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READ-E-BOOK » Научная фантастика » L'homme dans le labyrinthe [The Man in the Maze - fr]
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L'homme dans le labyrinthe [The Man in the Maze - fr]

Электронная книга - «L'homme dans le labyrinthe [The Man in the Maze - fr]». Краткое содержание книги:

« Muller vivait depuis neuf ans dans le labyrinthe. Maintenant, il le connaissait bien. Il savait ses pièges, ses méandres, ses embranchements trom­peurs, ses trappes mortelles. Depuis le temps, il avait fini par se familiariser avec cet édifice de la dimension d’une ville, sinon avec la situation qui l’avait conduit à y chercher refuge. »
Tous les hommes qui avaient tenté de pénétrer dans le labyrinthe de Lemnos avant Muller étaient morts d’une façon atroce. Tous ceux qui avaient essayé de l’y rejoindre par la suite avaient été massacrés.
Aujourd’hui Ned Rawlins vient d’atterrir près du labyrinthe. Il a reçu l’ordre de ramener Muller sur la Terre, sa planète natale qui a besoin de lui. Sa planète qui, neuf ans auparavant, l’avait impi­toyablement chassé, forcé à se réfugier au cœur de ce labyrinthe aux dédales mortels.
Quelles chances Rawlins a-t-il de survivre et d’accomplir sa mission ?
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— Je laisse les bottes, dit-il. Elles sont complètement en lambeaux et je crains un peu de me blesser en les mettant. Je dois pouvoir rentrer pieds nus au camp.

— Le pavement est très doux, dit Muller.

— Vous me donnez un peu de liqueur pour mon ami ?

Silencieusement, Muller lui tendit la flasque à moitié pleine.

Rawlins l’accrocha à sa ceinture :

— Ce fut une journée intéressante et enrichissante. J’espère pouvoir revenir.

* * *

Sur son chemin de retour vers la zone E, Boardman l’appela :

— Comment vont vos jambes ?

— Elles sont mortes. Mais elles guérissent vite et je crois que je vais m’en sortir.

— Faites attention de ne pas laisser tomber la flasque.

— Ne vous inquiétez pas, Charles. Elle est bien accrochée. Je ne voudrais pas vous priver de votre dégustation.

— Ned, écoutez-moi. Nous avons essayé d’envoyer les robots jusqu’à vous. Je ne vous ai pas quitté des yeux pendant ces terribles minutes où vous étiez attaqué par ces ignobles bêtes. Mais nous ne pouvions rien faire pour vous aider. Muller interceptait nos engins et les détruisait au fur et à mesure.

— D’accord, dit Rawlins.

— On ne peut pas se fier à lui. Il ne voulait rien laisser passer dans les zones centrales.

— Ça ne fait rien, Charles. Je m’en suis sorti.

Mais Boardman insistait :

— Peut-être aurait-il été préférable pour vous que nous n’envoyions aucun robot ; c’est ce que je me suis dit après. En effet ils ont occupé Muller assez longtemps. Sinon, il serait peut-être revenu plus tôt à la cage, et vous aurait libéré. Ou alors il aurait tué les animaux qui vous attaquaient. Il…

Boardman se tut, conscient de se répéter et de radoter. Était-ce un signe de l’âge ? Il sentit les bourrelets de graisse sur son cou et son ventre. Il avait besoin d’un nouveau remodelage. Il devait se tenir à l’apparence de la soixantaine, tout en ramenant son âge physiologique et biologique à cinquante ans. Toujours plus vieux extérieurement qu’à l’intérieur. C’était son principe. Une façade de sagesse pour mieux dissimuler la sagesse.

Après une longue pause, il reprit la communication :

— Il semble que vous et Muller soyez devenus vraiment des amis maintenant. J’en suis ravi. Il va bientôt falloir que vous l’appâtiez sérieusement.

— Comment ?

— Promettez-lui une cure, laissa tomber Boardman.

10.

Ils se rencontrèrent trois jours plus tard, au milieu de la zone B. Muller parut heureux de le voir, ce qui était le but recherché. Rawlins traversa en diagonale une sorte de piste de danse ovale bordée par deux tours courtes et aplaties, de couleur bleu foncé. Muller lui fit un signe de tête :

— Comment vont vos jambes ?

— Très bien.

— Et votre ami… Comment a-t-il trouvé la liqueur ?

— Il l’a beaucoup aimée, répondit Rawlins, se souvenant de la flamme qui avait brillé dans les yeux rusés de Boardman. Il vous renvoie votre flasque. Il vous l’a remplie d’un cognac spécial et il espère que c’est à charge de revanche.

Muller considérait le flacon que Rawlins lui tendait.

