Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Иронические детективы » L'Histoire de France vue par San-Antonio [fr]
L'Histoire de France vue par San-Antonio [fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

L'Histoire de France vue par San-Antonio [fr]

Электронная книга - «L'Histoire de France vue par San-Antonio [fr]». Краткое содержание книги:

Paris ne s'est pas fait en un jour, et la France ne s'est pas faite toute seule ! Les plaques de nos rues et les socles de nos statues portent les noms des responsables : ça va de la rue Vercingétorix à la rue Charles de Gaulle.
Et pourtant le nom le plus important est absent de nos places, de nos avenues, de nos boulevards et même de nos impasses : celui de Bérurier. Or, ce sont les Bérurier qui ont vraiment fait la France. Avec leurs mains, leur sang et leur sueur.
Avec leur esprit aussi.
Soucieux de réparer cette criante injustice, j'ai essayé de reconstituer leur trajectoire dans le temps.
Comme le langage, l'Histoire se doit de rester vivante ; c'est pourquoi je me suis attaché à en secouer la poussière, à en « plumeauter » les toiles d'araignée, à en dédorer les tranches, les couronnes et les auréoles et à la saupoudrer d'éclats de rire.
Un petit travail de réfection, quoi !
Il m'a permis de constater qu'on nous avait doré l'Histoire de France avec cette même poudre aux yeux qui sert aussi à nous dorer la pilule !
SAN-ANTONIO
1 ... 36 37 38 39 40 41 42 43 44 ... 95
Перейти на страницу:

— En ce temps-là, Gros, on avait le sens de l'honneur plus développé. Quand un seigneur combattait pour les yeux de sa dame, il mettait le paquet, roi ou pas !

— Tout dans le muscle et rien dans la lanterne, soupire le Talleyrand du pauvre. La diplomatie, ça ne les étouffait pas, tes armuriers. Moi j'eusse z'été seigneur, je me laissais étaler recta et ensuite je me faisais voter une pension d'invalidité permanente par le roi. Comment t'est-ce qu'il eusse pu me la refuser du moment que c'est lui-même qui m'aurait déboité l'humeur russe ou le père Ronnet.

Les copains se tapent sur les jambons ! On n'a jamais fait mieux que mon Béru pour détendre l'atmosphère.

— La mentalité n'était pas la même, coupé-je. Toujours est-il que le roi a combattu plusieurs seigneurs sous les couleurs de sa chère vieille Diane.

— Elle avait toujours vingt ans de plus que lui, à ce moment-là ? demande étourdiment B.B.

— Toujours, ma doulce amie. Elle approchait de la soixantaine et Henri la désirait toujours autant.

Sourire rassuré de Dame Berthe qui se voit encore de belles années sur le balcon.

— Pour moi, assure le Mastar, elle avait des trucs. Sauf le respect que je dois à Madame la Comtesse, la mère Poitiers devait le bourrer de cantharide, ce pauvre Riquet. Ou alors elle connaissait des recettes inédites, style le blaireau-vadrouilleur ou le double « v » à ressort.

II se tait, mais son visage reste alourdi par des arrière-pensées saugrenues.

— Bon, alors, le sournois ?

— Henri II a voulu rompre une lance avec un seigneur anglais qui s'appelait Montgomery.

— Le maréchal ?

— Non, un de ses ancêtres, le chef de la garde écossaise du Roi. Le choc a été si violent que la lance de Montgomery s'est rompue, soulevant le heaume du casque royal et s'enfonçant dans l'œil du roi.

Un frisson secoue mon auditoire.

— Ça devait le gêner pour regarder par les trous de serrure, déplore le Majestueux.

— Henri II est resté debout sur son cheval et il a murmuré « Je suis mort ».

— Y se croyait à l'Opéra. L'opéra ça finit toujours par un mec qui brame pendant une plombe qu'il est clamsé.

— Seulement, lui, il ne s'est pas relevé pour saluer. On l'a transporté dans sa chambre et on a mandé son toubib : Ambroise Paré.

— Il se mouchait pas du coude, admire le Gros. Avoir comme médecin un mec dont auquel on donne son blaze à des rues, c'est flatteur.

— C'est flatteur, mais pas efficace pour autant, Gros. Ambroise Paré est surtout célèbre pour avoir servi de modèle à des peintres. A part ça, il aurait inventé la ligature des artères à ce qu'on raconte ; moi je veux bien, mais ce que je constate, c'est qu'il n'a pas eu de fion avec sa clientèle. Comme vous allez le voir, ses illustres malades n'ont jamais fait de vieux os. En ce qui concerne le brave Henri II, Ambroise Paré n'est pas parvenu à le sortir de ce mauvais pas. Les moyens dont disposait la chirurgie étaient nettement insuffisants alors.

« Après dix jours d'agonie, il est mort. Ç'a été le coup de pistolet du starter pour Catherine de Médicis. Cette digne veuve qui avait été reléguée au second plan, bafouée, humiliée, cocufiée, a pris les choses en main. Quand je dis les choses, c'est du royaume qu'il s'agit. »

— Tu parles qu'elle devait avoir une fameuse envie de se mettre à jour, gouaille le Monstrueux. J'ai idée que la Diane de Poitiers ne l'a pas eue chouette !

