Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Фэнтези » Les petits dieux [Small Gods - fr]
Les petits dieux [Small Gods - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Les petits dieux [Small Gods - fr]

Электронная книга - «Les petits dieux [Small Gods - fr]». Краткое содержание книги:

Or il advint qu’en ce temps-là le grand dieu Om s’adressa à Frangin, l’Elu :
“Psst !”
Frangin s’arrêta au milieu d’un coup de binette et fit du regard le tour du jardin du temple. “Pardon ?” lança-t-il.
C’était une belle journée de printemps prime. Les moulins à prière tournaient joyeusement dans le vent qui tombait des montagnes. En altitude, un aigle solitaire décrivait des cercles.
Frangin haussa les épaules et retourna à ses melons.
Le grand dieu Om s’adressa derechef à Frangin l’Elu :
“T’es sourd, mon gars ?”
Une lourde responsabilité attend le jeune novice : prévenir une guerre sainte. Car il est des hérétiques, voyez-vous, pour prétendre, contrairement au dogme de l’Eglise, que le monde est plat et qu’il traverse l’univers sur le dos d’une immense tortue…
1 ... 33 34 35 36 37 38 39 40 41 ... 83
Перейти на страницу:

Bibliothèque, bibliothèque, bibliothèque…

Il y avait une bibliothèque à la Citadelle, avait dit Frangin. Il l’avait décrite, ce qui donnait une idée à Om de ce qu’il cherchait.

Il y aurait un livre dedans.

Les négociations de paix ne se passaient pas très bien. « Vous nous avez attaqués ! fit Vorbis.

— Moi, j’appelle ça de la défense préventive, dit le tyran. On a constaté ce qui est arrivé à Istancia, Betrek et Ushistan.

— Ils ont vu la vérité d’Om !

— Voueille. Nous voulons bien croire qu’ils ont fini par la voir.

— Et ce sont maintenant d’heureux sujets de l’Empire.

— Voueille. Nous voulons bien le croire. Mais nous aimons nous les rappeler tels qu’ils étaient. Avant que vous leur envoyiez vos lettres qui mettent en chaînes les esprits des hommes.

— Qui mettent les pieds des hommes dans la bonne voie, dit Vorbis.

— Une chaîne de lettres, fit le tyran. La chaîne de lettres aux Ephébiens. Oubliez vos dieux. Soyez soumis. Apprenez la peur. Ne brisez pas la chaîne – les derniers qui l’ont fait se sont réveillés un matin pour trouver cinquante mille hommes armés sur leur pelouse. »

Vorbis se carra sur son siège.

« De quoi avez-vous peur ? fit-il. Ici, dans votre désert, avec vos… dieux ? Serait-ce qu’au fond de votre âme vous savez vos dieux aussi mouvants que votre sable ?

— Té, sûrement, dit le tyran. Nous le savons. C’est depuis toujours un point en leur faveur. Nous savons ce qu’est le sable. Votre dieu, lui, c’est un roc… et nous savons ce qu’est le roc. »

Om suivait à pas lourds une ruelle pavée en restant à l’ombre autant que possible.

Il y avait beaucoup de cours, apparemment. Il s’arrêta là où la ruelle s’ouvrait sur une cour de plus.

Il entendit des voix. Surtout une, nasillarde et irritée.

Le philosophe Honorbrachios.

Bien que comptant parmi les philosophes les plus populaires et les plus cités de tous les temps, Honorbrachios l’Ephébien n’avait jamais gagné le respect de ses confrères. Ils ne sentaient pas en lui l’étoffe du philosophe. Il ne se baignait pas assez souvent, disons même pas du tout. Et il philosophait sur les mauvais problèmes. Il s’intéressait d’ailleurs aux mauvais problèmes. Aux problèmes dangereux. D’autres philosophes posaient des questions comme : La vérité est-elle la beauté, la beauté est-elle la vérité ? Et : La réalité est-elle la création de l’observateur ? Mais Honorbrachios, lui, posait la célèbre énigme philosophique : Oui, mais il est question de quoi réellement, hein, quand on y réfléchit bien, réellement, j’veux dire ?

Sa philosophie mélangeait trois écoles éminentes – les cyniques, les stoïques et les épicuriens – et les résumait toutes les trois dans sa phrase célèbre : « Dans chaque homme il y a un cochon qui sommeille et une femme dans chaque port, on peut rien y faire, alors on va boire un coup. Double dose pour moi, si c’est vous qui payez. Merci. Et un paquet de cacahuètes. Elle a le sein gauche presque découvert, non ? Deux paquets de plus, alors ! »

On a beaucoup cité, tiré de ses célèbres Méditations :

« Pour sûr, c’est un monde biscornu. Mais faut bien rigoler, non ? Nil filioperipateti carborundum, voilà ce que je dis. Les spécialistes, ils y connaissent rien. Quand même, on en serait où si on était tous pareils ? »

Om se traîna pour se rapprocher de la voix, passa la tête à l’angle du mur et embrassa du regard une petite cour.

