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Le bûcher d'un roi

Электронная книга - «Le bûcher d'un roi». Краткое содержание книги:

Le destin des Sept Royaumes est sur le point de basculer. A l’Est, Daenerys, dernière descendante de la Maison Targaryen, secondée par ses terrifiants dragons arrivés à maturité, règne sur une cité de mort et de poussière, entourée d’ennemis. Mais alors que certains voudraient la voir passer de vie à trépas, d’autres entendent rallier sa cause, tel Tyrion Lannister, le Lutin, dont la tête vaut de l’or depuis qu’il s’est rendu coupable du meurtre de son père, Tywin. Au Nord, où se dresse l’immense Mur de glace et de pierre qui garde la frontière septentrionale des Royaumes, Jon Snow, le bâtard de feu Eddard Stark, a été élu 998e Commandant en chef de la Garde de Nuit, mais ses adversaires se dissimulent des deux côtés du Mur, y compris parmi les troupes de Stannis Baratheon qui ont élu domicile dans ces contrées glacées…
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— Nous savions tout cela. La question qui se pose est : comment s’y prend-on pour les affronter ?

— Leur armure est à l’épreuve de la plupart des lames ordinaires, s’il faut en croire toutefois les contes, et les épées qu’ils manient eux-mêmes sont tellement froides qu’elles font littéralement exploser l’acier. Ils ont horreur du feu, en revanche, et ils sont vulnérables à l’obsidienne. Je suis tombé sur une chronique consacrée à la Longue Nuit, et selon laquelle le dernier héros massacrait des Autres avec une lame en acierdragon. Il leur était censément impossible d’y résister.

— De l’acierdragon ? » Le terme était nouveau, pour lui. « De l’acier valyrien ?

— C’est la première idée que j’ai eue, moi aussi.

— De sorte qu’il me suffirait de convaincre nos beaux seigneurs des Sept Couronnes de nous donner leurs lames valyriennes pour tout sauver ? Mais ça va être un jeu d’enfant ! » Pas plus difficile que de leur demander de céder leur argent et leurs châteaux. Il éclata d’un rire amer. « Est-ce que tes trouvailles t’ont révélé qui sont les Autres, d’où ils proviennent, quel est leur but ?

— Pas encore, messire, mais rien n’exclut que je ne me sois simplement fourvoyé dans le choix de mes lectures. C’est qu’il y a des centaines de volumes où je n’ai toujours pas jeté un œil. Accordez-moi davantage de temps et je trouverai tout ce qui peut l’être.

— Du temps, il n’y en a plus. Il faut que tu rassembles tes affaires, Sam. Tu vas toi aussi partir avec Vère.

— Partir ? » Sam le regarda, bouche bée, comme s’il ne comprenait pas le sens de ce mot. « Je vais m’en aller, moi ? À Fort-Levant, messire ? Ou bien… Pour où suis-je censé…

— Villevieille.

— Villevieille ? répéta Sam dans un piaulement aigu.

— De même qu’Aemon.

— Aemon ? Mestre Aemon ? Mais… il est âgé de cent deux ans, messire, il ne saurait… Vous nous envoyez, lui et moi ? Les corbeaux, qui les soignera ? S’il y a quelqu’un de malade ou bien de blessé, qui est-ce qui…

— Clydas. Cela fait des années qu’il est avec Aemon.

— Clydas n’est qu’un auxiliaire, et ses yeux ne vont pas bien du tout. Il vous faut un mestre. Mestre Aemon est si fragile, un voyage par mer… Ça risquerait… Il est vieux, et…

— Ses jours vont être en danger. J’en suis pleinement conscient, Sam, mais les dangers qu’il court ici sont bien pires. Stannis connaît son identité. Si la femme rouge exige du sang royal pour mettre en œuvre ses sortilèges…

— Ah. » Les grosses joues de Sam parurent se vider de leur couleur.

« À Fort-Levant, Dareon se joindra à vous. Je me flatte que ses chansons nous vaudront dans le Sud un certain nombre de recrues. Le Merle vous mènera jusqu’à Braavos. De là, vous devrez régler vous-mêmes la question de votre embarquement pour Villevieille. Quant à Vère, si tu te proposes encore à votre arrivée de revendiquer son marmot pour un bâtard de toi, dirige-les tout de suite sur Corcolline, elle et lui ; dans le cas contraire, Aemon s’arrangera pour la placer comme servante à la Citadelle.

