Les fous de Baalbek
- Автор: Де Вилье Жерар
- Серия: SAS #74
- Год: 1984
- Язык: французский
- Год: Plon
- ISBN: 2-84267-923-7
- Жанр: Шпионские детективы
Электронная книга - «Les fous de Baalbek». Краткое содержание книги:
Dans les deux cas, il était cloué au sol.
Le bulldozer mit un quart d’heure à venir. Plus vingt minutes pour repousser la masse de béton. Quand le chef de la CIA vit surgir les cheveux de Malko, gris de poussière et la tête de batracien de « Johnny », il poussa un cri de joie. Les deux hommes se hissèrent à la surface, déchirés, meurtris, assourdis, clignant des yeux.
— Vous nous avez sauvé la vie avec votre premier obus, expliqua Malko. Il a muré l’entrée de la cave. Sinon, ils nous liquidaient au RPG 7.
— Vous êtes OK ?
— Oui, dit Malko, mais il était temps.
Une petite silhouette se faufila entre les Marines : Farouk qui se précipita vers « Johnny ». L’homme et l’adolescent s’étreignirent. Malko était en train d’ôter les particules de ciment incrustées dans sa peau.
— « Johnny » a appris où sont les ULM. Et à quoi exactement Abu Nasra veut les utiliser.
Chapitre XVIII
Le bruit des chenilles d’un Bradley couvrit l’exclamation de Robert Carver. L’odeur âcre de la fumée des explosions et du ciment pulvérisé fit tousser Malko. L’immeuble où ils s’étaient réfugiés n’était plus qu’un petit tas de gravats. Les deux étages supérieurs s’étaient écrasés sur le rez-de-chaussée, réduisant l’ensemble à un tas qui ne mesurait pas plus de trois mètres de haut.
— My God, vous êtes sûr ? s’exclama le chef de poste de la CIA. Quel est l’objectif ?
« Johnny » épousseta sa veste de lainage vert. Farouk s’empressa de le débarrasser de son Kalachnikov. Le Palestinien alluma une cigarette et avala avidement la fumée.
— Demain matin, votre ambassadeur a rendez-vous avec le Président Gemayel pour prendre le breakfast. Il sera accompagné de plusieurs de ses conseillers. Les Fous de Baalbek atterriront dans le jardin de la résidence, avec leurs ULM ils tireront leurs roquettes et feront sauter leurs explosifs.
Malko connaissait la résidence de l’ambassadeur US, sur la colline de Baabda. D’innombrables chicanes gardées par des chars en rendaient l’accès impossible à un commando terrestre. La proximité du ministère de la Défense permettrait facilement l’arrivée de renfort.
— Comment savez-vous cela ? demanda Robert Carver médusé.
« Johnny » eut un sourire froid :
— Ce n’est pas l’important. Vous devez plutôt vous demander comment les Iraniens sont au courant de cette réunion.
— Vous avez des détails ? réclama l’Américain, démonté.
— Chaque appareil peut emporter cent kilos d’hexogène ou des roquettes, précisa « Johnny ».
— Et la benne à ordures ? demanda Malko. C’est une autre opération ?
— Non, elle est destinée au camp des Marines. Pour servir de diversion …Autour d’eux, on alignait les cadavres. Les Marines avaient terminé. Leur lieutenant vint dire quelques mots à Robert Carver.
— Je dois aller signer des papiers, dit l’Américain. Venez.
Et ils prirent place dans la Chevrolet noire sous la protection de deux Bradleys qui rentraient eux aussi au camp des Marines. L’entrée de leur camp, près de l’aéroport ressemblait à un fort de western. Ils gagnèrent le PC traversant un paysage apocalyptique. L’immeuble où avaient péri les deux cent cinquante Marines n’existait plus. Des bus renversés avaient été mis en place au-dessus des murs de terre et des blocs de béton. Il régnait une ambiance crépusculaire dans les bâtiments préfabriqués du PC, sans confort, renforcés de sacs de sable verdâtres.
Ils s’installèrent dans la Salle des Opérations, en face d’une grande carte de la banlieue sud affichée au mur, en compagnie d’un colonel des Marines. Robert Carver se tourna vers le Palestinien :
— Pouvez-vous nous montrer l’emplacement de cette base terroriste ?
