Le lundi commence le samedi [Понедельник начинается в субботу - fr]
- Автор: Стругацкий Аркадий Натанович, Стругацкий Борис Натанович
- Год: 1974
- Язык: французский
- Год: Éditions Denoël
- Переводчик: Bernadette du Crest
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Le lundi commence le samedi [Понедельник начинается в субботу - fr]». Краткое содержание книги:
Mais soudain vous voici propulsé dans un institut de chercheurs passionnés pour qui le lundi commence le samedi et qui ont pour collaborateurs : des Pythies, Merlin l’Enchanteur … et un ex-Grand Inquisiteur !
Alors vous commencez à vous poser quelques questions pratiques sur le bon usage de la science et de la technique. Et les réponses que vous trouvez sont tout à fait fantastiques !
La terre remua et Vybegallo sortit de sa tranchée. Il n’avait plus ses bottes.
— Je m’explique pour la presse, fit-il d’une voix étouffée.
Mais on ne le laissa pas continuer. Magnus Redkine, venu spécialement voir ce qu’est le véritable bonheur, bondit en brandissant le poing et cria :
— C’est du charlatanisme ! Vous en répondrez ! Bouffon de foire ! Où est ma chapska ? Où est mon manteau ? Je me plaindrai ! Où est ma chapska, vous dis-je ?
— En totale conformité avec le programme, marmonna Vybegallo en jetant des regards autour de lui. Notre cher géant …
Fédor Siméonovitch s’avança sur lui.
— M-mon c-cher, enfouissez votre talent sous t-terre. Nous p-pourrions r-renforcer le s-service de d-défense m-magique grâce à vous ! Vos hommes id-déaux. on pourrait les lâcher sur les b-bases ennemies ! Pour semer l’ép-pouv-vante !
Vybegallo recula en s’abritant derrière la manche de son zipoune. Cristobal Junta s’approcha, le mesura du regard et sans rien dire, lui jeta son gant. Gian Giacomo, qui s’était fait à la hâte une apparence de costume élégant, cria de loin :
— C’est phénoménal, signori ! J’avais toujours nourri pour lui une certaine antipathie, mais je ne pouvais pas imaginer quelque chose de semblable …
G. Pronitsatelny et B. Pitomnik finirent pas réaliser la situation. Jusque-là, suspendus aux lèvres des interlocuteurs, souriant vaguement, ils avaient essayé de comprendre ce qui se passait. Puis ils se rendirent compte qu’on était loin d’une totale conformité avec le programme. G. Pronitsatelny s’avança d’un pas ferme vers Vybegallo et le touchant à l’épaule dit d’une voix métallique :
— Camarade professeur, où pourrais-je récupérer mes appareils ? Trois appareils de photo et une caméra.
— Et mon alliance, ajouta B. Pitomnik.
— Pardon, fit Vybegallo, très digne. On vous demandera quand on aura besoin de vous ! Attendez les explications.
Les journalistes ne surent que répondre. Vybegallo se détourna et se dirigea vers le cratère.
— Il y a de tout là-dedans, dit Roman qui se trouvait à proximité.
Le consommateur géant n’était plus dans le trou, mais tout le reste y était et bien d’autres choses encore ; des appareils de photo, des caméras, des portefeuilles, des manteaux, des bagues, des colliers, des pantalons et une dent en or. Il y avait les bottes de Vybegallo et la chapska de Magnus Redkine, et aussi mon sifflet de platine. Nous découvrîmes également deux Moskvitch, trois Volga, un coffre-fort de caisse d’épargne, un grand morceau de viande grillée, deux caisses de vodka, une caisse de bière et un lit de fer à boules chromées.
Enfilant ses bottes, Vybegallo déclara avec un sourire condescendant que les débats étaient ouverts. « Posez vos questions » dit-il. Mais le débat ne s’engagea pas. Magnus Redkine, furieux, appela la police. Le jeune Kovalev arriva en voiture. Nous dûmes tous nous porter témoins. L’officier de police essaya de retrouver les traces du criminel. Il mit la main sur un énorme dentier qui le plongea dans une profonde perplexité. Les journalistes qui avaient recouvré leur attirail et voyaient donc les choses sous un jour nouveau, écoutaient attentivement Vybegallo qui leur débitait des insanités. J’avais froid, je commençais à m’ennuyer.
— Rentrons, proposa Roman.
— Oui. Où as-tu trouvé ton djinn ?
— Je l’avais pris hier dans la réserve. Mais pour d’autres motifs.
— Que s’est-il passé ? Il a encore eu une indigestion ?
— Non, c’est Vybegallo qui est un idiot …
— Ça je comprends, Mais ce cataclysme ?
— Toujours les mêmes raisons, dit Roman. Je lui ai répété mille fois : « Vous programmez un superégocentrique. Il s’octroiera toutes les valeurs matérielles possibles, et puis, il renversera l’espace et arrêtera le temps ». Mais Vybegallo ne peut pas se mettre dans la tête qu’un véritable géant de l’esprit n’est pas tant un consommateur qu’un penseur, un homme doué de sensibilité.
— Tout cela est très clair,’continua-t-il quand nous nous fûmes posés devant l’institut. Dis-moi plutôt comment Janus Polyeuctovitch a pu savoir que tout se passerait comme ça et pas autrement ? Il avait tout prévu. Et les énormes dégâts, et que je saurais étouffer dans l’œuf le géant de l’esprit.
— C’est vrai, dis-je. Il t’a même exprimé sa reconnaissance. A l’avance.
— C’est bizarre, n’est-ce pas ? Il faudrait réfléchir à tout cela.
C’est ce que nous fîmes. Cela nous prit beaucoup de temps. Au printemps seulement et par hasard uniquement, nous réussîmes à débrouiller l’affaire.
Mais cela est une tout autre histoire.
TROISIÈME HISTOIRE. ET TOUT EST VANITÉ
Quand Dieu créa le temps, disent les Irlandais, Il en créa suffisamment.