Les fous de Baalbek
- Автор: Де Вилье Жерар
- Серия: SAS #74
- Год: 1984
- Язык: французский
- Год: Plon
- ISBN: 2-84267-923-7
- Жанр: Шпионские детективы
Электронная книга - «Les fous de Baalbek». Краткое содержание книги:
Dans les deux cas, il était cloué au sol.
— Nous aurons besoin de protection, remarqua-t-il. Pouvez-vous utiliser votre ami Farouk ?
« Johnny » inclina la tête affirmativement.
— Oui, mais il faut le payer.
— J’ai pas mal d’argent liquide dans le coffre de mon bureau, dit aussitôt Robert Carver. J’emmène Malko et « Johnny ». Mon colonel, je vous recontacte dans deux heures.
— Arrêtez-moi ici, demanda « Johnny ».
Ils venaient de passer le carrefour de Chatila et se trouvaient en plein quartier palestinien.
— On se retrouve comment ? demanda Malko.
— Je vous appelle à votre hôtel à cinq heures du matin, dit le Palestinien. D’ici là, j’ai beaucoup à faire.
Il sauta de la Chevrolet et disparut dans l’obscurité. Robert Carver soupira bruyamment.
— Sans ce type, vous seriez mort et nous serions dans une merde invraisemblable.
— En effet, remarqua Malko, nous ne sommes plus dans la merde. Il nous reste quelques heures pour arrêter avec des moyens improvisés un attentat préparé depuis des semaines. À part ça …
— Bien sûr ! reconnut le chef de station de la CIA. Mais avec votre chance et votre métier, je suis sûr que vous allez réussir.
— Il y a des tas de gens comme moi qui peuplent les cimetières, dit Malko.
Ils parvinrent à éviter le barrage du musée et vingt minutes plus tard, la Chevrolet déposait Malko au Commodore. Mahmoud était là, heureux comme un chien qui retrouve son maître. Il y avait une note dans la case de Malko. Une certaine Mona avait appelé. Sans laisser de message. Ainsi, la pulpeuse hôtesse de l’air ne l’avait pas oublié. Sous sa douche, en train de se débarrasser de la poussière de ciment infiltrée dans tous ses pores, Malko se mit à penser à elle. Le destin semblait s’ingénier à contrarier leurs rencontres.
Pris d’une impulsion subite, il s’habilla, glissa le 357 Magnum dans la poche de son trench-coat et descendit. Mahmoud se précipita.
— On va encore faire la guerre ? demanda-t-il avec une grimace comique.
— Non, dit Malko, on va à Achrafieh.
Il fallut à Mahmoud quarante-cinq minutes pour retrouver dans le dédale des petites rues d’Achrafieh l’immeuble où Malko avait déposé l’hôtesse de l’air, le jour de leur rencontre. Déception, il y avait un interphone. Et pas de noms … Par contre l’électricité fonctionnait à nouveau.
Systématiquement, il se mit à appuyer sur tous les boutons, en demandant « Mona ». Au septième, une voix douce répondit :
— Aiwa ?
— C’est Malko.
Silence, puis un éclat de rire léger.
— Mais … Je ne vous avais pas dit de venir. Je vous ai appelé dans la journée. Je suis prise maintenant.
Malko avait encore les tympans vibrant des explosions dans l’immeuble où il s’était trouvé piégé. Cette difficulté supplémentaire piqua encore plus son désir. Puisque Mona l’avait appelé à plusieurs reprises, c’est qu’il ne lui était pas indifférent. Il prit sa voix la plus douce pour dire :
— Je viens de traverser tout Beyrouth pour vous voir.
Vous ne pouvez pas me laisser repartir ainsi. Offrez-moi un verre.
Silence et suspense. Puis enfin la voix de Mona, à demi convaincue :
— Bon. Mais vous ne resterez pas longtemps.
Le ronronnement de l’interphone résonna aux oreilles de Malko comme une musique céleste.
Mona l’attendait sur le pas de sa porte, au septième.
Drapée dans une robe de chambre rouge d’où émergeaient deux longues jambes gainées de gris fumée, juchée sur de hauts talons. Elle accueillit Malko avec un sourire amusé et un peu ironique.
