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Le bûcher d'un roi

Электронная книга - «Le bûcher d'un roi». Краткое содержание книги:

Le destin des Sept Royaumes est sur le point de basculer. A l’Est, Daenerys, dernière descendante de la Maison Targaryen, secondée par ses terrifiants dragons arrivés à maturité, règne sur une cité de mort et de poussière, entourée d’ennemis. Mais alors que certains voudraient la voir passer de vie à trépas, d’autres entendent rallier sa cause, tel Tyrion Lannister, le Lutin, dont la tête vaut de l’or depuis qu’il s’est rendu coupable du meurtre de son père, Tywin. Au Nord, où se dresse l’immense Mur de glace et de pierre qui garde la frontière septentrionale des Royaumes, Jon Snow, le bâtard de feu Eddard Stark, a été élu 998e Commandant en chef de la Garde de Nuit, mais ses adversaires se dissimulent des deux côtés du Mur, y compris parmi les troupes de Stannis Baratheon qui ont élu domicile dans ces contrées glacées…
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Jon n’avait pas l’intention qu’on garde de lui le souvenir de Jon Snow l’Endormi. « Trente hommes auront plus de chances qu’aucun, répondit-il à Géant.

— C’est ma foi vrai, admit le petit homme. Y aura-t-il seulement Glacière, alors, ou avez-vous l’intention d’ouvrir d’autres forts par la même occasion, messire ?

— J’ai l’intention de caserner dans tous une garnison, au fil du temps, mais pour le moment, il n’y aura que Glacière et Griposte.

— Et avez-vous décidé qui devra commander à Griposte, messire ?

— Janos Slynt », répondit Jon. Puissent les dieux avoir pitié de nous. « Un homme ne s’élève pas à la tête des manteaux d’or sans capacités. Slynt est né fils de boucher. Il était capitaine de la porte de Fer à la mort de Manly Castelfoyer, et Jon Arryn l’a promu pour remettre la défense de Port-Réal entre ses mains. Lord Janos ne peut pas être aussi stupide qu’il le paraît. » Et je veux l’éloigner le plus possible d’Alliser Thorne.

« Ça se peut bien, commenta Géant, mais quand même, je l’expédierais en cuisine aider Hobb Trois-Doigts à débiter les navets. »

Si je m’y risquais, je n’oserais plus jamais manger de navets.

La moitié de la matinée s’écoula avant que lord Janos ne se présente au rapport, selon ses ordres. Jon nettoyait Grand-Griffe. Certains hommes auraient confié cette tâche à un intendant ou un écuyer, mais lord Eddard avait enseigné à ses fils à prendre soin de leurs armes. Lorsque Muid et Edd-la-Douleur arrivèrent en compagnie de Slynt, Jon les remercia et pria lord Janos de s’asseoir.

Ce que celui-ci fit, quoique de mauvaise grâce, croisant les bras, grimaçant et ignorant l’acier nu entre les mains de son lord Commandant. Jon passait le chiffon huilé le long de sa bâtarde, observant le jeu de la lumière matinale sur les moires, imaginant avec quelle facilité la lame glisserait à travers la peau, le gras et les muscles pour séparer la vilaine trogne de Slynt de son corps. Tous les crimes d’un homme étaient effacés dès qu’il prenait le noir, et toutes ses allégeances aussi, mais Jon avait du mal à considérer Janos Slynt comme un frère. Il y a du sang versé entre nous. Cet homme a aidé à tuer mon père et s’est efforcé de son mieux de me faire subir le même sort.

« Lord Janos. » Jon rangea son épée au fourreau. « Je vous confie le commandement de Griposte. »

La nouvelle décontenança Slynt. « Griposte… Griposte, c’est là que vous avez escaladé le Mur avec vos amis sauvageons…

— En effet. Le fort est certes en triste état. Vous le restaurerez de votre mieux. Commencez par déboiser les alentours. Prélevez des pierres dans les structures effondrées pour réparer celles qui tiennent encore debout. » La tâche sera dure et pénible, aurait-il pu ajouter. Vous dormirez sur la pierre, trop épuisé pour vous plaindre ou comploter, et vous aurez bientôt oublié à quoi cela ressemblait d’être au chaud, mais vous pourriez vous souvenir de ce que c’est d’être un homme. « Vous aurez trente soldats. Dix d’ici, dix de Tour Ombreuse, et dix que nous prêtera le roi Stannis. »

Le visage de Slynt prit une couleur prune. Ses bajoues charnues se mirent à ballotter. « Croyez-vous que je ne voie pas à quoi vous jouez ? Janos Slynt n’est pas homme à se laisser si aisément berner. J’avais la charge de défendre Port-Réal alors que vous souilliez encore vos langes. Gardez vos ruines, bâtard. »

Je vous accorde une chance, messire. C’est plus que vous n’en avez donné à mon père. « Vous vous méprenez, messire, répondit Jon. C’était un ordre, et point une offre. Il y a quarante lieues jusqu’à Griposte. Rassemblez vos armes et votre armure, dites vos adieux et soyez prêt à partir au point du jour, demain.