« Johnny » inspecta longuement la carte, puis posa son index sur une tache légèrement à l’est de Bordj El Brajneh, à la même hauteur que l’aéroport.
— C’est par ici, à Hadeth. Une ancienne base de chez nous. Il y a un hangar blindé qui peut résister à l’artillerie légère. C’est devenu un point d’appui des milices Amal. Défendu par des bi-tubes de 23 mm. En plus, les appareils sont gardés par une centaine de Hezbollahis et de miliciens d’Amal fanatisés qui ont juré de se faire tuer pour les protéger. Ils ont placé des « sonnettes » dans un large périmètre autour. Pas question de les prendre par surprise. Ils sont chez eux et, en une demi-heure peuvent mobiliser des centaines de miliciens. En plus, ils peuvent demander par radio un soutien d’artillerie à Jumblatt …
Robert Carver se tourna vers le colonel des Marines :
— Supposons que nous ayons un feu vert politique. Vous pouvez monter une opération ?
Le colonel des Marines eut une moue dubitative.
— Sir, dit-il, nous avons des photos aériennes de cette zone. Chaque bâtiment peut devenir un blockhaus. Il faudrait des lance-flammes. Même les Israéliens n’y ont pas été.
— Et une opération héliportée ?
— Ces types ont des centaines de RPG 7 et ils savent s’en servir. Sans parler des bi-tubes de 23 mm. Nous risquons de perdre beaucoup d’appareils …
Une explosion toute proche fit trembler les murs. Aussitôt, un klaxon strident se mit à hurler et toutes les lumières s’éteignirent. Arrosage d’artillerie. Quand la lumière revint, les quatre hommes se regardèrent. Découragés. Robert Carver avait allumé un cigare et tirait dessus pensivement.
— Si on demandait au New Jersey d’écraser cette base avec ses tubes de 420 ? proposa Malko.
Chaque projectile transformait en parking un carré de cinq cents mètres de côté. Un mini tremblement de terre.
Robert Carver posa son cigare :
— Même pour détruire un commando suicide, le Pentagone refusera de bombarder un quartier de Beyrouth.
— Si on met des balises radio, on pourrait traiter le problème avec les Phantoms de la VIe Flotte, grâce auxsmart bombs[22]. Ils travaillent avec une précision étonnante. Vous avez vu ce que les Schlomos ont fait à Baalbek.
— Et l’Armée libanaise ? avança encore Malko.
— On sait ce qu’elle donne, fit le chef de poste. Il n’y a que la VIIIe Brigade. Des chrétiens. Mais cela provoquera un bain de sang s’ils entrent dans ce quartier. C’est un dédale de galeries, de bunkers, de canons, de missiles sol-air.
L’Américain reprit son cigare et en tira une bouffée, appuyé à la table.
— Pourriez-vous, avec Malko, effectuer une reconnaissance ? demanda-t-il à « Johnny ». Tenter de prendre des photos de ces engins. C’est la première condition pour convaincre l’état-major. En même temps repérer les lieux avec précision. Je sais que je vous demande d’aller vous jeter dans la gueule du loup, ajouta-t-il, mais nous n’avons pas le choix. Il fera nuit dans une heure.
— Aujourd’hui, c’est trop tard, dit « Johnny ». Il faudrait essayer dès l’aube, demain matin.
— Le jour se lève à six heures, remarqua le colonel. En admettant que vous soyez à pied d’œuvre, le temps d’opérer et de revenir, cela nous laisse un temps de réaction très limité.
— Ils auront des moyens radio, objecta Robert Carver. Je vais, dès ce soir, tenter d’organiser toute l’opération. Avec votre collaboration.
— Vous l’avez, dit le colonel. Mais vous allez faire courir un sacré risque à …
« Johnny » semblait absent, comme si cela ne le concernait pas. Malko se dit qu’au point où il en était … De toute façon, ses nerfs étaient dans un tel état qu’il avait avant tout besoin de se détendre, avant de repartir à l’assaut pour cette ultime mission de reconnaissance.
22
Bombes intelligentes, guidées par radio.