Le bûcher d'un roi
- Автор: Мартин Джордж Рэймонд Ричард
- Серия: Le Trone de fer #13
- Год: 2012
- Язык: французский
- Год: Pygmalion
- ISBN: 978-2-7564-0586-5
- Переводчик: Patrick Marcel
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «Le bûcher d'un roi». Краткое содержание книги:
Tue l’enfant, songea Jon. L’enfant en toi, et l’enfant en lui. Tue-les tous deux, foutre de bâtard. « Tu n’as pas de père. Tu n’as que des frères. Que nous. Ta vie appartient à la Garde de Nuit. Alors, file fourrer tes caleçons dans un sac, avec celles de tes autres affaires que tu te soucies d’emporter à Villevieille. Ton départ a lieu une heure avant le lever du soleil. Et voici un ordre supplémentaire. À partir d’aujourd’hui, fini de te traiter de pleutre. Tu as affronté plus d’épreuves au cours de cette dernière année que la plupart des hommes ne le font dans leur existence entière. Tu es capable d’affronter la Citadelle… Mais c’est en Frère Juré de la Garde de Nuit que tu l’affronteras. Il n’est pas en mon pouvoir de te commander d’être brave, mais te commander de cacher tes peurs, ce pouvoir, je l’ai. Tu as prononcé les formules sacramentelles, Sam. T’en souviens ?
— Je… Je vais essayer.
— Tu ne vas pas essayer. Tu vas obéir.
— Obéir. » Le corbeau de Mormont battit de ses grandes ailes noires.
Sam parut s’affaisser. « Votre serviteur, messire. Est-ce que… est-ce que mestre Aemon est au courant ?
— L’idée provient de lui tout autant que de moi. » Jon lui ouvrit la porte. « Pas d’adieux. Moins il y a de gens avertis, mieux vaut. Une heure avant le point du jour, près du cimetière. »
Sam le fuit, exactement comme l’avait fait Vère.
Jon était las. J’ai besoin de sommeil. Il était resté debout la moitié de la nuit à scruter des cartes, rédiger des lettres et dresser des plans en compagnie de mestre Aemon. Même après qu’il s’était effondré sur sa couche étroite, le repos n’était pas venu aisément. Il savait ce qu’il aurait à affronter au cours de la journée et se retrouva à se tourner et se retourner sans fin tandis qu’il remâchait les derniers mots de mestre Aemon. « Permettez-moi, messire, de vous donner un dernier conseil, avait dit le vieillard, celui-là même que j’ai autrefois donné à mon frère lors de notre dernière séparation. Il avait trente-trois ans lorsque le Grand Conseil l’a choisi pour monter sur le Trône de Fer. Un homme fait, avec des fils, et cependant, par certains aspects, encore un enfant. L’Œuf avait en lui une innocence, une douceur que nous chérissions tous. Tue l’enfant qui est en toi, lui ai-je conseillé le jour où j’ai embarqué pour le Mur. Pour gouverner, il faut être un homme. Un Aegon, pas un Œuf. Tue l’enfant et laisse naître l’homme. » Le vieillard palpa le visage de Jon. « Tu as la moitié de l’âge qu’avait l’Œuf, et tu portes un fardeau plus cruel, je le crains. Ton commandement t’apportera peu de joie, mais je pense que tu as en toi la force d’accomplir ce qui doit être fait. Tue l’enfant, Jon Snow. L’hiver est presque sur nous. Tue l’enfant et laisse naître l’homme. »
Jon revêtit sa cape et sortit. Il procédait chaque jour à une inspection de Châteaunoir, visitant les hommes de garde et écoutant leurs rapports de première main, observant Ulmer et ses élèves au pas de tir à l’arc, discutant de même façon avec les gens du roi qu’avec ceux de la reine, arpentant la glace au sommet du Mur pour considérer la forêt. Fantôme trottinait à ses basques, une ombre blanche à son côté.
Kedge Œilblanc était de garde sur le Mur quand Jon effectua son ascension. Kedge avait connu une quarantaine d’anniversaires, dont trente sur le Mur. Il était aveugle de l’œil gauche, ne voyait point trop du droit. Dans la nature, seul avec sa hache et son palefroi, c’était un patrouilleur qui valait autant que n’importe qui dans la Garde, mais il ne s’était jamais bien entendu avec les autres hommes. « Une journée calme, annonça-t-il à Jon. Rien à signaler, sauf les patrouilleurs à rebours.