— Mon b-b-bâtard. Oui, je… Ma mère et mes sœurs l’aideront à le dorloter. Dareon pourrait tout aussi bien que moi veiller à ce qu’ils arrivent à Villevieille. Je suis en… Je travaille mon tir avec Ulmer chaque après-midi, conformément à vos ordres… Enfin, sauf les jours où je suis dans les caves, mais vous m’avez chargé de trouver des renseignements sur les Autres. Le maniement de l’arc me fait mal aux épaules et me donne des ampoules aux doigts. » Il montra sa main à Jon. « Je continue de m’exercer quand même, malgré tout. Maintenant, j’arrive à toucher la cible plus souvent qu’à la rater, mais ça ne m’empêche pas encore de rester le plus mauvais archer qu’on ait jamais vu bander un arc. J’aime bien les histoires d’Ulmer, à part ça. Il faut absolument que quelqu’un les transcrive et les insère dans un livre.

— À toi de le faire. L’encre et le parchemin ne manquent pas, à la Citadelle, non plus que les arcs. Je compte bien que tu vas poursuivre ton entraînement. Sam, la Garde de Nuit possède des centaines d’hommes capables de décocher une flèche, mais juste une poignée qui sache lire ou écrire. Il faut absolument que ce soit toi qui deviennes mon nouveau mestre.

— Messire, je… Mon travail est ici, les bouquins…

— … seront toujours là quand tu nous reviendras. »

Sam porta la main à sa gorge. « Messire, la Citadelle… On vous y fait disséquer des cadavres. Je ne peux pas porter de chaîne.

— Tu le peux. Tu le feras. Mestre Aemon est vieux et aveugle. Ses forces sont en train de l’abandonner. Qui prendra sa place lorsqu’il mourra ? Mestre Mullin, à Tour Ombreuse, est un martial plus qu’un érudit, et mestre Harmune à Fort-Levant, moins volontiers sobre qu’ivre mort.

— Si vous demandiez davantage de mestres à la Citadelle…

— J’en ai bien l’intention. Nous aurons besoin de tout un chacun. Il n’en est pas pour autant si facile de remplacer Aemon Targaryen. » Ça ne se passe pas comme je l’avais espéré. Il savait que ce serait dur, avec Vère, mais il présumait que Sam serait heureux d’échanger les périls du Mur pour la tiédeur de Villevieille. « Et moi qui étais certain que l’idée te plairait, avoua-t-il, perplexe. Il y a tellement de livres, à la Citadelle, que l’espoir de les lire tous ne viendrait à personne au monde. Tu ferais merveille là-bas, Sam… Merveille, je le sais.

— Non. Je pourrais bouquiner tout mon soûl, mais… Un m-m-mestre se doit d’être un guérisseur et le… la seule vue du s-s-sang me donne envie de tomber dans les pommes. » Sa main tremblait, preuve de la vérité de ses mots. « Je suis Sam la Trouille, pas Sam l’Égorgeur.

— La trouille ? De quoi ? De te faire gronder par ces vieux machins d’archimestres ? Allons, Sam… Alors que tu as vu le Poing submergé par des essaims de spectres et des nuées de morts vivants aux mains noires et aux yeux d’un bleu fulgurant ! Alors qu’un Autre a péri de ta propre main !

— C’est le v-v-verredragon qui l’a tué, pas moi.

— Ta gueule », coupa Jon. Après Vère, il avait épuisé sa patience pour les craintes du gros garçon. « Tu as menti, trafiqué, comploté pour me faire lord Commandant. Tu vas m’obéir. Tu vas partir pour la Citadelle, tu vas t’y forger une chaîne, et, s’il te faut disséquer des cadavres, ainsi soit-il. Au moins, les cadavres, à Villevieille, ne feront pas d’objections.

— Messire, mon p-p-p-père, lord Randyll, il, il, il, il… La vie des mestres est une vie de servitude. Aucun rejeton de la maison Tarly ne portera jamais de chaîne. Les hommes de Corcolline ne font pas plus de courbettes qu’ils ne toilettent de nobliaux. Jon, il m’est impossible de désobéir à mon propre père. »

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