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Les zinzins d'Olive-Oued [Moving Pictures - fr]

Электронная книга - «Les zinzins d'Olive-Oued [Moving Pictures - fr]». Краткое содержание книги:

La manivelle tourne…
Et les diablotins se décarcassent dans la boîte à images.
Car un alchimiste d’Ankh-Morpork a découvert la magie des images animées. Une activité fébrile s’empare d’une colline déserte au bord de l’océan : Olive-Oued.

Du friçon ! De l’aventure !
Avec les étoiles
**Victor Marasquino**
et **Delorès de Vyce**
Et avecque mille éléfants !
Une daibauche de passionne et de grands aiscaliers sur fond d’hystoire tumulte-tueuse :
QUAND S’EMPORTE LE VENT D’AUTAN
Après le pestacle, l’Antre à Côtes de Harga vous attend.
Sa cuisine gaz trop gnomique.
Mais les rêves d’Olive-Oued cachent un noir mystère qui menace le Disque-monde.
Il était une fois à Olive-Oued…
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Victor étudia encore les pages. Il y avait effectivement une forme qui, si l’on fermait à demi les yeux, ressemblait beaucoup à une statue de chevalier, les mains posées sur son épée.

« Ça ne veut pas forcément dire « homme », fit-il. L’écriture pictographique ne fonctionne pas comme ça. Ça dépend du contexte, tu vois. » Il se creusa la cervelle pour se rappeler certains des livres qu’il avait vus. « Par exemple, en agatéen les symboles pour “femme” et “esclave” écrits ensemble veulent dire en réalité “épouse”. »

Il examina la page de près. L’homme mort – ou l’homme endormi, ou l’homme debout qui posait les mains sur son épée, difficile d’être sûr tant la forme était stylisée – jouxtait semblait-il un autre dessin plus ordinaire. Il suivit du doigt le contour des pictogrammes.

« Tu vois, reprit-il, le dessin de l’homme n’est peut-être qu’une partie d’un mot. Tu vois ? Il apparaît tout le temps à gauche de cet autre dessin, là, qui ressemble un peu à… un peu à une porte, quelque chose comme ça. Ça pourrait donc vouloir dire… (il hésita) “Homme-porte” », hasarda-t-il.

Il tourna légèrement le livre.

« Ça pourrait être un roi quelconque, suggéra Gaspode. Ça pourrait vouloir dire « l’homme à l’épée est emprisonné », un truc dans le genre. Ou peut-être « fais gaffe, y a un type armé d’une épée derrière la porte ». Ça peut vouloir dire n’importe quoi, en fait. »

Victor contempla encore l’ouvrage, les yeux plissés. « C’est drôle, fit-il. Il n’a pas l’air mort. Seulement… pas vivant. Un homme qui attend la vie ? Un homme qui attend avec une épée ? »

Victor étudia la petite forme humaine. Elle n’avait pas de visage vraiment dessiné, et pourtant elle lui paraissait vaguement familière.

« Tu sais, fit-il, il ressemble beaucoup à mon oncle Osric… »

Clic-clic-clic-clic. Clic.

Le film s’arrêta en bout de bobine. Il y eut un tonnerre d’applaudissements, des tapements de pieds et une envolée de sacs de grains sauteurs vides.

Au tout premier rang de l’Odium, le bibliothécaire, la tête levée, fixait toujours l’écran désormais vide lui aussi. Il venait de voir l’Ombre du dessert pour la quatrième fois dans l’après-midi ; remarquez, il se dégage d’un orang-outan de cent cinquante kilos une impression qui n’incite pas à lui ordonner de quitter les lieux entre les séances. Un tas de cosses de cacahuètes et de sacs en papier froissés gisait à ses pieds.

Le bibliothécaire aimait ça, les clics. Ça lui remuait l’âme. Il avait même entrepris d’écrire une histoire qui, d’après lui, ferait un excellent film[18]. Tous ceux à qui il la montrait la trouvaient drôlement bien, souvent même avant de l’avoir lue.

Mais quelque chose dans ce clic-ci le gênait. Après quatre visions coup sur coup, ça le gênait toujours.

Il s’extirpa des trois sièges qu’il occupait et remonta l’allée à coups de phalanges pour pénétrer dans la cabine où Bezam rembobinait le film.

L’exploitant leva la tête lorsque la porte s’ouvrit.

« Fous-moi… commença-t-il avant d’esquisser un sourire en catastrophe. Bonjour, monsieur. Bon film, hein ? On le repasse dans une minute et… À quoi vous jouez, bons dieux ? Vous pouvez pas faire ça ! »

Le bibliothécaire arracha l’immense bobine de film du projecteur et fit défiler les images entre ses doigts parcheminés en les levant à la lumière. Bezam essaya de récupérer son bien d’un geste vif mais il écopa d’un coup de paume sur la poitrine qui l’envoya s’asseoir brutalement par terre et disparaître sous une avalanche de gros rouleaux de films.

