Les Chronolithes [The Chronoliths - fr]
- Автор: Уилсон Роберт Чарльз
- Год: 2003
- Язык: французский
- Год: Deno
- ISBN: 2-207-25316-3
- Переводчик: Gilles Goullet
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Les Chronolithes [The Chronoliths - fr]». Краткое содержание книги:
Après Darwinia, voici le second roman de Robert Charles Wilson dans la collection Lunes d’encre, un thriller temporel comme vous n’en jamais lu, qui a valu à son auteur une nomination méritée au prestigieux prix Hugo.
Pour moi, toutes les chansons populaires de cette année-là ressemblaient à des marches militaires : des percussions, des cymbales et des trompettes qui noyaient leurs notes dans leur propre écho. Mais j’imagine que chaque décennie a la musique qu’elle mérite.
Les marques de nicotine sur les doigts d’Ashlee n’ont pas échappé à Hitch. « Allez-y, vous pouvez fumer, lui a-t-il dit. J’en ai rien à foutre. »
La maison qu’habitaient Whit et Janice n’avait pas particulièrement bien vieilli, et le quartier non plus, mais l’une et l’autre restaient bien au-dessus de la moyenne nationale. Dans le coin, les gens pouvaient se permettre de faire enlever leurs ordures, même pendant la grève des éboueurs. Les pelouses étaient vertes. Ici ou là, des robots paysagistes piqués de rouille rampaient entre les haies tels des tatous apathiques. En plissant un peu les yeux, on pouvait oublier que dix ans s’étaient écoulés.
Whitman a ouvert la porte et reculé en me voyant. L’apparence de Hitch et d’Ashlee ne lui a pas davantage plu. Il a adopté une expression neutre pour me dire : « Janice est en haut, Scott. Veux-tu que je l’appelle ?
— Nous voudrions seulement te poser deux ou trois questions, ai-je répondu. Inutile de déranger Janice. »
Il n’avait manifestement aucune envie de nous inviter à entrer, mais la perspective de discuter de ses idées copperheads à portée d’oreille d’un voisin qui passerait dans la rue ne devait pas l’enchanter davantage. Nous nous sommes avancés dans la pénombre fraîche de la maison. J’ai présenté Hitch et Ashlee sans préciser pourquoi ils m’accompagnaient. Une fois à l’écart de la porte, Hitch a pris l’initiative. « Scotty m’a parlé du club auquel vous appartenez, M. Delahunt. Nous avons maintenant besoin de la liste des autres membres adultes.
— Je l’ai déjà donnée à la police.
— Ouais, mais il nous en faut une aussi.
— Vous n’avez pas le droit de l’exiger.
— Exact, a reconnu Hitch, et vous n’êtes pas obligé de nous la donner, mais cela nous aiderait à retrouver Kaitlin.
— J’en doute. » Whit s’est tourné vers moi. « J’aurais pu parler de toi à la police, Scott. J’aurais même dû.
— Pas de problème, ai-je dit. Je lui ai parlé moi-même.
— Tu vas à nouveau avoir affaire à elle si tu persistes à…
— À quoi ? l’a coupé Hitch. À tenter de sauver votre fille du pétrin où elle s’est fourrée ? »
Whit a eu l’air de vouloir taper du pied. « Je ne vous connais même pas ! Qu’est-ce que vous avez à voir avec Kaitlin ? »
Hitch a ébauché un sourire. « Elle avait une cicatrice sous le genou gauche, qu’elle s’était ouvert en tombant sur un tesson de bouteille devant le Haat Thaï. A-t-elle toujours cette cicatrice, monsieur Delahunt ? »
Whit a ouvert la bouche pour répondre, mais une voix l’a devancé.
« Oui. »
La voix de Janice, depuis l’escalier. Elle avait suivi la conversation. Elle a fini de descendre, royale dans son chagrin. « Elle y est toujours, mais presque effacée. Salut, Hitch. »
Cette fois le sourire de Hitch était sincère. « Janice.
— Tu aides Scott à retrouver Kaitlin ? » Il a confirmé.
« Très bien. Whit, voudrais-tu donner à ces personnes les informations qu’elles demandent ?
— C’est absurde ! Ils ne peuvent pas débarquer comme ça en exigeant ce genre de choses !