— Et comment ! Catherine l'a fait chasser de la cour.

— Pour une Diane, être chassée, c't'un comble, se marre l'incorrigible. Et qu'est-ce qu'elle a fait ? Elle est rentrée à l'Hospice, vu son âge ! Vioque comme elle était avec plus de roi salingue pour lui filer sa jouvence elle avait droit à Pont-aux-Dames, facile ! Avec retraite anticipée…

— Elle s'est réfugiée au château d'Anet où elle a terminé ses jours dans le souvenir et le recueillement.

Un sanglot. C'est Berthy, toujours bonne cliente pour les affaires de cœur. Elle vit le drame de Diane de Poitiers, la Baleine. Se payer un roi alors qu'on frise la soixantaine et le voir disparaître aussi sottement, c'est triste. Voilà une dame qui faisait illusion malgré son carat. On l'adulait, on la vénérait. Et puis du jour au lendemain elle s'est retrouvée sur le pavé de sa Cour d'Honneur à Anet, en pleine cambrousse ! Vieille en un instant, qu'elle est devenue, Diane de Poitiers. Le coup de lance meurtrier, ç'a été pour elle un coup de baguette maléfique. La fin de son règne et de sa beauté.

Depuis la « Porteuse de Bred » et le « Maître de Forges » elle n'a jamais rien connu de plus triste, Berthe. Faut qu'on la remonte à coups de Veuve Cliquot.

Du coup, ma Comtesse Scatolovith est navrée de bas en haut. Sa soirée délirante, elle veut pas la voir tourner au vinaigre. Alors, de sa voix montée sur roulement à billes, elle me supplie de continuer. Tout le monde se joint à elle. Comprenant que la soirée fait roue libre, les musicos remballent leurs fanfares et s'approchent pour profiter aussi du grand savoir San-Antoniesque. Je fais recette, les gars ! Vous parlez d'une affluence. Si j'avais su, j'aurais installé un tourniquet à l'entrée du salon. A dix balles par tête de lard, j'assurais mon avenir !

— Au moment de sa mort, Henri II avait quatre fils vivants. Trois devaient régner. Les écoliers ont associé ces quatre monarques dans un alexandrin fameux.

Je déclame en chantonnant.

— Henri deux, François deux, Charles neuf, Henri trois ! Vous pouvez vérifier, les douze pieds y sont. Et si l'on était scrupuleux, on pourrait même dire qu'il en a quinze car, dans le lot, trois de ces rois ont été de vrais pieds dans leur genre. Au décès prématuré d'Henri II, l'aîné de ses chiares, François, n'a que quinze ans. Les peintres de l'époque nous ont laissé de lui l'image d'un gamin joufflu aux yeux aussi expressifs que ceux d'un gardien de la paix. Il porte sur la tête une sorte de coiffure bizarre qui ressemble à un entremets. Signe particulier : il avait épousé Marie-Stuart.

— Alors l'entremets que tu causes, c'était une omelette, rigole le Facétieux.

On sourit poliment à cette finesse. Je poursuis.

— François II était de constitution fragile. Comme ses aïeux, il aimait l'amour et la chasse. Il ne devait pas s'en remettre. Courir le cerf et faire vibrer Marie-Stuart étaient deux exercices violents nécessitant une belle santé. François qui ne l'avait pas en est mort avec un maximum de célébrité et de discrétion. Il n'a régné qu'un an de 1559 à 1560. Il aurait pu faire au moins un enfant pendant cette année-là, mais non. Le temps qu'on imprime ses nouvelles cartes de visite, il était mort. La petite Marie qui ne s'entendait pas avec sa belledoche est repartie pour son Écosse natale où elle devait se faire décapiter quelque vingt-cinq ans plus tard.

— Et d'un, brame le Bourru.

— Oui, renchéris-je en caressant tendrement la hanche de ma chère petite Anne. Et d'un ! Lorsque son aîné se fait la valoche, son frangin Charly annonce ses couleurs. On l'appelle Charles IX. Mais il a dix ans et c'est Maman Catherine qui est régente. Une drôle de femme, cette Catherine. Dans les bouquins, on la représente vêtue de noir, un peu bouffie, avec l'œil vif. Elle ressemblait, en moins bien, à Pauline Carton. Ç'a été un personnage ! D'origines plutôt humbles pour une reine, le teint bistre, la séduction absente, elle n'était au départ destinée qu'à pondre des petits princes et elle s'est bien acquittée de cette tâche.

— Tu trouves ! ricane Béru, tes petits princes, à ce que tu racontes, ils devaient avoir la myxomatose pour se dessouder en chapelet !

— Bref ! poursuis-je. Elle semblait faite pour diriger la France, cette petite Italienne, à peu près comme Bérurier ici présent, pour être préfet de police !

1 ... 36 37 38 39 40 41 42 43 44 ... 95
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)