— Les patrouilleurs à rebours ? » demanda Jon.
Kedge grimaça un sourire. « Deux chevaliers. Partis à cheval il y a une heure, vers le sud par la route Royale. En les voyant s’escarper, Dywen a dit que ces imbéciles de Sudiers s’en allaient à rebours.
— Je vois. »
Jon en apprit plus long de Dywen lui-même, pendant que le vieux forestier lampait un bol de bouillon d’orge au cantonnement. « Si fait, m’sire, j’ les ai vus. Horpe et Massey, comme ça se trouve. Z’ont raconté que c’était Stannis qui les envoyaient, mais y’-z-ont jamais dit où ni pourquoi, ni quand y’ rentraient. »
Ser Richard Horpe et ser Justin Massey étaient tous deux des gens de la reine, et haut placés dans les conseils du roi. Un duo de francs-coureurs ordinaires aurait suffi, si une patrouille était le seul but de Stannis, songea Jon Snow, mais des chevaliers conviennent davantage dès qu’il faut agir en messagers ou émissaires. De Fort-Levant, Cotter Pyke avait fait savoir que le lord oignon et Sladhor Saan avaient pris la mer pour Blancport afin de traiter avec lord Manderly. La logique voulait que Stannis dépêche d’autres émissaires. Son Altesse n’était pas patient homme.
Les patrouilleurs à rebours reviendraient-ils ? Voilà une autre question. Tout chevaliers qu’ils fussent, ils ne connaissaient pas le Nord. Il y aura des yeux au long de la route Royale, et pas tous bienveillants. Mais Jon n’avait pas à s’en soucier, toutefois. Que Stannis garde ses secrets. Les dieux savent que j’ai les miens.
Fantôme dormit au pied du lit cette nuit-là et, pour une fois, Jon ne se rêva pas loup. Néanmoins, il dormit mal, s’agitant pendant des heures avant de glisser dans un cauchemar. Vère était là, en pleurs, le suppliant de laisser ses bébés en paix, mais il lui arrachait les enfants des bras, tranchait leurs têtes avant de les intervertir, et ordonnait à Vère de les recoudre.
Quand il s’éveilla, il trouva Edd Tallett dressé au-dessus de lui dans l’obscurité de sa chambre. « M’sire ? C’est l’heure. L’heure du loup. Z’aviez laissé des ordres pour qu’on vous réveille.
— Apporte-moi quelque chose de chaud. » Jon rejeta ses couvertures.
Edd était de retour le temps que Jon s’habille, pour lui placer entre les mains une tasse fumante. Jon s’attendait à du vin chaud et eut la surprise de constater que c’était de la soupe, un bouillon maigre qui sentait le poireau et la carotte, sans paraître en contenir réellement. Les odeurs ont plus de puissance dans mes rêves de loup, songea-t-il, et la nourriture, un goût plus riche, elle aussi. Fantôme est plus vivant que moi. Il laissa la tasse vide sur la forge.
Muid se tenait à sa porte, ce matin. « Je vais avoir besoin de parler à Bedwyck et Janos Slynt, l’informa Jon. Fais-les venir tous deux ici au point du jour. »
Au-dehors, le monde était noir et immobile. Froid mais pas de façon dangereuse. Pas encore. Il fera plus chaud avec le lever du soleil. Si les dieux sont bons, le Mur pourrait pleurer. Quand ils atteignirent le cimetière, la colonne s’était déjà formée. Jon avait confié à Jack Bulwer, Jack le Noir, le commandement de l’escorte, avec une douzaine de patrouilleurs à cheval sous ses ordres, et deux chariots. L’un portait une haute charge de coffres, de caisses et de sacs, des provisions pour le voyage. L’autre avait un toit rigide en cuir bouilli pour couper le vent. Mestre Aemon était assis à l’arrière, blotti sous une peau d’ours qui le faisait paraître menu comme un enfant. Sam et Vère se tenaient à côté. Elle avait les yeux rouges et gonflés, mais elle serrait l’enfant dans ses bras, étroitement emmailloté. Était-ce le sien ou celui de Della, Jon ne pouvait en être sûr. Il ne les avait vus ensemble qu’à quelques occasions. Le garçon de Vère était plus âgé, celui de Della plus robuste, mais ils étaient assez proches par l’âge et la taille pour qu’un observateur qui ne les connaissait pas bien ne puisse pas les différencier facilement.