Le bûcher d'un roi
- Автор: Мартин Джордж Рэймонд Ричард
- Серия: Le Trone de fer #13
- Год: 2012
- Язык: французский
- Год: Pygmalion
- ISBN: 978-2-7564-0586-5
- Переводчик: Patrick Marcel
- Жанр: Фэнтези
Электронная книга - «Le bûcher d'un roi». Краткое содержание книги:
Sam retira avec précaution son gant. « Tu parles. Je suis en sang.
— Nous versons tous le nôtre pour la Garde. Mets des gants plus épais. » D’un pied, Jon poussa une chaise vers lui. « Assieds-toi, puis jette-moi un coup d’œil là-dessus. » Il tendit le parchemin à Sam.
« Qu’est-ce que c’est ?
— Un bouclier de papier. »
Sam lut lentement. « Une lettre pour le roi Tommen ?
— À Winterfell, mon frère Bran et lui s’affrontèrent un jour avec des épées de bois, dit Jon en se ressouvenant. On avait tellement matelassé Tommen qu’il avait l’air d’une oie farcie. Bran lui fit mordre la poussière. » Il alla à la fenêtre et ouvrit les volets d’une poussée. Au-dehors, l’air était froid et ravigotant, malgré le gris terne du ciel. « Seulement, Bran est mort, et ce rondouillard de Tommen occupe le Trône de Fer, avec son minois rose et une couronne nichée dans ses boucles d’or. »
La remarque s’attira un coup d’œil bizarre de Sam, et pendant un instant il donna l’impression de vouloir dire quelque chose. Mais il déglutit et revint au parchemin. « Tu n’as pas signé la lettre… »
Jon secoua la tête. « Le Vieil Ours a demandé cent fois de l’aide au Trône de Fer. On lui a expédié Janos Slynt. Aucune lettre au monde n’incitera les Lannister à nous aimer mieux. À plus forte raison lorsqu’ils apprendront que nous avons soutenu Stannis.
— Uniquement pour défendre le Mur, pas en partisans de sa rébellion. Et c’est bien ce qui est dit là.
— La différence risque d’échapper à lord Tywin. » Jon reprit sèchement la missive. « Pourquoi aurait-il envie de nous aider maintenant ? Il ne l’a jamais fait avant.
— Eh bien, il n’aura sûrement pas envie de laisser se répandre le bruit que Stannis s’est mis en campagne pour la défense du royaume pendant que le roi Tommen s’amusait avec ses joujoux. Cela n’aboutirait qu’à faire retomber l’opprobre sur la maison Lannister.
— Ce n’est pas l’opprobre que je veux faire fondre sur la maison Lannister, c’est la mort et la destruction. » Jon cita la lettre. « La Garde de Nuit ne prend point de part aux guerres des Sept Couronnes. Notre foi est jurée au royaume, et le royaume se trouve actuellement exposé au pire des périls. Stannis Baratheon nous seconde contre nos adversaires d’au-delà du Mur, mais nous n’en sommes pas pour autant ses hommes… »
Sam se tortilla sur son siège. « Enfin, c’est vrai. Nous ne le sommes pas, si ?
— J’ai donné à Stannis les vivres, le couvert et Fort-Nox, plus l’autorisation d’installer des gens du peuple libre dans le Don. C’est tout.
— Lord Tywin dira que c’est trop.
— Stannis prétend que ce n’est pas assez. Plus tu donnes à un roi, plus s’accroissent ses exigences. Nous marchons sur un pont de glace entre deux abîmes. Faire plaisir à un seul roi n’est déjà pas facile, en contenter deux confine à l’impossible.
— Oui, mais si… Si les Lannister devaient finir par l’emporter et que lord Tywin décide que nous avons trahi Tommen en aidant Stannis, cela pourrait bien signifier la fin de la Garde de Nuit. Il dispose de l’appui des Tyrell et, avec eux, de toute la puissance de Hautjardin. Ce, sans oublier qu’il a bel et bien vaincu lord Stannis sur la Néra.
— La Néra n’a été qu’une seule bataille. Robb a gagné toutes les siennes et a néanmoins perdu la vie. Si Stannis réussit à soulever le Nord… »
Sam hésita, puis il dit : « Les Lannister ont des Nordiens à eux : lord Bolton et son bâtard de fils.
— Stannis a les Karstark. S’il peut également faire fond sur Blancport…
— Si, souligna Sam. Sinon, messire… Mieux vaut même un bouclier de papier que pas de bouclier du tout.