— Il peut aller au diable, dit Muller d’un ton glacé. Je ne veux pas faire de marché. Si vous me donnez cette flasque, je la brise par terre.

— Pourquoi ?

— Donnez-la-moi et vous verrez. Non. Attendez. Attendez. Après tout, passez-la-moi.

Rawlins obéit. Muller prit tendrement le précieux flacon entre ses mains, l’ouvrit et le porta à ses lèvres.

— Ah ! les démons, dit-il d’une voix douce. Qu’est-ce que c’est ? Ça vient du monastère de Deneb XIII ?

— Il ne me l’a pas dit. Il m’a seulement dit que vous aimeriez.

— Des démons tentateurs. Voilà ce que vous êtes. C’est un marché que vous m’offrez là. Allez au diable ! C’est bon pour cette fois. Mais si vous vous montrez encore avec de la liqueur — n’importe quoi — même l’élixir des dieux, je refuse et vous tourne le dos. À propos, où étiez-vous tout ce temps ?

— J’ai travaillé. Je vous ai dit qu’ils ne voyaient pas mes excursions avec vous d’un bon œil.

Je lui ai manqué, constata-t-il. Charles a raison : il est touché par moi. Pourquoi faut-il qu’il ait un caractère si difficile ?

— Où êtes-vous en train de creuser ? demanda Muller.

— Nous ne creusons pas du tout. Nous utilisons des sondeurs à la frontière des zones E et F. Nous essayons de déterminer la chronologie ; c’est-à-dire si le labyrinthe a été construit d’un seul coup, ou en plusieurs étapes à partir du cœur. Qu’en pensez-vous, Dick ?

— Allez au diable. Je ne donne pas de cours gratuits d’archéologie ! (Muller avala une gorgée de cognac :) Vous êtes sacrément près de moi.

— Quatre ou cinq mètres, à peu près.

— Vous étiez plus près quand vous m’avez donné la flasque. Pourquoi n’aviez-vous pas l’air malade ? N’avez-vous pas senti les effets ?

— Je les ai sentis. Oui.

— Et comme un bon petit stoïcien que vous êtes, vous avez caché votre dégoût ?

Rawlins haussa les épaules :

— Je pense que l’effet d’impact diminue à des expositions répétées. C’est encore très fort, mais pas autant que la première fois. Avez-vous déjà constaté cela chez d’autres personnes ?

— Vous savez, en général, quand ils m’avaient vu une fois, ils n’avaient pas envie de revenir, dit Muller. Venez fiston. Que je vous montre un peu mon domaine. Voici où je prends mon eau. Ce tube noir court autour de la zone B. C’est de l’onyx, je crois. C’est beau, n’est-ce pas ?

Muller s’agenouilla et caressa l’arrondi lisse de l’aqueduc.

— Il y a un système de pompage qui amène l’eau d’une poche aquifère, peut-être enterrée à mille kilomètres de profondeur. Je ne sais pas. Cette planète ne porte aucune étendue d’eau, n’est-ce pas ?

— Si. Il y a des océans.

— Oui, seulement…

Il se tut, craignant de trop en dire.

— Enfin, je ne sais pas. Vous voyez, cela est un robinet. Il y en a un tous les cinquante mètres. D’après ce que j’ai pu constater, l’aqueduc est le seul endroit où on puisse se fournir en eau dans le labyrinthe. Peut-être les habitants n’en avaient-ils pas un grand besoin. C’est un des mystères de cet endroit. Je n’ai pu trouver aucun conduit. Et il n’y a aucune plomberie. Vous avez soif ?

— Pas vraiment.

Le robinet semblait être formé de plusieurs rondelles concentriques d’onyx, délicatement ciselées, mises bout à bout. Dessous, Muller fit une coupe de ses mains. Aussitôt l’eau coula. Muller avala rapidement quelques gorgées. L’écoulement cessa dès que les mains ne se trouvèrent plus sous l’espèce de robinet. Il devait y avoir un système sensoriel très subtil qui ouvrait et coupait le filet d’eau, se dit Rawlins. Quelle technique ! Et cela fonctionnait depuis des millions d’années ! Par quel miracle ?

— Buvez, dit Muller. Vous risquez d’avoir soif plus tard.

— Je ne peux pas rester longtemps, dit-il.

Finalement, il se pencha et but. Après, ils allèrent se promener dans la zone A. Les cages étaient à nouveau fermées ; Rawlins frissonna en les voyant. Aujourd’hui, il n’était pas prêt à tenter une expérience semblable. Ils trouvèrent des bancs. C’étaient des plaques de pierre solide, assez longues, incurvées aux extrémités. Assis chacun à un bout, ils se faisaient face à une certaine distance l’un de l’autre grâce à quoi Rawlins supportait les émanations de Muller sans trop de difficultés.

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