Le bûcher d'un roi
- Автор: Мартин Джордж Рэймонд Ричард
- Серия: Le Trone de fer #13
- Год: 2012
- Язык: французский
- Год: Pygmalion
- ISBN: 978-2-7564-0586-5
- Переводчик: Patrick Marcel
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «Le bûcher d'un roi». Краткое содержание книги:
La moitié des hommes dans la salle s’étaient mis debout. Des chevaliers et des gens d’armes sudiers, loyaux au roi Stannis, à la femme rouge ou aux deux, et des Frères jurés de la Garde de Nuit. Certains avaient élu Jon comme lord Commandant. D’autres avaient jeté leur pierre pour Bowen, ser Denys Mallister, Cotter Pyke… et certains pour Janos Slynt. Des centaines, si je me souviens bien. Jon se demanda combien de ces hommes se tenaient dans la cave en ce moment. Un instant, le monde se trouva en suspens sur le fil du rasoir.
Alliser Thorne retira la main de son épée et s’écarta pour laisser passer Edd Tallett.
Edd-la-Douleur empoigna Slynt par un bras, Emmett-en-Fer par l’autre. À eux deux, ils le soulevèrent du banc. « Non », protesta lord Janos, des postillons de gruau volant de ses lèvres. « Non, lâchez-moi. Ce n’est qu’un gamin, un bâtard. Son père était un traître. Il porte la marque de la bête, son loup… Lâchez-moi ! Vous vous repentirez du jour où vous avez posé la main sur Janos Slynt. J’ai des amis à Port-Réal. Je vous préviens… » Il protestait encore tandis que, mi-poussé, mi-traîné, on lui fit gravir les marches.
Jon les suivit à l’extérieur. Derrière lui, la cave se vida. À la cage, Slynt se dégagea un instant et essaya de se battre, mais Emmett-en-Fer le saisit à la gorge et le jeta tout de bon contre les barreaux de fer jusqu’à ce qu’il cesse. Désormais, tout Châteaunoir était sorti regarder. Même Val était à sa fenêtre, sa longue tresse blonde posée sur une épaule. Stannis se tenait sur le parvis de la tour du Roi, entouré de ses chevaliers.
« Si le gamin se figure qu’il peut m’effrayer, il se trompe, entendirent-ils lord Janos clamer. Il n’osera pas me pendre. Janos Slynt a des amis, des amis importants, vous verrez… » Le vent chassa le reste de ses mots.
Ça ne va pas, se dit Jon. « Arrêtez. »
Emmett se retourna, sourcils froncés. « Messire ?
— Je ne vais pas le pendre, déclara Jon. Amenez-le ici.
— Oh, misère des Sept », entendit-il Bowen Marsh s’écrier.
Le sourire qu’afficha alors Janos Slynt avait toute la succulence d’un beurre ranci. Jusqu’à ce que Jon commande : « Edd, apporte-moi un billot », et qu’il dégaine Grand-Griffe.
Le temps qu’on trouve un billot convenable, lord Janos s’était retranché dans la cage de la poulie, mais Emmett-en-Fer alla le chercher pour l’en extraire de force. « Non », s’exclama Slynt tandis qu’Emmett, en le poussant et le traînant tour à tour, lui faisait traverser la cour. « Lâchez-moi… Vous n’avez pas le droit… Quand Tywin Lannister l’apprendra, vous vous repentirez tous… »
Emmett, d’un coup de pied, faucha les jambes sous Slynt. Edd-la-Douleur colla son pied sur le dos de l’homme pour le maintenir agenouillé tandis qu’Emmett poussait le billot sous sa tête. « Ça se passera plus facilement si vous ne bougez pas, lui promit Jon Snow. Si vous bougez pour éviter la lame, vous mourrez quand même, mais vous aurez une vilaine mort. Étirez le col, messire. » Le pâle soleil matinal remonta et descendit sur sa lame quand Jon saisit à deux mains la poignée de l’épée bâtarde pour la lever haut. « Si vous avez des derniers mots, voici venu le temps de les prononcer », dit-il, s’attendant à une ultime malédiction.
Janos Slynt tordit le cou pour le regarder qui le surplombait. « Je vous en prie, messire. Pitié. Je… J’irai, je promets, je… »
Non, se dit Jon. Tu as fermé cette porte. Grand-Griffe s’abattit.