— Non. » Lord Janos se remit debout d’un bond, renversant bruyamment son siège, ce faisant. « Je ne partirai point benoîtement pour geler et mourir. Aucun bâtard de traître ne donne d’ordres à Janos Slynt ! Je ne suis point dépourvu d’amis, je vous en préviens. Ici, et à Port-Réal, également. J’étais sire d’Harrenhal ! Offrez votre ruine à un des imbéciles aveugles qui ont déposé une pierre pour vous. Je n’en veux pas. Tu m’entends, petit ? Je n’en veux pas !

— Vous en voudrez. »

Slynt ne daigna pas répondre à cela, mais il écarta le siège d’un coup de pied en partant.

Il continue à me considérer comme un enfant, songea Jon, Un enfant sans expérience, que peuvent intimider des mots de colère. Il pouvait seulement espérer qu’une nuit de sommeil ramènerait lord Janos à la raison.

Le lendemain matin prouva la vanité de cet espoir.

Jon découvrit Janos Slynt en train de prendre son petit déjeuner dans la salle commune. Ser Alliser Thorne se trouvait avec lui, et plusieurs de leurs acolytes. Ils s’esclaffaient de quelque chose quand Jon descendit les marches en compagnie d’Emmett-en-Fer et d’Edd-la-Douleur, et, derrière eux, Mully, Tocard, Jack Crabbe le Rouge, Rousseau Flowers et Owen Ballot. Hobb Trois-Doigts servait à la louche le gruau d’avoine de son chaudron. Gens de la reine, gens du roi et frères noirs étaient assis à leurs tables séparées, certains penchés sur leur bol de gruau, d’autres se remplissant la panse de pain frit et de poitrine fumée. Jon vit à une table Pyp et Grenn, à une autre Bowen Marsh. L’air sentait la fumée et le graillon, et le cliquetis des couteaux et des cuillères résonnait sous le plafond en voûte.

Toutes les voix moururent d’un coup.

« Lord Janos, dit Jon, je vous donne une dernière chance. Posez cette cuillère et rendez-vous aux écuries. J’ai fait seller et brider votre cheval. La route est longue et dure jusqu’à Griposte.

— Alors, tu ferais mieux de ne pas traîner, petit. » Slynt s’esclaffa, renversant du gruau sur son torse. « Griposte convient fort à ceux de ton espèce, me semble-t-il. Bien à l’écart des braves gens. Tu portes sur toi la marque de la bête, bâtard.

— Vous refusez d’obéir à mon ordre ?

— Ton ordre, tu peux te le coller dans ton cul de bâtard », riposta Slynt, bajoues frémissantes.

Alliser Thorne eut un mince sourire, ses yeux noirs rivés sur Jon. À une autre table, Godry Mort-des-Géants se mit à rire.

« À votre guise. » Jon adressa un signe de tête à Emmett-en-Fer. « Veuillez conduire lord Janos au Mur… »

et l’enfermer dans une cellule de glace, aurait-il pu dire. Un jour ou dix, recroquevillé dans la glace, l’aurait laissé tremblant et fiévreux, implorant qu’on le libère, Jon n’en doutait pas. Et à l’instant où il sortira, il recommencera à conspirer avec Thorne.

… et ligotez-le sur son cheval, aurait-il pu dire. Si Slynt ne désirait pas aller à Griposte comme commandant, qu’il y aille comme cuisinier. Ce ne sera qu’une affaire de temps avant qu’il déserte, en ce cas. Et combien d’autres entraînera-t-il avec lui ?

« … et pendez-le », acheva Jon.

Le visage de Janos Slynt devint aussi blanc que lait. La cuillère lui glissa des doigts. Edd et Emmett traversèrent la salle, leurs pas sonnant sur le sol de pierre. Ser Alliser Thorne tendit la main vers la poignée de son épée. Vas-y, songea Jon. Il portait Grand-Griffe en travers du dos. Expose ton acier. Donne-moi motif d’en faire autant.

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