Un très gros tonneau s’accotait au mur d’en face. Des débris divers tout autour – des amphores de vin brisées, des os rongés et deux appentis en planches grossières – donnaient à penser qu’il s’agissait là d’une habitation. Une impression qu’accentuait l’écriteau à la craie accroché au-dessus du tonneau.

Qui disait :

HONORBRACHIOS ET NEVEU

PHILOSOPHES À FAÇON

Aucune proposition trop élevée

« Nous pensons pour vous. »

Tarifs spéciaux après dix-huit heures

Axiomes frais tous les jours

Devant le tonneau, un petit homme en toge qui avait dû jadis être blanche, de la même façon que tous les continents avaient dû jadis n’en former qu’un, en frappait à coups de pied un autre étendu par terre.

« Sale feignant ! »

Le plus jeune se rassit. « Je t’assure, mon oncle…

— Je te tourne le dos une demi-heure et tu t’endors au travail !

— Qué travail ? On n’a rien eu depuis monsieur Piloxi, le fermier, la semaine dernière…

— Qu’est-ce que t’en sais ? Qu’est-ce que t’en sais ? Pendant que tu ronflais, il aurait pu passer des dizaines de clients qui avaient besoin d’une philosophie personnelle !

— … et il nous a payés en olives.

— Hé bé, j’en tirerai sûrement un bon prix de ces olives !

— Elles sont pourries, tonton.

— Galéjades ! T’as dit qu’elles étaient vertes !

— Hé voueille, mais elles auraient dû être noires. »

Dans l’ombre, la tête de la tortue allait d’un côté à l’autre comme celle d’un spectateur à un match de tennis.

Le jeune homme se releva.

« Madame Bylaxis est venue ce matin, dit-il. D’après elle, le proverbe que tu lui as fourni la semaine dernière ne fonctionne plus. »

Honorbrachios se gratta la tête.

« Qué proverbe c’était ? demanda-t-il.

— Tu lui as donné : L’heure la plus sombre est celle qui précède l’aurore.

— Bon produit, ça. De la philosophie premier choix.

— Elle ne se sent pas mieux, elle a dit. Et aussi qu’elle est restée debout toute la nuit à cause de sa mauvaise jambe et qu’en réalité il faisait plutôt clair juste avant l’aurore, donc c’est faux. Et pour sa jambe, ça ne s’est pas arrangé. Alors je lui ai fait une reprise contre “Ça fait tout de même du bien de rigoler ”. »

Honorbrachios s’égaya un peu.

« Tu lui as refilé celui-là, hé ?

— Elle a dit qu’elle allait essayer. Elle m’a donné un calmar séché entier pour ça. Que j’avais besoin de me remplumer, elle a dit.

— Oh ? Le métier rentre, alors. La question du déjeuner, elle est réglée, en tout cas. Tu vois, Tefervoir ? Je te l’avais bien dit que ça marcherait si on s’accrochait.

— Bé, une boîte d’olives huileuses et un calmar séché, je n’appelle pas ça des recettes, maître. Surtout pour deux semaines de réflexion.

— On a eu trois oboles pour le proverbe du vieux Grillos, le cordonnier.

— Non, on n’a rien eu. Il l’a ramené. Sa femme, elle n’aimait pas la couleur.

— Et tu lui as rendu son argent ?

— Voueille.

— Quoi ? Tout ?

— Voueille.

— Faut pas. Il s’est servi des mots, il les a usés. Qué proverbe c’était ?

— “Le corbeau avisé sait dans quel sens est tourné le chameau.”

— Celui-là, j’ai beaucoup travaillé dessus.

— Il a dit qu’il n’arrivait pas à le comprendre.

— Hé bé, moi je comprends pas la cordonnerie, mais je reconnais une bonne paire de sandales quand j’en porte une. »

Om cligna de son œil unique. Puis il étudia la forme des esprits devant lui.

Le dénommé Tefervoir, vraisemblablement le neveu, avait un esprit plutôt normal, malgré des ronds et des angles en nombre trop important, semblait-il. Mais celui d’Honorbrachios bouillonnait et lançait des éclairs comme une pleine casserole de gymnotes portée à ébullition. Om n’avait jamais rien vu de tel. Les idées de Frangin mettaient des lustres à glisser lentement en place, c’était comme regarder une collision de montagnes ; alors que chaque pensée d’Honorbrachios chassait la précédente dans un chuintement. Pas étonnant s’il était chauve. Ses cheveux auraient brûlé de l’intérieur.

1 ... 33 34 35 36 37 38 39 40 41 ... 83
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)