Horrifié, il vit le grand primate grogner, saisir une partie de la pellicule à deux mains et, en deux coups de dents, refaire le montage. Puis le bibliothécaire releva le directeur de la salle, l’épousseta, lui tapota la tête, lui colla la masse de clic dévidé dans les bras et s’esquiva tranquillement de la cabine ; quelques images de film lui pendouillaient au bout d’une patte.

Impuissant, Bezam le regarda partir, l’œil fixe.

« T’es tricard ! » cria-t-il lorsqu’il jugea l’anthropoïde hors de portée de voix.

Puis il baissa les yeux sur les deux bouts sectionnés.

Les cassures dans les films étaient monnaie courante. Bezam avait connu de nombreuses minutes affolées à couper et encoller fiévreusement pendant que les spectateurs tapaient allègrement des pieds et mitraillaient avec ardeur l’écran de cacahuètes, couteaux et haches à double tranchant.

Il laissa les rouleaux de pellicule tomber tout autour de lui pour tendre la main vers les ciseaux et la colle. Au moins, découvrit-il après avoir levé les deux extrémités à la lumière de la lanterne, le bibliothécaire n’avait pas emporté un bout très intéressant. Bizarre, ça. Bezam aurait trouvé normal que l’anthropoïde barbote une scène où la fille dévoilait un peu trop de poitrine, ou une scène d’action. Mais il n’avait rien désiré d’autre qu’un extrait où les Fils descendaient au galop de leur repaire de montagne, à la queue leu leu, sur des dromadaires tous pareils.

« J’sais pas pourquoi il voulait ça, marmonna-t-il en soulevant le couvercle du pot de colle. On voit qu’un tas de rochers. »

Victor et Gaspode se tenaient debout au milieu des dunes de sable près de la plage.

« C’est là que se trouve la cabane en bois flotté, dit le jeune homme en pointant le doigt, et quand on regarde bien, on devine comme une route qui se dirige tout droit vers la colline. Mais il n’y a rien d’autre sur la colline que de vieux arbres. »

Gaspode reporta les yeux sur la baie d’Olive-Oued.

« Elle est circulaire, c’est marrant, ça.

— Je suis de ton avis, dit Victor.

— J’ai un jour entendu causer d’une ville tellement corrompue que les dieux l’ont changée en flaque de verre fondu, dit Gaspode sans raison particulière. Et la seule personne qu’a assisté au châtiment, elle s’est fait changer en poteau de sel le jour et brassoir à fromage la nuit.

— Bon sang. Qu’est-ce qu’ils avaient fait, les habitants ?

— J’sais pas. Pas grand-chose, sûrement. Suffit d’un rien pour les contrarier, les dieux.

— Moi bon chien ! Bon chien, Lazzi ! »

L’animal arrivait en trombe par-dessus les dunes, telle une comète de poils dorés et orangés. Il s’arrêta en dérapage devant Gaspode puis se mit à danser en rond, tout excité, sans cesser de japper.

« Il s’est échappé et il veut qu’je joue avec lui, fit Gaspode d’un ton découragé. Ridicule hein ? Lazzi, fais l’mort ! »

Lazzi roula par terre, obéissant, les quatre pattes en l’air.

« Tu vois ? Il comprend tout ce que j’dis, marmonna Gaspode.

— Il t’aime bien, fit Victor.

— Huh ! renifla Gaspode. Comment veux-tu qu’les chiens arrivent à quoi qu’ce soit s’ils sautent partout en vénérant les gens, tout ça parce qu’on leur a donné à manger ? Qu’est-ce qu’il veut que j’fasse de ça ? »

Lazzi avait laissé tomber un bâton devant Gaspode et le regardait, l’air d’attendre.

« Il veut que tu le lances, répondit Victor.

— Pour quoi faire ?

— Pour qu’il le rapporte.

— Ce que j’comprends pas, dit Gaspode tandis que Victor jetait le bâton qu’il venait de ramasser et que Lazzi fonçait par en dessous, c’est comment on a fait pour descendre du loup. Enfin quoi, le loup classique, c’est un p’tit malin, tu vois c’que j’veux dire ? Plein de ruse et tout. Des formes grises qui filent sur l’immensité vierge de la toundra, c’est c’qui vient tout d’suite à l’esprit. »

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18

Une histoire de jeune anthropoïde abandonné dans la ville tentaculaire où il grandit et finit par parler le langage des hommes.

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