— Je me doutais bien que vous donneriez signe de vie.
Une musique arabe très rythmée sortait d’un électrophone. Mona jeta un coup d’œil à une montre en diamants qui valait dix ans de salaire d’une hôtesse et soupira d’un ton faussement commisératif :
— Décidément, vous n’avez pas de chance … Mon Jules va venir me chercher. Mais nous avons le temps de prendre un verre.
Elle le fixait, l’œil accrocheur, un peu déhanchée, très salope, sûre d’elle.
Devant le regard insistant de Malko, elle finit par baisser les yeux.
— J’ai beaucoup apprécié votre numéro à la soirée, dit Malko.
Elle éclata de rire.
— Lequel ? Quand je dansais ou plus tard …
— Les deux. Pour l’instant, je voudrais que vous dansiez.
Elle le regarda, surprise.
— Que je danse ? Maintenant ?
— Oui.
— Vous êtes fou ! Nous n’avons pas le temps. Demain soir, nous pourrons dîner ensemble, alors …
— Qui sait où nous serons demain ?
Mona le toisa longuement, avec une expression indéfinissable. Il soutint le regard de ses yeux noirs. À Beyrouth, où on côtoyait la mort tous les jours, les projets étaient toujours aléatoires. Sans un mot, elle défit la cordelière de sa robe de chambre et la fit glisser de ses épaules, révélant une guêpière blanche qui tenait des bas gris, montant très haut sur les cuisses fuselées. Elle attrapa un grand foulard et le noua autour de sa taille, assez lentement pour qu’il puisse se rendre compte qu’elle n’avait pas jugé utile de couper la ligne de sa guêpière par un slip.
— Installez-vous, dit-elle, montrant le lit, unique siège confortable de la pièce.
La musique qui s’élevait dans la chambre était la même que celle de la soirée chez le décorateur. D’abord, Mona resta immobile, bougeant imperceptiblement les hanches, puis, son corps se mit peu à peu en mouvement, ses bras ondulèrent. De nouveau, ce fut le miracle. Mona commença à mimer un orgasme interminable, se rapprochant de Malko. Par moments, le foulard s’écartait et il surprenait un coin de chair, au-dessus des bas.
Mona était en train de descendre en souplesse vers le sol, pour le clou de son numéro quand Malko se leva et lui saisit les poignets, l’attirant vers le lit. En riant, elle chercha d’abord à lui échapper. Dans la lutte, le foulard se dénoua, révélant le ventre nu. Leurs corps se touchèrent et Malko crut qu’il allait exploser instantanément.
Mona demeura quelques instants collée à lui, comme pour vérifier l’effet qu’elle provoquait, puis tenta de le repousser.
— Vous m’avez demandé de danser, pas …
Il lui ferma la bouche d’un baiser qu’elle lui rendit très vite, son corps reprenant machinalement ses ondulations sexuelles, achevant de plonger Malko dans un état voisin du délire. Il glissa une main autour de sa taille et elle se mit à danser tout contre lui, son regard rivé au sien.
Le bourdonnement de l’interphone leur fit l’effet d’une douche froide. Ils s’immobilisèrent. Malko n’osait pas parler. Mona souffla :
— C’est l’interphone. Mon Jules. Il faut que j’y aille. Sinon, il va monter.
Malko ne la lâcha pas.
— Ne réponds pas, il pensera que tu n’es pas là.
— Il sait que je suis là.
— Alors, tu lui diras que l’interphone est détraqué.
— Il ne l’est pas …
Comme pour lui donner raison, un nouveau bourdonnement strident les fit sursauter. Malko lâcha Mona, se rapprocha du mur et arracha le fil de l’interphone.
— Maintenant, il est détraqué.
Revenant vers elle, il la poussa vers le lit, où ils tombèrent ensemble. C’est Mona qui l’aida à se libérer, roulant sous lui, nouant ses jambes jusqu’à ce qu’il la prenne d’un coup de reins impatient, réalisant enfin son fantasme.
Mona poussa un gémissement étouffé. Ils se mirent a faire l’amour avec violence et douceur. C’était fantastique.