— Je le présume, effectivement. » Aemon et lui, tous les deux. Il avait vaguement espéré que Sam Tarly verrait les choses différemment. Ce n’est que de l’encre et du parchemin. Résigné, il saisit la plume et parapha. « Passe-moi la cire à cacheter. » Avant que je change d’avis. Sam s’empressa d’obéir. Jon apposa le sceau du lord Commandant et lui tendit la lettre. « Emporte-moi ça pour mestre Aemon quand tu t’en iras, et dis-lui de le faire délivrer à Port-Réal par un de ses corbeaux.
— Je n’y manquerai pas. » Sam semblait soulagé. « Et si je puis me permettre une question, messire… J’ai vu Vère sortir d’ici. Elle était au bord des larmes.
— Elle était venue de la part de Val implorer à nouveau la grâce de Mance Rayder », mentit Jon, puis ils discutèrent un moment de Mance, de Stannis et de Mélisandre d’Asshaï, jusqu’à ce que le corbeau ait picoré le dernier grain de blé et hurle : « Sang. »
« Je fais partir Vère, annonça Jon. Avec le petit. Il va nous falloir trouver une autre nourrice pour son frère de lait.
— D’ici là, le lait de chèvre devrait aller. C’est meilleur pour les nouveau-nés que celui de vache. » Parler de seins embarrassait clairement Sam, et il se mit subitement à discourir d’histoire, et de jeunes commandants qui avaient vécu et étaient morts des centaines d’années plus tôt. Jon lui coupa la parole : « Laisse ces vains détails pour m’en fournir d’utiles. Parle-moi de notre ennemi.
— Les Autres. » Sam s’humecta les lèvres. « Les annales les mentionnent bien, mais moins souvent que je ne l’aurais cru. C’est-à-dire celles du moins que j’ai pu découvrir et consulter. Beaucoup plus nombreuses étant, je le sais, celles que je n’ai toujours pas trouvées. Certains des volumes plus vieux tombent en morceaux. Les pages s’émiettent dès que j’essaie de les tourner. Quant aux bouquins remontant réellement à la plus haute antiquité… de deux choses l’une, ou bien ils se sont totalement réduits en poudre, ou bien ils reposent enfouis dans un endroit où je n’ai pas encore fourré le nez, à moins que… Eh bien, ça se pourrait, quoi, que ce genre de bouquins-là, il n’y en ait pas, n’y en ait jamais eu. Les chroniques les plus anciennes que nous possédions ont été rédigées après l’arrivée des Andals à Westeros. Comme les Premiers Hommes nous ont uniquement laissé des runes gravées sur des pierres, ce que nous nous figurons savoir tant sur l’Époque Héroïque que sur l’Âge de la Prime Aube et sur la Longue Nuit nous vient des transcriptions de récits oraux faites par des septons des milliers d’années plus tard. Il est des archimestres, à la Citadelle, pour contester l’ensemble en bloc. Ces vieilles fables foisonnent de rois qui régnèrent des centaines d’années, et de chevaliers en quête d’aventures un millénaire avant qu’il n’existe des chevaliers… Mais ces contes, tu les connais, Brandon le Bâtisseur, Symeon Prunelles Étoilées, le Roi de la Nuit… Et nous avons beau prétendre que tu es le neuf cent quatre-vingt-dix-huitième lord Commandant de la Garde de Nuit, la plus ancienne liste que j’aie retrouvée fait état de six cent soixante-quatorze commandants, ce qui suggère qu’elle fut dressée pendant…
— Le déluge, coupa Jon. Tes paperasses disent quoi, au sujet des Autres ?
— Il y est question de verredragon. Jadis, les enfants de la forêt avaient coutume, à l’Époque Héroïque, d’offrir à la Garde de Nuit, chaque année, une centaine de poignards d’obsidienne. Pour ce qui est des Autres, ils surviennent lorsqu’il fait froid, la plupart des contes en sont d’accord. Si ce n’est plutôt leur survenue qui provoque le froid. Il leur arrive de faire leur apparition durant des tempêtes de neige, et ils disparaissent dès que le ciel s’éclaircit. Ils se dérobent à la lumière du soleil et surgissent à l’approche de la nuit. Si ce n’est plutôt leur approche qui suscite la nuit tombante. Certaines des fables leur font chevaucher des charognes. Ours ou loups-garous, mammouths ou chevaux, qu’importe l’animal qu’ils chevauchent, pourvu seulement qu’il soit mort. Comme celui d’entre eux qui a tué P’tit Paul montait un cheval mort, voilà un détail dont on ne saurait nier la véracité. On rencontre également des récits qui parlent d’araignées de glace colossales. J’ignore évidemment ce qu’il faut entendre par là. Tout homme qui succombe au cours d’un combat contre les Autres doit être brûlé, faute de quoi c’est sous leur emprise qu’il se relèvera, mort, pour affronter ceux de son propre camp.