« Je peux avoir ses bottes ? demanda Owen le Ballot tandis que la tête de Janos Slynt roulait sur le sol boueux. Elles sont presque neuves, ces bottes. Doublées de fourrure. » Jon jeta un coup d’œil vers Stannis. Un instant, leurs regards se croisèrent. Puis le roi hocha la tête et rentra dans sa tour.
Tyrion
À son éveil, il se retrouva seul, la litière arrêtée.
Demeurait un amas de coussins écrasés pour témoigner de l’endroit où s’était affalé Illyrio. Le nain avait la gorge sèche et râpeuse. Il avait rêvé… de quoi ? Il n’en avait aucun souvenir.
Dehors, des voix parlaient une langue qu’il ne connaissait pas. Tyrion passa les jambes par les rideaux et sauta à terre, pour découvrir maître Illyrio debout près des chevaux, avec deux cavaliers qui le dominaient de leur masse. Tous deux portaient des chemises de cuir râpé sous des manteaux en laine brun sombre, mais ils avaient l’épée au fourreau et le pansu ne paraissait pas en danger.
« Il faut que je pisse », annonça le nain. Il quitta la route avec sa démarche toute en dandinements, délaça ses chausses et se soulagea dans un taillis de ronces. Cela prit un assez long temps.
« En tout cas, il pisse bien », commenta une voix.
Tyrion secoua les dernières gouttes et se rajusta. « Pisser est le moindre de mes talents. Vous devriez me voir chier. » Il se tourna vers maître Illyrio. « Vous connaissez ces deux drilles, maître ? Ils ressemblent à des hors-la-loi. Dois-je m’armer de ma hache ?
— Ma hache ? » se récria le plus massif des deux cavaliers, un gaillard avec une barbe en broussaille et une crinière de cheveux orange. « Tu as entendu ça, Haldon ? Le petit homme veut se battre contre nous ! »
Son compagnon était plus âgé, avec le visage glabre et buriné d’un ascète. Il portait les cheveux tirés en arrière, retenus derrière la tête par un nœud. « Les petits hommes ressentent souvent le besoin de prouver leur courage par des forfanteries incongrues, déclara-t-il. Je doute qu’il soit de taille à tuer un canard. »
Tyrion haussa les épaules avec indifférence. « Amenez votre canard.
— Si vous insistez. » Le cavalier jeta un coup d’œil à son compagnon.
Le gaillard tira du fourreau une épée bâtarde. « C’est moi, Canard, petite outre à pisse bavarde. »
Oh, dieux, soyez cléments. « J’avais en tête un canard de moindre gabarit. »
Le gaillard rugit de rire. « Tu as entendu, Haldon ? Il veut un Canard de moindre gabarit !
— Je me contenterais d’un plus calme. » Le dénommé Haldon étudia Tyrion avec des yeux gris et froids avant de se retourner vers Illyrio. « Vous avez des coffres pour nous ?
— Et des mules, pour les transporter.
— Les mules vont trop lentement. Nous avons des chevaux de bât, nous chargerons les coffres sur eux. Canard, occupe-t’en.
— Pourquoi c’est toujours Canard qui s’occupe de tout ? » Le gaillard rangea son épée au fourreau. « Et toi, tu t’occupes de quoi, Haldon ? Qui est le chevalier, ici, toi ou moi ? » Il partit cependant d’un pas lourd vers les mules de bât.
« Comment se porte notre jeune homme ? » s’enquit Illyrio tandis qu’on arrimait les coffres en place. Tyrion en compta six, des caissons en chêne avec des moraillons de fer. Canard les manœuvrait assez aisément, les soulevant sur une épaule.
« Il est désormais aussi grand que Griff. Il y a trois jours, il a flanqué Canard dans un abreuvoir à chevaux.
— Il m’y a pas flanqué, je suis tombé dedans rien que pour le faire rire.
— Ta ruse a pleinement réussi, confirma Haldon. Moi-même, j’ai ri.
— Il y a dans un des coffres un présent pour le jeune homme. Du gingembre confit. Il en a toujours été friand. » Illyrio paraissait étrangement triste. « Je croyais pouvoir continuer la route avec vous jusqu’à Ghoyan Drohe. Un banquet d’adieu avant que vous n’entamiez la descente du fleuve…
— Nous n’avons point le temps de festoyer, messire, répondit Haldon. Griff a l’intention de prendre le fleuve à l’instant où nous arriverons. Des nouvelles remontent son cours, et aucune n’est bonne. On a vu des Dothrakis au nord du lac de la Dague, des avant-courriers du khalasar de Motho, et le khal Zekko n’est pas loin derrière, il traverse la forêt de Qohor. »