— Ils m’ont plutôt eu l’air de demander. Et s’ils peuvent venir en aide à Kait, le reste n’a pas d’importance, tu ne crois pas ? »
Whit a ravalé une protestation. La voix de Janice recelait de la férocité, une ancienne et puissante colère. Peut-être a-t-elle échappé à Hitch et à Ashlee, mais pas à moi. Ni à Whit.
Cela a pris un peu de temps, mais il a fini par nous remettre une liste manuscrite à peu près lisible de noms, d’adresses et de numéros de terminal.
« Évitez de parler de moi », a-t-il marmonné.
Hitch a serré Janice très fort dans ses bras, et elle en a fait autant avec lui. Elle ne l’avait jamais beaucoup apprécié, probablement avec raison, mais qu’il soit venu à la recherche de Kait avait dû redorer son blason. Elle a pris ma main alors que nous partions : « Merci, Scott. Vraiment. Je te demande pardon pour ce que j’ai dit l’autre jour.
— Inutile de t’excuser.
— La police persiste à croire Kait en ville. Mais c’est faux, n’est-ce pas ?
— Sans doute, oui.
— Mon Dieu, Scott, tout ça est si…» Elle n’a pu trouver le terme approprié. Elle a porté sa main à sa bouche. « Sois prudent, a-t-elle dit. Je veux dire, trouve-la mais… en faisant attention. »
Je le lui ai promis.
« Janice sait qu’elle est mariée à un connard ? m’a demandé Hitch en sortant de la maison.
— Elle commence à s’en douter », ai-je répondu.
Nous sommes allés dîner et mettre au point une stratégie chez Ashlee.
J’ai donné un coup de main à Ashlee dans la cuisine tandis que Hitch passait quelques coups de fil sur son terminal portable, Ashlee a préparé ce qu’elle appelait « le pilaf du pauvre », un plat à base de riz et de poulet pour lequel elle a soigneusement coupé le poulet cru en cubes à l’aide d’un couperet métallique bon marché. Elle a voulu savoir combien de temps j’étais resté marié avec Janice.
« Environ cinq ans. Nous étions très jeunes.
— Alors vous êtes divorcés depuis longtemps.
— Je n’ai pas toujours l’impression que cela remonte à si loin.
— Elle m’a semblé très équilibrée.
— Elle l’est, mais elle manque parfois de flexibilité. Ça a été dur, pour elle.
— Elle a plutôt de la chance de vivre ce genre de vie. Elle devrait l’apprécier.
— Je ne pense pas qu’elle ait le sentiment d’avoir de la chance en ce moment.
— Non, je ne voulais pas dire que…
— Je comprends, Ashlee.
— J’ai encore foutu les pieds dans le plat. » Elle a dégagé ses cheveux de devant ses yeux.
« Je vous coupe ces carottes ? »
Elle a méticuleusement assaisonné le pilaf juste comme il faut. Nous l’avons laissé cuire et sommes allés rejoindre Hitch.
Il avait posé ses grands pieds bottés sur la table basse d’Ashlee. « Voilà ce que nous avons, a-t-il récapitulé. De Whitman et de quelques autres, dont ce flic, Ramone Dudley. Cette merde de club copperhead auquel appartient Whit compte vingt-huit membres réguliers à jour de leurs cotisations, dont dix sont cadres supérieurs dans la compagnie qui l’emploie, donc il ne ment peut-être pas en prétendant y avoir adhéré pour favoriser sa carrière. Vingt-huit adultes, dont dix-huit célibataires ou sans enfants. Dix membres ont des enfants d’âges variés mais il se trouve que neuf seulement ont inscrit leur progéniture au groupe de jeunesse. Dont un frère et une sœur, ce qui fait dix gamins plus six venus de l’extérieur, comme Adam qui a demandé de lui-même à en devenir membre. Mais il y avait un noyau de huit qui s’impliquait énormément, dont Kait et Adam. Ce sont ceux-là qui ont disparu.
— OK, ai-je dit.
— Supposons maintenant qu’ils ont quitté la ville. Ils auraient été trop facilement repérables en voyageant ensemble en avion ou en bus. Et je doute que ces gamins de banlieue aient accepté de faire de l’autostop, avec le nombre de paumés adultes déjà sur la route. Ce qui nous amène à un moyen de transport privé. Probablement assez spacieux. Entasser huit personnes dans une berline n’est pas impossible, mais pas sans attirer l’attention ni porter sur les nerfs de tout le monde.