieux, et quelques heures de repos nous feront grand bien.

Alexandre, jouait hélas ! de malheur, et il était écrit que la fatalité s’acharnerait après lui dans ce jour néfaste.

Il trottinait depuis une heure environ, et cherchait, en prévision de la nuit, un lieu propice à son campement improvisé, quand un sifflement aigu retentit au-dessus de sa tête, mais un peu en avant. Un objet dont il ne put tout d’abord distinguer la forme, glissa devant lui et tomba juste sur le col du cheval, au ras des vertèbres cervicales. L’animal tomba sur le coup comme foudroyé, entraînant dans sa chute son cavalier qui sut se dérober fort à propos par une agile voltige.

Le jeune homme se rendit compte du nouveau et terrible danger auquel il venait d’échapper, en reconnaissant une de ces énormes lances empoisonnées que les indigènes suspendent aux arbres, au-dessus des sentiers fréquentés par le gros gibier, entre autres le rhinocéros.

Elles sont accrochées à une assez grande hauteur et la corde qui les soutient est maintenue au travers du sentier par une fourche qui va s’attacher à un piquet légèrement enfoncé dans le sol. Tout animal qui, en passant heurte cette corde, fait tomber sur lui une hampe longue d’un mètre cinquante, et grosse comme la jambe. Cette hampe est terminée par le fer barbelé d’une sagaie, trempé dans du poison, et emmanché peu solidement, de façon à se détacher et à rester dans le corps de la bête, où l’a fait entrer le poids du madrier, augmenté par la chute.

Si l’allure de sa monture eût été plus rapide, Alexandre recevait sur le crâne le coup qui tua raide le cheval. Le poison fut inutile. Le fer avait tranché la moelle épinière avec autant de précision que le couteau du cachetero qui, dans les courses de taureaux, donne ainsi le coup de grâce à la bête mortellement blessée par la spada.

– Décidément, dit-il avec une sorte de désespoir comique, il m’est impossible de servir dans la cavalerie. Je ne puis avoir un cheval entre les jambes sans lui porter malheur.

» Eh bien ! redevenons donc fantassin. Demain matin, je reprendrai pédestrement ma route, après avoir passé une nuit ici. Il faudrait préalablement allumer un bon feu, car le cadavre de mon pauvre bucéphale ne manquerait pas d’attirer tous les carnassiers de la forêt. J’ai fort heureusement conservé mon briquet, et ma mèche est parfaitement sèche.

» La, tout va bien. Une grillade de cheval pour dîner, puis, bonsoir.

La nuit qui succéda à cette journée traversée d’aussi émouvantes péripéties fut calme, et Alexandre s’éveillait dès l’aurore, en entendant les notes discordantes d’un vol de perroquets gris.

Il allait se lever d’un bond pour secouer l’engourdissement produit par le brouillard, mais il resta inerte comme cloué au sol. Le drame de la veille se présenta soudain à son esprit. Il se crut en proie au cauchemar ou immobilisé par la courbature, et poussa un cri pour s’assurer qu’il était bien éveillé.

Une clameur retentissante lui répondit, et il aperçut, avec stupeur, aux premières lueurs du matin une troupe nombreuse de noirs vêtus de loques grotesques et armés de fusils de traite. Ces nouveaux venus avaient profité de son sommeil pour le garrotter étroitement, sans qu’il en eût conscience, grâce à l’écrasante fatigue de sa course à travers le bois et la plaine.

Rien ne pouvait plus l’étonner ni l’émouvoir. Il regarda intrépidement ces lâches ennemis de la dernière heure et ne put retenir une exclamation d’étonnement.

Il venait de reconnaître les indigènes qu’il avait rencontrés lors de sa première entrevue avec le Révérend. C’étaient bien les noirs virtuoses, l’orchestre ambulant dont la discordante cacophonie avait mis en fuite le saint homme.

– Que voulez-vous de moi, leur demanda-t-il brusquement, et de quel droit m’arrêtez-vous ?

» Que vous ai-je fait ?

Alors le chef qui possédait quelques bribes d’anglais, s’avança impudemment jusqu’à le toucher, et lui dit :

– Le blanc a brisé les bûches des esclaves appartenant aux marchands venus du couchant.

» Les Bushmen ont tué les marchands, et mes hommes ne pourront plus vendre de prisonniers. Je ne pourrai plus leur donner de vêtements, de Cape-brandy, ni de fusils.

» Puisque le blanc a réduit mes noirs à la misère, il sera leur esclave. Il écrasera le millet et le sorgho, il aidera les femmes à servir les hommes, et il ne retournera jamais à Cap-Town.

» Le blanc est esclave, qu’on lui mette la bûche.

XV

Un homme qui croit à l’absurde en raison de l’absurdité même. – Les Bushmen prétendent que la barbe confère aux Européens la faculté de ne pas s’égarer dans la forêt vierge. – Sur la piste. – Flèche empennée de rouge. – Le fléau du bétail dans l’Afrique Australe. – La tsé-sté. – Tout animal domestique piqué par la tsé-tsé est condamné à une mort inévitable. – Curieuse immunité de l’homme et des fauves. – Projet désespéré. – Le radeau. – Orage, tempête, inondation. – Massacre de chevaux. – Perdus ! – Toujours la trahison. – Accès de fièvre pernicieuse.

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23

Cette racine est sans doute le Mesambryanthemum edule.

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